‹ MoustacheChapitre 193 sur 281 · XIV. — COUP DU SOUT · texte numérisé non relu

XIV. — COUP DU SOUT

Le froid était venu; les feuilles étaient tombées; on ne w promenait plus guère, et c'était au coin du fi'u que l'on se retrouvait le ?"ir pour se délasser des travaux de la journée ; autre temps, autres juins.

Franville passait sur le boulevard de la Madeleine: il marchait aussi rapidement que le lui permettait sa jambe invaliae; les promeneurs étaient rares, car le temps était froid sans être beau, et un lé- (,'rr brouillard empêchait de voir loin devant soi. Cependant l'ancien tnilitaire y voit assez pour apercevoir un nn)nsieur qui vient devant '.v.'i en marchant les yeux baissés vers la teire, si bien qu'il duit inr.iillililenieiit le heurter s'il ne se range pas. Tout en se disj)osant à livrer passable à ce promeneur qui semble si préoccupé, Franville l'examine et se dit :

— C est la tournure de Duhaulcours... Mais ce ne doit pas être lui... il marche ordinairement la tète haute !... et d'un pas assuré...

C'était cependant bien le capitaliste ([ui venait devant lui; en arlivant tout près de Franville ce monsieur relève tout à coup la tète. I es deux hommes se reconnaissent; mais FiTinvillé n'est pas maître d'un mouvement de surprise eu remarquant le changement qui s'est opéré dans les traits de son ancienne connaissance.

En quelques semaines Duhautcours a vieilli de plusieurs années : il est pâle, ses yeux n'ont plus leur éclat, leur expression habituelle, son front est sombre, ses joues se creusent et ses lèvres serrées ne laissent plus voir ce sourire de satisfaction qui semblait défier le uiallieur.

— Ah! c'est vous! murmura Franville, ma foi, je ne m'étonne pas si je ne vous reconnaissais pas de loin, car c'est à peine si je vous leconnais de près... bonjour...

Le vieux militaire se dispose à continuer son chemin, mais la voix de Duhautcours l'arrête :

— Franville!... vous êtes donc bien pressé...

— Moi... ma foi non... vous savez bien que je n'ai plus rieii à l'aire... mais comme ordinairement vous n'êtes pas charmé de me rencontrer, comme vous n'avez pas envie de causer avec moi, et que souvent même vous m'évitez... je vous mettais tout de suite à votre aise en ne m'arrètant pas... d'autant plus qu'après tout ce que je vous ai dit, je n'ai plus rien à vous dire, à moins de recommencer, rt comme je pense que ce serait inutile... je m'en abstiendrai .. Ah! cependant je peux vous dire que je vous trouve bigrement changé... vous avezété malade probablement?...

— Non... je n'ai pas été malade... c'est le chagrin qui cause ce changement qui vous frappe...

— Le chagrin... vous avez du chagrin... vous?... vous avez donc pertlu de l'argent?

— Je n'ai point perdu d'argent... mais... vous ignorez donc le malheur affreux qui m'a frappé?

— Le malheur .. j'ignore tout... mais je remarque à présent... vous êtes tout en noir... 11 y a un crêpe à votre chapeau.,, qui donc avezvous perdu?

— iMa fille... ma Célesta...

— Ah ! mon Dieu... que me dites-vous là... votre fille !...

— Elle est morte... d y a huit jours...

En prononçant ces mots, Duhautcours baisse la tête, et des larmes tombent de ses yeux. Franville se sent vivement ému, il prend la niim de son ancienne connaissance et la presse dans les siennes en balbutiant :

— Ah! malheureux!... je vous plains... ah ! je vous plains sincèrement!... Quoi! cette jeune personne si grande.,, si forte... et dans un âge où la nature a tant de ressources... mais c'est donc un acciil'iit inattendu... quelque catastrophe impossible à prévoir...

— Non... si Célesta est morte... helasl elle a seule amené ce fatal É-.énement... qu'elle était bien loin de prévoir. Ecoutez-moi : ma fille, îiinsi que vous le disiez tout à l'heure, était grande, forte, bien consl ti,ée ; et cette santé, dont j'étais fier, moi, se montrait sur son visage par une éclatante fraîcheur, par des couleurs un peu vives, peut-être, niais que j'aimais à contempler. Malheureusement il n'en était pas niu^i de ma fille : ces couleurs qui couvraient ses joues étaient pour elle un chagrin de tous les instants; elle avait entendu ses bonnes amies de la société dire que rien n'était plus commun que d'avoir le leiut coloré, qu'il fallait laisser cela aux paysannes, aux moissonr.euses... Ah! les femmes sont si méchantes entre elles!... elles éprouvent tant de plaisir à se lancer des traits empoisonnés!... et cr X ei n'avaient que trop bien porté. Ma fille n'avait plus qu'un dés r : perdre ses couleurs, devenir pâle, voilà quelle était sa pensée de tiiusles instants, le but de tous ses vœux. Hélas! à Paris, quand on a de l'argent, on trouve toujours des gens qui vous offrent de vous rendre tel que vous voulez être... II y a quelques semaines je m'aperçus que Célesta changeait, qu'elle perdait ses couleurs. Je lui demandai si elle se sentait malade : bien loin de là, elle laissa éclater la joie la plus vive, en s'écriant: Moi, malade!... je ne me suis jamais 61 bien portée... Ah ! vous me trouvez moins de couleurs qu'autrefois,

tant mieux, c'est qu'elles s'en vont ces maudites couleurs., j'en suis en( baiitee !

11 l.a perte de ses couleurs ne m'eût pas autrement inquiété, si je ne in'itais aperçu que depuis qu'elles dispaiaisraieiit unetciux sèche mais constante', mais incessante s'était eiuparée de nialUle. Je lui lis observer ipj'elle devait soigner , ce rhume; elle me pria de ne point m'occuper de sa santé, en me jurant (lu'elle n'éprouvait aucune b<iuffrance. Ses couleurs disparureni bieiilol entièrement, mais ci'lle ii audile toux ne fai'^ail qu augmenter, les forces de Cébsta s'afftiblissaient; je lui envoyai notre médecin, elle ne voulut pas le recevoir, elle entra en fureur lorsque je lui dis qu'il atiribuait sa inaladit. à la perte de ses cmileurs; et, en effi t, le dncteiir m'avait dit,: C* cliaiigemeul survenu chez mademoisi Ile votre lill' a été trnp pinmpt pour être naturel ; ses dmleurs lui étaient antipathique-, je crains qii'ille n'ait pris qui'lqui- dru^ue pour les fairi- pi.iser. . ce seiail une grande faute, car le sang qui était là est deseenlu se fi.xi r sur la poitrine, où le nnl fait des progrès avec une elliayaiite rapidité.

« lle'as! le médecin n'avait que trop bien d.viné ! .Ma Mlle, ainsi que je l'ai su depuis parla femme de cbanibre, que j'ai ui'-céeà ni'avouer la vérité... ma fille avait voulu être pâle... et i.n il ce's charlatans qui ont des secrets, des élixirs pocr tmit ce oi'. ,i -ouhaite, lui avait fourni le ninycn de perlre ses couleurs. |! ci, , i i , , ,i.i n'i ut plus la force de quitter sa chaise longue .. en .- t nips,

cette jeune fille si forte, si fraîche, était deveu . paliur

et de maigreur... Eh bien: le croiriez-vous? al. li - ..,.;..■ .,.,. j. Ia!-u|ipliais de suivre les ordonnances du médecin- a-''"'"""" mes prières, elle me répondait encore ; ^

0 — Non, c'est Inutile .. je ne suis pas malade... Je suis très-pàle... c'est ce que je voulais, j'ai l'air intéressant, on ne se niu'iuei a plus de moi... ma toux n'est rien, elle se passera, et mes forces reviendront.... mais j'espère bien que mes couleurs ne reviendront plus avec.

« Enfin, il y a huit jours... après.s'être fait apporter un miroir pour se regarder, ( Ile est mor e qu"lques instants après avoir répété qu'elle était bien contente d'être pà e.

Duhautcours a cessé de pai 1er ; il porte son mouchoir sur ses yeux. Franville est touché de sa douleur. Après un moment de silence, il lui dit :

— Votre fille a causé elle-même sa perte... il fallait apparemment que cela fût ainsi... Tous vos efforts pour prévenir ce malheur ont été vains... elle n'a pas voulu vous éciuter, mais du moins vous n'avez aucun reproche à vous faire. C'est une perte cruelle pour vous, je le conçois... mais cela vous prouve que dans la vie, il ne faut pas se fîattt-r d'être conslaniment h-ureux. Ceux qui croient pouvoir défier le sort ont bien tort de faire claquer leur fouet!

— Oui.., oui .. en effet! qui aurait jama s pu prévoir que ma fille... ayant tout ce rjui pouvait lui assurer l'exist nce la plu^ heureuse et la" plus brillante !... Oh! l'aiale coquetterie!

— Eh mon Dieu ! ce n'aurait pas été cela que c'eût été autre chose... et puis, voyez-vous, moi, je crois à la de.-tinée... Ainsi, vous n'avez plus que votre fils?

— Sans doute.

— Un eiifant^c'est peu... car vous voyez bi6i '..u'il arrive des malheurs SI inipré'-'^js...

— Ah! que voulez-vous dire?

— Mon Dieu ! je ne veux pas dire que vins perdrez votre fils. A Dieu ne plaise, pauvre garçon!... heureusement les hommes n'ont pas de ces mauflites idées de coquetterie comme les f-mmcs : mais c'est égal, un seul enfant pour tant de fortune... enfin... que voulezvous... il faut savoir supporter les coups du sort; je sais bie.i que c'est dur, surtout quand on n'y est pas accoutumé. Allons., du courage !

Franville se dispose à quitter Duhaut:ours; celui-ci l'arrête encore, il semble vouloir p.irler et ne pas y être décidé; après avoir hésité quelque temps, il murmura enfin :

— .Mais... cet enfant... ce fils d'Adèle, est-ce que vou ; croyez qa'on pourrait le retrouver?

Au nom d'Adèle, Franville a vivement levé la tète, et il répond :

— On le pouvait as'-urénient il y a cinq ou six ans, car lese.lants qee l'on met dans ces maisuus-là n'en sortent pas, je crois, avuitdavoir atteint l'âge de quatorze ou quinze ans; alors on les met en apprentissage, car on leur donne à tous un état, afin qu'ils ne deviennent pas des vagabonds.

— Et maintenant, si on allait s'informer, pensez-vous que l'on saurait encore ce qu'il est devenu ?

— Pourquoi pas? vous l'avez .lit vous-même, avec de l'argent on vient à bout de tout. Voulez-vou.- que j'aille minformer à la grande maison? Je crois qu'il faut donner une somme... mais au' est-ce que Cela pour vous?

— Oh ! ce n'est pas l'argent qui m'j^'rête.

— Qu'est-ce donc alors?... Voyons, Charles, vous avez eu un hryx mouvement, il faut y céder... vous avez compris qu'outre les trjfjiits que vos mariages vous ont donnes, il y en avait uu autre... qui est mallieureux, indigent, peut-être, tandis que son père nage dans l'opulence,,, car oc lils d'Adèle, c'est votre lils aussi... Oh! vous le sa-

LE PETIT ISIDORE

VP7. bien... vous n'en doutez pas. Voyons, pourquoi hésitez-vous en-

— Je désire bien savoir s'il existe... et, s'il existe... savoir ce qu'il est; mais je voudrais lo voir avant qu'il sache... que je m'intéresse à ;ui...

I — Très-bien! je comprends... vous désirez d'abord le connaîlre, fa voir si c'est un brave et honnête garçon... s'il mérite qu'on lui lasse du bien...

— S'il est beau garçon... bien biti...

— Oji... oui... Oli! vous tnnrz à cela, vous; mais, soyez tranquille, le fils d'Adèle ne peut pas ètn: vilain. Alors, c'est décidé. Je puis commencer les démarches pour retrouver ce pauvre petit. Je dis petit, et il doit èln^ frrand, à prcsent ..

Pour toute répoiis(!, Duhaulcours sort un rouleau d'or de sa poche et le donne à Kranville :

— Tenez, il y a mille francs la-uedans; si cela ne suffit pas, venez m'en redemander.

— Oh ! je suis bien persuadé qu'il y a là plus d'argent qu'il n'en faut... c'est égal... c'est bien, ce que vous faites aninurd'hui .. Donnez-moi vutre main, Cliarlcs... de là-liaut, cette pauvre Adèle doit être bien contente! vous exaucez cndn ses derniers vœux.

— Mais je vous en supplie, Kranville, si vous ntrouvcz... le fils d'Adèle, soyez prudent et discret... pas un mot 'qui puisse lui faire deviner., (es liens (|iii m'attachent à lui.

— Soyez tranquille, je ne ferai rien sans votre permission, et dès que je saurai quilquc chose, j'irai vous en lau'c part.

— l'reuez aussi ce papier, vous verrez dessus la date exacte du juur où l'enfant a été porté... là-bas.

— Très-bien, avec cela et tout ce que sa mère m'a dit, il est impossible de se tromper... Isidore Dubois.., fils d'Ailèle Dubois., et la date de sa naissance, et la petite croix attachée à son cou par un ruban, et sur cette croix un A et un 1), gravés, ainsi que la date de sa naissance. Vous voyez qu'il n'y a pas moyen de commettre d'erreur.

— Mais de la prudence, je vous en prie, que mon nom ne soit jamais prononcé |)ar vous.

— Je vous en donne ma parole, et vous savez que l'on peut se fier 5 moi.

— Oui, oui, je le sais... adieu... Ah! je voûtais vous demander des nouvelles de la famille Gerbier ; la voyez-vous toujours?

— Toujours. Je passe presque toutes mes soirées chez eux. La famille se porte à merveille.

— Tous ses eid'ants!... ah! que le sort est injuste... il laisse les enfants à celui qui, avec son travail, peut à peine les élever... il les enlève à ceux qui pourraient leur faire une existence heureuse bYill;uite, enviée!

— Vous trouvez cela injnsU;, vous... c'est peut-être le contraire «lu'd faudrait dire... La Pro\idence laisse beaucoup d'enfants à celui ipii n'a pas d'autre richesse, n'est-ce pas lui dire : Ce que je te laisse ne vaut-il pas cent fois mieux que tout coque les autres possèdent .. àlais ce n'est pas le moment de discuter là-dessus... la p(Tte que vous av( z faite est trop récente, et je comprends qu'en cet instant vous accusiez le sort. •

— lit la fille aînée de Gerbier n'est toujours pas mariée?

— Non... elle ne l'est pas; mais...

l'ranville est sur le point de dire : Mais cela no tardera peut être pas. Il s'arrête, parce qu'il comprend que cette conlidence ne fera pas plaisir à Duliautconrs, et eu ce moment il trouverait peu généreux d'ajouter à ses emiuis.

Duliaulcours repicnd, en retenant avec peine un soupir : 1 — Klli' est bien jolie, cette jeune Georgina... elle a une tôle ravis- I inte... elle est bien l'aile... avec une toilette élégante, c'eût été la /,jIus jolie femme de Paris!

— Kt vous vouliez lui donner cette toilette-là, vous?

— C'est vrai... Vous savez bien, Franville, qu'il y a une grande quantité de jeunes filles, dans la même position, qui auraient aceepii!, luuireuses do changer leur vie de travail contre une esistcnce do plaisirs et de luxe.

— Oui, oh! je sais qu'il yen a beaucoup comme cela; mais eieorghia n'est pas do ce nombre, elle est sage, honniHe; ce ne sont point des diamants et des cachemires qu'elle, veut... c'est un mari, c'est nn nom, c'est le droit de relever la tète sans rougir... Est-ce que vous ne trouvez pas que sa vertu ajoute encore du charme à sa boaut('?

— Pardonnez-moi, je lui ronds justice... eetli' jeune lille n'est point ime coipietle; c'est un mari seul qui possédera ses ebarnies.

— \'.t. il me semble que celui qui la prendra ne fera pas une mauvaise affaire... sagesse et beauté, ça ne se rencontre pas tous les jours !

— lui elTrt... oui... celui qui l'épousera... Ils demeurent maintenant dans le faubourg Saint-Martin, je crois?

— Oui... est-ce que vous av(z envie d'aller les voir?

— Non, car probablem'ent je ne serais pas bien reçu... Sont-ils logés aussi commodément que dans ma maison?

— Mais, à p(-u près;. c'est gentil, c'est propre, et c'est moins cher.

— Je les aurais diuiiiuu's aidant qu'ils aur.iienl voulu... «— Oiii, mais à des coudilioiis qui ne leur convenaient cas.

— Sans aucune condition! cette jeune fille n'a point accueilli mes présents... c'éLiit une choée flnie; je ne rtic serais pas permis de renouveler mes propositions.

— Je crois qu'il vaut mieux nue cela soit terminé comme cela. Le hasard arrange toujours les ciioses de mafiicr*à n^ùhlr ceux qui doivent l'être... si bien que... il n'y a point de hasard...

— Que voulez-vous dire par là?

— Je veux dire qu'il n'ai'rîvc que ce qui doit arriver ; mais je vous quitte, et des demain je comltlfucçrai à m'oeruper de ce qaè vous sav(7,... ensuite, je vous rendrai compte de mes aémarche».

— C'est bien... et de la prudi-nce, n'est ce pas?

— Puisque c'est convenu. Allons, du courage ! vous avez perdu au enfant que vous aimiez beau&jup... peut-être la PforidCncc vous ré- Servti-telle une consolation.

— Ah! je ne l'espère pas; mais eimn, nous verrons.

Franville s'éloigne. Duhaulcours regagne lentement sa demeure. Chaque fois qu'il y rentre, la pensée Se la perte qu'il vient de faire revient avec plus de force oppresser son cœur. Autour de lui tout rappelle sa fille... Il attache ses regards sur la place oii el|,; se mettait habituellement, il va s'y asseoir, et il reste absorbé dans sa douleur.

Uienlôt un de ses commis se présente et le salue humblement.

— Que me voulez-vous ? s'écrie Duhauteoun; avec impatience.

— Apprendre à monsieur que son correspondant de .Vw -York est venu tout à l'heure pour lui annoncer que ses marchandises avaient été très-bien vendues lii-bas, et qu'il avait un bénéfice de quatre ctnl vingt nulle francs à lui remettre.

— C'est bien... laissez moi.

Le commis s'éloigne, fort étonné qu'on reçoive avec tant d'indiffiirence l'annonce d'on bénéfice de quatre cent vingt raillé fr.ancs.

Et Duhaulcours s'étend de nouveau dans le fauteuil où se mettait sa liile, en se disant :

— Je lui aurais acheté tant de choses avec cela I...

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