‹ MoussorgskiChapitre 33 sur 83 · LE COUSIN ET LA PUNAISE · texte numérisé non relu

LE COUSIN ET LA PUNAISE

Chez le diacre, le Cousin Pétrit, mont, fait colrets.

La Punaise en béguin Lave, coud, met les brouets.

Un beau jour en cliquetant, Le Criquet va dans le blé, Saute, ronge, très content, Pille tout, comme endiablé.

En voyant gâcher —

Le bien du clocher —

Le Cousin s'émeut, s'alarme ;

Il avise un pic, il s'arme.

11 bondit sur le Criquet, Il fait un grand moulinet, Mais le pic de ses mains saute, Tombe, et lui rompt une côte.

Cette phrase, en gamme chromatique^ est d'un effet comique, par son contraste avec le rythme enlevé des premières strophes, qui s'accentue encore dans les trois premiers vers de la quatrième strophe.

L'endemain, de grand matin, La Punaise, au cœur chagrin, Va chercher un plat d'étain Pour lui mettre sous les reins.

Mais la pauvre ne put pas Soulever ce corps, hélas !

Et l'effort, crevant son fiel, Fit monter son ame au ciel.

(Traduction musicale Hettange).

Une autre chanson, dite par Feodor, Tourou, Touroiij petit coq, vient de même source.

Deux additions plus importantes ont été faites dans ce tableau.

Tandis que Xenia se lamente, le petit Feodor s'amuse à regarder le ressort d'une pendule à sujet. Les exclamations joyeuses contrastent heureusement avec la phrase mélancolique de Xenia. A la fin du tableau, lorsque Boris est demeuré seul avec ses tristes pensées, la pendule joue de nouveau et c'est en voyant les personnages sortir que l'image de l'enfant assassiné se présente à son esprit malade. Ce changement, pour lequel Moussorgski a eu main forcée, est vraiment peu heureux, mais Moussorgski a spirituellement introduit ce ressort en accessoire peu gênant. Il ne peut porter à faux que sur le jeu de l'acteur, s'il est inintelligent, et nullement sur l'effet de la scène même. Il n'y a donc pas à s'en chagriner outre mesure.

A la fin du premier monologue de Boris, la voix de la nourrice qui chasse un perroquet : « Kych ! kych ! » arrive

jusqu'au tsar. — ce Va voir ce que cela veut dire » s'écrie-t-il en se tournant dans un mouvement d'impatience vers Feodor.

Feodor revient quelques instants après et raconte que le perroquet a causé le bruit qui dérangea le tsar. L'idée de cet incident a été fournie par l'histoire de Karamzine.

Ya-t-il là une boutade deMoussorgski, que toutes les modifications superflues à apporter à une œuvre achevée, parachevée, énervaient parfois? Lorsque Boris demande à Feodor de lui raconter l'incident par le menu, l'enfant répond :

<( Dois-je vraiment, mon père, fatiguer ton esprit de tels enfantillages ? •>

Quoi qu'il en soit, incorporé au drame ou pris à part, le récit de Feodor, écrit dans la note de la Chambre d'enfants, est un petit chef-d'œuvre. Les paroles sont de Moussorgski.

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