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LE SÉMINARISTE

Long vêtu d'une soutane, les cheveux courts, grave comme une épousée, doux ; pâle, avec du rose sur les joues, il vit au jour la journée, guidé par des maîtres qu'il révère, sous le ciel d'où Dieu le regarde.

Quand il entra au séminaire, ses camarades lui donnèrent un sobriquet. L'appliqué, le victorieux, le pourpre. C'est sous ce nom qu'il angélisera son corps de pécheur, c'est ce nom qu'il transmettra à see enfants lorsque, mûr pour la vie et

digne de prendre charge d'âmes, il aura trouvé compagne pour obtenir l'ordination.

Il n'a point, en prenant la vie religieuse, rompu avec la vie du monde. Il connaîtra le bonheur familial, et ses mains faites pour bénir se remettront peut-être aux durs travaux de la terre.

Il lui arrive parfois, quand il hume les aromates intellectuels du séminaire ou l'encens des églises, de songer au jour lointain où le petit chemin qu'il a à parcourir s'élargira et se peuplera.

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