‹ Motifs de conversion de dix ministres anglicansChapitre 4 sur 13 · Parce que ses évèque^ soiU ennemis · texte numérisé non relu

Parce que ses évèque^ soiU ennemis

ardents de rÉglise calliolique, de ses dortiines, et qu'ils sanctionnent et enseignent plusieurs hérésies capitales,

9. — Parce que Téglise anglicane, tout comme Féglise luthérienne, condamne des doctrines qui ont toujours été reçues comme vraies, et qu'elle en enseigne d'autres qui, de tout temps, ont été rejetées comme fausses.

10. — Parce que ses fondateurs et ses principaux ministres ne se contentent pas d'outrager tÉglise du Dieu vivant^ l'épouse du Christ, la mère de tous les saints, celle qui enseigne les nations , la colonne et l'appui de la vérité (1 Tim., III, 15), la plus grande des œuvres de Dieu, en l'appelant U7ie prostituée sotte, sale y vieille et flclrie ^ la plus grande courtisanne des courtisannes, la mère de la prostitution (Homélie sur le péril de l'idolâtrie, 3^ partie) , la plus sale des prostituées qu'on ait jamais vue^ la bête babylonienne de Rome (HoméUe sur la révolte), et en se servant d'un grand nombre de phrases semblables qui expriment d'in-

croyables blasphèmes. Non contents d'appeler le premier évêque de la chrétienté an* techrlstj et d'apprendre au peuple à le regarder comme un démon et même à prier pour être délivré du pape, du diable et de tout le royaume de ranlechrîsl (HoméUe pour le dimanche de la Pentecôte) y ils sont allés plus loin dans cette voie impie; ils ont renversé et détruit les autels , aboli la messe , renié la doctrine précieuse et fondamentale du sacrifice chrétien, et supprimé, — pour la première fois depuis rétablissement de l'Eglise chrétienne sur la terre , -p- cette pure offrande que les liturgies primitives ont appelée le sacrifice non sanglant el redoutable que Dieu a déclaré par la bouche de son prophète devoir être l'élément essentiel et caractéristique du culte des Gentils (Malach.,I, 11.)

11. — Parce que tout culte ou système religieux d'où cette offrande pure^ ce sacrifice quotidien (Daniel, XII, 11) est exclu , est plutôt une philosophie qu'une religion*

12, — Parce qu'une pareille philosophie

enlève à tous les sacvlfices derancienneloi, qui n'étaient que la figure de celui de la messe , leur principale signification et leur principal objet; parce qu'elle enlève à notre Sauveur Jésus-Christ ce sacerdoce et a* près l'ordre de Melchisédeck qu'il exerce chaque jour dans les divins mystères où il est à la fois prêtre et victime, où, selon saint Chrysostome, il est à la fois celui qui offre et celui qui est offert : 6 Trpoo-^épwv, -/at 6 Trpoç- (fspôiievoç] sacrifice où Jésus-Christ est prêtre, à la fois sacrificateur et oblation : Per hoc, dit saint Augustin, et sacerdos est Chrhlus, îpse offerens , ipse et oblatïo (De civitate Dei, liv. X, c. 20). Tous les faux sacrifices ont disparu devant ce grand et véritable sacrifice : c Htitc sinnmo veroquc sacrificio cuncta sacrificia falsa cessernnt (ibid.) ; où Ton trouve toujours le sacerdoce selon Tordre de Melchisédech : Ubiapparet elînm sacerdotium secundum ordinem Melchisédech (liv. XVIII, c. 20).

13. — Parce que les principes sur lesquels repose ranglicapismç rendent nulles les

promesses imniuablcs et réilérées de Notre- Seifjncur Jésus-Clirisl à son Eglise, et que, tandis que les défenseurs de ces principes les restreindraient volontiers au profit d'une forme particulière d'erreur, ils sont en même temps propres , ainsi que Tliistolre le démontre, à soutenir tout autre schisme ou hérésie qui a paru dans le monde.

14. — Parce que les innombrables divisions créées et fortifiées par ces principes ont , indépendamment du scandale qu'elles causent à la religion en général, rendu presque impossible la propagation de l'Evangile parmi les nations païennes du monde, et ensuite parce qu'il ne saurait y avoir de caractère plus évident de leur véritable nature que de les voir frustrer le pkis cher objet de la charité chrétienne, et empêcher l'accomplissement d'un des devoirs les plus sacrés, les plus solennels et les plus impérieux de l'Eglise.

15. — Parce que la théorie angUcane d'égltses nationales indépendantes, parfaitement constituées en elles-mêmes , mais ne

se ratlachant ni à un centre commun , ni même à aucune autre portion de la chrétienté, outre qu'elle répugne d'une manière manifeste à toute analogie avec les œuvres divines , cette théorie, disons-nous, pose un principe d'unité (ou mieux une maxime de division) inconnu avant le seizième siècle, rejeté par saint Cyprien,à qui il a été faussement attribué , qui est né des seules exigences des systèmes protestants, qui est fatal à l'existence même de l'Eglise, et enfin dont le véritable caractère s'est manifesté dans ce fait que certains sectateurs en ont tiré la théorie encore plus extravagante (quoique ni moins pernicieuse ni moins mal fondée) des concjrégaûons indépendantes dans la même secte.

i6. — Parce que Téglise anglicane, qui s'est levée si orgueilleusement contre toute la chrétienté, a trouvé le châtiment dû à la grandeur de son péché. Pour avoir dans un moment malheureux levé le pied contre sa propre mère, elle a, par une juste punition^ donné le jour à des enfants rebelles et in-

grats. Pour avoir tout fait en vue de détruire dans le monde la doctrine d'une Eglise catholiquç ou universelle, elle a, comme en vertu d'un jugement divin, complètement échoué à inculquer dans l'esprit de ses enfants non-seulement l'affection et la révérence, mais même les notions les plus élémentaires d'une église , d'après la théorie nouvelle et incomplète qu'elle donne d'une pareille institution. Ceci est tellement vrai qu'un de ses principaux évêques a avoué récemment qu'il existe une ignorance presque complète sur ce point, uon-seulement dans la foule des fidèles, mais dans tous les rangs et toutes les classes, et d'une manière plus frappante chez les hommes dont la position est plus élevée. (Mandement de révêque d'Exeter pour 1845, p. 31.)

17. — Parce que, d'autre part, tout point de doctrine, dans les églises en communion avec le Saint-Siège, est fondé sur des témoignages clairs de la parole de Dieu, se trouve dans les liturgies primitives, est établi dans les conciles œcuméniques et autres,

a été professé par tous les saints et martyrs, avancé et défendu dans les écrits de ces mêmes docteurs de l'Eglise qui furent successivement envoyés, de siècle en siècle, par la divine Providence, soit pour signaler et réfuter l'erreur, soit pour conserver et défendre la foi jadis transmise aux saints.

18. — Parce que la prétention de l'église anglicane d'appartenir à la famille catholique est rejetée dans toutes les parties du monde, tandis que celle de la communion apostolique dans ce pays est admise du genre humain entier. De sorte que la faible minorité des anglicans qui , en dépit du désaveu formel du reste de la chrétienté, désire être appelée catholique , se trouve précisément dans la position de ces hommes, dans la société civile , qui se font passer quelque temps comme alliés de telle ou telle noble famille et qui usurpent pour arriver à leurs fins le nom d'un Howard ou d'un Percy, mais dont le» prétentions de parenté sont rejetées et désavouées avec indignation par les véritables membres de

la famille , depuis le plus petit d'entre eux jusqu'au plus grand, et que chacun tourne justement en ridicule, en lessignalant comme des imposteurs démasques. De même la prétention de la part d'une église protestante d'Angleterre à se faire passer pour catlioU^ quCy est rejetée d'une manière unanime par tous ceux à qui appartient réellement ce titre en Orient comme en Occident. Nous voyons au contraire que les iidèles qui, dans ce pays, se trouvent, par l'intermédiaire des vicaires apostoliques , en communion avec le successeur de saint Pierre, sont affectueusement reconnus dans toutes les parties du monde chrétien comme véritables membres de la grande famille catholique.

19. — Parce que le témoignage unanime de VOrbh lermrnm, toujours invoqué par saint Augustin contre les donatistes, est aussi concluant dans ce cas que dans les autres.

20. — Parce que Téglise grecque schismalîque elle-même, ainsi que les autres sectes d'Orient, témoignent, dans presque tous les points controvcrsésj en faveur de l^

théologie romaine qu'elles adoptent, en dépit de leurs dissidences et de leurs dispositions hostiles à son égard , et, par conséquent, leur témoignage est contre l'église anglicane qu'elles anathématisent , malgré les fortes raisons qu'elles auraient de sympathiser et de s'entendre avec elle. Ces sectes , bien que séparées de Rome depuis des siècles, s'accordent néanmoins avec elle pour condamner les protestants de toutes les dénominations, qu'elles regardent comme les ennemis communs du christianisme primitif et apostohque.

21. — Parce que les mêmes doctrines qui ont été reprochées à l'Eglise cathohque comme des erreurs et des cornipiions^ ont reçu une justification nouvelle et frappante par l'histoire et le développement des sociétés qui ont si mallieureusement rejeté ces doctrines. Ainsi, par exemple, à l'égard de l'honneur que l'Eglise catholique rend à la sainte Mère de notre Seigneur, et que les protestants ont, sans scrupule, appelé idolâtrie, il a été prouvé, par leur

éloignement général de la foi , que cet honneur est non- seulement la corrélation, mais aussi la sauve-garde de la vraie doctrine de Tincarnation de notre Seigneur.

Car, tandis que l'Eglise a toujours maintenu, même parmi ses membres les moins instruits, la foi la plus pure et la dévotion la plus ardente pour son adorable personne, et cela, en grande mesure, à l'aide de ces mêmes doctrines condamnées par les protestants comme superstitieuses et idolâtres, les communions rivales, qui se vantaient surtout de rendre au divin Rédempteur riionneur immense dû à son nom , sont arrivées à le renier de la manière la plus incroyable ; les unes sciemment et par le blasphème, comme en Allemagne, en France, en Hollande, dans les cantons suisses et ailleurs ; les autres sans préméditation, par suite d'une ignorance profonde et grossière ou de leur indifférence , comme en Angleterre , en Suède, etc. Le feu qu'elles se glorifiaient d'avoir rallumé s'est éteint depuis bien des années sur leurs autels.

De sorte qu'il en résulte, nièaie en ce qui regarde ces quelques systèmes protestants qui ne sont pas encore complètement en dissolution , que la principale distinction entre eux et les autres consiste en ce que leurs membres les plus religieux font, en ce moment, en Angleterre et dans quelques parties de TAllemagne luthérienne, de vains efforts pour réparer les ruines de la réforme, pour adoucir et humaniser la théologie de leurs principaux écrivains , et restaurer peu à peu ces vérités fondamentales et évangéliques que les catholiques n'ont pas même été tentés de perdre de vue , mais qui ont été bannies de toutes les écoles piotestantes.

22. — Enfin , parce que la prétendue réforme a été , de l'aveu même de ses adhérents, une expérience qui a complètement échoué. Tandis qu'elle a conduit la plus grande partie de ses victimes aux dernières limites de la confusion, de Thérésie, de Tincrédulitc et de tous ses systèmes : —

le luthéranisme, le zuinglisme, le calvinisme, l'anglicanisme, qui sont à cette heure , ou dans un état de décadence complète, ou dans celui d'une dissolution désespérée, — nous voyons TEgUse catholique rester seule ce qu'elle était bien des siècles avant que ses rivales eussent même commencé leur malheureuse carrière ; elle est tranquille , cahne et inflexible , repoussant aisément , comme par un charme secret , les hérésies et les impiétés qui régnent triomphantes dans toutes les sectes séparées; elle est debout, ne craignant rien, ne rétractant rien, ne changeant rien, ne concédant rien. Lorsque les plus puissantes dynasties humaines se sont successivement éteintes , et que les plus grands empires de la terre ont changé ou perdu, les uns après les autres, leur forme et leur constitution, que les royaumes après les royaumes et les sectes après les sectes, ont passé comme Veau du torrent^ l'Eglise de saint Pierre reste seule, reposant avec calme sur ses fondements étçrnçlç et impérissables, contem-

plant du haut de remparts inébranlables la ruine des nations et des peuples , survivant par un miracle perpétuel à tous ses ennemis et au renversement de toutes les institutions, se confiant et s'appuyant sur Celui qui lui a ainsi merveilleusement confirmé ses gracieux desseins et sa promesse qu'elle serait, comme lui-même , la même hier, aujoiinVhui et toujours.

Ainsi, Vexpériencede trois siècles d'épreuj ves et de dangers sans pareils n'ont servi qu'à faire ressortir davantage la vérité de la double alliance de Dieu et de son Eglise , alliance de mort contre ses ennemis et de miséricorde pour elle-même ; de mort contre ses ennemis y en ce qu'il a dit : Ils se rémii* ront assurément, mais non près de moi:

quiconque selicjnera contre toi périra à cause de toi :... toute arme offensive forgée contre toi sera impuissante, et tu condamneras celui qui élèvera la voix contre toi pour te ju- (jer; de miséricorde envers elle-même, en ce qu'il a déclaré, en s'adressant à elle dans la personne de saint Pierre, son premier pas-

tenr: Sttr celle p'ierrc je btilirai mon Kc/lise et les portes de l'enfer ne prcvauclront pas contre elle.

Thomas William Marshall.

SOUMISSION A LifiLISE CATHOLIQUE;

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