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Les Français l'ont appelée la bataille de la Moskova

on pouvait distinguer dans le crépuscule, à gauche du ruisseau, près du village de Gorky, des batteries défendues par des retranchements ; plus loin, on apercevait les tentes blanches de l'infanterie, des chasseurs et des artilleurs de Bagawouth; plus loin encore, derrière un bois de bouleaux, s'élevait la fumée des feux de bivouac des dragons et des lanciers d'Ouvaroff, formant la réserve, et masqués par le versant de la Moskowa. En droite ligne de Tatarinovo, à une demi-verste du ruisseau, sur un tertre, on voyait les chevaux, on entendait même les voix des cosaques de Platoff.

Le temps était calme, humide et frais ; le soleil venait de se coucher, mais la nuit ne régnait pas encore.

Depuis son arrivée à l'armée de Barclay, Pérovsky était attaché comme officier d'état-major au corps de Bagawouth ; il revenait en ce moment du bivouac de Gorky, accompagné de deux officiers et d'un chirurgien, tous de l'état-major, et se promenait devant une isba 1 où logeait le général Miloradovitch qui tenait conseil avec Ouvaroff et Bagawouth. Des cosaques tenaient en main les chevaux sellés des généraux et officiers de la suite, tout en ne quittant pas des yeux la porte et les fenêtres de l'isba. Pérovsky, à l'aide d'une longue-vue, regardait attentivement les lignes bleues des hauteurs au-delà de Kolotcha.

— Enfin nous voici sur place, et solidement campés à ce qu'il me semble, dit un vieil officier long et sec; en avons-nous enfin fini avec nos retraites ?

— Dieu le sait, dit un officier plus jeune.

— Assurément, continua le premier. Mais ne savez-

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