I. — UN PENSIONNAT DE JEUNES DEMOISELLES
Par une belle journée du mois d'août, une tioiitaiue de jeunes filles vêtues toutes de la même uianièrc couraient et se poussaient pour sortir |>lus vite de la classe, etse rendre dansun assez beau jardin dont elles avaient la jouissance pendant les heures de récréii- \ion.
Si vous n'avez pas été élevé dans une pension, TOUS ne pouvez voos faire une idée du bruit, «lu niouveuienl qui s'opère lorstjue cette heure tant désirée se fait entendre; si vous avez
Îiarticipé aux éludes scoaslii|ues, vous devez en avoir gardé le souvenir: il y a de ces sensations que 'on n'oublie jamais : ce sont celles qui ont été causées par un grand plaisir ou une vive douleur, car le cœur a Souvent |ilusde mémoire que l'esiuit.
MiUiJy Crokmilovo, M. Rûbcrtin o\ M"" lionstoubli^uo.
* Ensuite, fl y a bien Aa ces personnes' aiiathiqucs qui, dans toute leur vie, n'ont jamais épriuivé ni plaisir ni peine, à qui tout est indiiïérent, le malheur de leurs amis, la soufTraiics de leurs enfants, le bonheur de leur famille. Chez celleslà, s.ins doute, le cœur doit avoir pou de mémoire, par la raison fort suuple qu'il n'éprouve jamais rien. II bat toujours ig.ileii)cnt, et seulement pour marquer qu'il existe , comme un mouvement de iiendiile pour vous faire voir quêtes aij^uilles marchent bien.
Ces personnes-là sont, iiit- 01), plus heureuses qvie les autres ; moi , je n'en crois rien, ou du moins je n'envie |^> leur Iwnheur.
Revenons à notre pensionnat de deinoi.-ellfs. ie dnis vous dire en passant qu'il tsl situé À r.iris, dan»
la Chaussée-tr.\nliii; qu'il est le lui avec Miiii.a\ee élégance méiu«, et d'vptc» lc#