‹ Moustache (volume 3)Chapitre 4 sur 25 · LES CURE-DENTS ET LES CHAINES DE SURETE · texte numérisé non relu

LES CURE-DENTS ET LES CHAINES DE SURETE

« Parbleu ! voilà un chien bien entêté ! » dit Bouclienot en s'arrêtant ; « il me paraît qu'il a cassé le

» faible cordon avec lequel on voulait le retenir

» Tu aimes donc bien le jambon, Moustache? Je croi-. » rais aussi que ta maîtresse ne te donne pas trop à » manger, car tu fais des bassesses pour bien peu de » chose. Le chien derrière moi... la jeune fille ne )' dois pas être loin... mais je ne la vois plus; pauvre » petite , je ne veux pourtant pas lui dérober son » chien... voyons , tâchons de la retrouver. Ah! » Moustache, si je fais la connaissance de cette jeune » personne , certainement, c'est bien à toi que je le » devrai. »

Bouchenot retourne sur ses pas, il n'aperçoit point la jeune fdle ; il prend la rue qu'elle a prise, double le pas, regarde de tous côtés, et s'adresse au chien en lui disant : « Où est cette maîtresse ? »

Pour toute réponse, Moustache met ses deux pattes de (levant sur le pan de Thabit de Bouclienot, en fourrant son museau contre la poche.

Après une demi-heure de recherches inutiles, Bouchenot se dit : « J'ai fait ce que j'ai pu pour retrou- » ver la maîtresse de Moustache... s'il me reste , ce » n'est certainement pas ma faute. Ma foi, je le gar- » derai. .. Je t'adopte, inconstant animal, jusqu'à ce » que tu me quittes pour une poche mieux four- » nie... Si tu appartenais à quelque riche amateur, » demain je lirais avec soin les affiches qui promet- » traient une récompense honnête... voilà même un » genre d'industrie auquel je n'avais pas encore » songé; mais je doute que ta maîtresse te fasse affi- » cher, quoique tu lui viennes de son parrain -, et » d'ailleurs, si je la retrouve, je suis trop galant pour » ne pas te rendre gratis. En attendant, comme je ne » veux pas que tu m'aie suivi pour rien, je vais par- » tager avec toi cette friandise , cause de ton incon- » duite... et comme ma poche en conservera long- » temps le goût, je suis certain que tu ne me quitte- » ras pas ensuite comme ta maîtresse. »

Le jeune homme entre dans une allée ; là , il sort de sa poche le jambon que les coups de tête de Moustache avaient singulièrement endommagé; il en donne quelques bribes au chien , en y joignant un peu de pain, et Moustache fait disparaître tout cela avec une étonnante vélocité. De son côté , Bouclienot termine son déjeuner dans l'allée , où il a l'air de s'être arrêté pour toute autre chose; ce repas achevé, il se remet

en course avec son nouveau compagnon , en lui disant :

« Allons , Moustache , suivez votre nouveau maî- « tre!.,. Si vous faites mine de me quitter, j'ai là, » dans la poche que vous ne flairez pas , deux mor- » ceaux de canne dont je me servirai pour vous cor- » riger, car je n'ai pas perdu l'espérance de vous ren-

» dre un jour à votre maîtresse Et qui sait si ce

» chien ne me conduira pas au bonheur, à la for- » tune... aux honneurs!... Tout est ricochet dans la )^ vie! les plus grands événemens ont eu souvent pour » cause des aventures plus futiles que l'obstination de » ce chien... Ah! Moustache, si je te dois un jour » une position heureuse , sois tranquille , je ne t'ou- » blierai pas.

» — Monsieur veut-il des cure- dents?... achetez- » moi des cure-dents, monsieur. «

C'est une petite fille qui marche à côté de Bouchenot, et lui présente toute sa boutique qui est dans une corbeille. Il repousse la corbeille en disant :

0 Je n'ai pas besoin de cure-dents , ma petite , ce » serait du luxe î . . .

» — Etrennez-moi , monsieur. . . à un sou le pa- » quet...

y — Quand même ce serait à un liard, je-net'é- » trennerais pas. D'ailleurs, je porte malheur...

» — Qh! si, monsieur, vous me porterez bon- » heur, à moi...

» — Je te répète qu'il jii'est impossible de t'étrei^-^ >) ner.

MOI STACIIK.

„ — Pi'eiiez-eii un pac^iict, monsieur.. . « — Mais laisse-moi donc avec tes cure-dents. » Bouchenot repoussait la corbeille que la petite fille s'obstinait à lui présenter toujours. Monsieur Moustache, témoin de cette manoeuvre , et croyant qu'il y a aussi des comestibles dans la boutique que porte l'enfant, saute tout d'un coup sur la corbeille, et , avec ses deux pattes de devant , jette à terre toute la marchandise qu'elle renfermait ; puis , pendant que la petite crie et ramasse ses cure-dents , il happe avec ses dents la corbeille qui est restée à terre, et se met à courir comme si on l'avait éreinté de coups.

Bouchenot ne peut s'empêcher de rire en voyant le chien fuir avec la corbedle dans sa gueule ; il aide l'enfant à ramasser ses cure-dents, et lui dit :

« Tu vois ce que c'est que de harceler les gens; » cela a mis mon chien de mauvaise humeur... il » n'aime pas les cure-dents.

y> — Mais , monsieur , appelez-le donc pour qu'il » me rende ma corbeille.

I) — C'est un animal fort mal élevé... il n'écoute )) jamais la voix de son maître... Moustache!... » Moustache!... Tu vois qu'il court toujours. Con- » sole-toi. Ta corbeille valait bien deux sous : quand )) je repasserai par ici je t'en donnerai trente. Aujour- « d'hui je n'ai pas de monnaie. »

En disant cela , Bouchenot poursuit son chemin , persuadé que cette fois il a aussi perdu le chien. Mais , contre son attente , après avoir marché quelque temps, il entend trotter derrière lui : c'était Mous-

tache qui tenait toujours la corbeille dans ses dents.

« Voilà un singulier animal!.,.» dit Bouchenot. « Ah! tu voles les corbeilles. Le parrain de ta maî- » tresse t'a donné une éducation bien vicieuse , à ce » qu'il me semble... De quoi ai-je l'air , moi , mainr> tenant?., d'un aveugle dont le chien est dressé à » recevoir la recette... N'importe, tâche de faire » une recette, Moustache, et je ferai faire ton buste, » comme celui du chien de Montargis... Ah! me » voilà devant la maison de M. Lombard , cet hom- » me d'affaires qui m'a aidé à vendre tout ce que » m'avait laissé mon père. Il est à son aise le gail- » lard , et il m'a plusieurs fois engagé à aller lui de- » mander à diner... Il est vrai que quand j'y suis » allé dans cette intention , il était toujours sorti ; « mais cette fois je ne le manquerai pas, car jel'aper- » cois qui rentre chez lui. »

Bouchenot court au-devant d'un monsieur d'une cinquantaine d'années , tournure assez commune , figure longue , maigre , nez en bec de corbin , et portant des besicles derrière lesquelles on aperçoit des yeux qui semblent de verre.

«Ah! bonjour, papa Lombard!...» dit Bouchenot en allant frapper sur l'épaule de ce monsieiu', qui le regarde d'un air équivoque, puis fait semblant d'être content, et répond :

« — Tiens ! c'est Fami Bouchenot!... Enchanté » de vous voir... Comment vous portez-vous, mon » cher ami?... Je pensais à vous ce matin; je me

» disais : il y a bien long-temps que je n'ai vu ce » cher Bouchenot.

» — Parbleu ! monsieur Lombard , quand je viens » chez vous, on me dit toujours que vous êtes » sorti...

» — Ah! je sors beaucoup ; j'ai tant d'affaires!... » Et vous?

» — Moi, je n'en ai pas du tout, malheiireuse- » ment ! . . . Vous devriez bien m'en procurer. . . Vous » m'aviez dit , monsieur Lombard , que vous pen- » seriez à moi...

» — Sans doute.,, je ne demanderais pas mieux... » Je sais que vous avez des talens, de l'activité...

» — Oh! pour de l'activité , vous devez vousrap- » peler que je n'ai pas été long-temps à manger ce

* que mon père m'avait laissé!...

« — Enfin, vous savez votre Code... vous sauriez » plaider ; mais c'est que vous n'avez pas encore été » reçu avocat !

» — Qu'est-ce que ça fait , monsieur Lombard? il » y en a tant qui sont avocats et qui ne plaident

* pas.

» -— Vous n'êtes pas connu , voilà le malheur...

» — Parbleu ! si j'étais connu , ce serait peut- « être encore plus malheureux.

» — Cest égal , je vous trouverai de l'occupa- » tion; comptez sur moi, mon ami. En attendant, » il faudra venir un de ces jours me demander à dî- » ner. Au revoir, mon cher Bouchenot.

» — Eh ! mais dites donc , papa Lombard , » s'écrie Bouchenot en se pendant au bras du mon-

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sieur, qui allait entrer dans sa maison , « ça me va , » pas plus tard qu'aujourd'hui ; je viens dîner avec » vous sans façon. .. ou avec des façons, ce sera » comme vous voudrez : moi je m'accommode de

» tout. )'

Le monsieur ne répond pas , son nez s'allonge un peu plus et semble vouloir s'introduire dans sa bouche , puis tout d'un coup il s'écrie , en regardant Moustache :

« Ah! voilà un drôle de chien! il est fort

« plaisant avec cette corbeille dans sa gueule... Est- » ce à vous ce chien ?

» — Oui, c'est à moi... momentanément; il m'a été » confié... Je vous disais donc, papa Lombard, que. . .

» — Pourquoi tient-il cette corbeille dans ses » dents?...

» — C'est un tour qu'il s'est appris lui-même ; « c'est un chien savant... Est-ce que vous voulez me » l'acheter?

T> — Moi! oh! je déteste les animaux!...

» — Ainsi, c'est convenu, papa Lombard, nous » dînons ensemble...

» — Oui , mon ami , un de ces jours venez me » trouver... entre quatre et cinq...

» — Ce n'est pas un de ces jours , c'est aujour- » d'hui que je viens dîner avec vous.

» — Aujourd'hui, mon ami, ah! pardon! je » n'avais pas bien entendu! Aujourd'hui, c'est im- )) possible ; je dîne en ville. . .

» — Vous dînez en ville ? mais vous rentriez » chez vous?

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» — Je rentre pour m'habiller, puis je vais res- » sortir; on m'attend... Au revoir, mon cher » Bouchenot; aune autre fois... entre quatre et » cinq... »

M. Lombard est rentré dans sa demeure après avoir secoué fortement la main de Bouchenot , et celui-ci s'éloigne en se disant :

« Encore une espérance trompée!... Hum ! vilain » ladre!... tu me secoues la main comme un pru- » nier, et tu n'as pas la moindre amitié pour moi !... » Tu m'as aidé à me ruiner en m'acbetant à vil prix » ce que mon père m'avait laissé ^ et maintenant » que tu ne peux plus me gruger, tu me refuses à » dîner! . . . car je vois bien que tes invitations ne » sont que des attrapes. Oh! les hommes... ce » n'est pas le Pérou que leur connaissance!... les » femmes , à la bonne heure !... Si on se ruine avec » elles , au moins on v a trouvé du plaisir. Yiens , » Moustache... viens; laissons là cet égoïste!... Je » suis bien fâché que tu ne lui aies pas pris quelque » chose, à lui , ou au moins que tu ne lui aies pas » mordu les mollets... mais je crois qu'il n'en a pas. » Dirigeons nos pas vers une demeure plus hospita- » lière , si toutefois il v en a pour les gens qui n'ont » pas le sou ; car, en général , c'est toujours à ceux » qui n'ont besoin de rien que l'on offre quelque » chose... Dieu! comme j'ai de belles pensées!... » comme l'adversité ouvre l'esprit!... Je devrais » écrire des maximes . »

Bouchenot s'est remis en marche , mais son pas n'est plus aussi léger ; sa tournure n'a plus cette vi-

vacité, cette assurance qu'il possédait en quittant ses deux amis : c'est que la journée s'avance , et qu'elle n'a pas été heureuse pour celui qui voyait tout en rose lorsqu'il avait encore cinq francs dans sa poche et de douces espérances en perspective ; ensuite , c'est que l'appétit se faisait sentir de nouveau... le déjeuner était déjà loin. La digestion se fait vite lorsqu'on marche continuellement ; et depuis le matin , le pauvre garçon prenait de l'exercice. On a beau avoir de la gaîté dans l'esprit et de la philosophie dans le caractère , les coups du sort aigrissent riiumeur, les injustices froissent le cœur, et la vue d'une foule de gens indifférens à nos peines, ou prêts à nous refuser leur service, n'est pas faite pour adoucir nos chagrins. En général , la solitude, la campagne , voilà ce qui convient le mieux dans ces momens où le sort semble se plaire à nous accabler; car c'est quelque chose encore que de pouvoir froncer le sourcil et faire la moue en liberté , sans qu'une foule d'importuns, qui ne feraient rien pour vous obliger, viennent vous demander : Qu'est-ce que vous avez ?

« Allons! secouons ces idées noires qui viennent » m'assailhr, « se dit Bouchenot au bout de quelque temps. « Je n'ai pas un sou!... Parbleu ! ce n'est pas » la première fois que je me trouve dans cette posi- » tion , je m'en tirerai ! ... ou j'y resterai ; qu'importe, » pourvu que je trouve à dluer... voilà le point )> essentiel maintenant... Madame Dubillon , la cé- » leste Elvina et le vieux coquin de Lombard m'ont « fait faux bond. Mais il me reste la famille Monfla-

p con !... OL ! respectablefamilleMontlacon!... c'est » vers vous maintenant que se tournent toutes mes » espérances... Braves Lourgeois du Marais, je vous » vénère, je vous respecte. Vous ne mangez pas de » dinde aux truffes ! mais votre pot-au-feu et vos len- » tilles me seront cent fois plus salutaires. LesMonfla- » con sont terriblement bètes, c'est vrai. Le papa ne » voit que par sa femme, madame ne voit que par son » fds, et ce fils est un petit bonhomme de six ans, j» fort maussade, fort laid et fort méchant, qui cra- » chait sur mon pantalon, et me jetait ses quilles dans » les jambes, toutes les fois que j'allais voir ses chers » parens. C'est égal, aujourd'hui je le trouverai » charmant, aimable, espiègle, je jouerai aux quilles » avec lui, et l'on m'invitera à diner. Dirigeons-nous » du côté de la rue des Francs-Bourgeois ; c'est loin. . . » mais j'ai de bonnes jambes... A la rigueur, je pour- » rais me mettre à cheval sur Moustache... mais à V Paris on s'étonne de si peu de chose, que tous les » gamins seraient capables de courir après moi. Con- » tentons-nous de me faire suivre par mon écuyer. »

Bouchenot douille le pas. La perspective d'un dîner a donné à sa démarche cette assurance , cette vivacité qu'elle avait perdue. Il est enchanté de s'être rappelé la famille Monflacon , chez laquelle on lui a toujours fait mille jjolitesses , et où il a dîné plusieurs fois, parce qu'avant d'avoir entièrement mangé le fonds de boutique de son père, il avait porté quelques boîtes de dragées au petit MonHacon.

En passant sur les boulevards qu'il a dû prendre pour aller au Marais , Bouchenot est arrêté de nou-

veau par un petit monsieur en casquette qui lui crie :

« Monsieur, achetez-moi une chaîne superbe... » la sûreté des montres... Voyez, monsieur, belle » chaîne... Tout ce qu'il y a de plus beau... en or , » en acier... trois francs dix sous!...

» - — Laisse-moi tranquille avec tes chaînes ! » s'écrie Bouchenot en repoussant avec humeur la marchandise qu'on lui présente. « Est-ce que tous les bro- » canteursde Paris se sont donné le mot aujourd'hui » pour être après moi?.,. Je me souviens de la canne » de ce matin !. . . Elle a commencé la série de mes in- » fortunes.

» — Voyez, monsieur, une belle chaîne, bien so- » lide ; avec ça on ne vous volera pas votre montre.

» — Je n'ai pas de montre... je ne crains pas que » l'on me la vole.

» — Eh bien ! monsieur , vous y pendrez votre 1» lorgnon.

" — Je n*ai pas de lorgnon.

» — Vous la mettrez sur votre gilet , monsieur... « C'est le dernier genre...

» — Ah ! si tu ne me laisses pas tranquille , je vais » lâcher mon chien sur toi!... »

Et Bouchenot repoussait encore le marchand de chaînes de sûreté, qui s'obstinait à lui présenter sa marchandise. En ce moment Moustache , qui depuis quelques instans tournait et retournait autour de son nouveau maître , lâche tout d'un coup la corbeille qu'il tenait encore à ses dents , puis se met à sauter

MUL'STACHK. "^^

sur le marchand eu donnant un grand coup de tète a travers toutes les chaînes de sûreté.

Bouchenot part dun éclat de rire, et le marchand effrayé bat en retraite, en disant des injures au maître et au chien.

« Bravo, Moustache! bravo, mon brave com- « pagnon ! » dit Bouchenot en poursuivant sa route, t Tu|me débarrasses promptement des importuns... ). Peste! tu es un gaillard qui ne souffre pas que l'on » me barre le passage... Cestbien, je suis content de » toi ; avec un chien comme cela je traverserais la forêt ï) deBondv sans sourcdler. »

Moustache semble flatté des éloges qu'on lui adresse, car il court en avant , puis revient le museau en Tair et en remuant la queue , regarde Bouchenot et se place devant lui. « Ce qui me fait surtout plaisir, » dit le jeune homme en regardant le chien, « c'est * que dans cette nouvelle affaire tu as abandonné la » corbeille aux cure-dents... Tu as fort bien fait , » Moustache , cette corbeille te donnait l'air d'un » chien d'aveugle, et quoique ce soient des animaux « fort estimables , cela me mettait , moi , dans une « fausse position. Ah cà, mais... c est singulier... en r> perdant la corbeille, il me semble qu'il a pris autre » chose... Qu'est-ce qui brille donc comme cela à son » cou?... Moustache!... ici... ici tout de suite I »

Le chien s'arrête, et Bouchenot s'aperçoit alors que le valeureux Moustache a autour du cou une des chaînés de sûreté que le marchand tenait à sa main. En se jetant à travers la marchandise , le chien avait passé sa tête au milieu dupe des chaînes , qu'il avait

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détachée des autres, et en se sauvant pour éviter le chien , le petit homme à la casquette ne s'était point aperçu qu'il avait une chaîne de moins.

« Oh î voilà qui vaut beaucoup mieux que là )i corbeille ! » dit Bouchenot en riant : " ma foi , je » ne courrai pas après le marchand pour lui rendre » sa chaîne... Moustache Va bien gagnée, et après » tout si cet homme m'avait laissé passer mon che- » min comme je l'en priais , il n'aurait pas perdu sa V marchandise. Allons , Moustache , te voilà avec un » collier superbe... c'est le cas de te présenter à la fa- » mille Monflacon. »

Bouchenot se remet en route , et le chien trotte à ses côtés en secouant à son cou la chaîne de sûreté.

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