LE PROFESSEUR FICHF.CLAQUE
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Je vais Jonner une lerui
Mi^'lame ili- V.dïiavo... ^l'. 3'J-)
^ Est-ce que vtnis ne devinez pas un peu, miinsipnrLii(lf»er, le sujet qui m'amfne?...
Ludger ne peut cacher un certain embarras, en répondant :
— Non, monsieur, non, je ne devine pas.
— Eh bien, je vais en quelques mots vous mettre sur la voie. Aujourd'hui même, en donnant leçon au iils de madame de Valgrave, vous lui avez conté une histoire fort singulière, mais fort intéressante d'un homme qui, moyennant une assez forte somme d'argent, a consenti à se marier à une personni; qu'il ne connaissait pas... qu'il n'avait jamais vue, qu'il ne devait jamais connaître?...
— En effet, monsieur, j'ai raconté cela à madame la comtesse... nomme je l'avais entendu raconter...
— Et madame Valgrave vous a. dit qu'ellf croyait connaître la jeune fille qui a été mariée ainsi?...
— Oui, monsieur.
— Eh bien, moi aussi je la connais, celte jeune lille... je lui porte le plus tendre intérêt... c'est f)ourquoi je viens, monsieur Ludgcr, vous prier de nie dire le nom de cet homme auquel on l'a contrainte à donner sa main. Ah! ne croyez pas que ce soit sur lui que doit tomber ma coli're... non... un moment, je l'avoue, j'eus l'idée de le tuer...
— Le tuer!... vous vouliez le tuer?...
— C'était un moyen pour rendre la liberté à colle qu'il aé[i(ius('e.
— En effet... oui, c'était un moyen expeditif.
— Mais depuis que je sais connnent tout cela est arrive, j'ai compris que cet inconnu avait été plus malheureux que eoupabliv .. il était sans ressource, sans pain, sans avenir... Eh mou Dieu ! à sa place, qui n'aurait pas accepté le marci»'; qu'on bii proposait, et qui peut-être fait son malheur aujourd'hui 1
— Oui, monsienr... oh! vous avez raison... il doit bien regretter de n'être plus libre!...
— C'est pourquoi, monsieur Liidger, vous pouvez sans crainte me dire son nom.
— Son nom!,., mais j'ai déj;\ eu l'honiitfur de dire à madame
la comtesse que je l'ignorais... que je croyais inônie ne l'atoir jamais su.
— Oui, vous avez dit cela, et l'ami de cet homme, celui qui vous a conté toute cette histoire, est mort aussi n'est-ce p;is?
— Sans doute, monsieur.
— Monsieur Ludger, je vois avec plaisir que vous n'avez pas l'habitude dii mensonge, car rien qu'en vous regardant maintenant, nn devinerait que vous ne dites pas la vérité...
— Monsieur... je vous assure...
— Vous savez le nom de cet homme ; il y a plus, 'ous le connaissez... vous avez promis de ne point le réveirr... mais quand il s'agit du bonheur d'une femme, de l'avenir d'un enfant, ou peut bien manquera un sermi'nt fait à un misérable !... Vous ne voulez pas m'apprendre le nom de cet hoiuiue?... eh bien, moi, monsieur, je vais vous le dire : ret homme... c'est vous.
Ludger demeure stupéfait, mais il ne se sent plus la foivo de nier, et balbutie en baissant les yeux:
Eh bien... oui, monsieur... c'est moi!
— Enfin, vous en convenez !... Ah 1 je sav.iis bien que vous m'avoueriez la vérité.
— Mon Dieu, monsieur, mais ipii a pu vous faire deviner?...
— Ce jeune homme qui était la l^mt à l'heure m'a eon!.- toute votre histoire; l'amour que vous éprouvez depuis longleoips (mur la sieur de sa femme, amour qui est paye de retour... votre fortune, votre position misérable qui vous .avait fait conginlier parle père de votre jeune amie, puis eiiliii le changement survenu dans votre fortune, il y a six ans, et maigre eeli vous ne demandei plus la main de celle ipie vous aimez toujours... Auriez-vous agi ainsi si vous aviez été encore libre?... Non..- vous ne l'étiez plus... Ah ! pouvais-je douter encore que vous fu.ssiez cet homme qui avait contracte ce mariage mystérieux!...
— Monsieur de l.liariuea>e, de giAoe, p.ardonin^z-nuii... j'étai» sans ressource... sans occupation... M. Picardin m'avait ùle tout espoir de jamais devenir le mari do sa lUle...
— Ne vous excusez pas, ninn pauvre Ludger... encore «ne fois, ce n'e«t pas à vous que j'en veux maintenant; soiileraont plus d«
LE MlOl'ESSEL'U !■ ICflECLAQLÈ.
feinte, pins de men-onpfes entre nous: vous savez à présent quelle est la personne que l'on vous a (ait épouser?...
— Monsieur... je... eu vérité... je n'ose pas le croire, et pourl^iit j'ai recoiuui nette alliance qu'on m'a reiuise un peu avant la c<'rémonie en me défendant de l'ouvrir... mais je l'avais exprès ra\ée sur une balustrade.
—Oui, c'est la sœur du marquis de Ravagcole, c'esl Valeniine... que j'aimais... que j'adorais... et qu'il m'a refusée ii moi... ce perfide Contran, et pour l'obliger à donner sa main à nn inconnu, à quelqu'un qu'elle ne devait jamais revoir... Uh! ten*/, Ludgcr, il y a là-dessous quelque macliiriaiioii diabulique... quelque infamie ! dont je crois deviner une partie... Valeutiue est excessivement plus riche que son t'rcre... une parente éloignée... une mairaine, je crois, lui avait leL'ué toute sa fortune, s'élevant à plus de deux millions. Malheureusement, à la mort de son père, Valcntine eut pour tuteur son frère... et celui-ci, je n'en saurais douter, a joué, mangé, dissipé une grande [lartie de ces richesses qui appartenaient à sa sœur...
— Il serait possible, monsieur!...
— Rien n'est plus certain... Alors comprenez- vous ? en me la donnant pour femme, ou en la mariant à quelqu'un de notre monde, il aurait faim rendre ses comptes de tutelle, remettre Valeniine en |iossession de son bien, tandis qu'en lui faisant épouser un homme qui disparaissait ensuite, un homme qui ne connaissait ni le rang ni le nom de la personne avec qui on lekXnariait, il n'y avait plus de compte à rendre, plus de dot... plus de millions à restituer... et puis encore, il y avait pour l'avenir la certitude que sa sœnr ne se marierait jamais avec un antre.
\ — En effet, monsieur... tout peut s'expliquer ainsi; mais la conduite de ce marquis serait bien coupable !...
— -Mais il vous connaît, lui, et depuis son retour d'Italie, il ne ' "VOUS a donc pas rencontré chez sa sœur ?
— Jamais, monsieur, il ne vient pas à l'heure où je donnes mes leçons. . . je ne l'ai jamais aperçu en traversant la cour de l'hôtel ... je ne monte pas par le grand escalier.
— Ecoutez Ludger, il faut nous liguer ensemble, il faut faire tout ce qui dépendra de nous pour rompre votre mariage.
— Ah! monsieur, je ne demande pas mieux!... Etre libre! pouvoir épouser ma chère Angellc... ce serait un si grand bonheur !... Qne faut-il faire pour cela, monsieur?
— Héias! je n'en sais rien encore... mais delà prudence! continuez d'aller chez madame de Valgrave, surtout ne lui laissez pas deviner que vous savez qu'elle est... votre femme... de mon côté, je ne lui dirai pas que c'est vous qui êtes le héros de l'aventure que vous lui avez contée.
— 11 suffît, monsieur. Ah ! j'aime bien mieux cela... je serais trop liùiiteui, trop embarrassé devant madame la comtesse si elle savait toute la vérité!...
— En attendant, je verrai Contran, moi, et quand il saura que je connais toute cette intrigue... peut-être consentira-t-il à nous seconder pour faire rompre cet affreux mariage.
— Ah! que le ciel vous entende, monsieur, et que je puisse enfin épouser celle que j'aime depuis si longtemps !
— Au revoir, monsieur Ludger, quand j'aurai besoin de vous faire agir, vous recevrez de mes nouvelles...
— Et je m'empresserai, monsieur, de faire ce que vous m'ordonnerez.
ESPOIR DEÇU.
Le même soir, Edouard de Charmeuse s'est rendu chez Valentine qui s'est empressée de lui demander s'il a trouvé le professeur et quel a été le résultat de leur entrevue.
— Je n'ai rien appris de nouveau, dit Edouard ; maître Luager persiste à nier en savoir davantage... mais je verrai votre fi-ère et peut-être serai-je plus heureux de ce côté.
— Cela n'est pas probable, répond Valentine en soupirant. Et puis, après tout... à quoi cela mavancera-t-il de savoir le véritable nom de l'homme auquel je suis liée?... en serai-je moins sa femme?
— Mais ce mariage n'a pas reçu toutes les sanctions voulues par les lois... vous n'êtes pas mariée à la mairie...
— Mon ami, croyez-vous donc que les serments faits devant
Dieu soient moins sacrés que ceux faits devant les hommes?.. . Ah! Vous ne me répondez pas, parce que vous .sentez bien que j'ai rai- .scin ! .le me regarde comme très-bien mariée.
Le lendemain, dans la matinée, M. de Charmeuse se rend à l'hôtel de Ravageole, mais cette fuis, c'est chez Contran qu'il se présente. Le marquis venait à peine de se lever, il avait passé une partie de la nuit, avait perdu au jeu une forte somme, et (tar conséquent était d'assez mauvaise humeur; il la taisait |iasser «ur ses cigares, à chaque instant prenait un nouveau londrès dans une jolie boîte de bois des îles, et le rejetait dans la chambre, en .s'écriant:
— Mauvais!... tous mauvais!... mais sapristi, où donc faudrat-il s'adresser pour avoir de bons cigares?...
En vojant entrer E louard, Contran grimace nn 8oarirc, puis lui présente ses londrès, en lui disant :
— Ah! vous voilà, Charmeuse!... eh bien tâchez donc d'en trouver un bon là-dedans, et vous aurez de la chance... moi, je n'en ai pas eu hier, de la chance, chez madame de Vergis... un a fait un lansquenet assez chaud... Ce diable de Germilly a passé dix fois... douze fois peut-être... je me suis en'èté... j'ai perdu cinquante mille francs!... Après tout, je les gagnerai une autre fois... la fortune est femme: Bien fol est gui s'y fiel... François I" connaissait bien les dames... je crois même qu'il lésa connues trop.
Edouard, qui a alluuté un cigare, s'assied devant le marquis en disant :
— Ce n'est pas la première fois que vous perdez de grosses sommes au jeu ! vous êtes coutumier du fait.
— C'est vrai ! mais de votre côté, dites-moi donc, il me .semble que vous alliez pas mal aussi, vous?
— Oui, jadis j'ai perdu mon patrimoine... ma fortune... mais néanmoins je n'ai jamais perdu que la mienne.
Contran fronce le sourcil, en répondant:
— Qu'entendez-vous dire paplà'f... est-ce que j'ai emprunté à mes amis? est ce que je vous dois quelque chose à vous?
— Non, pas à moi!... mais quand on a en main la fortune d'une pupille, que cette pupille est notre sœur, on ne se gène guère pour se servir des millions que l'on a en caisse... pour les faire servir à ses folies, à ses passions.
Contran se lève avec colère, en s'écriant :
— Par l'enfer! monsieur de Charmeuse, voilà des paroles qui demandent des coups d'épée, et vous savez bien que j'ai le plus vif désir de vous en distribuer quelques-uns.
— Oui, je le conçois, marquis de Ravageole, vous seriez enchanté de vous battre avec moi et de vous débarrasser ainsi d'un homme qui tient à mettre à jour votre conduite comme tuteur de votre sœur!... Mais je suis bien fâché de vous contrarier, je ne me battrai pas... non, pas à présent du moins, pas avant d'avoir fait savoir dans le monde quel homme vous avez choisi pour beaufrère... de quelle illustre famille est sorti l'époux que vous avez donné à votre pupille, à votre sœur, après me l'avoir refusée, à moi, sous prétexte que j'étais ruiné.
— Ah! vous allez recommencer vos jérémiades au sujet du comte de Valgrave ! Je croyais que tout était dit entre nous à ce sujet!... Vous voulez y revenir!... A votre aise... Je ne puis, moi, que vous répéter ce que je vous ai dit dans notre dernier entretien ; tâchez de trouver Valgrave et tuez-le... oh! tuez-le, je vous le permets.
— Non, marquis, je ne tuerai point le comte de Valgrave, et par une excellente raison, c'est qu'il n'existe pas, c'est que ce comte est un personnage fictif et entièrement créé par vous.
— Ah ! Valgrave n'existe point ! ah ! je l'ai inventé, en sorte que ma sœur n'est pas mariée, à votre compte î
— Oh ! je ne dis pas cela... malheureusement ! mais vous l'avez mariée à un pauvre diable, qui allait mourir de faim et qui, moyennant ti'ente mille francs,qne vous lui avez donnés, a consenti à faire tout ce que vous vouliez... à se marier sans connaître, sans même voir la personne qu'on lui faisait épouser, et à disparaître ensuite, en promettant de ne jamais revenir... ce qui, du reste, lui eût été difficile, puisqu'on lui avait bandé les yeux en vous l'amenant, et pris les mêmes précautions pour le reconduire.
Contran change de couleur, et se promène dans l'appartement, en proie à la plus vive agitation.
— Vous voyez que je suis bien instruit ? reprend Edouard.
— Ensuite, monsieur ? continuez, je vous en prie, c'est fort intéres.sant.
— Voulez-vous maintenant, marquis, que je vous dise le nom du mari de votre sœur ? de monsieur votre beau-frère?.
LE PROFESSEUR FICUECLAQUE.
— Mais oui... je vous assure que je ne serais pas fâché de le savoir.
— Oh ! vous le savez très-bien, quoique vous fassiez scnil)lant de l'ignorer... Eh birn, raurquis, cet hoinnic; si; nornme Ludger Fichéclaquej il est d'origine allemande et professeur de langues... c'est un fort honnête homme, du reste, mais qui ne s'attendait guère à devenir un jour le beau-frère de l'illustre marquis de Ravageole.
Contran a pâli, ses mains se sont crispées : il hésite quelques instants à répondre ; puis, avec ce ton altier. fier, qui lui est habituel, s'écrie :
— Monsieur de Charmeuse, je trouve que vous vous immiscez beaucoup trop dans mes affaires de famille. J'ai marié ma sœur à qui j'ai voulu, avec qui j'ai voulu!... Une fois pour toutes, cela ne vous regarde pas, et vnus n'tivez point le droit de vous en occuper!... que son mari s'appelle Valgrave ou Ficlicclaque... qu'il soit comte ou maître de langues, que vous importe, elle est mariée, voilà toute la question !... Que cela vous donne de l'humeur, je le conçois, mais il me semble que vous auriez <\ù depuis longtemps eu prendre votre parti ; et je ne vois pas trop à quoi cela vous sert de savoir le véritable nom du mari de Valentine !
— Pardonnez-moi, monsieur, car cela me donne le droit de vous dire : Vous m'avez refusé voire suceur, sous prétexte que j'étais ruiné, et vous la donnez à un pauvre diable auquel vous êtes obligé de compter trente mille francs pour acheter sa liberté et son silence. Votre sœur pouvait porter hautement le nom de Charmeuse, qui est celui d'une famille noble et justement honorée, et vous la condamnez à porter un faux nom ou à se nommer madame Ficheclaque ! Quand on fait cela, monsieur, c'est qu'on a un motif secret... mais bien puissant pour agir ainsi... quand on abaisse sa maison en prenant un misérable pour beau-frère, c'est qu'on sait que celui là ne nous domundera pas des comptes de tutelle... ne nous forcera pas à avouer que nous avons joué, dissipé, dilapidé une immense fortune qui ne nous appartenait pas...
Contran fait un bond de colère... il cherche autour de lui, court décrocher des épées pendues au mur, et en jette une aux pieds (l'Ed6uard en lui disant :
— Par l'enfer ! monsieur, vous me rendrez raison de cette insulte... et je vais vous tuer...
— Vous me tuerez, c'est possible, mais pas à présent, à moins que vous ne m'assassiniez !,.. car je ne me battrai pas maintenant... ce serait trop niais de ma part! Si vous me forcez à me battre, je vous préviens que je ne le ferai qu'après avoir instruit le monde de votre conduite, qu'après avoir proclamé partout que madame votre i-œur n'est point, n'a jamais été con>tesse de Valgrave, mais qu'elle est la femme du professeur Ludger Ficheclaque... et, pour qu'on ne doute pas de mes paroles, je conduirai partout avec moi le héros de cette aventure... Ce pauvre professeur ! oh ! il ne me sera pas difficile de le trouver! J'ai passé hier la soirée avec lui, et il m'a dit qu'il se tenait à ma disposition, prêt à affirmer par sa présence tout ce que je dirai, tout ce que j'avancerai.
Contran jette de côté l'arme qu'il avait prise et se rassoit, en disant d'un ton plus calme :
— C'est très-bien, monsieur de Charmeuse, agissez comme vous venez de me l'anuoncer... faites savoir au monde tout ce qui s'est passé... deshonorez ma sœur... vous ne ferez que continuer ce que vous avez commencé, car vous ne manquerez pas, je l'espère, vous, qui voulez que l'on sache toute la vérité, de proclamer aussi que ma sœur était enceinte de vos œuvres, lorsque je jugeai convenable de la marier pour cacher sa position... Ce monde, près duquel vous voulez me poser en tyran, trouvera peut être que je n'ai pas eu absolument tort de ne point vouloir pour beau-frère d'un suborneur qui n'avait cherché k séduire une enfant qu'afiu de ilevenir le possesseur de sa fortune. On jugera entre nous... vous avi'Z raison, il ne faut nous battre que lorsque la société sera bien au courant de toute cette histoire... et je pense que Valentine sera très-reconnaissantn de ce que vous voulez faire pour elle. Quant à son lils, comme on saura que maintenant il ne doit pas prendre le nom de Valgrave, qui était upposéet ne lui appartient pas, je vais dès aujourd'hui ne plus l'appeler que le petit Ficheclaque et ordonner à mes gens de ne jamais le nommer 'autrement I
Edouard est anéanti; il sent qu'il a affaire à un homme qu'il ne pourra vaincre, tandis que rot lioiiime postède an contraire plupieurs moyens pour le forcer au silence, f éshouorer Valttiiliue,
rendre son fils ridicule, bâtard aux yeux du monde, cettt idée seule Iff fait frémir; en voulant .servir celle qu'il aime, c'est son malbfiir qu'il ferait : il lui a suffi de quelques instants pour cojnprendre tout cela, et sa colère est tombée, e;i il se lève, en diiiant a Contran avec un accent plein de tri-le^se :
— Je me tiiirai, monsieur, je ne prononcerai plus le nom de... de cet homme. Je sens, en effet, qu'en voulant servir les intért^ide madame votre sœur, je pourrais lui causer des ennuis, 'icchagrins... et Ce«t cela surtout qui me fait prendre la résolution de garder désormais le silène; sur tout ceci.
— A la bonne heure!... vous voilà devenn raisonnable, j'aime mieux cela .. car, en vérité, en dehors de cette histoire, je tous aime a.ssez, Charmeuse... et c'est à cor.lre-cœur que je vous aurais tué !
Edouard ne dit plus rien; i^ salue silencieusement le marquis, et s'éloigne le front chargé d'ennuis.
Le lendemain, suivant son habitude, il se rend chez Valentine; mais, quand celle-ci lui demande quel a été résultat de son entrevue avec son frère, il lui répond tristement :
— Rien de bon... vous aviez raison, chère Valentine, il n'y a rien à espérer de Contran... et il n'y a pas moyen de réparer le mal qu'il a fait.
— J'en étais certaine, mon ami; que voulez-vousT il faut nous soumettre. Tant que j'aurai mon tils avec moi, tant que vujs m'aimerez, je me trouverai heureuse. Croyez moi, Edouard, cessez de questionner ce pauvre professeur... Que nous importe après tout de savoir le nom de l'homme !...
— 11 est certain qu'en le sachant nouj n'«n Mrooâ paj plus avancés !
vu NOUVEAU PBRI0ItNA6K.
Quand Edouard a quitté le marquis, celui-ci se jette sur sa causeuse et passe sa main sur son front en se disant ;
— Mais comment diable Charmeuse a-t-il découvert tout cela... comment sait-il le nom de l'homme.., Ludger Ficheclaque! Pardieu! c'est bien cela 1 c'est inconcevable !... ce n'est pas Valentine qui peut le lui avoir appris... elle l'ignbre... elle ne |)eut rien savoir... Ce Ficheclaque a donc bavarde... manqué au serment qu'il m'avait fait... il est donc resté à Paris, au lieu de s'en aller en Allemagne comme il l'avait dit?... Après tout, je m'en miique... rien ne prouve qu'il sache que c'est chez le marquis de Ravageole qu'il a été conduit. Je ne crois pas Charmeuse capable de le lui avoir dit... non... il a tremblé, là, quand je lui ai fait comprendre qu'il allait perdre ma sœur de réputation... il aura été prudent avec le Ficheclaque, si toutefois il est vrai qu'il le connaisse... Ah ! ce diable de Charmeuse a deviné la vérité... il a mis le doigt sur la plaie, eu me disant que j'avais joué, dissipé les miltioas qui appartenaient à Valentine !... c'est à peine s'il m'en reste le quart... pourquoi diantre va-t-on nommer tuteur d'une millionnaire un jeune homme qui aime à s'amuser et qui a du malheur au jeu 1... J'ai perdu! j'aurais pu gagner!... Fichtre! s'il me fallait rendre mes comptes de tutelle, je serais terriblement embarrasse.
Le valet de chambre de Contran enlr'ouvre la porte et dit :
— Monsieur le marquis, il y a là un homme... un paruculier, qui demande à vous parler...
— Un particulier 'i qu'est-ce que tu entends par là, CermainT
— Dame, monsieur, j'entends un individu qui n'est pas trèsbien couvert... qui a une assez mauvaise mine... Je gagerais que c'est quelqu'un qui vient implorer la piMiérositè de monsieur le marquis...
— Ma générvisité n'est point visible aujourd'hui ; quand on a perdu la veille cinquante mille francs au bacarat, on a le roèiii totalement sourd. Ueinoie celhoniine, je n'ai pas envie de l'écouior.
Le valot de chambre s'éloigne, ui.iis il revient au bout de deux minutes :
— Qu'est-ce encore T rtlt Contran.
— Mon Dieu ! monsieur le marquis, c'est toujours la même chose ; ce maudit homme est toujours là... il insiste pour parler a monsieur...
— El vous n'avez pas pu le mollre à la porte, toi l't les autrosT
— 11 prétend que monsieur ne sera pas du loui lïclic de le Toir... entin, il a tiré une carte de sa pocbe... ce n'est pu ^ao
LR l'ROFliSSEUH FICIlF.CLAijUl-:.
cai'U lie visite, c'est It; iieiit' (le caiTCUu ; il a (leiiiaiidc une (jlniiiti et il a griflbiiilé qtiulque cliusu dessus eu me priant de duimer luKi à monsieur...
^ Voyons ce neuf de carreau... ali I le gaillard a des cartes sur lui... sapristi ! elle a trop servi cellcci!...
Le marquis retourne l.i carie sur le <los de laquelle on a écrit a.ssez mal le nom de Uuliiiiot Quand II est parvenu à la lire, Contran lait un inouveiiiiiilile surprisi;, puis dità son valet de cliamlire:
— Fais entrer cet lioiiinie... je vcui bien le recevoir... et, pendant qu'il sera avec moi, tu auras soin que per.sonne ne vienne nous interrompre.
Le particulier mal mis est introduit : c'est un homme d'une cinquantaine d'années, maiscpii paraît en avoir davantaj,'e ; touU's Jes passions qui t'atif,'iieut, qui usent à la lois le corps et Idine doivent avoir lait de profomls ravages chez ce monsieur : sa figure est as.sez commune, et ses yeux trés-couveris ne préviennent pas en sa laveur. Il porte un vieux paletot, un vieux chapeau, des hottes à jour, enfin tout chez lui amioiice la plus profonde débine.
11 entre en saluant bien humblement: puis, lorsqu'il est seul avec le marquis, se rdresse, et tâche de sourire, en disant :
— C'est moi, monsieur le marquis... si je ne vous avais pas envoyé mon nom, je gage que vous ne m'auriez pas reconnu '?
— Ma foi non! Comme te voilà fait ! mon pauvre Kobirtot! il y a tout au plus six ans et demi que tu m'as quitté.,, et te voilà •vieilli coiiHiie s'il y en avait quinze... Quand tu étais à mon service, tu étais gros et gras... tu avais le teint et même le nez fleuri I aujourd'hui tu es blême et maigre comme un coucou ! Je défie
^ bien qu'on reconnaisse en toi mon élégant valet de chambre d'autrefois!...
— Que voulez-vous, monsieur le marquis? les malheurs, l'adversité... vieillissent encore plus vite que les années...
— Ah 1 tu as eu des malheurs !... mais, pourte mettre à l'abri de l'adversité, lorsque tu m'as quitté, pour aller .soi-disant fonder un restaurant français en Angleterre, je t'avais donné quinze mille francs pour récomi)enser tes bons services... avec cela et la pelote que tu devais déjà avoir faite chez moi, tu étais, ce me semble, en position de faine marcher ton établissement.
— Ah! monsieur... d'abord la pelote que j'avais faite chez vous était bien légère !...
— Passons ! passons ! Eh mon Dieul je ne te la reproche pas !... pour un valet de chambre adroit, les petits profits sont énormes !
— Eh bien, monsieur le maïquis, je me rendis en eflet en Angleterre; là, je fondai un restaurant français à l'instar de nos Brébant, de nos Pder : pendant trois ans cela allait très-bien .. je gagnais beaucoup d'argent, mais par malheur j'en dépensais le double avec de charmantes petites femmes qui trouvaient ma cuisine délicieuse, mes vins parfaits, et qui, après dîner, me gagnaient mes guinées à l'as de cœur, un petit jeu très-simple, mais auquel elles étaient très-fortes.
— Ah! tu as joué aussi ! tout le monde s'en mêle...
— Quand je vis que je devais à mes fournisseurs environ deux cents livres sterling et que je n'en possédais plus que la moitié, je me dis : Puisque je ne puis pas payer le tout, il vaut autant ne rien payer du tout!...
— Joli raisonnement !... et qui sent son Figaro de Beaumarchais !
— Je me rendis en Ecosse : je pensais que le peuple écossais, qui est beaucoup plus primitif que les Anglais, goûterait encore de ma cuisine française, et que mes soles normandes, mes bouchées à la Richelieu, obtiendraient là le plus brillant succès !... je me trompais... les farouches higlaniers, ces messieurs qui méprisent les culottes, n'estiment que la bière et le rosbif. Dans mon dépit de voir que l'on ne prisait pas mes excellentes sauces, je me dis : Parbleu! il faut traiter ces carnivores suivant leur goiit, il faut Surfaire manger quelque chose qui leur rappelle leurs montagnes. Je voulus me procurer un chameau ou tout au moins un ours que j'aurais fait rôtir, il me fut impossible d'en trouver. Je fus forcé de me contenter d'un âne, un fort bel âne que l'on me céda à bon marché. Je tuai, puis je dépeçai mon animal. Avec mon âne, je fis des bifteks, des aloyaux, des côtelettes; bref, je l'accommodai de différentes façons, et tout cela fut trouvé excellent!... mais ne voilà-t-il pas que le même soir toutes mes pratiques étaient malades... on avait des coliques, des nausées, des tortillements ! Il parait que l'àne que l'on m'avait vendu était atteint d'une jaunisse, c'est pour cela que je l'avais eu à très-bon marché. J'espé- »ais cacher mou invention culinaire, mais une servante bavarda :
on sut que j'avais fait manger de l'Ane, on me mit à l'amçnde; et, comme je n'avais pas de quoi la payer, on me fourra en prison t ... c'était le bouquet!... j'y restai deux ans, moii'iieur, deux an» qui me firent reflet de dix années... Je vous écrivis, mon cher maître, pour vous supplier devenir à mon aide, de m'envoycr de l'argent...
— Je n'ai iciju aucune de tes lettres.
— Ou plutôt, monsieur le marquis, vous les aurez jetées au feu sans les lire, comme c'était v(4ie habitude toutes les fois que je vous remettais une lettre qui ne venait pas d'une dame.
— Ah ! c'est encore très-possible.
— Enlin, ou me mit à la porte de la prison... mais je n'avais jilus le sou ! Je fus obligé pour vivre de faire tous les métiers... et encore eiis-je de la peine à èlre employé, car en Angleterre, où les ramoneurs et décrottcurs sont en habit noir et en gants blancs, vous comprenez si l'on devait me trouver m;il mis, moi!... Bref, tout eu travaillant, je parvins à gagner Douvres... là, un brave capitaine qui avait .souvent dîné chez moi, au temps de ma prospérité, voulut bien me passer gratis en France !... et... et me voilà, monsieur le maïquis... je viens vous trouver, parce que je suis bien persuadé que vous ferez quelque ciio.se pour moi.
Contran fait une légère grimace, puis murmure :
— Tu ne lombes pas heureu.semeut, mou pauvre Robertot ! j'ai perdu hier cinquante mille francs au bacarat!...
— Qu'est-ce que cela pour monsieur le marquis!...
— Comment ! qu'est-ce que c'est î mais, pardieu, c'est toujours cinquante mille francs!...
— Je veux dire que la fortune de monsieur de Ravageole est assez considérable pour que cette perte ne puisse le gêner!...
— Tu crois cela, toi"?... sans doute j'ai encore de la fortune... mais elle est diablement écornée !...
— Le jeu a ses chances, monsieur le marquis gagnera peut-être demain le double de ce qu'il a perdu hier !
— Je l'espère bien, mais enfin, que je gagne ou non, il faut toujours que je vienne à ton aide...
Contran se lève, ouvre un secrétaire, y prend un portefeuille et en tire trois billets de banque qud donne a Robertot, en lui disant :
— Tiens, voilà trois mille francs... tu es satisfait, j'espère?
M. Robertot ne paraît pas très-satisfait du cadeau. Cependant il met les billets de banque dans sa poche, en répondant :
— Oh ! sans doute... je suis satisfait... pour le moment!... car monsieur le marquis doit bien penser que ce n'est pas avec trois mille francs que je pourrai former le moindre établissement... ou essayer de quelque commerce !
Contran comprime avec peine un mouvement d'impatience, il murmure d'un ion sec :
— Il y a des gi^ns qui font leur fortune avec moins que cela!...
— Us commencent de bonne heure, ceux-là... et moi, j'ai cinquante ans passés. N'importe, j'essayerai, et d'ailleurs, je suis bien persuadé que, si je ne réussis pas, monsieur le marquis aura toujours la mémo bonté pour moi et qu'il ne me laissera plus retomber dans la peine et me retrouver aussi misérable que je l'étais aujourd'hui en me présentant chez lui.
Ces derniers mots ont été prononcés avec une intention toute particulière et qui n'a point échappé à Contran, aussi s'empresset-il de répondre :
— Oui, oui... soyez tranquille, Robertot, je serai toujours généreux avec vous...
— Je n'en ai jamais douté un seul moment!... Je vais donc avoir l'honneur de prendre congé de monsieur le marquis...
— Un moment, Robertot !
Celui-ci s'arrête et attend, mais comme quelqu'un qui, s'attendaiit à être retenu, est tout préparé à être interrogé.
Contran est devenu sérieux, il semble réfléchir et ses sourcils froncés amioiicent que ses réflexions sont graves. 11 dit à vois basse:
— Robertot, j'espère que vous n'avez jamais parlé à qui que ce soit de ce qui s'est passé à ma propriété de Louvecienne, dans la nuit du 10 juillet?
— Ah ! monsieur le marquis, pouvez-vous penser que jé manquerais au serment que je vous ai fait en sortant de chez vous !... Jamais un mot de tout cela n'est sorti de ma bouche. Et, d'ailleurs, lors même que j'aurais eu la tentation d'être indiscret, ne serais-je pas retenu par mon intérêt, mon propre intérêt? e.st ce que j'oserais me présenter devant mon.sieur le marquis et avoir recours à sa générosité si j'avais fait la sottise de parler?...
— C'est juste, ton iiiléiêt e»t d'être indiscret... par conséquent.
LE PROFESSEUR FFCHECLAOUF,.
Alorsj monsieur, ce sont des coups d'épée, que vous désirez recevoir encore .' (.F. i'*.)
je puis compter sur ton silence, car l'intérêt est presque toujours le mobile de nos actions. iMais, dis-moi, Roliertot, as-tu quelquefois revu, rencontré ce professeur, ce Ficheclaquo que tu m'as amené cette nuit-l;i?
-Jamais, monsieur le marquis, jamais je ne l'ai aperçu depuis. Après cela, vous savez que j'ai passé presque tout mon temps en Angleterre. Est-ce que vous avez revu cet liDinme, monsieur'?
— Non, je ne l'ai pas revu!. ..mais je ne comprsadspas comment il se fuit que Charmeuse... tu te rappelles Kdouanl de Charmeuse, un beau cavalicT qui voulait épouser ma sœur?
— Oh! parfaiti'iiii;nt, nionsicur le marquis.
— Eh bien, Cliarmcuse... qui est maintenant de retour en France, sait que c'est un pauvre diable nonnné Ludger Ficheclaque, que j'ai amené à ma sœur pour être son mari.
— En vérité! voilà qui est bien surprenant eu elfet... pour que M. de Charmeuse sache cela, il faut que ce Kicheclaque ail parlé... il avait cependant l'air d'un homme sur lequel on pouvait compter... Et madame votre sreur sait-elle aussi?...
— ^on, je ne pense jias que Charmeuse lui ait dit cela... c'eiît été humilier sou amour-propre que de lui faire savoir qu'elle n'est pas, qu'elle n'a jamais été comtesse de Valgrave, que ce personnage est purement de mon invention.
— Alors, je ne vois pas en quoi tout ceci peut inquiéter monsieur le marquis?...
— Cela ne m'inquiète pas positivement; seulement j'aurais voulu savoir comment et par qui Charmeuse a été si bien instruit.
— Encore une fois, monsieur le marquis, ce ne peut être que par le professeur lui-même. Il avait cependant re(,ui trente nulle francs pour se taire; c'était un assez joli denier; Mais tous les hommes ne sont pas fidèles ;\ leur serment et ce n'est pas toujours ceux qu'on paj'e le plus qui ganleiil mieux un secret... ce n'est pas juste... d'autant plus que c'est celui qui (lossède le secret le plus important qui devrait être le mieux pajé !...
Contran ne repond rien, il se contente de froncer un peu le sourcil. Robertot le salue très-hublemi!iit et gagne la porte, lentement, à pas comptés, et comme qiieUiu'un qui espère être raiipclu ;
mais le marquis ne le rappelle pas, il se contente de lui dire:
— Bonjour, Robertot ; tâche de faire fortune, mon garçon : un homme qui a tes moyens sait toujours se tirer d'affaires.
— Faire fortune! avec ces trois méchants billets de mille francs! se dit le ci-devant domestique du marquis en descendant le gr.ind escalier. 11 n'a pas été bien généreux, mon ancien maître... nuis il faut me contenter de cela pour le moment. Après tout, quand j'aurais dépensé ceci, j irai lui en demander d'autres, et il faudra bien qu'il m'en donne... il ne peut pas me refuser, car je le liens, moi, oh! je le liens bien... Je puis oonr être tranquille désornuis sur mon avenir; j'ai dans M. le marquis une vache à lait qui ne me fera jamais défaut.
Tout en réfléchissant ainsi, Robertot était arrivé dans la cour de l'hôtel. Tout à coup il s'arrête... un homme vient d'y entrer, et la vue de cet homme l'a tellement saisi qu'il est demeuré stupéfait. C'était Ludger qui venait, suivant son habitude, donner leçon au petit .Armand; il n'a luillemeut fait attention à Robertot, et, iraversinl la cour, disparait par le petit escalier de s>Tvice.
Mais Robertot la suivi des yeux, et, après l'avoir vu disparaître, il cherche s'il apercevra des gens de l'hôtel pour ticher d en obtenir quelques renseignements. Des valets étaient U"», ils avaient regardé RobiTtot avec insolence lorsqu'il s'éUiit présenté, mais depuis qu'on savait qu'il avait été reçu en audience particulière [vir M. le marquis, chez lequel il éliiit reste assez longtemps, on s* montrait fort (loli, fort empressé a lui répondre.
— Ouel est donc cet homme qui vient d'entrer dans la cour et a disparu par ce petit escilier ? demiiule Robertot; il me semble l'avoir déj;i vu quelque part, mais je cherche en vain son nom!
— Cet homme 1 répond un valei de pied, mais c'est le professeur du lils de madame la comtesse... il vient tn.>is fois p,v semiiue donner leçon au petit Aniiand... il se nomme... alleudei... oli ! un drôle de nom... Ficheclaque! c'est cela... c'est le professeur Fichcclaqiie ; le connaissez vous?
Robertot relléchit un instant, puis repond :
— Non... non... je m'étais tromiio, je no le connais pas.... et il pas.se donc de pi-efereuce par le petit cscilicr?
LE PROFESSEUR FICHECLAQUE.
— Oui, parce qu'il arrive tout de suitr r\vi son élnvi", sans av.«ir à traverser tous les appartements de niudanio lu comtesse.
—Ah! c'est juste.. .c'est plus commode.. .Merci, messieurs, merci. Rûbertot s'éloigne en se disant :
— Voilà un hasard bien sinj,'iilier! à coup idr, .si la sœur du nnrquis savait quelque chose, elle n'aurait pas donné ce Kulieii.iqiie pour protesseur à son lils... et, assurément, M. de Ravapole ignore cette circonstance... il n'aura jamais rencontré le pror-sseur. Irai-jftlui faire part de cette découverte?... à quoi bon?... en ce moment je n'obtiendrais pas de lui mille francs de plus!... (i irdons cela pour plus tard, cela pourra •-■♦ujours me servir.