‹ Mosaïques romaines des musées de LyonChapitre 24 sur 136 · I. Voir fig. 3 (hors texte), une réduction de cette planche · texte numérisé non relu

I. Voir fig. 3 (hors texte), une réduction de cette planche

3. Sauf avis contraire les citations textuelles d'Artaud sont empruntées à la grande monographie de 1806.

3. Voir l'article Circus, dans le Dictionnaire des antiq. gr. et rom., de Daremberg et Saglio ; — Friedlaender, dans Mommsen et Marquardt, Manuel des antiq. romaines, trad. française, XIII, p. 274 et suiv. ; — E. Huebner, Musaico di Barcellona raffigurante giuochi circensi, dans Annali delV Institato di Corrisp. archeologica, 1863, p. i35etsuiv.; — K.Z2ingii.mzistzt,RilievodiFolignorappresentante giuochi circensi ;ihid., 1870, p. 232 et suiv.

4. La petite donne, p. 5, 14 pieds 1/2 P^r 9 pieds y2. L'architecte Querville, qui présidait aux fouilles, avait mesuré 14 pieds 9 pouces de longueur et 9 pieds de largeur (Bulletin de Lyon, 1806, p. 175). Ces mesures sont reproduites par J.-B. Dumas, Hist, de l'Académie royale de Lyon, II, 1839, p. 359.

puis un filet blanc de trois pierres, une grande tresse, un autre filet pareil. Le tableau principal représente, non pas un cirque tout entier — les monuments où l'on voit l'ensemble d'un cirque avec les gradins des spectateurs sont très rares — ,mais seulement l'arène avec V oppidum, c'est-à-dire avec la partie de l'édifice qui contenait, au rez-de-chaussée, les remises des chars ou carceres et, au-dessus, la loge (pulvinar) du président des jeux. Encore faut-il remarquer que, dans la réalité, cette partie du cirque reposait, non pas comme ici sur un rectangle, mais sur une base dont les deux grands côtés étaient des lignes droites parallèles, le petit côté de V oppidum une ligne légèrement concave, l'autre petit côté une demi-circonférence. Cette double déformation de la réalité est normale dans les monuments figurés. Le côté de V oppidum y occupe d'ordinaire la gauche, comme dans notre mosaïque.

Mais il est ici en charpente, non en maçonnerie, singularité sans autre exemple, je crois. Au milieu du rez-de-chaussée s'ouvre la grande entrée, la porta pompae, par laquelle pénétrait dans le cirque la procession religieuse qui précédait les jeux. Deux piliers la limitaient ; celui de gauche a disparu, compris dans une lacune étroite qui se prolonge en fissure jusque sous le vase du rinceau. Devant le pilier droit se tenait debout un piéton, dont il ne reste que la tête coiffée d'une calotte rouge et les jambes vêtues de braies bleues. « Il est à présumer, conjecture Artaud, que c'était l'inspecteur des jeux ou le héraut qui devait proclamer le vainqueur ». Aucune autre représentation ne comporte un personnage qui lui corresponde exactement. A droite et à gauche de l'entrée, il y a quatre carceres, en tout huit, nombre égal à celui des chars qui courent sur la piste, mais nombre anormal dont je ne connais que deux autres exemples ^ Le nombre varie dans les monuments ; dans les cirques de Rome il était de douze à la fin de l'époque impériale et même, sans doute, dès le temps de Domitien, mais probablement de huit jusqu'à cet empereur, les quatre remises de droite servant pour le départ des quatre chars qui composaient une course normale, et les quatre de gauche pour leur arrivée ; ce qui n'est point le cas dans notre mosaïque.

I. Voir Zangemeister, p. 237. Ces deux monuments, un relief et une lampe, qui ne représentent qu'une moitié du cirque, ont quatre carceres. Zangemeister affirme faussement que le cirque du relief de Foligno n'en avait que huit. Il n'y en a que huit sur le relief, mais il ne représente pas toute la façade de l'oppidum ; cf. la planche LM.

Au dessus de la porte, la loge présidentielle, surmontée d'une draperie à festons, est occupée par trois personnages, les trois juges de la course, trinité exceptionnelle ^ : presque toujours le président est seul dans sa tribune. Il tient ici, dans sa main droite, la mappa, le linge qu'il lançait dans l'arène pour donner le départ (missus) aux concurrents. Il est en toge bleue, comme l'assesseur de droite. L'assesseur de gauche est réduit à son contour. De part et d'autre de la loge s'étend une galerie ; celle de gauche est vide ; dans celle de droite, il n'y a qu'un personnage en tunique bleue, « penché sur un bâton..., que nous avons soupçonné devoir représenter celui qui vient de fermer les barrières », en manœuvrant, au moyen d'un levier, la machine qui permettait de les ouvrir et de les fermer toutes à la fois. Ce personnage est une nouvelle singularité sans autre exemple. Il est coiffé de la même calotte rouge que les juges.

La spina, le massif de maçonnerie qui partageait dans presque toute sa longueur l'arène des cirques romains, est formée ici de deux parallélipipèdes, le plus rapproché des carceres un peu plus long que l'autre et portant vers son extrémité droite l'obélisque qui se trouve ainsi au milieu de la spina. L'obélisque ne manque presque jamais dans les monuments ; mais de la spina divisée en deux parties je ne connais qu'un autre exemple, celui du sarcophage de Foligno, où la plus longue est à droite avec l'obélisque à son extrémité gauche 2. Dans le passage qui sépare les deux parties de la nôtre se tiennent deux personnages, coiffés de rouge et vêtus de bleu, dont il ne reste que les bustes; l'un des deux porte une palme. Ces personnages sont une troisième singularité de la mosaïque lyonnaise. Deux autres passages étroits séparent, selon la règle, la spina proprement dite des bornes, metae, qui se présentent sous la forme habituelle d'une base arrondie en dehors et servant de piédestal à trois cônes allongés ; d'où leur nom de tribornes. La décoration de notre spina proprement dite est anormale. « On n'y voit pas cette multitude d'autels, de statues et de petits temples qui se trouvent sur celle des cirques de Rome » ; disons mieux, sur celle d'à peu près tous les monuments figurés. Cette anomalie est expliquée par une autre anomalie :

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