‹ Moustache (volume 2)Chapitre 9 sur 37 · MOL S TAC UE · texte numérisé non relu

MOL S TAC UE

deux OU trois coups de pied, George a mis le grand coffre en morceaux. La pensée qu'ils vont avoir un bon feu a ranimé le courage des deux jeunes gens. La plus petite douceur est un grand plaisir pour ceux qui ne vivent que de privations.

Le feu est bien vile allumé. Le bois du coffre brûlait très-facilement. George et Timolhée se chauffaient avec délices et ne doutaient pas que la chaleur ne fit du bien à leur ami.

— Comment te trouves-tu maintenant? dit Timothée; as-tu chaud ?

— Oui... mais j'ai terriblement soif... donne-moi à boire, je t'en prie.

— Qu'est-ce que nous allons lui donner? dit Timothée en regardant George; nous n'avons que de l'eau ici.

— Alors ta question me semble superflue.

— C'est que... de Teau pure... si ça augmentait sa ûèvre...

— Nous n'avons pas de sucre à mettre dedans?...

— Pas un morceau...

— Pour un malade... cela s'emprunte, du sucre...

— A minuit passé!... tout le monde dort dans cette maison...

— Pauvre garçon!... il faudra donc lui donner de l'eau?... Les deux jeunes gens se regardaient tristement, puis reportaient

leurs regards sur le malade.

En ce moment, le calme (jui régnait dans la maison permet d'entendre très-distinctement une voix de femme qui chantait :

r.ombieu je regrette Mon bras si dudu, 31 a jambe bien faite Et le temps perdu.

Cette chansonnette, qui rompt Je silence de la nuit, fait sur le? deux jeunes gens une impression difficile à rendre. Le sourire reparait sur leurs lèvres, et l'espérance revient dans leur cœur.

— C'est la voisine! s'écrie Timothée, c'est mademoiselle Cœ- IJna... elle ne dort pas, puisqu'elle chante'....

— II faut aller lui emprunter un peu de sucre, dit George.

— Lui emprunter du sucre... je ne sais pas si j'oserai...

— Oh! alors j'irai, moi', pour un ami malade, je ne craindrai pas de demander un service... D'ailleurs, les jeunes filles ont toujours bon cœur; elle sera bien aise de nous obliger! ..

— Au fait, tu as raison : el puis il faut bien que nous lui disions

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que son amie Prudence e?t venue pour la voir. Décirlément je vais aller frapper chez elle.

Timothée courait ver» la porte, lorsque Bouchenot, qui ne dormait pas, lui crie :

— Où vas-tu?

— Chez la voisine en face, chercher un peu de sucre.

— Je n'en veux pas... je n'ai plus soif... ne va pas chez la voisine... c'est inutile.

— Ah! laisse-nous donc tranquilles!... tu as la fièvre, nous savons mieux que toi ce qu'il faut faire.

— N'écoute pas Bouchenot, dit George, allume ce bout de chandelle, car celle-ci va finir, et va cogner doucement chez mademoiselle Cœlina.

Timothée a bien vite pris une lumière, et il est déjà contre la porte de la voisine, tandis que Bouchenot répète encore : — Ne va donc pas demander quelque chose à cette demoiselle... Je n'ai besoin de rien.

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