‹ Moscou en flammesChapitre 19 sur 23 · XL1V · texte numérisé non relu

XL1V

Le maire et d'autres fonctionnaires nommés par les Français, attendaient, à l'entrée de la ville, les

yeux fixés sur la route, tout en échangeant quelques mots. Les Juifs, le peuple, les enfants, se pressaient derrière eux, grimpant sur les toits, sur les haies, pour mieux voir l'escorte, rangée en ordre de bataille.

— Il n'y a plus de doute, se dit Aurore, on attend Napoléon : les nôtres le traquent...

Et elle pensa au Napoléon du tableau, visant, le cerf. En se rapprochant de l'escorte, elle reconnut à la voix, en avant des autres et monté sur un cheval blanc, le major que la veille au soir on avait appelé Lapie, et qui, d'après ce qu'elle avait entendu, était tout prêt à attenter aux jours de l'empereur. Il regardait d'un air sombre là ou chacun regardait. Il parut à Aurore que, dans ce regard, étincelaient la haine et la méchanceté.

— C'est donc le duc de Yicence et non pas l'empereur ? lui demanda un officier, son voisin.

— Patience! c'est peut-être bien lui, répondit Lapie d'un ton sec.

« Oh ! si c'était Napoléon ! se disait Aurore, et que cet officier n'eût pas peur, et qu'il se jetât sur le scélérat qu'on attend, tous les malheurs finiraient, le monde serait délivré... »

Mosséévitch prévint, par signes, son compagnon qu'il ne pouvait sortir de la cour de l'auberge à cause de la foule qui l'entQurait, et Aurore, en s'avançant, vit deux tchétverkas i, tenus en main par des postillons ornés de rubans et de plumes.

— Ce n'est pas l'empereur ! dit une voix à côte d'Aurore, c'est Caulaincourt qui se dirige sur Paris,

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