‹ MoustacheChapitre 167 sur 281 · Chapitre XXXI II. — Adam veut «ncor* M<%tr Kdmeod · texte numérisé non relu

Chapitre XXXI II. — Adam veut «ncor* M<%tr Kdmeod

Edmond ne sait d'abord à quoi attribuer le changement de conJiiite du général à son égard ; il pense cependant que >1. Dcsparmont s'est aperçu de son amour pour sa fille, que cet amour lui a déplu, et que c'est pour cela qu'il lui a donné son congé, le i»auvre amant se desole ; il prévoit que, ne voulant pas lui accorder CÀ'line, on la mariera à un autre, et il ne cesse de dire:— Le jour où elle sera à un autre, je me tuerai.

Adam n'a pas avoué à son cousin ce qu'il a fait ; quelque chose lui dit que sa visite au général n'a |>as produit un bon effet. Mais en cherchant un jour à consoler E.linond, il s'écnc :— le ne conçois pas que le père de ta demoiselle se conduise ainsi avec toi!... surtout après tout ce que je lui avais du en la faveur.

Edmond est frappé de ces mots ; il regarde son cousin avec aniiété.

t^iue viens-tu de dire, Adam ?... lu avuis [Wirlé en ma faveur an

général Dcsparmonl ?... Eb ! mon Dieu' oui... Je ne te l'ai pas encore dit... je ne sais pas pourquoi. Mais , vois-tu , j'ai voulu te servir... j'ai voulu presser ton bonheur, ton mariage... Tu n'osai» pas le déclarer, je me suis dit ; le ferai la décUralion pour Un, et je la ferai chaudement... et je l'ai faiu. — Ta u tlé che» le ^ÉnAral ? — Oa

L'HOMME DE LA NATOnK

p*il ? — Tu l'ai vil?— rii ' CPrlaincmrnt... Il r.i'a il\>liord reçu itM*! iioliinciii... No is iivi)ii> j isi' lonriciniK connue >iiit- paire iCiMiis... Q'iiiiliii- (-rt, Il M |i,ir>i lin l'Cii olliisn'io «le ce ipie je lui avdi» Upé i-ir le V- iiiie, niils Çii l'esl l'.iisé... — Ali ' mon l)uii ' f|iie in':i|i[irMid> m là?... iM.iis lie ipioi a*-lii i'»ii>C .«ver le m'iiiTiil i" — lie hum, île Un... de re q<ie luios jvoha f.iil imu ii'S dent... 1 oui ci pour lui piuuvcr

Sue lli e» un hieii ("i-llleiir sujet iiu»- moi... Oli' je ne me .iii> pji ^•IC, va !. . — AiirHit-tii p.ifli' irAiJi'lie... île iii-i première lolie?...

— Oui, je crois que j'ai «lil un mol il'Ai;altie... Vlais j'hI eu snin de lui f.ilre reuinrijuer (|ue lu I'h««i* pLiiitcu là upiès lui nvoir f ii m Ciir<iii... Oh' j'.,i liiiii .irr.iiu;i' (oui celi!... — Muili.iirem ! »;'■ si loi qiii iii'js perdu !... .le ('oniprrii.l<i (n»tuieii:4til I» culèie du (jéuéiMl!

— ^>u'rst-ie ijiie tii dis donc ?.. Je l'ai pertlii... luoi ?... I isl p:iï pPâMlile !... Il fauilr.iil i] ic ton f^i'iléral fil hu ii ruli.iile jiour avoir p: is de irjvers ce que je lui «i ilil ! Ediiioi ;l... mon cnusiii... répoinls- Dioi doui-... Si j'ai f.iil tilie auUiîe... si je t'»' «"" ""••-.-lu que je uie pende?... Je me peiuU toul de suit*.

Kdnoiid s'ril jeté suc uii iiPije , la l>^le bai^s^'e sur sa poilriiie ; enfin il lève les ycui sur AJam , cl lui ilil avec do-iceur en lui tendant li ni:<iu :

-^ Je ne t'en veut pss ; lii as voulu me servir... Mais tu ne sais pa» <jlié le qliè lii .is fait dans l'inleiitioii de m'èire utile est ce qui ui"a perdu aut ji'iii du j;i''iiéral... — (^oniniem ! il se ser.«il !» hé pour qiiHqies espièijlerieN de jeunesse '... — In pftre ne lejarde pis i:es ctiutes la ïiiSsi lé,;ëreiiieii>. M. l)>-sii:iriiioiit me croit iiiHinteiiHiil un lllierlin , lin niaiivait sujet, et il craindraii de me dm^iier s» fille!...

— S'il n pris b chost- de travers, alors... — N'iu'porte! je lui écrirai. Je lui avouerai fraucheinenl lo it ce que j'ai f'iit, je ne lui cacberai rien... Peut-ftre Irouvcra-t-il alors que je suis moins coupable qu'il ne le croit.

I diiioud ëcrit une lon(;ue lettre au g.'nëral. Il espère pend 'n! quelques jours recevoir une répuuse favo^ahle; mai» le temps s'éi ouïe, et le ^fii(>ral ne rCpoml (ia«. Alors Ivluiou.l penl louie espi^ii-iice de re- ÇOnqui'rir raiiulié de M. Despariuoul , et il se livre de noiveau h Sa douleur ; mais il ne f.iit aucun re|irucbeà sou cousin, quoique celui-ci ioil railleur de ses pt-lni-s.

Adaui est fiiriem contre le (;t'n<<ral ; il esjU'rail que la lettre d'Ednoud repaierait Sa sottise. (^'Uaiid il voit qu'elle n sle sans i épouse , tt que le (iduvre Kiliuonil supporte son niallieur sans cesser .l'éire • ussi bon (lour lui, il jure île ne (Oint pi^endie de ri ]iiis qu'il ne lui ail fait posséder celle qu'il aime. Mai» ne sachant pas e. core coiiimeni s'y prendre pour en venir à son but , il se rend «liez inadaine Plimor, ooiit il cuauait l'iuiaginaliou fertile en expédients de tous les gen rej.

Madame Phanor oi-ciipe maintenant une petiip mansarde de la rue de la Lune. Drpuis quelques aniiéi s la grande leiiiinr a perdu le peu de charmes qu'ehe possédail encore ; re\iendaiil ses yeux soni ans^i brillanis qu'autrefois. C'e^t tout ce qr^ lui resie, mais cela ii'a jias sulli pour i-rieiiir ou ramener des oii' :-i'J ;.s ijénéreui, et comme madaine Phahor a, dans son In-air leilips TV jy,é ce qu'elle avut avec des Si- Êisiiiônd de tous les q .arii rs j)'? a'esl iro ivée au ilé;.Oiirvii lorsque le.s jours d'épreu'e siuil arri» s. '.jela n'euipêclie pas luailauie Ph unir O'ilre loiijoiirs disposée a r,ai'.*a service, et d'oflVir le peu qii lui reste à >.<i. ami . liieu dilTé.fn'.e de la lourmi qui ii'e.st pas ;ir(»(euse , lnadaiB,««'lt liur s'est perdue par son lri>»> de pencUaui a prêter toul Ce qii'it -0 po .sellait.

A«4"-« arrive ch<-z son ancienne connaissance , la série dont l'a- Aiitié «Il survécu à sa ruine. Il trouve Priaiior en jii|ion «•ourl et en toiskt sale , savonnant sis b.is dans une tertine pl.u:i'e au milieu de la chambre. Mlle Mii jille un tendre ri-^ar I , et continue sou savoniiage , parce que dejuiis lou>;'eiups elle n'i n est plus avec Adim sur la cérémonie. Adam s'assied jnes délie, et San-; lui adresser la parole, se met a prononcer deux ou Iroi^ jirun-i Ircs-r.iiM-giqiies.

— (^)u'e4i-ce que tu as donc, l'Amour •' qu'est-ce qu'i' y a de noa- Teaii ? Coiuiueiil riuiras-tii ton discoirs si lu le prends si haut en COuinieiiijant ? dit mail.iiiie Plianor en frollant ses biS.

• — Ce qu'il y a ? répond Adam en se iloiiiiant Une claque sur le front, ce qui annonce chez lui une pnd'omle éiiiolioii. '.e qu'il y a? lacré f... ! C'est que je suis Un .âne , nn imliécile , im «lindoii !... — Jloii ami, ce n'éiait pas la per'e de te tuettie en colèie pour ui'apprendie cela.. Je ne l'ai jamai.< pris pour un aiîjle , et ton père ne l'tsi (las mis en frais pour développer les u'ijams iiitcllectLieis. M,<i8 c'esl éijal! tu as des qualités et ion physiq le. Ivifin. d'oil vi nt ce'te fureur ?... Ksi ce i|ue lu as eii.^cre fiil ileij soliises a ion cousin , à ce jeune homme que je porte dans mou ccrur, pirce qu'il I béheiije , t'eiiip.*ie gratis , ci le ilonue en« ore de temps a aiitie la fine pièie de Cent sùiis , avec laiiael'c nous alliins rtiner dius des cabinets par'i- Cnliérs uii il n'y a pas de papier sur les uiurs , mais où il y h des Cïnipés 1

Après avoir eiicore juré dem ou irois tois pour «e soulager, Adatn COiile à ia..daiiie Pliai. or ce qu'il a i-iit dans' riiiietitinn de s»fvir les Émoiirs de iiui coiisin , a visite clieî le général , fcl cb qui en est résulté pour Kduiond.

— J«! aé [lUti pas te blâtrier, tlH madame PU.tnor quand Adam à *$»** lie f^iibi; tu a» agi dani» uc wiii but ; ça u'a pas téussi, mais ce

n'esl pas la faute. .Si ce fjénéral s'est fài hé en apprenant que tonto'^-' sin a fail qurlqur» freiliines , il f..ui q l'il »oil 'ueu ridicule. tl»l-';o qu'il veut que le mari «le ».i hUe ail ton inno ;eii'e \.. Ah bcii , par eximpir!... il n'a q le lui fme épou'.i-r un lét.nl alors!. . l>ansi>-'Ji cela je ne VOIS lias |iouri|u<ii lu jiies .li-jiuii un i|ij'"l U'Ue ure Cornai* un charietiir, ce qui ei>i lirs-iiiauv.iis i;eiire.

— Je jure, pari'e q ■« inon cumo esl au ''«Meipoif. Tl pleure, il Remit , il Sf ile..sei he; s'il i.'jlilirul i»» » i oelile , il ett c-pable d< f.iire quelipie coup de <éir.,. lit ui-jl, je Veut qu'il ail la |M:lite, qu'il l'épouie, et qu'il »nil heureui. '

— Ah ! c'esl dilTén ni. Il r.illail me dire ça tout de «iiiie, je l'»qr»i« comp-is... — Voyons, l'uaiior, Iroiive-inoi un iiio\i-ii ptHir marier nos amants... pour faire (Onsenlir le père... l'ai<<-iiiOI le jdaisir de laisser tes l.ai un moiiieiit, pour clu relier cela. — iMon aini, je i lier cherai tout eUisi bien en savuniianl , et je siiij bien aisi- d'avoir ilel bas blancs d.inaiu. — Dis donc, Piiaiiur, si j'allais ro^ser le père de la deniuivell." juM|u'a «e qu'il ail donné son oniseiileini-nl ?... — I\i>n,., il ne faut rosvr peisonne. l'i donc !... de qu'>i aurailuii l'air?... — Si alors... je... si... diable !... c'esl l-ncnre ililhcile !... Alieiids ... (i nous enlevions la demui'.elle?... — Ma fu! ce iiesernl (leill-elre p»» si bêle... — ^OllH la coodiiirions du z Kilinonil... — Non... }auiaisl E\ la décence donc !... On aiuenerHil la petite i«i... puis lu y fTait venir le cousin... roiiime par hasard; puis nous laisserions les dnii aillants ciii«er ensemble... pendant loulf nue nuit... ^>llls les laisserions senU.., tu enlend'i... el dem amanls enseiuble. . tu comprends qu'ils ne s'aiiiiisernnl jias » cnmpler les éioilrs... après, ma foi, ce qu'un père (leut faire de niieui, c'eside jiardonner tl de ru^'itr bien vite (loiir que ça ne s'ébruite pas. — llravo!... Pu airani;es c-la su- (lérieurenienl !... Il faut que je t'embrasse , P lanor... — Allons , polisson !... Prenez garde a ma terrine... — Ce pauvre Edmond !.., gr.ice à moi enliu, il sera heureux !... I )n ne «lira plus «jie jf ne fait que des sollises... Voxons, l'hanor, il f.uil tout de suite enlever la tille du géiiér.il. — Tii en pirle^à ton aise... Ti crois qu'on enlevé Ciinime cri.i les demoiselles de famille ?.. — Oh ! je sais eiil>-ver lei filles, moi. Est-ce que je n'ai jias enlevé Tronqurtle ?.. e>l-ce q l'elle n'avait pas une faïuil'e, celle-là? — Oui; mais elle voulait hini le suivre... elle élaii d'.nrord avec loi. El celle ci , il faut au contraire l'enlever sans iju elle s'en doute, sans quoi elle pourrait bien ne |ia( se l.iis-er faire. — Tu crois '... — 'l'ieiis ! si j'- le crois !... Oli ! que Ct-s hommes naliirels soni vicieux! ils pensnii que nous ne deinanibuis qu'à sauter le pas! A douze ans, si un homme nrav.iil embrassée malgré mni, je lui aurais mangé le ne/. I — Vnyons , Phaiior, ii ii est pas question de ce que lu aurais inani;é, il s'agit «l'eiilevr niademoist-lle (Céline de chez son père , sans que ça paeaisse. — C Bal ce qu'il faut clieriher... — Eu ben ! cherchons.

Ajnés avilir lélléi lii cinq uiinuies, s'être gratté le front et l'oreille^ Adriiii lecoinmeiice à jurer en disant : Je n'entends rien aux niaiicrs, moi. J'ai envie daller loiil boiiin-meiit chez le général , je s^is oà c'isl; je deiuaiiderai la cliimbre de sa fille. Arrivé la , je prends la petite dans mes bras , je me sauve avec elle en descendanl quatre à quatre, el si ou me dit quelque chose en cbeiuin, je russe à tort el à travers I

— Ce serait du gentil! répond madame Phinor. Tu ne peux pag aller < hez legéuéi-il , ou l'y cuiinail ; el d'ailleurs ni gàter.iis tout. Atlendsl... le> iiinyeiis les plus ii-és >0'it sou eut les uieillems!^ Voyons lou moyen iivé ? — le général doit sortir i|uelquetois sans sa hlle pour aller en société. — ^alls «loiite ; apic> ? — A|irès, c'esl bien siin|ile... .le fais une toilette deceole... sans Iroji de rCi herche... d'ailleurs je n'ai que ma robe de jacoiias à carreaux; mais elle me va liè-»-bieii. — Ajirès, apiè-« ?... — Je m'h.'bille iloiic «leceiniiieiit, je nie présente chez luademoiselle. .Comment l'appeiles-lti ? - <.'éline. — Céline, c'esl bien. Je lui dis que sou père la demande,,, qu'il est inili-posé .. — C'est ça!... qu'il est mon même! — Ko" I... ça la saKirait Irnp. Enfin, je lui dis qu'il m'envoie la chercher; elle nie suivra ; j'ii l'air si resp» ctable j'iainl je veux !... ^olls aiirniis ine citadine a la porte... la (iliis lieiie (lOssiole , et je comluis la (lelile ici... — liravo !... lu as île l'esprit gros (oiiime un éléph iill... .le n'aurais jainai». trouvé cela, moi- Alioiis, habille-loi, el va du z le général voir s'il est sorli. — C'esl ça !.. .l'irai den.'iûder s'il est sorti pour eusiiile me présenter de sa (i.irl... i,e serait bien adroit!... Il faut d'Hlio d rnd> r aulour de la maison du général pour voir s'il sort seul , el tâcher de s'iiiloriner oii il Vî... Ça te regaidt-, cela , luuir ami. le ne suis jus faite pour riider dans les rucJ.... — Suis Iran* quille ! Je vais me mettre eu embusiade , el dès que j'auiais ap|>fi$ que le iiioment est venu, je vieil Irai t'aviMtir.

Alam quille mad.niie PU .nor, el va se placer contre .me uanie, il lieu de distance «le I.. maison de >l. D.'SpaMiiOul. Il reste là iiUinebile. les yeux fivéssiir I» [.oiif co.-hère. li (i.ssi- ainsi la journée sant voir le gpiiéial. ^e voill.inl pas s'éloigut r a l'ajip oclie dr: la nuit , il entre dans un c.iiaret voisin , et co.nnie ou ne |i!-ut pas s'aseoir dans ilii catiarel sans rien pn-iidre , il se t il donner un u'-^coeau de pain , du fioina.e el uiit- h.iiHeilIc de vin; plus se p ace tJi.Sre une croisée d'où il voit parfaiteuienl en face. Ujis sa bo iieille se vide , et la soirée n'e.sl point passée ; il en demande une s. coud.- , pour faire quelout: cliose ; pi s tard il eu piead uu* lioisième. Eutiu , ^ t-' •

ET L'HOMME POLICÊ-

l>*"res!e cabaret ferme, et Àânm en sort h moitié gri«, jiiranl c(t"*re It l'i-re (le Nijiiini' (."tline, qui ii'i-sl |ihs sorti de l.i suirvf.

IVii.laiil (|ii'Ail.>iii \iill,iil cl reioiiiniem Mil à se i;ii»er, li- tout dans Pinh'iitiofi de fnre le Iionliiur de soi- omisin; que celui-ci se désolai! jriiii cl nuit en sou|iiraLt''. le num de Céline, voyous ce qui se passhil lier le ijéntrjl. ,

M. l)i'!ip,<rnioni n'ovnit rien lïic a aa tille de la visi>e qu'il av:iit reçue, ni de la lettre qu'il avait éi-rile à ICilnioiiil; mai» (Céline avait bien vile reiuir(|iié que le jeune (îérnonville ne venait plus rhez son ft're, it que celui-ci «'vilail de la ciiiidnire dans !es réu^iinn» ou elle «iiraii pu ren outrer Eiluioml. (^clir.e Iroivail 'Ort <iiii|jilier que ce jciiie bonime si aim^bli- cessai de venir cln z eu . et i] le son père ne »'en plaiijiiît pas. C''peiul.inl elle n'osait en p^rlei la première; mais Vinijl fois par jour '.e noni d'Eiliuond était sur le bord de ses lèvr. s, el sans trop se dire pour ;uoi, elle craignait de le prononcer. (Jéliiie devenait Irisle, rêveuse ; son piuuo ne lui plaisait plus, son dessin De pouvait la ilistraire. IClle voulait bien aller d-nis le momie; mais loi'.sqii'elle y finit , elle refusait de chanter, de danser, el léinoiguait Iliemâl le désir de retourner cliez elle ; enfin , Céline avail du clia- Crin. Le i.énéral s'en apercevait, mais il ne voulait pas en avoir l'air. Polir làdierde la dislraire , il ne q liitait pas sa fille ; il n'allait pas en société sans elle, et c'est pour cela qu'Adam se grisait inutileoieut tons les soirs devant sa porte.

^L Uespainioi't ilit un jour à sa fille : — Nous aurons ce soir du inonde, soijjne ta loilelte. . Ou fera de la musique, étudie un peu ton piaiuj ; depuis quelque temps il me semble que tu le néylines.

Céline baisse les jeui ; elle tourne el retourne autour de son père; enfin elle n'y tient plus, et elle dit d'une voii tremblante : — Est-ce que M. l-.diiiond vieinlra m'accouip:i|;ner ?

— Non... ,1e ne l'ai pas invité, répond froidement le général. Cette réponse lie sali«fait pas Céline ; elle resle debuit devant son père, elle tenible atiemlre qu'il eu dise davantage, et comme il se lait, elle reiprend tiniiilenienl :

— Ksi-<:e qu'il est malade, M. Edmond?... Ordinairement vousiui disiez de venir.

Le (jénéial voit bien qu'il faut parler; il dit h sa fille d'un air indifférent : — Ce jeune lioiuiue ne Viendra plus chez moi... J'aurais dik peul-èlre ne jamais l'y recevoir... mais dans le inonde ou se laisse toujours tromper par les apparences... Je n'ai pas po^iliveineot à m'en plaindre; |ioiiriaul j'ai appris sur lui des choses... Enfiu , je ne veux plus le recevoir.

Céline a pàli ; elle » posé sa main contre un meuble , car elle sent ios genoux trembler et flecbir. Elle tàibe de caclier son émotion, elle veut s'éloijjntT, pour que son père ne remanj'ia pas son trouble; mais elle revient nialtjré elle, et murmure en retenant avec peine les larmes : — (Quelles cboses avei-vous donc apprises de lui , mon père?

le général regarde sévèrement sa fille : — Je ne dois pas avoirbe- (oin de vous les communiquer. Mais, je vous ^^ réuete. Al. EUii.oud ne viendra plus ici.

Céline n'ose répliquer , elle se hS'e de quitter le silon ; mare »?,.<• ne peut le faire asez vite pour que son père ne voie pas des larmes •'édiajiper de ses yen». Alors le général se lait violence pour ne point courir après sa fille, l'eiiibr s-er, la consoler, el il se jeUe tout ému dans un fauteuil en disant : — Pauvre (Céline !... Edmond était vraiment aiinalde... snii binquier en est Irès-coitenl !... Mais celle jeune fille enlevée... cet imbécile de cousin'.... Cependant la lellreqoe m'a écrite Edmond diminue beaucoup ses torts... et s'il était entic'emmt Corriijé... cela pourrait peut-être encore s'arranger... car je ne vem pas fuie le malheur de ma fille... Mais je le ferais si je lui donnais pour épom un mauvais sujet.

(^^•uelqoes jour'» après celte conversation, le (çénéral, qui n'a pu décider sa fille » venir en soirée avec lui, se détermine pourtant à s'y rendre sans elle.

Adam était k son poste. Depuis trois semaines il avait repris l'habilnde de passer son temps dans le cabaret qui était près de la deneiiie (le M. Desparmniit , et il rentrait presque loujouis gris. Edmond, loul entier a sa duuleur,^^ souvenir de sa(a'line, faisait peu d'attention à la conduite de sac , lusin ; une foij seulemenl il lui avait dit : — Je crois , Adam , qUi tu as oublié ton sernient ! M.iis Adam lui avail répondu : — i.e n'ost pas ma faille. . c'est inal|;ré moi. Au reste , ne nie gronde pas... Tout ce que j'en fuis c'est pour ton bonheur.

Edmond n'avait pas fait attention \ ces mots, el n'avait plus rien dit. 1 e soir oii le i;eni^r&l sort seul de sa maison , Adam l'onimein ..il ïinli iimii sa si cood bouteille. En apercevaiil M. Usparmonl il .ide ton verre d'un Irait, jeile une pièce de trente sous sur le comptoir, ei sort du r.ibaret. Il suit des jeu» le gi né al et le voit monier en Cabnolil. Aiiss.i'l II se met k courir diez madame Phaiior, et lui crie dès le lias de l'escalier : — Prépare-loi ! babille-loi !... La petite est teule... le papa est sorti... Allons , vivement! voici l'iuslaut de montrer tes labnis !

Madame l'hanor proride aussiti't ii sa toilette en disant : — Tu es

len siir que le général est sorti? — Parbleu!... puisque je te disque

Vh l'ai vu... 11 éuut en tenue, en uoir; il a pris un cabholet. — Et

oîi est-il allé' — Oii il est allé? .. Ma foî , je n'en Mit fien. — G»«menl. In n'en *ai« rien !. . Kl de q^.elle pari «eui-tu que je me présente pour ctiercher ta fille'... cliez qui vai» je dire qu'on l'-tleod ' — Ab! tacrelilcii ! c'est vrai... J.- n'ai |>a> pente a cla ! — Ë( (^ dit que ça Sait enlever les femmes!.. Ab! Iln-u',.. oui, de* don-loot comme Tronquelle; malt pas autre ch"»»'... C'est égal... je me oévoue... Il m'arrivera ce qu'il |>ourra... t^u ite k ror faire fooetter |Mr les gens du général, )e v.ii. , «lier... Mon adresse iupplerrm à ton O'ibli... Va Vite cliercoer iii.e citadine, et une belle... — J'y cours... A 11 ! dis donc... «s-tu de rar!;enl?... Je n'ai plut que quinze sous sur moi. — >on , je n'ai (lat d'»r.;rnt... Ce»! égsl : lu prendrai le fiacre à 1 heure... Nous ver-nns après... Puiique lu irai ensuit/' dieri lier ton cousin, il faudra blc «{u'il le paye, Lu. — C'est jatte,

— f.'ours cliercher la voilure.

Adam va prendre une citadine. Tl oit au coebcr de regarder à ta montre et se fait conduire rue ue la Lune. M entre dans l'allée noire de la maison; il appelle Plianor. ("elle-ri descend de ton quatrième en faisant allention à ne point se chifTouner. Elle ino'ite d»ns ta citadine : Adam en f.<it autani ; et i\» se font cund iire i ta demeure dif général. Arrivés là, l'baiiiir descend et dit a Adam: — Tu ne resteras pas dans le fiacre : il ne 'aut pas que la petiie t'y trouve; ça l'effdroïK'lierail. — Je monterai derrière.

Madame Plianor frappe el entre bravement dans b liaison, et Adam, q'ii ne se sent plus autaiil de résolution et qui coimen-e à penser i|uece n'est pas une simple plaisanterie d'enlever une fille a ton père, entre chei un épicier et boit ses quime tous en petits verres pour ranimer son courage.

('epeudant madame Pbanor s'est présentée hardiment; elle demande à parler i mademoiselle Oliiie de la pari de soo pire. On rinlrodiiit près de la jeune personne, qui se lève el vient au-devant d'elle en disant : — Mon Dieu, niadtme ! qu'y a-t-il donc? Mon père Serail-il indisposé? — ^on , mademoiselle, repond madam" Puaoor en serrant en même temps son nez, sa boucde el ses lesset pour sa donner nne tenue décente. Monsieur voire père se porte forl bien; mais madame l'a beaucoup grondé de ne pas vou-, avoir ameuée; toute la société comptait sur vous. M. Kduiond UémouviIIe e:>|>érait avoir le plaisir de vous voir... — M. Edmond est cuei madame B éval? dil vivement (Céline en rooeissaiii de plaisir; et Pbinor te dit ;

— Don, le père est chez madame It éval! puis elle repr-nd : — Oui, mademoiselle, M. Edmond est chez madam»-... el madame B évil a tant prié monsieur voire père qu il m'a envoyée vo.is chercher; il espère que vous ne lui dé'obéirez pas. — Ob ! iH>n, madame, non Ceriaineuient... Je vais vous suivre; mais ma toilette... — Oh! vous êtes très-lneo; c'est une seirée sans façon que donne madame Kléval... On prendra quelque chose, voilà tout... La voilure vous attend CD bas.

l.eline se hâte de prendre un chàle, d'arranger sei-cheveut ; elle ne comprend pas très-bien coniment il se fait que son père, qui oe vent plus recevoir Edmond, l'envoie chercher pour qu'elle se trouve en société avec lui; mais elle pense que son père n'est plut tlctië contre Edmond; enfin elle songe qu'elle va le voir, et a pr.^ avoir été si longtemps privée de ce plaisir, elle sent battre bien vivemeut son ccbur a l'approche de ce mouieut. El.e a bicutôl terminé ta toilette.

— Je suis prête ii vous suivre, maiiame, dit-elle i madame Pbanor. Celle-ci fat une révérence de comédie et se haie de gagner la porte. Lajeuiie ('éliiie la suit en disanl aui domestiques : — Papa m envoie chercher, je vais le relioiiver.

On est i!jns la rue. Madame Plianor cherche des yeui Adam; mab il e^l encore chez l'épicier. Le cocher est sur sou sié|;e. Madame Plianor ouvre elle inèiiie la portière; elle fait monter Cciioe, se place à (6 é d'elle et crie au cocher : — lUmenei-uous ou vous m'ave* prise.

Eu ce moment .\dam, qui vient d'avaler son dernier petit verre, arcourt et se |ircstiite briisi|iiement à la purliere, qui n'est pat encore lermée. Il avance la tèie, el cniume les (leiilt verres lui ont un peu Irouldé la vue, il ne voit que Plianor el lui cne : — L'as-lu?

Plianor applii|ue un vigoureui soulllet à .^dallI et ferme brus<|U^ meut la poiliè e en disant : — Cet cnmmist oniiaires dcwaudcul loojours quelque chose. Je lui ai dé, a donné eu descend iiil.

Ci'line n'a pas fait atteniiou a tuuteila; zie n'a |<as entendu la question d'Ad.un ni le soulU. l par lei|iiel ou y a réinjud'i. Elle est toule au bonheur de revoir liii iilol celui qu'elle aime. La voilure part, ('éline ne dit pas un mol eu roule, et madame Pbanor aime Mttaiil cria.

I « (. itadine s'arrête. On e<l devant l'allée noire de madame Phanor. Adam qui , en recevant le so' iQet, a cuu>pri,s sur-le-chaiop qu'il aval dit une bclise, ne s'esl u^lliuient formalise de celle (>. me vivacité de son amie, il s'est coolciilé de monter dernèie le fiacre el arrif ainsi en même temps que cet daiues. Il est nié ne le primierà leia, ouvrir la portière et à leur doiiuer la main pour lescendie.

('éline regarde avec surprise devant elle; madame Pbaoor s'eapresse de lui dire: — Mademoitelle ne reconnait sans d.iute pas la maison? C'est que nous avons prit par derrière... Madame a deux euliéet. Ou a toujours plusicitfs enuéet dans les grandes maisont^ «f

IS

L'HOMMF. DE LA NATURE

chemin-ci abr/f;«> beaucoup... DoDnet-moi la main, mademoiselle, je Taii vous conduire.

Céliiie,fsl s.ins dt'funce. Elle donne «a main k madame Plianor, et entre avic elle dans l'nlk'e , tandis qu'Adjni »e jette a son tour dan» la voilure, crie au cocbef l'adresse d'Edmond et se l'ait mener cliez 6011 cousin,

Mjil4iue Phanor lient par la main la fille du gënéral ; elle lui fait monler un escalier noir comme un four. Oélme coiiiiiience à éprouver quelcpies criilntes en se trouvant dans l'oliscurilé et dans une maison qu'elli- ne rcconnail pis. Ule dit tiinideuieiit à sa conductrice : — Mait>,* -nadaine... pourquoi donc n'est-ce pas éclairé ici? — iMon Dieu, mademoiselle, ne m'en parlez pas'.... Ce sont ces gueusards de voicls... ils n'en t'ont jamais d'autres! Il', hoiveu. l'huile et ils nous la

— 'VoiU M. Edmond , dit madame Pbanor en courant ouvrir; et Céline lève alors li-s yrui. Mais au lieu d'Kdmond, c'e&t Adam qui entre d^ins la mansarde en criant comme un sourd :

— Ce Sacre cocln-r ipii commence à niarronner de ce qu'on ne le paye pas... qui dit qu'il ne veut pas mener trente-sii personnes... J'avais envie de le rosser... Je ne peux pas le payer, je n'ai pas le sou !...

— Oii est donc M. Edmond ? dit madame Pbanor. Pourquoi ni-. l'amènes-lu pas? — Ali ! pourquoi '... pourquoi I... par une raison toute simple : c'est qu'il n'était pas cliri lui!... J'ai dit à Finot : — Dès qu'il rentrera , eiivoyei-le cliez madame Phanor , oii l'amour et le plaisir l'attendent. Au quatrième... sur le devant... Et puis je suis revenu, et me voilà... Tiens! pourquoi donc que ma^moi>elle pleure?... Ne pleurez pas, joli petit ange... .Mon cousii^va venir... li ne peut pas tarder ! \ g

Céline ne répond pas... la présence d'Adam , qu'elle ne connaît pas, aiifymente encore son effroi. Madame Pbanor se rapproche d'Adam, et lui dit bas : — La petite se désole , je ne sais qu'en faire... — Bon ! tu sais bien que les femmes pleurent quelquefois pour rire... Mais, liens... enleiids-lu le scélérat de cocher qui crie dans l'allée?... — Ah ! mon Dieu ! comment allons-nou3 faire 7... Je ne voudrais pas qu'il amassât du monde , ça ferait un mauvais effet... — \ eui-tu que j'aille le battre? — Kh non ! encore moins... Je ne vois pas d'autre moyeu que de remonter dnns la voiture, et de se faire promener jusqu'à ce que ton cousin arrive. — Fais-toi promener si tu veui ; moi , j'en ai assez. Je reste ici pour attendre les reinerciments d'Edmond. — El bien, re.^te ! j'aime autant cela ; car ca m'innuie d'entendre pleurnicher celte peine... Tu vas la garder à Ion tour; moi , je vais me foire rouler Je vais profiter du fiacre et de ma toilette, pour faire des visites de cérémonie à mes connaissances.

Madame Phanor est sortie. D'abord , Céline n'a peu it fait attention à son départ ; mais en regardant autour d'elle, lo.sin'elle s'aperçoit qu'elle est seule avec Adam, sa frayeur augmente, et uUe dit en tremblant :

— Oîi donc est celte d.ime ?

— UoD cher ami, je viens dîner avec vous , j ar i

font payer. — Mais, madame, nous montons bien haut... il me semble ^ue madame Bléval demeure au second. — Oui, mademoiselle, au second par- devant, mais son derrière est beaucoup plus haut... Ça se Toit tous les jours.

On s'arrête enfin; madame Phanor ouvre une porte et fait entrer Céline devant elle. Les craintes de celle-ci augmentent en se trouvant encore dans l'obscurité, quoique sa conductrice lui dise : — Dans une minute, mademoiselle, nous allons avoir de la lumière... Allons, je ne trouve pas ce f... briquet a piésent, c'est comme un sort!... Madame Roquet... avez-vousde quoi m'allumer? je vous serai bien reconnaissante.

La voisine ouvre sa porte en présentant sa chandelle. Madame Phanor allume la sienne et rentre près de Céline. Celle-ci jette les yeux autour d'elle; un cri d'effroi lui échappe; elle joint les mains et dit à ta conductrice d'un ton suppliant :

— Ah! madame!... oit m'avez-vous conduite?... Ne me faites pas de mal , je vous en prie !...

— iMoi ! vous faire du mal , mon cœur ! N'ayez aucune crainte, mon enfant... Vous n'êtes pas chez madame Bléval , c'est vrai... mais vous allez voir quelqu'un qui vous adore et qui vous dira de bien jolies choses... — Oh! mon Dieu!... Oii suis-je donc?... Je vous en prie, ramenez-moi chez mon père. — Plus tard, si M. Edmond le veui, il vous y reconduira. — VI. Edmond? — (Jiand je vous dis qu'il va venir, que vous allez le voir; c'est pour vous réunir à lui que nous vous avons enlevée, moi et son cousin. — Vous m'avez enlevée ?... Et mon père, que va-t-il dire quand il ne me trouvera plus?... Madame, je vous en supplie, laissez-moi retourner chez mou père! — Oh! ma chère amie, j'en suis bien fâchée, mais ça ne se peut p;<s maintenant... Je n'ai pas fait des frais de toilette, pris un fiacre a l'heure pour que ça tourne en eau de boudin!... Pleurez si voulez, mais il faut attendre M. Edmond.

Céline se laisse aller sur une chaise et continue de pleurer. Phanor ('assied plus loin en se disant : — (,)uand elle verra le tendre ami, elle ne pleurera plus.

Vingt minutes s'écoulent ; Céline sanglote; Phanor s'impatiente; enftn on entend mouler rapidement l'escalier.

— Tiens, moD cher Adam, accepte cela , mon seul regret pouvoir l'offrir plut.

est de I

— Qui ça? Phanor?... répond Adam en se jetant dans un vieux fauteuil. Elle profite du fiacre pour se faire rouler... Moi, j'en avais assez... Je ne sais pas pourquoi... ça m'étourdissait. Je vais vous tenir compagnie en attendant que mon cousin Edmond arrive.

— M. Edmond est votre cousin , monsieur? — Oui , mademoiselle.

— Et c'est lui qui vous a dit de m'enlever de chez mon père? — Non... c'est une idée qui vient de moi... J'ai voulu lui faire plaisir.

— Je crois qu'il ne vous en saura pas gré ; M. Edmond doit biea penser que je n'approuverai pas une telle action! — Bah! laissez donc! tout ça ce sont des mots! la nature avant tout. Edmond vous adore... Je vous mets dans ses bras; s'il n'en profite pas, faut qu'il soit biea Jobard — Monsieur! je vous en prie en grâce , laissez-moi retournar

ET L'HOMME POLICE

Cl mon père. — Par exemple ! je ne ferais pas une Wlise comme ç» !

y 3 trop lonfjtcnips que je vous gnelle \

'l'Iine ne dit plus rien ; elle recomuienre à pleurer. Ailam se lève I (lisant : — Je prendrais hien quelque rlionp... touli's res allées et ■nues... Ci) altère... 11 faut (|ue je visite les arcnoiies de l'Iianor... Hi- est Ihheuse, Plianor; elle doit avoir de bonnes bouteilles dans iilqne coin.

Ailani ouvre un vicnx bnffet, où il n'y a que des assiettes cassëes

<lii sel gris; mais dans le bas d'une armoire il trouve une bouille encore à moitié pleine. )l la débouche, la flaire, fait un mou- ■riient approbateur, et se verae dans une tasse en disant: — C'est i.'rlM.m. Et il seut très-bou... J'étais iù.t que Piianor avait des iandisecl....

Bdmoi.d s'approche , il s aiiture que c est bien son cousin qui est devant lui.

Il va pour porttt la tasse ii ses lèvres, il s'arrête en s'écriant: — [Etourdi que je suis !

Il s'a|iprocbe de Céline , et lui présente la tisse ; mais elle détourne la tèle en disant: — .le n'ai besoin de rien, monsieur.

— Cuiiiinme vous vouilrez, répond Adam. Et il avale le rhum, puis va se re|>lacer dans le t^uleull.

Une de mi -heure s'écoule; AJam s'impatiente, murmure, jure après sou cousin. — Obiifjiï donc les gens , dit-il, pour (|u'ils montrent si pt'ii d'empressement a être heureux... Oh ! quand une femme nie duiiuait un rendi z vuus à moi , je ne la laissais pas se refroidir ainsi!

ICi pour se donner de la patience, Adam se verse du rhum et en boit une Si coude tuis.

Une autre demi heure s'écoule, puis une autre encore; personne ne vient. Adam » pris plusieurs lois du rhum; sa léle n'y est plus, <es yeiii brillent comme des escaiboiicles; et malheureusement alors il lui vient dans l'idée d'examiner la jeune personne avec laquelle il est en têle-!i-tëte.

Céline est assise à quelques pas de lui : sa tète est penchée sur sa poitrine; elle ne pleure plus, mais elle pousse de gros soupirs. Céline est charmante; sa tristesse, sa pose mélancolique semblent la rendre encore plus séduLsanle. Adam voit tout cela; il lui passe une foule d'idées par la tète, il pose sa main sur sou front, puis regarde dans la chaiiibie , l'.uis se lève , ma .-che et s'écrie enfin :

— ."lacrebleu !... c'est bel» de laisser comme i;a un jeune homme et une jolie tille ensemble... car enliii... si mon cousin ne vient pas... li ça ne lui convient plus .. je ne vois pas pourquoi je... Ça me roiiviendrait beaucoup ii moi... On nous laisse... C'est nous donner carie blanche! Ei il serait si naturel d'en prohter... Il faut' que je boive un peu de rhum... pour mettre du net dans mes idées.

Céline n'a pas éeouié les exclamations d'Adam, elle est absorbée par la douleur; mais elle frémit lorsqu'elle le voit s'approcher d'elle et lui dire eu lui jetant des regards ennammés : — Vous me permettrez bien de vous embrasser ?... Elle se lève, jette un cri, veut fuir : Adam l'arrête et lu preud dans ses bras.

— Oh I on ne m'échappe pas comme cela !... Je vous embrasserai , WÊX vous êtes jolie comme trc'i'-su amours!

— Monsieur... par piiië, laiisei-moi ! dit Céline en chercb.nt a repousser Adam. Mai» celui-ci ne l'écoute pl.ii; le rhum a »cbrv< de In tourner la tète, et en sentant dan. se, brai une lemme jeune et an>si séduisante, le malheureux ne |«)uvait pa, revenir» la rai«n. I prend un baiser a Céline. Elle crie, api.elle au M;rour.:il I écoute pas, il ne l'entend plus; le baiser qu',1 , pris augmente

nt>lii.a il .. ■ . . ' . e .1

délire, il v

se porter au> plu» coupables eicet... lorsque d'

ton

lent coup de pied on fait »jleren écl.'ii u''ÛZl,:''^'-'^','uée "t:Amo^

pcneire <l-ii.s la chambre , suivi de madame Phanor; en une se. onde,

m et renversé ce'.ui-ci a se» pi-d».

me

père, tu alUu la d<U-

ll a arraehé Céline des bras d'Ada... „ .^ ,., . ^. ^,.

— Misérable ! s'écrie Edmond, c'est donc ainsi fiue tu vouUi» servir I Non content d'enlever Céline à son père, tu allaix la £ honorer !...

En disant ces mots , Edmond a pris dans la poche un pistolet : dan* sa fureur, li va le diriger contre Adam, qui semble anéanti, tandii que madame Plianor se tient blottie dans uo coin. Mai» Céline se jette BU devant d'Edmond ; d un regird suppliant elle arrête »on bras; Il laisse tomber son arme en disï-l : — Voms le voul i '... Lai^iooi- Inl la vie... mais que jamais il ne se présente devant moi .. ou je ne répondr.ispasde mon indignation... Venez, mademoiselle, venez... iJ me tarde de vous rendre a votre père et de vous faire sortir d'ici.

Céline a suivi Edmond. Il lui explique en route pourquoi il nest pas arrivé plus tôt. Adam avait bien dit a son portier qu'on l'attendait Chez madame Phanor; mais il avait oublié de donner l'adrei-e de cette dernière. Edmond seraii donc re.té chez lui, si, ennuyée de sef^ire rouler en citadine , madame Phanor n'avait eu aussi l'ilee d'aller chez Edmond voir s'il était revenu. A la premiers mots qu'elle lui avait dits, Edmond, transporté d'indig-ialion contre Ad.:m, avait prisses itmcs et s'était hâté de ruivre ma-Jame Phanor, sans croire cependant que sa Céline courait un si pressant danger

li lA>uv« t'baiior'uu jupon court et en curs dans une tvrrioe.

t Sali ', savoiuvani ^es ba*

Chez le général , tout le monde était sur pieit . M. IVspsrmont était rentré : on lui avait appris qu'on était venu ■ chercher sa hlle de aa part. A celle nouvelle, il s'él.iil livré au pin s violent ■iéses|K>ir. Il av.iil envoyé ses gens de tous côés ; di j.i ses soi i|><^iiis se poriaienl sur Edmond. Il venait de prendre ses armes, et i dlaii se rendre chei le jeune Uémonviile, lorsque celui-ci parait dev ant lui et remet sa tilIe dans ses bras.

— Monsieur, dil Eilmnnd au général, do it les yeiii semblent lui demander une e\|>lir.>lioii , je ne suis point l'auteur de l'évéuemenl qui a dt^ vous donner de si vives iuquiéludi s... .\ p<ine en ai-je Ole instruit que je me suis h.^lé d'ai;ir pour ra mener inademoiseilr prei de vous... Vous saurez d'elle toute la vér iié. t^luoique mi jeunesse n'ait point été exemple d'erreurs... quoivit vous me jujiei bien sCxèremenl, monsieur, je n'ai jam.iis eu l'idée de braver votre «olooté, ni coni^u la pensée J'.-^urer mon bonheur i :n faisant couler les Urme* de votre l'ille.

''à> Ssaui CCS tuoU, Edmou'' "' le le oèi irr«l et tort de ohm» ^»'

L'HOMME DE LA MATURB

iVec cette latiifaclion que l'on restent toujours ^ utnJ on a fiit ton ievuir.

CHAPimt XXXIV. — R.Vompens* île 1 un. — De.-nière Folie de l'autre.

Plusieurs seni '•■DP* se sotil fi-o<\fr%. Elninml est allë |i;is<.er quelque Il n>| s cliet sei. ;>frt iils : le cliinj' m i|"i le ii'iiif allée ••n »aiÉi<^ , il * hrsnii ilr rt (ic ; il ii Im soin snrtoirl d^» siuii», ilr» c»re>se^ de sa mère, de I.1 vue u'e Miii |'ère. Il ne leur fail plus un niys'ère de son amour pdur la fille dii i;<'iiéii.l I)' S|>Hiiii»ni , il leur a toiiié lunt <e ^l'i s'est passé, ju:iqu'a l'enlL'veiiitUt de Ctîline , et ses parents lui disent :

— Tu peuT espt'rer errnre: tu «s rendu une fille Si son p^^e, ta rnniliiilr doit Irf.iire revenir «le ses prév>-nlioiis... M^i.s ICdinoiid n'espiri- plus; cHrdrpnis '.- jou r oii il a ruiiKiié CJéliue dans les bras du i;éiM'rol, Il iiVn a pas reçu de nouvelles.

l'.iliiiniid ne pm-e plus à relounnr cliei son lianquier, il » perdu celle aniliiiiuii i|f>i lui f^i-iail désirrr de se laire riiii,ir(|ur-r. Il se proniéne Iri^ieiiit-iit dans Ir-s li<-iix île sa iidisiauie; mais siiii eoPur el ses pen-i'i-s sont tmijours \ers Pans. I).iiis ses roursi s soiiiaiii-s, l'Miiioiid apprni lif i|>irli|uiTiiis de la niaisiiimelle de sim ornle; mais In'Sfu'il Voit l'ilui'Ci assis devant sa po'te, il s'éloi|;ne prôi'i|<i'amnient : il craint que IVI. Adrien ne lui pirlr de son liis, et KduKiiid ne peut plus eiiteiiilre pronnii'er le nom de celui qu'il le^arde coiiime la cause dr tftiites ses priiirs.

(Cependant une corrispondance t rès-acllve s'est établie depuis peu de temps entre iM. Iléuinnville el ses amis dr Paris, car il reçoit fréquemment drs lettres dr la rapiiale. A chaque mjssive qui lui arrive, M Kéinoiiville parait plus satisfait; sa Irinnie parl»i;e sa joie, el ellr ilirrclie il la taire aussi parl«);i r il son fils — Pourquoi le cli-grii trjiiiisi ? l.ii dit elle; j'ai dans l'idée que tes amours ne sei'oiit pa^ tiiiijiiiirs 11 allirurriisrs.

llitiili'it iM. lloii.oiiviilr fait un voyatje à Paris; il y reste quinze Jours. Ko rrvriiaiit il est radiein , il emlirasse t. inlreiucnl Kdinund ; p'iis il lait f«iie ilr grands p'éparalifs dans sa luaisuu : OU dispO:>e avec «uiii di-iix des plus joli, appartriiieiits.

— Pour qui dniic ces appiêts? demande Edmond.

— (;'est pour recexoir drs anus que j'atirnils de Paris, répond M. Réinoiiville rn souriant rt en rri;ardant sa femme,

l.e jour est vi-iiii nii ces anus diiivriil arriver. Edmond ne conçoit rien à la jnir , à rrnip'.essiinent de ses parents. Lui-même est ironisé •ans ni deviner la cai'.se. Eoti'i , sur le midi, une jolie calèclie entre dans la cour de la niaisoii. Un monsieur en descend et duuue la niain 8 une jeune (lersonne.

Kilmond a ji te un i-ri, car il a déjà reconnu Céline et son père; il ■desrrnd l'rsralier, s'élance au drvanl des nouveaii» venus. Il ne sait »'il rêve : il ne peut parirr. (^élinr lui sou ri I lrn<l renient , et le i;éiiéral lui tend 1rs bras en lui disnnt : — Je t'amcue ta femme, mon cher Edmond, puisque lu ne viens pas la clieiehrr.

— Ma fem'iie!... s'écrie l'.duiood. — Eh ! oui, car j'espère qu'elle le sera biintnt. — El voila cr que )e suis allé arr.ij;e, à t^'aris, dit M. Réhninvilie en srrrant la m.nn du général. — Et c'est poiiiqiiui je te lonsriilais d'espéricr! dit à sou tour la bonne mauian eu pressant ta hrii dans ses liras.

L'ivressr d Kdnion d est plus facile à concevoir qui déerire; Céline la pariaije : elle ne craint plus de Irti<ser voir à celui qii'rlle aime tout ce qui se p.<ssr d. ns son i cpur. l,a joie la plus frinchr rè.;nr doits la drnie"re dr \1 Hc monvil e. Les parents sont heureu» du li. iilieiir «Je Iriirs ei^fiiils, el ii 'ii\ qui lesenlourenl partagent leur satisf.iciion, car E.lnmnil rt sa fan iille sont aimés dr tous feiii qui les connaissent. Après huit jours ci iiisaiiés am apprêts, aux ditaiK, aux iniltttes qn'eMijr la grande cér émonie, Edmond rrioit à (jisurs le litre d'épiuii de Céline ; il rrvirni dans I.1 drnieure où il est né avec celle qu'il adorr rt (|ui rst mai ntenant a lui. Quelques voisins, des amis drs environs . ont élé inv né- à la lêlr ; rll ; rst gaie , sans être bruyante ; fln y rit avec di eeiici -, on y chante sans prétenlions , on y bmt sans se griser , on y danse sans se coudoyer ; lous les convives la Irouveut trop itourle .. H n'y a que le marié qui la trouve trop longue. . M. Hémnnville n'a 1 /las manqué d'inviter son frère aux noces de son iils, m lis M. Adrien 1 le se rend pas à cette iicvilnlion ; il donne pour ipréirxtr sa santé : le fa il est r-- la vue du bonheur d E >mund. de sa fortune, de sa position ttril.f ^^'■, font faire au j'èrc d'Adam de Irop tristes roiuparaisoi.s. '

. Pendant qu'un danse et qu-on réièbre les noces d'Edmond et de Ce iiie dans la jolie hali nation de M. Renionville, un homme el une femme sr duniiant le br. is, se soutenant n.ntiirllrinrnt , croiirs jusqu'à l'érliine , et porlant cliaCMH un peut paqurl dr li.irdrsa la ii',iin, gravissent •<; srn'.iei qui t iiéiie à la maisonuclle de M. Adnei; ou ils •rnvrni sur 1rs dix heiiie: < du soir.

— C'est la . du l'Iionuu e en s'arrèlant. — Si c'est là, frappons,

nd ta fruinie. El loti < les deui se mettent à faire carillon a la

de la m.<isiiniii 11 r. i^l. Adrien allait se coucher: Rongin l'était

Son maître l'api leKC' Le vieux domestique va eu groiumeiaut

dcr qui ose Icttt^^et »i lar<t«

— Ouvre, vieui lapin , répond une voit perçante, c'est ton jrun* maitrerl ta jeune maiirissr ipii vieunrnl coui her chez leur verlueul Jie'C... rài;lie de le dégourdir.

I>i>ni;iu iir l'oinprriid rirn à cela. Il va rapporter à M. Adri n re qu'un lui a dit. Oliii-ci pa>se une rolie de clnmKre, li met la tète à la friiêire. Alors une voix qi'il ne peut luécuniiaitre lui i.rie :

— C'est moi , mon père ; j'arrive avec ma feiuuie, nous v"i ont vivre avec von» n vont prodiguer iio.« soins... Pions suivons un peu lard , parie que nous snniiues tuml.és trois fou en roule.

— C est Adam I... c'est n hln i... dit ^1. A.l-.en; il vient avec ta

femme .. Il s'eni donc marié aiiH«i? El j'- n'en sav.iis rien'

— C'esi votre Iils , el il a une Irniuie avrc lui ! sérrir l\oni>,in en se lamentant. Ali! c'est fini, monsieur!... DOtU pourrons bien pendre nos dénis au croc'...

M. Adrien or lonoe i Hotjjin d'aller ouvrir, rt bientôt .\dam et Pliaiior I arai-sriit drvanl le virillanl. [ » grande feniiur niir^ en baissant les jeu» et rn doniianl la ni-.in a Adam . dont le un r-t di-vrim hraiii'oup plus rouge ilep'iis qu'il ne demeure plu» chez sou co'isiu. Phanor l.iii a M Ad rirn une révérence de cinq minutes, pendant laquelle Adam dit a son père :

— Je vous p'ésrnie ma femme... — Ta femme!... Comment . mon fils! tu t'es marié sans que je le sache ? — Ma foi ! oui , mon père... J'ai voulu faire une tin...

— t-.lle est jolie, la lin! murmure Rongin; elle est digne du commencement!

— Phanor était mon anrienne amie, reprend Adam. Nons avons ensemble connu les misèrrs du monde. Il y a un mois elle a Tul un héritage.. Elle a reçu drs fonds de ^or^l^ndir, qu'i-lle attend il depuis lungienips .. sept cents franrs en bons écus. Alors nous avons dit: Ma toi! marions-nous, et réjouissons-nuos! iNous nous tum'ues mariés; nous nous sniumes réjouis ^ous avons fait une fameuse noce... ^'esl-ce pis, Plianor, que c'était gentil?...

— C'était charmant , mon époiii , et si vous n'aviez pas eu le hoquet depuis quatre heures du soir jusqu'au Irinlemain six heures dit luatiii . vois auriez «ertaiiirment dit de liirii jolies chose»!...

— Eiihii. mou père, nous avons fait la noce tant que nous avons eu de l'argent... Après que nous avons eu tout mangé , nous avons rrlléi.hi qiir la vie ohampêlre nous convenait mieux que la ville, durit nous sommes dégoùlés... U'ailleurs ma femme brûlait du désir de vous ■ onnaitre...

— Oui , mon digne père... Et je viens vous demander votre bénédirliou, dit Plianur en s'-vançanl vers M. Adrirn. Celui-ci s'rsl jeté sur sa ihaisr; il ne dit rien; il sent bien que maintenant toutes lei reoiontraines seraient inutiles; mais il empêche Phanor de ié mettre à ses genoux, el lui dit : — l'vrndiz mon fils heureux, rendez-le sage surloiil, madanie. et je vous ru saurai gré.

Alors Phanor baise la main dr IM. Adrirn d'un air d'humilité: puis elle lui dil à d' mi-voix : — Je fais tout ce que je veux de votre fils... Quand il ciie, ça ne m'effraje pas plus que s'il srcouait drs mirs de pain dans un bonnet de colon. Vous serez satisfait de notre con.luile, mon père... INous connaissons nos devoirs! nous ne vous quitierook plus... Maiolmanl , mon époux , salue too pèrr, rt allons nous cointher.

Adiin ne di mande pas mieux , <t le viei lard lui-même est biett aise de se reposer. Les deux époux descendent avec Rongin, et Piiaiior loi dil: - Fnis-nous sui-le-champ un bon lit. — Il n'y a plus d'autre lit, ici, que le mien avec celui de mon maître. — ,'Vlort dooiie-nous ton lit. — Et moi , oii coiicherai-je? — Avrc Irs lapins , si lu veux! ça ne nous regarde pas; mais les maîtres doivent être coud es avant les domestiques.

Adam et sa femme se sont emparés du lit de Rongin, et celui-là est obligé de passer la nuit sur une chaise.

Le lendemain, le vieux concierge veut Tiire des représentations k son maîlre; mais M Adrirn est faible, soiiffranl ; il aime tounun son fils, et déjà la femme d Adam commande seule dans la m.n' On 11 écoule plus II uigin: on tue les pigeons, les lapins; et au bout de huit jours Rungin mrurl d'une colère rentrée, envoyant dis{ia< raîlre la dernière volaille de la basse-cour.

L'amour, le bonlieiir et la paix habitMit dans la demeure de M. Ré^ monville. Le tapage, le désordre sont venus avec Aii.iin el sa trmmft dans la maisonnrtie de M. Adrien. Les deui époux ont d ja nnug^j tout ce (|u'ils y ont trouvé; el ils réduiraient birniôl le vieillard a ji' misère, si, un maiin, il ne venait daas l'tsprit de Phanor d'allel voir le cousin de son mari. '^

Edmond a élé instruil de la dcmirrr te * e de son cousin; mais ï es;'è e q'ie celui-ci el sa femrae n'oseron! jamiis se piésenler devao lui. (i>;Sl donc avec une surprise qui n'a rien dr flatteur pour crlh qui en 0£; l'ohiel qu'Ediuond reçoit la feuiine d'Adam. CVIIr-ri ni se déc.onceite pas. — Mon cher cousin, lui dil-elle , nous souiiné niaiiilrnanl vos voisins. Mon mari n'a pas encore osé venir vous voir Moi , qui aime » vivre eu paix avec mes parants, je fais les premier pas , el je me flatle que... .»

Edmond inierrompi Phanor en lui disanx d'un ton sévère : — J'e» père, madame, que mon cousin ne se présentera jamais devant moi il ne peut plus exister de liaison entre nous. Il est des otfeiisrs qU' l'on pardonne... mais aue l'on n'oublie pas. Cependant comme <e m

ET L'HOMME POLÎCE.

foiis crois finn liocirem... comme itinn oncle n'avait plus liii-m^me l"f jiiiie ilf (jiKii vivre, arri'|.|e/, iiiiK |icnsimi de q'iinif rrriU fr:incs ).niir voii- et votre mari ij'i vous U (nyi-r,! rc' ;iiliirri-iii-til lnii« Ici ri'"i», à condition que vous ne loucher»^» i-.ua.» au revenu de mon •nc'e.

— Ali! mon cer rnnsin... Ton» ê'es RuMime)... Von» me 'liles f'curf-r... .1^ xnis hien fjlorii-nse il'ètre voire (i-fentel... Ili ' In ! Iii !... Ali ! diii-s donc. niQ" co'isin; voiilei-vons Ha voir (!•■» nouvclli'» il'At;»llii-? .. I.H |i,iMvre pilile esi liien loinliée d.iiis le tr^veis!... Je r.ii r ncoiiir('r le ^oir... K'Ie fait son romni' rce sur le tio'ilev.r'l ds» Italii "«.,. avec "Il nio^iilioir il la iiiaiii... Ç> (>ro vp liicn qne ..

Ediiioiii! ne dési'e plus t'iitiiidrr parler d'Ai;ailie... Il coiif'édie Plinor, en la prianl de se illsieiiser de r.-venir i liei lui.

Pli.dinr relO'irne à la niaisiiiiii> tie en <li niant et en dansant El'e conte » «on mari i Jnn lieui-pèrp ce (pie Uiir cousin fait pour e'H. Adam s'en éloniie peu, il est li..liilii(' aii\ liiiifaits d'Kdinoml. D'aii- If'ir» le vin l'a prcsipi.- enlièrenieiit aliruli. Il nVsl plus siisreplili e de sen>i|pililé ni de re<o"iiai-.saiiie. >lai» M. Adrien, ipii eat certain que sou lils aura Uue eiistcnce assurée, «eut ses jeux se mouiller de

pleur», r.plle foi» l'ammir-propre n'e^t pln« éronti, en «'aiipiiïam sur «i canne . il vnil iiller ttouV' *OD H mercier dr ce t\'i'ti *ail encnrf (lo-ir \ii:ttn.

Main, à la iMoinéd'i iliKinin, M. Aitri.-n reni.-nnire M. R^runTÏH^, qui allait an»si ili. i lui («o-r lui oTrir de« «pcO'ir» it de- ro'i-'i'al'o •. Les deiil vi(lll,.rd!i «e «rrreill la main. M. Ad li-n v. r,.- de. laruir», pni< il «e pré'iiule dan< lei lira» de 'on frê'e. — J'ai eu him d'| lorn! Iiiiilii-ii; niai< )Vn unis puni !.,. Wo'H voiri jrri^H relie /|io* que nii je l'avais ajoiriil' pour j");er lequel de no'is dent ior>il à «è^ fcli<iti-r de U iiiatiiere dont il éiev-tt tnn fili. I.e li-n 'ail ta cloiTet Ion limilieiir'... .Moi. j'ai perdu le mien en ne l.ii dumiaili «iir.ine t'Iiicalion, en ne r In-rclunl foinl it co'rn;er »e» dt-fiiH», er. tmjratT* entin i|ne la in<tii>e siiile drvail Imil r.<ire'... — I.e m^l est faii. niOC' fce.el... dit .\l, Ui-nionvillr. C'ice a-i ci'l . if mr flaiie qi'oo rtfe «•livra pas Ion eTeiii|>l<-. I.e teiii|.s a marclirf vile. |ji raisoi ne doit plut re-ler eo arrà-re. Kclairer le» Il .mme». Ie< intrnire, eVjl vOtlJ loir les reii'ire meilleurs, c'e-t les ren.lrt- diijnes du nom d'h nimé. lli-iirciit sera le lemfrt on les I ini'èrci de U tc.ence »' 4e U phil(P Sophie aurout fuit le tour du moudel

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