HABITUDE
L'habitude est, dit-on, une seconde nature, et eh»-, le joir , es effet, nous avnm la preuve qu'une h.<bilude devient |>our nous ua be.soin; nous ne la sui\ons pas to 'jours par ^jm'ii et par pUi>ir, maU la secon'e nature nous entraîne el noii» ne ré>iUni.» pas.
Celle p iisiance de l'hibilude est si |{r.iiide. qu'il j a de« e.ens qal font tout mus par elle, lorsque leurs penct, nu I > |>orterairnt a s« coniliiire autreiuenl. J'«i cooiiu un moiiNie . qui. dep'iis trente ans, dijeiine tous les matins avec de la panade. — Vous l'-ioirz Jonc
heiiuco 'p ? lui dis-je un jour. — Mi fui , non, je ne l'.<iiiie p.«s; ni.iis 1 luliiiude... — l'.lle vous est peut-être orilo'inée pdr voire médecin ? — Pas du loul ! mon médecin m'a dit que je |>ouvais manger tuui ce qui me ferait plaisir. Alais que voulez-vous ? je suis habi.ué à la pan.>de.
'Jue de jjens dans le monde ressemblent à cet homm', el pas'^nt leur vie a fdiie des choses qui les ennuient , a fréquenter de» so.leie* dans II squelles ils ne s'amusent point , à voir des yens qu ils n'^imeiit G'Cie, a garder des niaitrts>es qu'ils n'ont j.im.i9 aiiuées, el a s« rendre tous les soirs à un théâtre lii ils dornienl . comme uiou monsieur margenii Ions les malins »a panade, par hobituile!
C'est par habitude que Klorimuiii se pUinI de sa .sanlé ; on n^ le voit jamais malade; il tait ses Irois repas par jour, don la (jrasse matii ée, n'a ni niii;>-dine, ni toiii, ni main de iieifs ; mais quand vous lui demandez des noiixelles de sa san'é, il hoche la lêle el lépond d'un air affecté : — Comme cela'... bien douienienl !...
Ce jfros marchand a [{"(jné en quinze diis viiiet mille livres de renie, avec lesquelles il poinr.iil vivre heurem. Vous crojez pe ii-étrc que depuis quinze ans il s'est téliciié de sa cnnsldiite priiS|ériie, qu'il a remercié la Providence de la réussite de tonies ses entreprises : détrompez vous; il n'a pas cessé de se plaindre de la dureié des teinjis, de la slaijnatioti du couimene et des afl'aires. — On lie f.il rien, voila son élemel refrain. Le pauvre humuie !... mais se jilaiudre est ch'-z lui une h.ihitiide.
Julie a du b.hil, du jargon ; elle tranche et déc'de de loul . quoiqu'elle ne saciie rien à fond; mais depuis sa jeuiies.se on lui a doin é la ié|iiil.iliou de femme d'espril ; et uiioii|u'elle n'ait rieu fail |.our la mériter, on la lui donne encore par hrtbiliiile.
Armand et l.aure se dispiilenl sans cesse ; si le mari veut sortir, la feuune veut restera la maison; si elle témoigne le désir de se promener, monsieur trouve qu'il f.iii un temps déirsl^hie; l'un soutient qu'il pleut quand l'aune dil qu'il (-il Deau. Si le iiia'i caresse SOQ
fils, la fei e le gronde ; si la maman embrasse Sa lille , le l'ère la
met eu péiiiience. Sur les nbjeis les plus fuiiles on voit ces dem épou» se querePer, ei cepend.mt quand Laure ne volt point jon mari elle s'iMinuie; si le mari ne trouve pas sa femme chez lui, il ne sait qu'y faire... Ils ne peuvent se pas-er l'un de l'aulie.- Ce n'est pa* rainuiir qui |irodiiil cela, c'esl l'h..bitiide.
C'est par haliiuide que nous adopions une place au spectacle, et que nous nous trou<.eriuns mal aillruis, lors même que n<ius y serions iiiieiit. C'esl pur b^liitude que nous nous tenons voi^iés ou penchés. C'est par hahiliule que no iS gardon^ un domestique qui uous sert mal, un tailleur qui nous prend trop cher. C'e-I p.ir habitude que l'un tait des plaisaiileries sur les maris, ce qui n'enipê. be pas cein qui rn font de se marier. C'esl par habitude qu'un e|Hiui laisse s< leinuie se promener avec sou auii intime. C'est sO'ivenl p^r h.<b'lude que l'on fait des serments et des déclaralions d'amuiir , c'est quelqueiois |ur habitude que l'on est inhiièle. I nlin c'esl p«r h.iluiu.le i| l'un vieillard
OOIO|;én.iire, aveugle et p iialyti.|iie , est désOlé de q iillrr la vie.
A quatre-vingls ans, lui dira-t-on, il est bien temps de rrnon.er è l'eiisienee. — Au contr:iire, répoudra-l-il , c'est bien plus dilbcile, on en a tcllemeut 1 habitude !
LE VILAIM.
Je n'entends pas par vi ain un de ces pauvres serfs du bon vient temps qui n'était p.is l'Age d'or pour tout le mon'ie. GHIce au ciel? nous o'.ivons pbis de semblables vilains; les habiunls de.s ca.npig le* |H;iivent luaiiiti liant se marier avec leur une sans reibiiur le .1 oil du seigneur, un collecte'ir iiKoleul ne vend pas leurs uieuhles |Hiur leur f.iire payer la taille ; et. quoi q l'en ilisenl certain, psriis.us de* ainienii'S c.'itumes, depuis l'aholilijii de celles-ci, le bl< el ti vija»
Mou viUin est loul bonin ment un h mime qui pousse l'éciuMniia JMSq'i'» la vilenie , et qui cache sa ladrerie su is le nom d'é « u me. Uu rtuuuuail aiséiueul un vilain , ces geus-la ne pouveul jamau iain