LE PRÉLUDE
On a constaté, en lisant le texte des petites pièces dramatiques de Moussorgski, comme il excelle à exposer d'entrée, en une phrase concise, le personnage et la situation et à préparer l'auditeur à l'émotion qu'il veut donner.
Il en est de même ici. Vingt-et-une mesures ouvrent simplement le drame de Boris. Dès les quatre premières notes, l'un des personnages principaux, la Foule, s'annonce par une de ces mélodies qui sortaient du cerveau de Moussorgski comme s'il eût été le cerveau du peuple.
Cette figure caractéristique à laquelle vient s'adjoindre à la cinquième mesure une autre de même nature en contrepoint fait pressentir la présence du peuple. On le sent vivre derrière le rideau. Les croches, avec des alternatives de pianissimo et de fortissimo, disent la houle et la curiosité.