XX. — DUE PARTIE d'eau
H est une heure de l'après-midi, le cabinet du capitaliste Dnhautcours est encombré d'agents de change, de coui-tiers, d'hommes d'atlàires, de négociants, de spéculateurs qui tous viennent ou solh citer l'entremise du millionnaire, ou prendre ses ordres pour la Bourse, ou lui faire des offres de service, ou lui proposer d'entrer dans quelque nouvelle spéculation.
La cgiifiauce que l'oa a en Duhauteours est si grande que c'est à
qui lui offrira «es fonds, ou oMii ndra sa narlieipatiou dans une affaire. Un entend de liiiiscOles desvoix qui lui crii ni :
— Monsieur Diihuut irs, voulez-vous entrer dans ro|)éralion
dont je vous ai parlé... Si vous foulez y mettre seul ment nncpiaiilc nulle francH, moi j'en mets deux cent nulle, tant j'ai coiili.^iicc en votre boiilieur..
— .Mon dur Oiihautcours, prenez- vous des actions du nouveau chemin de fer V Si von» en prenez, j'en prends; je mefi.'à\olrecliaiiCfl.
— Duhauteours, aurons-nous de la baisse ou de la liau-se a la Bourse, aujourd'hui?. . Je m'en rappoiieraià ce que vous me direz, et j'achèterai ou je vendrai en conséquence... car vous ne vous trompez jani.ii-^, vous.
— Oh! quel homme heureux...
— Dites (Il Me, nie^sieiirs, i]i\c\ homme profond... il devine d'un coup d'oeil I iites les posilioii ... Oh! il y a plus que du bonheur daiia son fait.. \ us direz ce que vous vouilrez, mais pour devenir niillioiiiKiire. il faut nue forte léte, de.s capacité», du tal- ni, de l'esprit...
-- It d'ailleurs! dit à demi voix un cpiart d'agent de change i Uh dé SCS voisins... on n'aurait pas tout cela que les millions vous le*
UUlltliraient.
— Voyons, Duhauteours, combien avez vous gignc hier sur le crédi» niohijier... ali moins tr.is cent nulle francs n'e.U ce pas?., hem... i. Sbdrit... il rie veui pas répondre...
— Il trouve que cela n'en vaut pas la peine... trois cent mille francs! (pi'e>-t-cc que cela pour lui!...
— l'ienez-rtioi des bézi"is... prenez-moi du Grand -Cenira/, je suis sûr l'u'alors ils remimteront...
A tout cela Duhauteours répond a-vot t'^t air de protection do l'homme qui ne voit autour de lui qui: des Sliililaleurs et dont t luti s les paroles sont écoutées comme des arrêts de la fortune.
Mais la foule commence à s'éclaircir parce que c'est l'heure do I.î Bourse. Onhiiut' ours lui-même se dispose à s'y rendre, lorspi nu di'iir -tique entre et lui dit bas : — .Monsieut'Franville est la qui désirerait parler un moment â mon-ieiir ..
— Faites le passer dans ma bibliothèque... qu'il attende... je vais y aller.
L'homme riche cause encore quelques instants avec les personnes restées dans son cabiin't, puis il leur donne rendez-vous à la Ijoiirso et les -congédie. Bientôt il est près de son ancienne connaissance.
— Pardon, dit FraiiviUe, je vous ai dérangé, mais j'ai que Ique chose à vous apprendre. . je crois avoir retrouvé la trace de notre jeune honimc... j'ai pensé que vous seriez bien aise de savoir cela ..
— Ah! vous croyez .. mais vous u'ètrs pas encore certam ! répond Duhantcoursd'un air assez froid Eh bien, voyons. qirave.z-vousappn!i?
— Hier au soir, par hasard et contre mou habitude j'étais entre dans un café près de la porte Saint .Martin; on jouait au bi lard dahs une salle du fond et je m'amusais à regarder |oiier C'étaient des jeunes gens qui tenaient le billard et l'un d'eux, sur un coup difficile, dit à l'autre : Tu ne feras jamais ce caraïuuolage-là...
— Je te pane que si ..
— .Moi je te parie que non... il est par trop difficile et je ne connais qu'un hnnime capable de le faire...
— Qui donc?
— th parbl' u, celui qui jouait si bien que nous l'avions surnommé marquisdu Caranibol ge. .
— Ah! oui. ..je me rappelle... Isidore Dihois!...
Lorsque j'entendis prononci'r ces deux noms: I-idnre Dithols, vous devez peusi r si je prêtai l'oreille, mais li:s jeun s gens eoutinuennt leur padie sans en dire davantage sur ce sujet; j'aticndis qu'ils eussent fini, car le billaid absorbait toute leur alleution, ils ne m'auraient pas bien répondu. Euliu, ils quittent le jeu et sortent du café; alors je le^ aborfle enleurdi>ant : « l'xcusez-moi, messieurs, niais vous avez parle tout à l'Iieure d'une pi rsomip qui se nomme Isidore Dubois, et depuis très-longteinps je cherche un jeune homme qui porte ce noni-1 .; vous me rendriez un véritable service si vous pouviez me ilire où je pourrais trouver ci lui dont vous parliez.. »
Les deux jeunes gens, qui, du reste, avaient l'air d'assez bons enfants, me regndaient d'un air indécis Je uielntai d'ajouter:
— .Messieuis, si cet Isidore Dubois est de vos amis, et s'il est celui que je désire trouver, je puis vous ceriilier que je le cherche pou" kii annoncer des choses qui lui seront tre— agréables, et qui etwi. geront son sort de la manière la plus heureuse... enfin regardezmoi bien, messieurs, je suis un ancien militaire., le vous dutiu; ma parole d'honneur que le ne suis noint un cre uicier...
Les jeunes gens me regardent fixe (eut puis l'un d'eux me dit:
— Nous vous croyons, mais mail, ureusement nous ne pouvons pas vous donner de grands ' renseiga: 'leiils sur la personne dont nous parlions tout à l'heure; dj??!is longiemps nous l'avons pei^ue de vue...
— Pardon, messieurs, mais son âge d'abord?
— 'Vingt et un an, peut être vingt-deux ou vingt-trois... nous ne savons pas au juste.
— Celui que je cherche est dans sa vingt et unième année..
— 11 est possible qu'il n'ait que cela... il est peut, mais assez geirtil garçon... spirituel et très-batubocheur... nous vous en prévenons., •
LE M/ill ISilji
-^ D^lri Sf rajjiioito bien à ç<- qu'on m'en a di.jà dit.
— Il avail [)Mii iiiiiiiic ami un Mitain Aii^riiste...
— (.iiqict sii !;il iiitft .. un CLTtiiiii i;r;ii|iiri? •
— .\i)ii> n'H\iiii> I III. lis l'iilriiilii iMiiiMiiic r ci> nnm-là... Isidore est do ))fi'iiiii;re fiin.i; au liilldid, aiiii^i I a-l on «ii! iioiiiim; marquis du Caiailltiiilagi;.
— Kciil bien il SUN adnsscî
— Wous ne i'aviiiis j^iiiiis SUC Ne pensant qu'à s'amiisor, mais sans cess poursiiivi par dis cr«anci(,TS, il ni' iistait |iis loiigli'iiips dans la niiMiir di'iiHiiic... toiil ce qm j(f puis vini» din , c'est qu : l'ayant reiKnniié il y a... deux mois cnviinn, .je lui deiiiandai le nmii di: smi lii'iirl l'I il me répniiilil en riant : « Mni ami, mon liolcl c'vM ma lilaiicliisseuse de iiii .. j'ai n çu l'Iiospilalîlé de celle industru Ile, alors que je ne savais où reposer ma tiite... mise à prix par •nés ciéaiicii-rs »
— Kt l'adresse de cette blanchisseuse...
— Arr ma loi, je ne jugeai pas à propos de la lui demander, oilà ti ut ce que nous savu' s...
K/i ci; iMomi'iit l'antre j une homme prit la p.arole et ajouta : — Moi, je puis vous dire de plus qnej'ai aperçu Isidore il n'y a pas plu.-- il'' huil à dix jours, il était en calé he déeoiivnrte avec deux nie- icurs; sa loi:eltc élail fort soigm-e, lort eleganti', tout «••mlilait aiinoiieer que la f .rtuuc lui était deveiiui favoraiile; i:t fiaiiehcuieiit, qii.iud on va se pnuneiier en calrehe, il n'est piis pioliali' ■ qu'on loge tou.iours ehez sa blaueliisseuse de lin... voilà ce que je :-»■ suis dit, el coque je vous soumets. M liiit ■iiuit vous en ..avcz aUitun.t que nuu's. .Mons eiir, nous avons l'hoimeur de vous siluer.
Là-dessus les deux leiines gens me quiHèn ut, non .--ans que je les eiissi- e .cure nnierciés de leurs renseiicneiiienl^. Voilà ce que j'ai appris sur cet Isidore Diiliois Je sais liie qu'on peut |;oi ter ces deux noms et ne pas élie celui que nonsclieiclions. Ce|ieiidanll.inl d rapjioits y trouvent que j'ai lionuc esjiérauce.,. qui Ique chose me dit que c'est liieii le (ils d'Ailele... le vôtre. dont ccsjeuinegens.parlaient.
— Si e est lui en eflel, dit Duliauleoui'S en s couaiu la tète, je vois que ce nioiisieiirest un ties-ni.iuvai^ sujet, qu'il mène uue allreuee conduite... touimirs traqué par des cfianciers... obligé de se réfugier chez une blanchisseuse, cela promet...
— h mon Uieu I... songez donc qu'il n'a pas vingt et on an? . il esi baniliocheur, il aime le plaisir... ce sont des défauts excusables chez un jeune hiiiiime qui ne se conuait pas de famille, qui ne tient à rien., ipii n'a .|auiais eu l'amitié d'une nièie pour lui redonner du cœur el de lions eoiiseiN, enfin., est-ce qu-- (larce qu'il a fait des ioUes, voiisvoul"z uiaiiilena;H rennncer à lui tendre la main?
Non., ion. je ne (h..; |i,is cela... mais coinnienl espérez vous ledéeouvnr sur de si fiililes iiuliees'. .
— (Ih j'en sais assez', j'irai i liez toutes les blanchisseuses de fin de l'aris... j'ai bien été chez tous les menuisiers! ce ne sera pas plus long' ..
— Apres tout!... dit Duh.iutcours en se balançant sur son fauteuil, SI de ee jeune homme .. je nC puis faire quel pic chose... de bien liou .. j'ai du moins un délomniagement avec mon fils... mon Ariiiaud .. .\li! j'ai le droit d'. n cire fier de celui là. . à douze ans, il reui|iorle déjà des prix de grec, de cnuipnsitinn latine,., de vers français. . c'est une de eesorgaiiisations r.u'es i|ui n'aiiparaissent que de loin en loin... aussi ses miitres en soûl tous... je suis allé il ya trois )onrs le voir à son collège, à Clioisy-le-Roi tous ses professeurs m'ont dit : « Monsieur il y a dans votre lils ce qui annonce un génie, un liouiini' ipii doii f.iire parler de lui .il apiu'end tout ce qu il vent elsuii amour pour l'élude est presque une passion. »
— laiil mieux, dit (''ranville, t< iH rela est très bien; que vous soyez oî-iii l^lell.\ de votre eune Arinanil, je le conçois .. et je; ne doute pas qu'il ne réalise nu jour toiil' s vos esperanees, mais ce n'est p.is 1 Ile raison pour ipie le fiU d'Adèle... qui esl bien votre enfant aussi, n olitiiiiiie pas une p'iit ■ pla.-edans votre cœur...
— Nous verrons ce que nous pourrons en faire... mais vous conviendrez ipie les reiisi i;.;iicmenls que vous avez obtenus sur lui ne sont rien moins que s.ilisl'.ii.sanisl...
— lisl-ci' ipi'll tint se lier à des on-dit! quand nous tiendrons notre jeune liouime, nous le r.nnènei'oiis dans le lion cheiifln.
— Oui. reprend Ituliaiitcoiirs, qui Semble ne plus écouter le vieux militaire. Oui . mon Armand pourra arriver à toiil. . une immense fortune... un physiipie f t agréable .. car il est très-bien de ligure... de reseril connue un ilein iii. . une iiistruolioii profonde;... Avec tous ces avant.iges, ou peut arriver o" l'on veut, qui sait... il sera peut-éin niinisire un jour!
— list-ce que vous croyez que l'o" est bien heureux quand on est ministre?. .
— .le crois. . que c'est loiijo„.,. ,. . ... Ile chose d'obtenir une des premières piaees dans le gou eiiii ii'ieiu .. d'èt'e considéré., de coiiiinander aux aiMesl... Ali! vous lie eoniprenez pas Cela vous..
— Il >wi vra qui' .|e n ai jamais elé .imbilieux Si j'avais eu des cnfaïUs, ranr.ii» Icmi'C qu'ils fli-senl heureux s^loii 1. urs goùls, voil'i tout; eiisiiili; s'i.l- .ivueni vniilu .ipprendre trop de choses à la '^)is, j'aiiMis eiaiiit que cel.i ne nuisit a |i ur s.iutc...
T- J'ai eu soin de reciiiiiiiiahd'Of aux mailles de m. m fils de ne
(joint trop le f iliguer... je les ai n.em priés de le mener soiiTpnt en I proui'iiade, en Cdv.jleade.afiu de- le di.ilrairc un l>cu de ses tlAëi.,.
— Vous iivez très-bien fait.
' — .Mus Armand a une saiilé <le T-r, le trav.iil est fyiur lui un plaisir et rien ne le fatigue... Ilela.-! ma lilte 3Uksi av/it une Lelle
I santi! .. el sans ce malheureux liéair a' £ire |)àle .. elk' serait encore
I près de moi!
li^n ce nioiiient un valet entre dans la hibliothèquc, place plusieurs lettres devant Duhaiilcuurs en di-anl : « le ciurrer 'le monsieur. »
1 Puis -t: n lire. Le banquier r garde d'abord les |. llre-s avec indifrérence, en munmiranl : — Je lirai cela plus Ujrd... à mon reUMjr de
j la Bourse .. je n'ai pas le t' i.ips inaintenant.
I Ci'priida'il il y a une grandi letlrc carbetée de noir qui attire «e» repirds sans qu'il puisse bien se rendre compte de t'imprcssi-jn qu'elle lui fait éprouver; il se décide- à la prendre en la séparant de» autres et jelt'- li.'s yeux sur l'adress»-.
— Voila qui annonce la mort de quelqu'un ! dit FranviMe en apercevant le giand eaclii t noir...
— Oui... penl-ôtie... ce n'est pas une lettre de faire pari ccp«jdant... ce n'est point un imprime...
Examinant [ili.s attentivement sa lettre, Di''iaute<nirs s'écpc lo«t à coup: — H<,'/i(i-.s-j/ /e-J{.,i .. cettf lettre vient deUioiSy-le-floi!... » Et une pâleur ellrayante couvre son visage.
— Kh l)ien,qu'avez-vousdoiic.'dil riMnxille,quivnusfailpàlirain5i? - Choisy-lv ftiii.. c'est là (}u'i-st mon lils...
— lili bien, quelque chef du doWege sera mort et voilà (xiunpioi on caeheile la lettre de in>ir... que voulez vous donc qui soit ai ri\e à voire fils que vous avez vu il y a troi.s i' -s, et qui a une saute de fer... vous le disiez vous même tout à f n>..
— Ah! c'est vrai... vous me rassurez, i raiiville, vous avi-s raison. . je ne sais pourquoi le timbre de r .te ville m'avait frappé au cœur .. conime vous dites... c'i-st quelqu'un du collège qui s^ra niort et onemct devoir m'en faite paît...
ti)n dis-ant cela, Duhautcours brise le cachet, jette l'enveloppe, «t ouvre la lettre, tout cela d'une main tr.-inblante, quoiqu'il s'elloree de Se ivmetlre de son émotion.
.Mais à peine a-t-il lu quelques mots que ses tr. ' ses yeux suivent avec terreur ■ liaque ligu ... i! ; Ton ne peut ente:idre, puis enfin le papier lui '. lui-nièine se renverse sans eonn lissance sur sou i ; ' i. murant : — Morl... 6 mon Dieu!. . mort!... moe du t-i n
— Allons! cela n'e?t pas possible! s'écrie l";.i \ . ■. mal lu, la crainte vous a fait voir ce qui ne pciii
El ramassant la lettre, 1 ancien mil.tniie lit rr
« iMoiisieur. c'tst avec la plus vive douleur, ax. le eœiir que nous prenons la plume pour Vous :i ment bien làfal... Kassemblez tout votre couraj;, avez besoin pour supprirter un tel coup... voliv l.l^, ... mand... nous n'osons achever. . mais ions alloi:^ vous Iri des faits et vuusTcrre.z que u.iiis ne sommes eoupabb s ..c denee, ni d" négligt-nce'... Hier après !• dîner, el daus I procurer un peu lie délassement, de distiMC'ion aux elèws çt surtout à votre fils, nous proposâmes un-j piomeiiade dans la tvimpagne. .Mais votre fils qui aime lieauciiU|i à aller sur l'eau s'écria : «Ce serait bien plus ainusant de louer des bateaux et e.e se proni. lier « sur la rivière... moi je sais conduire un bateau, vous verrez comme « je manie nieu les avirons. »
« Nous vîmes que cela ferait tant de plaisir n votre fils de faire ifttc partie d'eau, que nous ne crûmes pas d' voir nou>- y oppos<'r. Quinze élevés sortaient et avec eux deux professeurs ilmiria pruiience et le zèle nous sont connus On loua deux lian aux qui pouvaient coiit' nir sans danger douze personnes chacun, el c iiiiine ils u'euiieni t-n tout que dix -sept, vous voyez que les bateaux n'élaienl p.is trop rhargés. A peine sur l'eau, le j une Armii.d se saisit des r mes el se met à conduire l'emliarcalion dans laquelle étaient avec lui six rainanules et un des professeurs. Pendant quelque temps la prximenade fut cbariiuinli-, mais, eu tournant une petite île, monsieur votre lils laissa tomber à l'eau un des avirons... il se pencha vivement ivnir le raUiaper et, dans ce inouvemeiit trop prompt, perdit l'équilibn; et tomh.i d.ms la rivière. Les élèves pousseii'. des cris de deiress»', le professeur se jette à l'eau pour essayer de s;uiver votre fil^... Par une eireonstanee f.iiale un bateau à vapeur arrivait en c»' moment, et se dirigeait justement sur la légère einbarc;itioii de laquelle ce III ilheureux enf.int ilait tombé . c'est à eelte rencontn' inatieudue qu il l.inl attribuer la p' rie du jeui.e Arinand... .\vait il |>ass<' sou» le lialeau à vapeur... s'y elait-il acrroché... En vain les deux pn^fesseurs et deux élèves nagi-renl longtemps... ils revinn'nl épui-rt au rivage... el ce n'est quetiois heures 'plus tarvl que l'on put relniuwr le cor|is in.iiiimé de votie fils. Nous vous le a»pi>toii . moiisin'r, nous lie soninies pas ruiipables... la l.italité... et ce ui.i.iieurvux (•»teau à vapeur .. voilà les e.iuscs de la p 'rte de ce cher enfant ijoa nous ivgretion.i comme s'il efil été nmre lîls! »
Kranville demeure .ju-l.pies instants atterré |wr l.i lecture de rrtte lettre, puis enliii s'npi \\< v.,nlqi:e liiili..iiteoiirs es.1 toujours s;iii> cou« naissance, il sonne, il app 'te, en deiu-spdant du secoars.
; -sent, ;- que uns et
n inur-
!:s avez
^ erie-
'is en
r Ar-
■ : ■ ré-cit
l linpru-
but de
LK PETIT ISIDORE
Les di)niestiquo3 accourent et s'empri'^si'nl autour de leur maître.
— Il a perdu son lils, leur dit h ranville, c'est la douleur, le désespoir qui l'ont inis.lans cet état... secourez-le... faites venir un médecin... quant à moi, je vais lui en clicn lier un autre... le seul qui puisse maintenant adoucir un peu ses regrets.
Et le vieui militaire s'éloigne vivement en se disant : — C'est à présent qu'il faut à tout prix que je retrouve son autre lils!