FÊTE VILLAGEOISE
C'est fête dans l'izba. Les bras s'activent, en attendant que se farcissent les ventres et s'enfièvrent les têtes. Les femmes ont fait la braga. Les hommes sont allés à la ville acheter le vin de Cahors, les craquelins, le pain d'épice, des noisettes, des bonbons. Ils ont tué le cochon, tiré de la cave le concombre salé. La bonne senteur des crêpes au sarrazin monte aux nez, qui soupirent de gaîté.
La veille, toute la famille s'est baignée à l'étuve et dès l'aube, les femmes ont nettoyé l'izba, qui reluit, hospitalière. Les hommes se sont fait beaux. La tête coiffée d'un pot, ils ont tout autour, le long du grès bruni, coupé aux ciseaux leurs longs cheveux, qu'ils ont ensuite graissés à
l'huile de bois. Les premiers prêts, chaussés de bottes noircies au goudron, vêtus de pantalons noirs et de chemises rouges, ceinturés du cordon qui porte la clef et le peigne, s'en vont sur le seuil ou dans la rue,musards, attendre les invités. Enfin
LE BANQUET (Paroles de Koltsof)
EN VERS
« Les portes sont ouvertes. Sur leurs chevaux ou dans des traîneaux, les hôtes sont arrivés. Le maître de la maison et sa femme se sont inclinés bas et les ont menés à l'intérieur. Devant la sainte image, les hôtes prient. Ils prennent place à la table de chêne. La jeune femme aux noirs sourcils a fait le tour, offrant avec des baisers l'eau-de-vie. Le maître fait dans les verres couler la braga et la jeune fille, avec des sourires, présente l'hydromel. Les invités boivent et mangent et se réjouissent jusquà la mi-nuit. »