‹ MoustacheChapitre 173 sur 281 · PETITS TABLEAUX DE MOEDRS · texte numérisé non relu

PETITS TABLEAUX DE MOEDRS

<{nelqiie chose de birn ; il faut qu'ils gâtent tout par leur penchant k la lésinerie , par leur dé.iir d'épargner, de rogner, (Je réformer, d'écononiiser el d'dniiisser. Ilélas! »i le pioiM'és des lumières a laii disparaître les vilains dont nous parlions precédeuimeul , je crains bien qu'il ne suit impuissant ciinlrc ceiit-ci.

M. lto>;iiaid est vilain drpiiis qu'il est au inonde. En nourrice on le voy.iil nu lire du sel dans la lioiiillie pour écunuoii.'<er le sucre, et se servir de l'éiuelle de ses camarades pour ne point user la sienne. En grandissant , .\1. Uognard «si toujours resté vilain. A l'école , il mangeait son pain sec ou deniaiidait du rrouiaije a ses camarades pour l'im^erver le sien. Le dini.in<:he . il aimait mieux ne point sortir que de inetire son lialiil el son clia|ieau nenr». l.'Â;;e n'a fait qu'augmenter sa vilenie : M, l'ioijuard ne pr-ul jamais se déiider à acbeter un haliii. (J.iaïul il faut absolument en venir là, il se rend cliez le marcbanil de drap el n'en prend pas assr-i. Hais eu vain le tailleur crie. — Je veuj que vous uie fas>iez un habit avec cela , dit Rogna rd ; et je le veuj bien large et bien loni;. (finaud son habit est vieiii, il le fait retourner; quand il a été retuurin; , il le fait teindre.

M. Rognard passe son temps à chercher les re»iauraiits a bon marché. Il court auj vinj;l-deu\ sous, aui seize sous, où l'on a trois plats et le potage. — Ces gens-là sont-ils fous , dit M. Itouiuard, de croire

que je mangerai quatre plats? Ne m'en lei^ez qne deux, dit-il ««t traiteur, et donnez-moi à diner pour onze sous.

Comme le traiteur ne consent pas ii ce raarché-U , notre vilain emporte toujours deui plats de son diner dans une boite de fer-bfanc.

Une seule fois M. Ko|;nard a élé aiuoureui, mais un vilain ne saurait l'être lon);lenips, forcé de faire un cadeau a sa dame, il rourail toutes les boutiques, demandant un cbàle qui eût quelques défauts, afin de le payer moins cher. Un jour, étant allé au spectacle avec un billet qu'un avait donné à sa belle, celle-ci eut le malheur de lui deiiiaii>;"r à se rafraîchir, et, pendant que M. Hognard était allé sur le boulevard lui acheter une pomme, elle se fit apporter une liniona le. Itognard manqua étouffer de colère; pour payer la limonade il se disputa pendant une heure avec le garçon, auquel il vjulail faire le coni|ite du sucre et des citrons. Depuis ce jour , le vil .a ne revit pas sa maîtresse et jura de n'en plus avoir.

Une de ses connaissances voulait le marier, et lui avait trouvé un. assez bon parti. Apres avoir longtemps n fléchi, M. I\ognard refusa.} — Eh quoi! lui dit-on, vous ne voulez pas d'une femme qui voui apporte une bonne dot? — Ma foi, non, répondit le vilain, je ne veux pas pour une dot être obligé de lui donner tous les jours la moitié de mon diner.

Par!?. T»p A. piHtvT. ri* M'jnsisor-In-Pri.îï".", S

LE PETIT ISIDORE

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