‹ MoussorgskiChapitre 11 sur 83 · L'INNOCENT · texte numérisé non relu

L'INNOCENT

Vania va par le village, le cerveau vide, les yeux ternes, les pieds nus.

Et pourtant il sait lire les psaumes à la lueur des cierges dans la chambre mortuaire. Sous les coups de langues et des coups de poings des enfants, ses yeux jettent des flammes. Il chaussera de belles bottes rouges ses pieds nus, plus tard.

C'est pour les acheter un jour qu'il aime à recevoir les kopeks que les bonnes gens lui donnent et que son logeur lui prend le soir, quand il rentre à l'izba.

Vania, c'est l'homme divin et divinateur. Sa place est marquée au Paradis. Il n'y a pour lui ni passé, ni présent ni avenir. Il les voit tous d'un tenant. Et sou-

vent il lui est arrivé de révéler des choses merveilleuses à ceux qui, doux et bons, lui demandèrent : « Vania ! que me dirastu ? »

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