‹ Mosaïques romaines des musées de LyonChapitre 41 sur 136 · Fig · texte numérisé non relu

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4. Bernard et Jamey envoient à Belloni des marbres pour la restauration (47 fr. 40; mémoire du ai mars 1821).

transporter à Lyon '. Il prie qu'on le prévienne quand tout sera prêt pour la repose. Le 2 décembre, il écrit qu'il ne pourra venir avant le 15 janvier 1822 et demande que les travaux de pose soient commencés en attendant. Ces travaux furent non seulement commencés, mais achevés en son absence. Le 10 janvier, Artaud lui faisait savoir que la mosaïque, parfaitement restaurée, était arrivée à Lyon, que l'assemblage des 58 morceaux avait été facile et qu'il allait la faire poser selon ses indications. Des lettres ultérieures d'Artaud 2 l'informèrent que tout marchait bien et que sa présence n'était pas nécessaire. La repose fut exécutée par Bernard et Jamey au prix de 3.400 francs 3. Le 29 mai 1822, Belloni demande le paiement de la somme convenue, et le 3 juin Artaud certifie que la mosaïque a été parfaitement restaurée. Le dossier renferme deux autres pièces relatives à la repose, une note de 1750 francs, réduite à 1.625, pour la balustrade par Benoît (14 juin 1823), et une note de 71 fr. 05 pour la main-courante en bois de noyer par Godiot(2mai 1824)4.

Le règlement de comptes avec Belloni donna heu cette fois à un marchandage long et fâcheux 5. Le baron Rambaud prétendit lui imposer une réduction de 1.500, puis seulement de i.ooo francs, sur le prix convenu, parce qu'il s'était affranchi de la clause qui l'obHgeait à présider en personne au placement. Belloni alléguait qu'en fait la perfection de son travail avait rendu sa présence inutile, ce qui était vrai ; qu'en droit il s'était cru dispensé de venir, puisque le directeur du musée lui avait répondu à plusieurs reprises, quand il offrait de le faire, que sa présence n'était pas nécessaire; ce que Rambaud ne contestait pas non plus, mais refusait de tenir pour une excuse légitime, Artaud, qui avait écrit sans l'ordre du maire, n'ayant pas eu qualité pour délier Belloni de son obligation et ne l'ayant d'ailleurs pas formellement déUé. A vrai dire, le caractère administratif des

1. La facture du transport au retour n'est pas dans le dossier des archives.

2. Visées dans une lettre de Belloni au maire (13 juin 1822).

3. D'après le bordereau récapitulatif des sommes votées et dépensées pour cette mosaïque. Les marbriers en question avaient présenté deux devis estimatifs, l'un de 3.614 fr. 10, l'autre de 3.751 fr. 50, tous deux sans date.

4. Ces deux pièces sont dans une autre série des Arch. mun. : M'f.

5. R'a; lettres de Belloni au maire, 13 juin, 26 juin, 11 septembre 1822 ; 14 janvier, 21 janvier i823" cttrcs (minutes) du maire à Belloni, 6 juin, 19 juin 1822, et sans date en réponse à celle de Belloni du II septembre 1822.

lettres d'Artaud, la valeur officielle des communications faites par lui à Belloni n'étaient guère niables ; mais le mosaïste, qui manifestement n'était point désireux de venir, avait forcé volontiers le sens de ces communications pour y trouver une dispense formelle. Restait en outre contre lui qu'il avait économisé les frais du voyage et du séjour. Sans doute, arguait-il, mais il avait appris à la ville de Lyon son secret, le mécanisme pour enlever les mosaïques les plus compliquées, la méthode pour les replacer, si bien que la ville avait déjà pu, sans son intervention, en faire enlever et replacer une — la mosaïque Michoud, évidemment — ; et cela valait bien les 4 ou 500 francs économisés. Néanmoins, pour prouver son désintéressement et non par crainte d'une décision de l'autorité compétente, il consentait à subir ce minimum de réduction. Le bordereau récapitulatif nous apprend que cette offre fut acceptée. Belloni reçut 4.500 francs au lieu de 5.000. Il remboursait ainsi la gratification qu'il avait touchée pour la mosaïque des Jeux du cirque.

3. D'après ce bordereau, le total des crédits votés pour la mosaïque Cassaire fut de 20.500 francs, dont 10.000 au budget de 1820 et 10.500 au budget de 1823 ; le total des dépenses fut de 19.414 fr. 40, comprenant, avec des variantes, celles que nous avons énumérées et quelques autres moindres.

La mosaïque avait pris place « dans la grande salle des tableaux », « dans la grande salle du musée », disent respectivement avec imprécision Artaud et Comarmond. Elle y venait après la mosaïque Michoud, posée quelque temps auparavant dans la partie de cette salle qui communiquait par trois arceaux ^ avec la salle de la Momie où se trouvait alors la mosaïque des Jeux du cirque. Elle n'a jamais été délogée de son emplacement, non plus que sa voisine à l'occident, la mosaïque d'Orphée. On la voit donc aujourd'hui dans la deuxième section de la galerie des peintres lyonnais, lorsqu'on y accède par le grand escalier oriental, le nom et l'aménagement des lieux ayant changé depuis son entrée au Musée. Artaud avait un moment destiné la place qu'elle occupe à la mosaïque de Méléagre et Atalante.^ qui en définitive ne fut point acquise 2.

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