I. Narbonnaise et Aquitaine, par M. Georges Lafaye
2. Bibliographie : » Comarmond, op. cit., p. 690-691 ; Catalogue sommaire des Musées de Lyon, 1887 p. 135, n» 17».
3. M. Lafaye a laissé passer la même faute d'impression que Comarmond. I s'agit bien d'une faute d'impresson, puisque cette notice dérive ,non de Comarmond, mais de Savigné qui a imprimé correctement Montant.
dit Paret, à o m. 60 de profondeur ; environ 7 m. < 4 ou 5 m. Le tableau central et quelques-uns des autres ont été rétablis ; mais ce n'est pas la disposition primitive. Orphée assis entre deux arbres sur un rocher. Quarante-quatre compartiments octogonaux séparés par une torsade et ornés chacun d'un animal différent. « Nous ne pûmes sauver que le tableau du milieu et quelques panneaux (Artaud). Musée de Lyon» ^ La première notice dérive directement du Catalogue sommaire, indirectement de Comarmond. Or, si l'auteur avait pris la peine de remonter jusqu'à cette source, il aurait vu que le passage et la planche d'Artaud, auxquels il se réfère pour la seconde notice, sont clairement visés par Comarmond, et reconnu tout de suite l'identité du tïP 201 avec le n" 242, malgré certaines divergences insignifiantes des témoignages. Artaud et Savigné, le deuxième témoin cité pour le n^ 201, donnent comme lieu de la découverte Ste- Colombe, et Comarmond St-Romain-en-Gal, mais Artaud ajoute : «chez un agriculteur nommé Montant » : Comarmond, avec une faute d'impression, «dans la propriété de M. Montant », Savigné précise: « Le nommé Montant ditParet rencontra dans sa vigne... ». Artaud et Savigné s'expriment avec l'inexactitude du langage courant où Ste-Colombe, la plus peuplée des deux communes limitrophes, supplante St-Romain pour la désignation de faubourg de Vienne antique. La divergence relative au nombre des petits tableaux aurait paru néghgeable, en ce qui concerne la question d'identité, si l'on avait remarqué que Savigné lui-même donne 50 pour la prétendue mosaïque de Ste-Colombe. Le désaccord des témoignages quant à la date n'a non plus aucune valeur, puisque le 1830 d'Artaud est, comme nous l'avons vu en commençant, une erreur manifeste. Que l'on ne cherche donc pas, sur la foi de V Inventaire:, une seconde mosaïque d'Orphée au musée de Lyon.
2. Notre pavement n'est d'ailleurs pas la seule représentation en mosaïque d'Orphée charmant les animaux, qu'ait rendue le sol de Vienne et de sa banlieue romaine. Une autre fut découverte à Vienne, dans le Champ de Mars, en 1859 ; elle est conservée en grande partie au musée de cette
Bibliographie : « Artaud, op. cit., p. 121-122, pi. LVIII, en couleur ; Savigné, op. cit., p. 187-
villes Elle comportait primitivement cinq rangées de trois caissons séparés par un cadre riche et complexe, les uns octogonaux, les autres carrés, disposés en damier, sept octogones et huit carrés, ceux-là beaucoup plus grands que ceux-ci, mais tous égaux entre eux. Dans l'octogone central, Orphée, de face, vêtu, assis sur un rocher entre deux arbres et jouant de la lyre ; dans chacun des six autres un quadrupède ; dans chacun des carrés un oiseau ; ea tout quatorze animaux. Une troisième fut exhumée à Ste- Colombe, dans la propriété Grange, en 1899, puis recouverte 2. Orphée, dans un cadre hexagonal, y est entouré de six animaux dans des hexagones aussi. L'ensemble de ces caissons a comme bordure un cercle de torsade inscrit dans un carré. Entre la torsade et le carré, aux quatre angles, on voit les bustes des quatre saisons. Pour les autres régions de la Gaule, frontière germanique comprise, nous connaissons sept mosaïques de ce même sujet 3. Hors de ce domaine, nous en connaissons sept également pour l'Afrique 4, deux pour l'Allemagne et l'Autriche, quatre pour l'Italie, six pour l'Angleterre 5. Tous ces pavements appartiennent à l'époque impériale — le plus ancien paraît être la mosaïque de Pérouse, qui remonterait à l'âge augustéen^ — ; tous aux contrées occidentales de l'empire. Tantôt Orphée et les animaux forment un seul tableau, par exemple dans la mosaïque d'Aix-en-Provence ; tantôt, comme dans la nôtre, ils sont séparés de lui et isolés chacun dans son cadre, au préjudice du naturel, au bénéfice de l'effet décoratif 7.
« Il n'est point de sujet qui ait été plus souvent répété sur les mosaïques des anciens», dit à bon droit, dès 1835, Artaud ^; puis, après avoir cité quelques exemples, il affirme que celle de St-Romain est « une des
1. Inventaire des Mosaïques de la Gaule, I, n" i8i (tableau central dans l'album).