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qu'elle est exacte : « Nous nous sommes appliqué à mettre la plus grande exactitude dans le dessin de cette mosaïque, et nous avons en conséquence laissé subsister les incorrections qui se trouvent dans la frise qui l'entoure, ainsi que les fautes de perspective que l'on apperçoit dans le tableau : les monuments antiques doivent être considérés comme ces vieillards vénérables dont on respecte même les imperfections ». Et après l'avoir ainsi affirmé dans l'avertissement, il l'affirme de nouveau en tête de la description : « L'exactitude étant le principal mérite de ce genre d'ouvrage, nous avons pris soin de dessiner et graver nous-même ce monument avec la plus scrupuleuse attention ». Seulement il ajoute : « Mais ce n'est pas sans peine que nous avons apperçu des figures et des objets de détail qui se trouvent détériorés ou mal rendus ; dans ce cas, si un dessinateur n'est pas un peu antiquaire S loin de jeter du jour sur certaines parties, il ne fait que les obscurcir ». Il avoue, en d'autres termes, que sa reproduction comporte une part de divination et d'interprétation. L'aveu revient deux fois, s'appliquant à deux points précis, au cours de la description : là où nous voyons en entier le cocher bleu du quatrième quadrige de la série inférieure, il n'y avait que « des traces de couleur bleue » ; là où nous voyons en partie l'homme qui manœuvre les œufs de la spina, il n'y avait que « quelques pierres bleues » 2. Habile dessinateur encore plus que docte archéologue, à la tentation de combler dans ses images les lacunes de ses originaux Artaud ne savait pas bien résister. Ce qu'il reconnaît avoir fait ici en petit, nous constaterons, malgré son silence, qu'il l'a fait en grand dans ses planches des mosaïques Cassaire et Montant. Son respect de la vérité ne tenait pas toujours devant son horreur du vide. Pour défendre contre ces raisons et ces présomptions la fidélité de sa première planche, on ne peut invoquer la ressemblance parfaite de la mosaïque actuelle avec cette image, partout où le rapprochement est possible : elle signifie que l'auteur de la restauration a utilisé la planche. Quoi de plus naturel? Lorsque la mosaïque vint aux mains de Belloni, en 1818, après douze années de dégradation croissante.
1. Cf. 1835, p. 41 : " Si un dessinateur n'est pas instruit dans les usages antiques... '. Le passage est identique pour l'essentiel dans 1806, in-8, p. 4, et dans 1806, in- fol, p. i.
2. La comparaison de la planche I (ensemble) avec la pi. II (deuxième quadrige de la série inférieure en grandeur réelle) permet de constater une autre inexactitude qui ne saurait être que le résultat d'une négligence : l'aurige n'a pas dans la première la ceinture qui faisait partie du costume normal.
elle était à coup sûr beaucoup moins complète qu'en 1806, lorsqu'elle fut dessinée par Artaud. A qui demander la notion des éléments perdus depuis, sinon à l'image contemporaine de la découverte ? La prudence nous conseille donc de tenir pour un minimum le dégât qu'elle nous montre.
3. Ces réserves faites, je vais décrire la mosaïque d'après la planche d'Artaud^ en m'aidant de sa notice 2. Pour éclairer la description, j'aurai recours, comme Artaud, mais dans de meilleures conditions grâce aux progrès des recherches sur l'antiquité classique, à la connaissance générale, que nous devons aux textes et aux monuments, des cirques et des courses de chars de l'époque romaine 3.
« Sans y comprendre les restes infiniment dégradés d'une grecque ou méandre » qui l'entourait et qui ne fut pas enlevée, ses dimensions étaient, selon Artaud qui les avait mesurées sur place, 5 m. 035 et 3 m. 086, ou 15 pieds 6 pouces et 9 pieds 6 pouces. Les deux évaluations sont données dans la grande monographie de 1806 4, la seconde seule dans le livre de 1835. Comarmond, qui les mesura dans la salle de la Momie, avait trouvé 4 m. 97 et 3 m. 02, dimensions reproduites par M. Adrien Blanchet. Le Catalogue sommaire donne 4 m. 97 et 3 m., mesures prises sans nul doute sur la deuxième repose et qui concordent, à un centimètre près, avec celles que j'y ai prises moi-même.
Le champ rectangulaire de la mosaïque est noir, le décor polychrome. L'encadrement du tableau principal comprend, du dehors au dedans, une rangée de denticules blanches ; un filet blanc de deux pierres ; un grand rinceau dont les lobes sont garnis de fleurs à quatre pétales, plus large sur le petit côté droit au milieu duquel il aboutit à un riche motif d'ornementation végétale, et sortant d'une coupe évasée au milieu de l'autre petit côté ;