‹ Moselli José – TripliX l’insaisissableChapitre 9 sur 18 · DUT HILL D · texte numérisé non relu

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— Là ! Des fourmis... des fourmis rouges ! Un nid ! Regardez ! expliqua Corfe en désignant un petit monticule de terre de forme conique, érigé presque contre la muraille.

M. Serpier et Joé Blanket se baïissèrent, et constatèrent que Corfe avait dit vrai : des milliers de fourmis rouges, de très petite taille, grouillaient autour du monticule.

— Ce ne sont pas des fourmis de nos pays ! observa Joé Blanket, en hochant la tête. Fourmis asiatiques... de l’Inde, particulièrement féroces ! Je connais ! Quand j'étais à Mandalay, le rajah.….

— Piebald, dans le bateau-mouche, m'avait menacé de me faire ronger les yeux par des fourmis rouges ! interrompit Corfe. Et nous trouvons ici des nids de fourmis !

— Ce qui prouve que c'était bien Piebald qui vous a parlé ! Mais je suppose que vous ne l’ignoriez pas ? fit Blanket, avec la plus parfaite candeur.

Corfe ne répondit pas. Il avait tiré un carnet de sa poche et prenait des notes.

La visite s’acheva.

Somme toute, la perquisition n'avait pas été inutile : la découverte du squelette, si c’était bien celui d'Otto Drohl, était d’une importance extrême. Quant au nid de fourmis, il ne faisait que confirmer la culpabilité d’Argulian et de Piebald.

M. Serpier, ayant apposé les scellés sur la porte du cabinet de travail d’Argulian et laissé les deux inspecteurs pour surveiller la villa, regagna Paris en compagnie de Corfe et de Joé Blanket.

Le trajet s’accomplit sans que les trois hommes parlassent beaucoup. Blanket était évidemment très préoccupé et ne le cachaït pas. La découverte du squelette lui donnait à penser.

Corfe, lui, se remémorait les paroles de Triplix, de l'inconnu qui l’avait sauvé : « Un conseil : méfiez-vous de Joé Blanket. Il est plus fort que vous ! »

Se méfier de Blanket ? Corfe s’en méfiait plus que du diable en personne.

Quant à le reconnaître pour plus fort que lui, ça, jamais !

Mais quel jeu jouait Blanket ? Si, hasard si invraisemblable que fût la supposition, il était l’allié d’Argulian ?

Il fallait tout envisager... En tout cas, la méfiance s’imposait, et aussi la prudence.

— Maintenant, nous allons rue de Provence! fit M. Serpier, comme le train s’arrêtait en gare du Nord. A défaut d’autre chose, nous perquisitionnerons !

Les trois hommes, sortis de la gare prirent place dans un taxi.

Ayant sonné à la porte de l’appartement du marchand de pierres précieuses, ils furent plutôt surpris en voyant la porte s’ouvrir.

M. Argulian ? demanda M. Serpier à la camériste.

— Monsieur est en voyage... Mais mademoiselle est là ! expliqua la domestique.

— Je désirerais... Nous désirerions la voir, tout de suite, pour une affaire urgente ! déclara M. Serpier, qui plaça sa carte d’identité sous les yeux de la domestique.

Celle-ci eut un haut-le-corps :

— Je... je vais tout. tout de suite prévenir mademoiselle ! balbutia-t-elle.

Toute tremblante, elle conduisit les policiers dans le grand salon et disparut.

Les trois hommes, du premier coup d’œil, constatèrent que, dans la vaste pièce, rien n’avait été touché. Meubles, tentures, tableaux, objets précieux étaient à leur place. Aucune trace de départ.

Ils échangèrent un regard éloquent : la présence de Sonia Argulian était vraiment étonnante, ils s’étaient attendus à ne trouver personne.

Une des portes du salon s’ouvrit. Sonia Argulian apparut. Elle était revêtue d’une robe très simple, en soie crème. Son visage au teint mat était lourd d’angoisse : traits tirés, yeux rougis, regard las.

— Vous désirez, messieurs ?... demanda-t-elle en s’inclinant légèrement. Les policiers lui rendirent son salut.

— Je suis M. Serpier, chef de la Sûreté parisienne, mademoiselle ! se présenta le magistrat. Et voici l'inspecteur Corfe, que vous avez déjà eu d’occasion de voir. M. Blanket, de Londres.

La jeune fille s’inclina de nouveau et, le regard fixé sur M. Serpier, attendit.

— Dois-je vous demander, mademoiselle, où sont M. Argulian, votre père, et le sieur Piebald, votre fiancé ?

— Je n’en sais absolument rien, monsieur !

— Naturellement ! Je ne perdrai donc pas mon temps !.….

«En vertu d’un mandat délivré par M. Carveur, juge d'instruction, je vais être obligé de m’assurer de vous !.…

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