‹ Motifs de conversion de dix ministres anglicansChapitre 7 sur 13 · UT · texte numérisé non relu

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(Utîoa do. la révolte vint ensuite. L'Ejjlise, au contraire, grandit en dépit de la haine des grands , et elle s'abrita dans l'accession de Constantin. Ainsi , de quelque manière que ce soit, à l'époque de Laud et d'AndreAves , le système anglican n'avait pas subi l'épreuve du temps ; on ignorait comment il pourrait s'adapter à des circonstances nouvelles, faire tête à de nouvelles diflicultés ; en agir avec le schisme ; se montrer le fondement et le pilier de la véi ilé contre l'hérésie ; maintenir intacte toute la doctrine de l'Incarnation , ce critérion pour juger des églises debout ou en décadence. Tout alors se montrait en perspective ; on ne pouvait jeter sur l'anglicanisme un coup d'œil rétrospectif. Le passé n offrait que la délivrance d'Edouard VI et Tiniluence de Francfort. Mais mainlenani que pensez-vous du système anglican ? estai aussi plein d'espérance que jadis? est-ce que le cinquième livre de Hooker est un noslrum aussi complet qu'il l'a été ? Comment agit l'anglicanisme avec le schisme.

l'hérésie , rérastianisme , la population de^ ailles manufacturières , les colonies , l'Irlande, le papisme et le panthéisme? où sont les vigoureuses luttes qu'il soutient? Il a la richesse, la dignité, la puissance , les églises , les collèges , les écoles , et les privilèges inestimables qui découlent de l'autorité de Victoria. Nous avons droit d'en attendre des merveilles ; où sont ses triomphes quotidiens? Il est continuellement battu autour même des poêles de ses sacristies confortables. Les temples dissidents , ces hideux phénomènes d'architecture qui vous font tant d'horreur, existent-ils à cause de rétabhssement anglican ou en dépit de lui? Je pense que c'est à cause de lui, mais peu importe; car d'une manière ou d'autre, ils fournissent un triste commentaire des gloires de la réforme et du mariage du clergé.

Du temps de Laud , le protestantisme n'avait pas encore pris son développement dans l'hérésie et l'impiété... Une considération qui n'eut pas manqué d'exercer une

puissante influence sîir Andiowes, c'est que la grande réforme du saint concile de Trente n'avait pas encore été mise en œuvre , réforme qui a donné à l'Eglise catholique une nouvelle vigueur. Saint Jean-de-Dieu, saint François de Paule , saint Philippe de Néri , saint Louis de Gonzague, saintignace, saint François de Borgia , saint Pierre d'Alcantara, saint Charles Borromée, saint Stanislas Kostka, saint Tean de la Croix, saint François-Xavier , saint François de Sales , saint Vincent de Paul , et autres noms que vous vénérez , ont été, dans la période qui sépare Henri VIII de Guillaume III , le produit ou plutôt une partie choisie du produit de sainteté de l'Eglise romaine et de ce qu'on appelle la morale de Trente. Si toutes ces choses avaient été sous les yeux d'Andre\ves,commeelles son tsousles vôtres, vous pourriez bien n'avoir pas son nom à citer, ainsi que vous le laites maintenant. Pesez ces considérations, et voyez si vous pouvez réellement regarder comme un motif de rester dans l'établissement protestant la

présence dans celte ép^lise de deux lliéologiens des seizième et dix-septième siècles, qui sont repoussés comme des mauvais génies par la majorité des anglicans du dixneuvième.

7. Excusez-moi si je vous parle d'un soupçon qui me préoccupe. Est-ce que votre répugnance à devenir catholique ne se lie pas à Tespoir de changements politiques qui seraient effectués par la jeunesse intelligente de la génération actuelle, changements qui remédieraient à tous les maux que je déplore? Il ne me serait pas difficile de démontrer que toute espérance d'améliorer la condition des pauvres, de tirer la nation de son égoïsme dégradant , de sa fièvre d'argent et de l'incrédulité qui se répand tous les jours davantage, est la plus extravagante des illusions. L'anglicanisme manque pour opérer ces réformes de moyens d'action , et Ton pourrait aisément vous montrer que l'anglicanisme est précisément la cause qui rapetisse parmi nous toute grandeur, si je ne Cl aignais de sortir des limites de cette lettre,

écrite dans la seule axniété que m'inspire le sort de vôtre âme. Ce<^ châteaux en Es^ pagne, ces plans de la jeune Angleterre pour arracher, à Texèlnple du pieUx Enéè , là vieille Albion à là conflagration du dix-nêlîvième siècle, prêtent assez au ridicule.

^Angleterre a besoin de saints beaucoup ]plus que d'hommes d'État, et comment une communion où l'on ne peut pratiquer l'obéissance produirait-elle des saints? 0 misérable communion qui n'est en communion avec personne! Elle n'est pas en communion âVec les saints, car elle n'a pas la puissance qui les a canonisés ; elle ne peut leur adresser de catholiques invocations ; elle ne peut ni les toucher en rendant hommage à leurs reliques, ni enseigner leurs doctrines , ni écrire leur vie , ni mettre le mot saint devant leurs noms, sans être condamnée par la majorité de ses membres!

Elle n'est en communion ni avec la chrétienté catholique, car elle en a été séparée, ni avec les Grecs scliismatiques qui anathématisent ses doctrines et ses enfants ,

ni avec sa sœur rétablissement d'Ecosse, ni avec sa fille rétablissement d'Amérique, qui a rejeté le symbole d'Athanase et purifié le Te Deuniy ni avec ses compères protestants de Berlin et de Genève , de Copenhague et de Hambourg !

8. La manière dont je parle de l'établissement anglican va vous fournir un autre motif pour rester où vous êtes, parce que, direz-vous, la conduite et le ton des nouveaux convertis à l'Église romaine vous déplaisent fort. Vous n'aimez pas davantage les manières des anciens catholiques anglais. Quant à ces derniers , je désire qu'un jour vous puissiez, en vous convertissant, goûter les avantages et les charmes qui naissent des rapports avec eux. \oila donc votre humilité qui s'érige encore en juge pour blâmer des hommes que, selon vos propres expressions, vous vénériez avant leur conversion ? Vous vous récriez de la révoltante immoralité des convertis! En quoi consiste-t-elle? « Ils essaient ,dites- « vous, do faire des séductions, en invitant

« des persoiuios qui sont dans la branche de € ré[;lise où la Providence de Dieu les apla- « cëes, à passer dans la branche romaine. > Cette accusation pèse également sur les anciens catholiques; elle remonte même jusqu'à l'Eglise, car nous ne faisons envers les au très que ce que l'Eglise a fait envers nous.

Vous me dites qu'il y a en Angleterre assez d'impiété à combattre, pour qu'au lieu de tourner nos armes contre vous , nous les dirigions avec vous contre le mal que vous signalez. L'Eglise catholique est en tout ceci un juge plus éclairé que moi, et si elle croit convenable d'attaquer l'établissement, n'ayant pas plus longtemps la jouissance de la liberté protestante dont vous avez le privilège, je ne puis critiquer sa décision , ni agir autrement qu'elle le désire. Ici , comme ailleurs, vous me mettez dans votre position, et vous jugez ma conduite morale par la règle de la vôtre, ce qui n'est ni trèshumble ni très-équitable ; c'est l'Église qu'il vous faut attaquer, et non ses enfants.

La première chose que faisait un ancien

missioimaiie eu abordant un rivage idolâtre , était de déployer la croix ; mais s'il avait été précédé par un imposteur qui cherchât à égarer le peuple avec une fausse croix, Timposteur devenait le premier objet de ses véhémentes attaques... Je sais que nous nous trouvons dans une position difficile. On nous reproche aux uns d'avoir quitté trop tôt rétablissement, aux autres d'y être resté trop longtemps ou d'y avoir suivi une fausse route, etc., etc.; mais est-ce que certains anglicans ne sopt pas accusés eux-mêmes d'immoralité et de déloyauté pour demeurer dans leur position actuelle? N'étes-vous pas obligé d'essayer de donner satisfaction à vos frères , avec qui vous êtes en communion , sur le point de savoir comment vous osez répondre à celui qui vous consulte , qu'il peut croire tout ce qui est enseigné par le concile de Trente , lorsque le fait même du concile implique la reconiiaissance de la suprématie papale, et que vous restez cependant anglican ? Un flcb hauts dignitaires de votre église a fait

naguère celte réponse à un membre d'une université qui lui exprimait le désir d'entrer dans TEglise romaine. Il ne saurait donc y avoir dans la conduite des anciens catholiques anglais ni des convertis , conduite qui est parfaitement d'accord avec les enseignements de leur Eglise, un motif pour vous de rester anglican.

9. Vous invoquez encore comme défense la vie nouvelle qui se manifeste clans l'église d'Angleterre. Est-ce que ces mots ne mettent pas une fois de plus en évidence la veine d'orgueil que nous avons déjà signalée et l'exercice du jugement privé? La vie nouvelle! Mais vous condamnez donc, de votre propre autorité , l'ancien état de choses , qui est encore préféré par la grande majorité des anglicans? Le parti évangélique a travaillé avec énergie et ardeur durant soixante-dix ans. Tous ses efforts ne sont donc rien, tandis que vous appelez avec emphase notre propre mouvement la rie de l'cgiisc d'Jvglclcrre! Mais la vie est dunncc en vue d'autrcb runclionb. L'homme

malade qui recouvre la santé marche et travaille ; or cette prétendue vie puséiste qui s'est mise en mouvement, qui a marché, quelle direction at-elle prise? Toutes les autres fractions de votre communion répondent cju'elle s'est dirigée vers Kome ; vers Rome! crient aussi les dissidents de toutes les nuances. Maintenant, dites-uioi si c'est là une tendance naturelle ou une déviation excentrique? Vous aurez de la peine à prouver au bon sens du genre humain que ce mouvement soit dans le

dernier cas Je ne dois pas passer sous

silence un argument tiré de la vie que vous prétendez exister au dedans de vous , dans la crainte que vous ne le croyiez irréfutable. On dit quelquefois ; aussi longtemps que vous ferez des progrès spirituels, aussi longtemps que vous sentirez à la fin du mois avoir plus de force qu'au commencement pour résister à la tentation et renoncer à vous-même , aussi longtemps que vous serez sûr d'avoir part à la grâce de Dieu j et par suite que vous vous trouverez

dans un état nicilleui que vous ne méritez, vous ne devrez pas chercher à sortir de votre éghse. Est-ce que de tels signes de vie intérieure ne sont pas incertains et précaires? Est-ce que la grâce n'est pas donnée fort souvent aux hommes, afin de les conduite plus loin, pour amener, par exemple, les hérétiques de leurs conclusions fausses a des conclusions vraies , pour faire passer le païen de l'athéisme à l'Evangile? N'estil pas très-possible, à en juger par ce qui se passe autour de vous , que ces grâces vous soient données pour vous pousser plus loin? Ne se peut-il pas que la grâce vous soit retirée après une certaine expérience , s'il vous arrive de ne pas y correspondre comme l'attend Celui qui vous Taccorde? Mais je passe sur ces considérations. Est-ce que votre argument ne prouve pas un peu trop, et ne peut-on pas le réduire à n'être plus qu'une absurdité ? S'il est vrai , personne ne peut se convertir de l'erreur à la vérité avant d'avoir perdu la grâce qui lui fut d'aboid accordée! Une conversion, pouv

être faite avec toute sécurité et être agréable à Dieu, doit donc avoir lieu lorsqu'on se trouve en état de péché mortel ! Si elle a lieu lorsque le converti avance en grâce , qu'il soit arien, nestorien, monophysite ou anglican, elle est coupable , abominable, et elle n'est pas l'œuvre du Saint-Esprit I

10. Vous dites que vous voulez aller plus loin, que vous désirez suivre les saints de Dieu. Mais comment le ferez-vous, quand vous êtes volontairement sous le poids d'une excommunication ; quand vous êtes séparé, par votre attachement pervers et obstiné à l'erreur , de la société divine qui a nourri et formé les saints? Comment ferez-vous des saints sans la pratique de l'obéissance? Ce n'est pas l'obéissance à un système qui a fait les saints, mais l'obéissance aux personnes, l'obéis^ sance aux vice-gérants vivants de la Divinité, aux directeurs sphituels, aux supérieurs monastiques et aux évêques , à celui qui est assis sur la chaire de Pierre. L F/[;lisc catholique ne tonnait rien de tes

îiyslèmes mouvants, de ces articles glacés, de ces liturgies congelées , de ce culte chicanier des rubriques , des insurrections de surplis , et autres choses semblables. Chez elle, les hommes sont en contact avec de la chair et des os; ils s'inclinent, ils obéissent, ils sont froissés, abaissés, et ils obéissent avec plus d'amour : les grâces de Dieu leur sont accordées ; ils deviennent saints , et des générations innombrables les vénèrent. Lessahits anglicans devraient aussi le devenir par l'obéissance aux évêques anglicans , par vme obéissance réelle , une obéissance de cœur, une obéissance qui ne sera pas limitée par l'interprétation privée des rubriques. Est-ce que c'est là le genre d'obéissance que vous pratiquez envers vos évêques?

Mais, mon cher ami, ce désir d'imiter les saints me porte à vous dire quelques mots de la question des ordres anglicans. Vous avez des doutes sur votre position. Tout naturellement, la picmière question qui doit Sf. présenter à un homme désireux

de suivre les traces des saints catholiques, t'st celle-ci : « Suis-je siir d'avoir des prêtres autour de moi; suis-je sur qu'ils oui la juridiction de ni'absoudre ; que je puis suivre les prescriptions les plus élevées de la religion avec foi et sans la distraction perpétuelle , l'inquiétude du doute? Suisje sûr de ces choses? Sinon, comme je crois en une Église visible, ai-je le droit de rester en dehors de la certitude sur de pareilles matières? » J'ai, à dessein , évité jusqu'ici d'entrer dans les arguments théologiques exposés par d'autres écrivains beaucoup mieux que je n'aurais pu le faire. Je m'en suis tenu aux motifs mis en avant par vous et par vos amis , et j'ai examiné chaque point , de la manière dont il m'a semblé que les eût examinés une personne jalouse du salut de son âme. Je suivrai la même ligne pour ce que j'ai à dire sur les ordres anglicans. Vous prétendez que l'Eglise n'a jamais décidé la question , et que le pape n*a pas rendu à ce sujet un jugeaient dogiuaiiquc devant lequel nous voub

incliiieiiez s'il était rendu. Tout d'abord laissez-moi vous demander si vous agissez loyalement envers la communion anglicane , quand vous restez dans son sein avec la détermination prise par avance de vous soumettre à un décret du pape sur ce qui louche à l'ordination de vos minitres?

Puis ensuite, est-ce que Rome n'a pas explicitement résolu la question des ordres anglicans en administrant la confirmation et l'ordination sans aucune condition? Ceci est d'autant plus remarquable, que l'Eglise administre aux convertis le baptême sous condition , sans cérémonies , avec le moins de solennité possible , afin de donner à entendre sa crainte du sacrilège, et de montrer qu'elle y est forcée par la simple prudence que commande la charité. Je pourrais recourir à de nombreux arguments théologiques, et montrer qu'ils sont tous péremptoires contre la validité des ordres anglicans ; mais je laisse ce soin à ceux qui s'occupent spécialement de traiter cette question.

Quant à vous , de votre propre aveu ^ VQUS n'avez pas Tombre d'un doute sur notre succession et nos sacrements; tandis que vous avouez avoir des doutes et des inquiétudes sur les vôtres. Ceci devrait suffire pour déterminer votre soumission à l'Eglise. En un inot, ou vous devez retourner au simple protestantisme dont vous avez outrepassé les limites, ou il vous faut avancer et vgus soumettre à l'Eglise romainç ; sans ççla, en restant où vous êtes, vous agirez d'une manière déloyale en votre conscience et envers votre communion actuelle. Vous êtes arrivé au point où la route se sépare : un pas de plus peut entraîner la dernière grâce, et si, ayant vous-même des doutes graves , vous appelez sur votre tête la $ang de votre frère , en étouffant ses doutes par la supériorité de votre intelligence , ce pas renfermera probablement la grâce finale.

Sans entrer directement dans la question des ordres anglicans et de la validité de vos sacrements , je vous l'ai moutié : un doute giavt'j i>our ne pa^ duc lAub '\\\n doute ,

pèse au luoiiis sur toute la question , et ce doute est funeste à la vie de l'âme ; il retarde, il glace et étouffe toute chose sainte et bénie tendant à la perfection. Je vous ai montré, en supposant que vous aperceviez une grande probabilité de votre côté, que cependant, en matière de foi et de sacrement, cette probabilité ne saurait suffire. D'après la doctrine de saint Thomas, de saint Alphonse et de tous les grands maîtres de théologie morale, vous êtes obligé , non de vous en tenir à l'opinion probable, mais de prendre le parti le plus sûr. Si vous daignez donner à ces deux points l'attention qu'ils méritent, je ne pense pas que vous soyez tout à fait aussi tranquille, même sur la question des ordres et des sacrements touchant lesquels vous étiez plein de confiance. Mais faisons encore un pas. Il est consolant pour vous de penser, quoi qu'il en soit, que vous avez les sacrements et que vous ctes en sûreté de conscience. Vous vous retranchez U-dcî?bU5 comme bi voub y étiez inexpu-

griable ; el cependant ^ après tout , vous n'êtes pas aussi en sûreté que vous vous rimaginez. Laissant de côté vos doutes relativement aux ordres et à l'obligation morale qui pèse sur vous de choisir l'opinion la plus sûre et non l'opinion probable, cependant les sacremenls valides ne donnent pas la se e un lé f quand ils sont cniacliés de schisme. L'on peut juanger l'Agneau, ainsi que vous l'apprenez par les paroles si bien connues de saint Jérôme, et cependant sa réception peut être une profanation, si ceux qui le mangent sont hors de la maison bâtie par Pierre. Les théologiens nous enseignent que le schisme n'invalide aucun sacrement, si ce n'est celui de la pénitence, dans lequel l'absolution est affectée, excepté à l'article de la mort , par le manque de j uridiction ; mais le schisme met un obstacle à l'efficacité des sacrements ; il les circonscrit en eux-mêmes ; il suspend leurs effets; il les tient dans cet état de suspension incHicacc , jusqu'à ce que la charité de TEvaMî;ilc, le car'Ujis de saint An(;uslin , leur

ouvre l'accès des âmes. C'est dans ce sens que Von doit entendre le passage de saint Basile , où il trace un si eflroyable tableau du dommage que Ton encourt quand on est en état de schisme. Saint Augustin , que vous citez si volontiers, n'est pas moins explicite quaml , écrivant sur les donatistes qui se convertissent, il parle « des dons de « Dieu qui ne leur avaient servi de rien , « en tant qu'ils n'avaient pas la charité ; « car, ajoute-t-il , qui peut dire avoir la « charité du Christ quand il n embrasse pas a son unité? Aussi, quand ils entrent dans « l'Eglise catholique, ils ne reçoivent pas « ce qu'ils ont déjà, mais ce qu'ils n'avaient <( pas , afin que ce qu'ils avaient puisse « commencer à leui profiter. Ils reçoivent « ici la racine de la charité , le gage de la « paix et le lien de Tunité , afin que tous « ces sacrements de vérité qu'ils ont, puis- « sent servir à leur salut et non à leur (( condamnation. «•

Il ressort donc de l'autorité des Pères , invoqués par vous avec tant de confiance ,

qu'il ne sufiit pas, pour élie en sùrelé de conscience, d'avoir des sacrements valides. La doctrine que vous invoquez comme votre dernier refuge est opposée à la doctrine de l'Eglise, même à l'époque de saint Augus tin....

Je conclus. Vous direz que tout ceci n'est après tout qu'un argument ad homlnem :

c'est vrai , et je n'entendais pas faire autre chose.

J'ai besoin de vous voir catholique , parce que votre âme court un danger imminent si vous restez où vous êtes; j'ai besoin de vous voir catholique, parce qu'en demeurant en arrière , j'ai peur que vous n'agissiez mal et d'une manière indélicate ; j'ai besoin de vous voir catholique, parce que les sympathies et les désirs les plus élevés ne sont pas satisfaits où vous vous trouvez; j'ai besoin de vous voir dans l'Eglise au nom de laquelle vous avez été baptisé, le seul bercail catholique de Jésusr Christ , dont vous êtes boiti depuis que Tabtigc de votre raison vous a pousbc à dcj^

actes ouveiU de schisme; j'ai besoin de vous voir dans TEgiise de vos bons pères et de vos ancêtres, où vous pourrez les secourir par des prières et des messes , et non là où une froide séparation vous éloigne d'eux ; dans cette prétendue église (ô misérable et dégradante cruauté !), vous avez excommunié les morts , et vos frères s'en vantent!

Je désire instamment tout ceci , et c'est pourquoi j'écris comme je le fais. Permettez-moi de dire, en ^ne résumant, que si je trouve vos uiotife peu concluants, en les examinajit l'un après l'autre, ils ne le sont pas davantage dans leur ensemble, par le seul fait qu'ils sont en contradiction entre eux. Ils tendent à prouver que toutes les marques de rÉglise catholique peuvent subir une éclipse totale , de telle sorte que l'Eglise sera successivement visible et invisible ; ils tendent à substituer à la vie uniforme de l'Église catholique, ces élans intraitables d'ardeur renaissante dans lesquels s'est jeté de temps eu temps TangUcanisme en vue de sa sécurité et de aa.

commodité. Vos luolits supposent qu'un homme se trouvant dans la position si orgueilleuse que je maintiens être la vôtre , doitld découvrir, comme si Torgueil était un de ces péchés apparents et non le plus secret, le plus subtil , le plus condescendant et le plus modeste de tous les péchés. Vos motifs vous portent à vous reposer sur les traces de vie intérieure que vous remarquez dans les autres, lorsque , pour être en sûreté , vous devriez vous-même participer à cette vie ; car alors vous verriez le danger de votre position , et vous pourriez être heureusement poussé à l'abandonner. Vous ne pouvez guère attendre de voir toutes ces choses clairement , tant que vous serez hors du vrai bercail de Jésus-Christ ; mais vous devez cependant y voir assez pour sentir que vous êtes dans une position qui offre les plus grands embarras, et je pourrais affectueusement ajouter qui est pleine de dangers non moins grands que vos embarras. Vous ne manquerez pas de dire que j'écris comme un renégat ; mais, cher ami, ne songez pas

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à moi ; pensez a ce que je vous al dit. Réfléchissez s'il y a quelque vérité daus mes paroles; je sais qu'elles sont inspirées par l'amour. Essayez de passer sur la manière vude dont je vous parle , sur le style d'un apostat, et sur tout ce que vous trouvez à y blâmer. Je vous ai dit simplement pourquoi j'ai abjuré le protestantisme, et je ne me suis pas contenté de nier Tavoir abjuré pour telle ou telle raison. Ce que je vous ai dit si franchement doit nécessairement vous olTenser. Je ne parlerai ni de la paix , ni du bonheur, ai du calme qu'éprouve celui qui , après s'être trouvé dans votre position particulière, se convertit. Dans tous vos motifs, j'ai cru découvrir quatre caractères qui sont communs à tous et qui reparaissent partout : 1** un orgueil caché , subtil ei intolérant, qui toujours et en tout domine votre jugement sans que vous vous en doutiez ; 2^ un mysticisme profane, maladif et puritain, dans lequel votre système se plonge chaque jour plus profondément, comme si c'était la fange du montanisme;

3^ une disposillou a éloigner l'anxiété simple, contrite et humble touchant votre âme, et un empressement des plus vifs à vous attacher à des vues vagues et à des généralités ; 4« une chagrine résistance à ce que vous commande votre position présente, résistance se couvrant du manteau d'une humble résignation , et qui demande des sympathies avec ces plaintes pitoyables qu'implique l'opiniâtreté la plus ingrate. Tout ce que vous m'alléguez me semble se rattacher directement à l'un ou à l'autre de ces quatre caractères. Hélas! il doit en être ainsi avec ceux qui n'ont pas et ne peuvent pas encore avoir la Foi. Vous n'êtes pas catholique , et votre croyance n'est autre que celle dont parle saint Ambroise : Credis qtiod ûbi prodesse prœsumîs; non credis quod Deo dicjnnm est. Jusqu'à quand en sera-t-il ainsi de vous et des hommes de votre parti ?

Votre alTectionné ,

Frédéric William Faber.

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