‹ Moustache (volume 2)Chapitre 15 sur 37 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

TNE BOURSE.

— En voilà un ami! s'écrie Timothée lorsque Henri est parti. Qu'on (lise donc que l'amitié est une chimère!

— Niin, sans doute, ce n'est pas une chimère, dit George; mais il n'en est pas moins vrai que les amis comme Henri sont rares.

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— C'est un garçon de l'âge d'or!./. 11 mériterait une statue. s'écrie Bouchenot en allant se mirer. Mais ce n'est plus le moment de faire des réflexions; il faut nous mettre en état d'aller le retrouver.

— Oui, il nous faut tout de suite un tailleur, des habits, des gilets.

— Et des bottes même, ajoute Tiniothée. puisque hier on a vendu les miennes.

— La voisine nous trouvera tout cela. 11 faut la prier de nous rendre encore ce service, .le \ais aller frapper chez elle.

— Tiens, je crois que je l'entends.

C'était, en effet, mademoiselle Cœlina qui venait chercher sa cafetière et sa poêle. La jeune fille, avec sa camisole blanche, son petit jupon court, et son madras noué coquettement sur sa tète, avait un air mutin et piquant qui frappa sur-le-champ les trois amis.

— Salut à notre bonne et jolie voisine, dit George. Timolhée voulut faire un compliment, mais il ne put que

pousser un gros soupir. Bouchenot , qui avait déjà repris son air avantageux, lança à la jeune fille un regard très-expressif.

— Je viens vous débarrasser de mes ustensiles de cuisine et savoir des nouvelles du malade, dit Cœlina en entrant.

— Le malade se porte très-bien, grâce à vous!... et il n'éprouve plus que le besoin de vous exprimer sa reconnaissance.

En disant ces mots, Bouchenot avait pris une main petite et potelée, qu'il voulait porter à ses lèvres ; mais mademoiselle Cœlina la retira vivement en disant ;

— Si ce n'est plus que cela qui vous tient, ça ne presse pas... Je vais aller faire mon déjeuner; puis je me remettrai à enluminer Adam et Eve, j'en ai deux douzaines à faire, et on les attend.

— Vous avez de la besogne pressée? dit George.

— Oui, pourquoi?

— C'est que nous voulions encore réclamer un service de vous.

— Parlez toujours, me voilà. Adam et Eve ont le temps d'attendre, d'autant plus qu'ils se promènent dans le paradis De quoi s'agit-il?

— Un grand bonheur Y;enl de nous arriver...

— Oh! tant mieux!

— Un ami que nous n'attendions pas sitôt, vient de venir ce matin ; il s'est aperçu que nous manquions de beaucoup de choses.

— Vraiment ! il ne faut pas être malin pour voir cela.

— Avec lui nous avons été francs... et maintenant, mademoiselle, nous ne rougissons pas de vous dire qu'hier... en nous offrant votre souper. , . vous nous avez presque sauvé la \ie...

— Pauvres jeunes gensl... Et ne pas être venus me trouver plus tôt!... c'est là votre tort.

— Oh! maintenant nous sommes riches! Tenez!

Et George montre à Cœlina le billet de cinq cents francs.

— Qu'est-ce que c'est que cela? demande la jeune fille.

— C'est un billet de banque... cela vaut cinq cents francs.

— Ce chiffon de papier tout vieux... tout jaune... cela vaudrait tant d'argent!... Ah! je n'aurais jamais cru qu'une si grosse somme pût tenir si peu déplace.

— Maintenant voici ce que nous attendons de vous : nous n'avons pas d'habits, plus de chaussures pour sortir; il nous faudrait sur-le-champ des vêtements tout faits, tout confectionnés.

— Et des cravates...

— Et des mouchoirs...

— Et des cols...

— Et des bas...

— Et des chemises...

— Ah! vous n'avez besoin que de cela! dit Cœlina en riant.

— Le fait est que nous étions dans une grande débine ! s'écrie Timothée.

— Mais pour le moment le plus pressé, c'est pour chacun un habit... ou une redingote et des bottes... Si vous aviez la bonté de nous chercher des marchands. . . car nous ne pouvons pas sortir.

— Bien volontiers! Oh! je vous trouverai sur-le-champ ce qu'il vous faut!

— Voici notre billet de banque ; ayez aussi la complaisance de le changer pour que nous puissions payer ce que nous achèterons.

— Donnez... je vais me dépécher... Dites donc... si je ne revenais plus avec votre argent?...

— Ah ! mademoiselle, nous voudrions avoir une fortune à vous confier!

— Mais cinq cents francs, c'est déjà bien joli; je n'aurai jamais eu tant d'argent à la fois... Je vais courir... Nevous impatientez pas... Mon Dieu! pourvu que je ne perde pas le petit chiftou qui vaut cinq cents francs... Ohl je vais le regarder tout le long du chemin.

Cœlina est partie; les jeunes gens font leur toilette avec ce qu'ils possèdent encore; puis, tout en se préparant, afin de n'avoir plus à passer qu'une redingote, ils font chacun des projets et des plans pour l'avenir.

— Nous n'allons pas tout dépenser en vêtements, dit George ; il faudra un peu nous remeubler ici...

— Ah! oui, en fait de meubles, dit Timothée, il nous faudra d'abord des draps et des oreillers.

— Oui, et des chaises et un chandelier.

— Messieurs, dit Bouchenot, vous ne parlez que d'acheter ; mais il me semble qu'il ne faut pas dépenser tout notre argent; il faut bien en garder pour \ivre.

— Tu oublies donc, Bouchenot, que tu vas avoir une place et des appointements?

— C'est très-bien... mais toi, George?

— Ma pièce sera jouée ; elle réussira! Timothée pourra garder pour lui seul la pension qu'il reçoit de son père... Oh! maintenant l'avenir me semble riant et rose... je ne vois pour nous que bonheur et plaisirs... nous les devrons à nos talents, à notre travail... à l'amitié. Dites-moi, messieurs, est-ce que tout cela n'est pas charmant?

— Oui, dit Timothée, cela peut devenir bien gentil... surtout si la petite voisine voulait... Je crois que j'en tiens pour la voisine.

— Un instant! s'écrie Bouchenot, elle me plaît beaucoup aussi, à moi. et je me flatte qu'elle me voit d'un bon œil... d'autant plus qu'elle a été à même de m'apprécier.

— Voyez-vous cette fatuité! il croit déjà avoir fait la conquête de la petite Cœlina... Je gage qu'elle ne t'écoutera pas...

— C'est ce qu'il faudra voir.

— Je te dis que c'est moi qui serai son amant...

HO M(U STAf.HE.

— Ail ! oui... avec ça que tu t'entends à séduire une femme!

— Allons, messieurs, ne vous disputez pas d'avance, dit George. Eh' mon Dieu! elle ne voudra peut-être ni de l'un ni de l'autre; au reste, je la crois assez franche pour ne point vous leurrer par de vaines espérances.

— Il est certain qu'une jeune iiUe qui enlumine Adam et Eve!...

— Je voudrais bien savoir si c'est avant le péché!...

— Chut ! taisez-vous, la voici.

Cœlina ramenait un boîtier et un marchand de nouveautés qui vendait des vêlements tout confectioimés.

Des habits, des redingotes, des gilets, des pantalons sont étalés devant les jeunes gens. Pendant que Timothée essaye des bottes, George passe une redingote et Bouchenot un habit. La petiie voisine est rentrée chez elle un moment; parce qu'elle a pensé qu'on pourrait essayer les pantalons; mais elle a d'abord remis à George les cinq cents francs en écus.

— Nous payons comptant, messieurs, crie Bouchenot, tout en se pavanant dans un habit neuf; nous payons en espèces, cela mérite considération et doit vous rendre accommodants.

En effet, la vue du sac d'argent rend les marchands plus disposés à céder de leurs prétentions : bientôt le marché est conclu moyennant la somme de deux cent cinquante francs. Les jeunes gens ont acheté une redingote, deux habits, trois pan'alons et deux gilets, dont ils peuvent se parer sur-le-champ, et le bottier leur a trouvé à chacun des boites qui, suivant son expression, les chaussent comme des gants.

Pendant que George paye les fournisseurs, Timothée dit à Bouchenot :

— Tu devrais profiter de l'occasion pour te défaire de l'habit que tu as rapporté hier... il n'est plus mettable, il vaut autant le vendre tout de suite.

— Tu as raison, dit Bouchenot; et en faveur du marché considérable que nous venons de faire, je pense que monsieur nous en donnera un prix raisonnable.

— Je vous en donnerai ce qu'il vaut, dit le tailleur, quoique je n'aie pas l'habitude d'acheter des habits...

— N'importe, voyez-le.

Bouchenot, en se déshabillant la veille, avait jeté l'habit dans

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un coin, OÙ on l'avait laissé. Il va le prendre; il l'examine, le retourne en s'écriant :

— Lesgredins 1... comme ils m'ont déchiré!... Je me souviendrai de madame Malatorchi... C'est un drap superbe... Il m'allait comme un ange... Voyez, monsieur le marchand.

— Oh! je vois déjà qu'il est en lambeaux... Sans l'examiner davantage, je vous en offre douze francs... Ce sera seulement pour avoir des morceaux de drap.

— Allons, donne-le! dit Timothée.

— Douze francs! c'est bien peu, ditBouchenot, qui tient toujours l'habit. Mais enfin... puiscjue vous dites qu'on n'en peut tirer que des morceaux... et... que...

En i)arlant, Bouchenot venait de fourrer sa main dans la poche de la seule basque de l'habit qui restait. Tout à coup il s'arrête, ses traits s'altèrent, et il va reposer doucement dans un coin de la chambre le vêlement qu'il tenait.

— Alors c'est douze francs de moins que je vais compter à monsieur, dit George.

— Non!.,, non! s'écrie Bouchenot, j'ai changé d'avis... Décidément je ne veux plus vendre cet habit, je le garde.

— Et pourquoi donc cela? dit Timolhée: douze francs valent mieux pour nous que des morceaux de drap... Qu'est-ce que tu veux donc faire de cet habit à présent?

— Je le ferai raccommoder... Il pourra encore me servir... Ça me fera une veste du matin... Enfin je ne veux plus le vendre.

— Oh! tout comme il vous plaira, dit le marchand; quant à moi, je préfère vous le laisser. Adieu, messieurs, je me recommande à vous quand il vous faudra autre chose.

Les marchands sont partis. Les jeunes gens achèvent leur toilette. George et Timothée se hâtent; mais Bouchenot, tout en ayant l'air de s'habiller, trouve moyen de ne pas être prêt.

— Je ne comprends rien à ce caprice de Bouchenot, reprend Timolhf'e ; n'avoir pas voulu vendre cet habit pour douze francs. . . Parce que nous avons un peu d'argent, le voilà qui refait déjà de l'embarras.

— Il n'est point question de faire de l'embarras, répond Bouchenot, qui pour la troisième fois vient de déboutonner son pantalon neuf en ayant l'air d'être gêné dedans. C'est par économie que j'ai gardé cet habit... Il me semble que j'en suis le maître...

— Allons, messieurs, point de querelles, dit Geor£;e. Voyons, nous venons de dépenser en tout deux cent quatre-vin^t-quinze francs. Je propose de remettre quatre-vingt-cinq francs à la voisine pour qu'elle nous achète ce dont nous avons le plus urgent besoin en linge. Il nous restera cent vingt francs, c'est quarante francs pour chacun... Avec cela et de l'économie, je pense que nous pourrons attendre les événements.

— Je crois bien! dit Timothée, quarante francs en poche et habillés à neuf, c'est superbe!...

— Donne-moi tout de suite ce qui me revient, dit Bouchen(>l.

— Tenez, messieurs... ceci est pour remettre à la voisine... Je vais l'appeler... Mademoiselle Cœlina... pardon de vous déranger, encore un mot s'il vous plait.

La jeune fille accourt en sautillant...

— Me voilà; que voulez-vous?... Ah! à la bonne heure, vous êtes bien mis... vous pourrez vous présenter partout maintenant.

— Pensez-vous que nous puissions faire des conquêtes ainsi? dit Timothée en prenant la taille à la voisine.

— Pourquoi pas?... il v en a de plus laids que vous qui en font !

Ce compliment ne semble pas faire grand plaisir à Timothée, qui lâche la taille de la voisine, et retourne arranger sa cravate.

— Mademoiselle, dit George, vous êtes si bonne pour nous, que nous en abusons. Voici un peu d'argent avec lequel nous voudrions bien avoir du linge, enfin... ce qui nous manque ici... Seriez-vous encore assez complaisante... vous savez que des garçons n'entendent rien à ces sortes d'achats.

— Oh! très-volontiers!... je ferai de mon mieux... Laissezmoi la clef de votre chambre, et ce soir en rentrant j'espère que... Ah bien! je m'en vas, parce que voilà M. Bouchenot qui défait encore son pantalon... Vous m'apporterez votre clef.

— Ah çà ! Bouchenot, est-ce que tu te fiches du monde? dit George lorsque la voisine est repartie; tu ne fais qu'ôter et remettre ce pantalon... tu n'es pas encore habillé, et nous sommes prêts... et Henri doit nous attendre.

— J'en suis fâché... mais ce pantalon me gêne... c'est-à-dire je crois que ce sont mes bottes... j'ai envie de les ôlcr!...

— Que le diable t'emporte!... tu n'en finiras donc pas?... — Allons -npus-en toujours; il viendra nous trouver quand il aura achevé sa toilette.

— Eh bien! c'est ça, dit Bouchenot; allez devant, messieurs; moi, je vous suisl... Oh! je vous aurai bientôt rejoints!...

— Tu sais où c'est?

— Certainement! sur la place du Châtelet.

— Tu donneras notre clef à la voisine.

— C'est convenu!

— Ne sois pas deux heures surtout, ou nous déjeunerons sans toi.

— Allez, allez... je marche sur vos talons.

George et Timothée sorit partis. Lorsqu'il est bien certain qu'ils sont descendus et que la porte est fermée. Bouchenot, qui s'est vivement rhabillé, court prendre l'habit déchiré qu'il avait déposé dans un coin, et, fourrant sa main dans la poche, il en sort un rouleau, petit, mais lourd et soigneusement fermé. Il se hâte de déchirer le papier qui sert d'enveloppe, et trouve dedans des pièces de vingt francs.

— De l'or! s'écrie Bouchenot, qui est resté saisi, et qui semble plutôt éprouver de l'effroi que du plaisir à la vue de ce trésor. De l'or... des napoléons... Cinq... dix... quinze... ça fait trois cents francs... trois cents francs qu'ils m'avaient glissés dans la poche. . les misérables qui... Ah! mon Dieu!... et je ne m'en étais pas aperçu... Ah 1 cela se conçoit dans le (rouble où j'étais... Trois cents francs... Ils m'auront pris pour un malheureux ouvrier... un pauvre diable; au fait, mon costume ne pouvait pas donner de moi une idée bien avantageuse. Ils mont mis cela dans la poche pour payer mon silence... Diable!... je n'ai garde de parler... après les menaces qu'ils m'ont faites... De l'or... puisque je l'ai... je n'irai certes pas le reporter... Mais j'y songe... si c'étaient des pièces fausses! Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que ce soient des pièces fausses... elles sonnent bien pourtant... Ah! si je priais la voisine d'aller en faire voir une... la première venue... Peste! un instant! c'est que je ne veux pas mettre de mauvaises pièces en circulation... Ces scélérats voudraient peut-être me forcer par là à devenir leur complice... Ah! mon Dieu!... je ne sais plus que faire, moi... j'ai comme une sueur froide... J'ai envie d'aller jeter ces napoléons dans la rivière... j'ai des vertiges! 0 maudite nuit!... Infâme chien!... Quel parti prendre?

Bouchenot reste (jueiques instants à réfléchir; enfin, après

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avoir mis les pièces d'or dans ses poches, il se décide à aller trouver mademoiselle Cœlina.

La jeune fille enluminait, lorsque Bouchenut, qui, cette fois, est habillé complètement, se présente devant elle.

— Bonjour, ma voisine.

— Ah! vous êtes donc habillé enfin! dit Cœlina en souriant. Dieu merci! vous êtes plus long à votre toilette qu'une témmc.

— C'est qu'aujourd'hui... je ne sais pas... je ne sais plus mettre mes boutons.

— Il faudrait peut-être aller vous habiller comme un enfant... Trouvez-vous que ce soit gentil ce que je fais là?...

— Ce que vous faites... Oh! pardon... je ne voyais pas... c'est le Petit-Poucet?...

— Eh! c'est Adam et Eve... Vous n'y voyez guère, à ce qu'il parait... Comme vous êtes pâle! Est-ce que vous vous sentez encore malade?

— Non, ma voisine, mais... cest que... Ah! dites donc, ma voisine, pendant que je vais remettre ma cravate... auriez-vous la complaisance d'aller me changer... c'est-à-dire d'aller faire voir celte pièce de vingt francs chez un bijoutier?... j'ai peur qu'elle ne soit pas bonne...

— Tiens, vous avez de l'or à présent!... Diable! des billets de banque, de l'or... vous devenez des millionnaires...

— Ah! c'est une pièce... que... j'ai retrouvée... que je croyais avoir perdue.

— Il me semble que vous pourriez bien aller \ous-tnèmc montrer votre pièce au bijoutier.

— Vous croyez?... c'est que ma cravate me gène... elle ni'otrangle, et puis je ne suis pas encore à mon aise dans ce pantalon neuf... il faudra qu'on m'y fasse une pince.

— Ah! ah! quel drôle de corps vous faites!... Allons, donnez-moi votre napoléon, j'ai justomont besoin d'aller chercher de l'amidon, et pendant que je descends, tâchez de finir de vous arranger, car sans cela vos amis pourront bien déjeuner sans vous.

Cœlina a pris la pièce et elle est partie. Pendant tout le temps qu'elle est absente, Bouchenot respire à peine, son anxiété redouble à chaque minute; enfin, la jeune fille remonte l'escalier en chantant.

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— Eh bien! s'écrie Bouchenot en courant au-devant de Cœlina.

— Eh bien! elle est délicieuse votre pièce! c'est de l'or première qualité ; le bijoutier m'a dit qu'il m'en souhaitait un lingot comme ça.

— En vérité! répond Bouchenot, dont la figure rede\ient rayonnante. Ah ! au lait, je ne sais pas pourquoi je me figurais... on a quelquefois des idées bizarres... Allons, au revoir, voisine ; voici notre clef; mes amis m'attendent... je vais déjeuner.

— Vous n'êtes donc plus gêné dans votre cravate et votie pantalon?

— Oh! je vous assure, voisine, que depuis longtemps je ne m'étais trouvé si à mon aise.

— Vraiment... voilà l'air malin qui vous revient aussi.

— Près de vous, charmante voisine... si les yeux disaient tout ce qu'on sent, tout ce que... Mais je vais déjeuner, car je meurs de faim.

— Allez, vous me direz le reste une autre fois. Bouchenot prend un baiser sur le joli visage de la jeune tille,

en sautant, en chantant et en faisant résonner les pièces d'or qu'il a dans sa poche.

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