XXI. — lu DEUX GUMMISSIO.NS
En sortant de chez le traiteur, où il laissait Taiiiliouriiiette et son amie.le petit Isidore n'était pas coiii|ililiiiiiiit t^ils, mai.-, il avuitlilète montée; le vin lui iloiiiiait df i aii(lair,ct(pi.ihpi'il n'i-ii iiiaïKpi.'it pasà jeun, il se sentait alors capahle (rallr..iilii- ton» l^•soll^la^ll■^ pnor arriver à son but Or, 111 quittant h' pilit salon mi il a l'a t un déjeuner si prolongé, le but d Isidore est d'avmr dr l'argnil pour payer sa dépense.
Il apiTçoit une place de voiture , il moule dans un liaere , crie au coclier : « KueCharlot, au Marais,» puis s'étend sur le siège du fond en se disant : — Il s'agit de trouver un homme adroit pour porter ma lettre, ei bien lui faire sa leçon sur ce qu'il aura à répondre si on l'interroge .. il doit y avoir descoinmissionnairis au coin du boulevard devant Hoitcnlet .. Je me ferai arrêter à quelques pas de là.
— Quel numéro dans la rue Chariot? demande le cocher au bout de quelque temps.
— Vous m'arrêterez à l'entrée... j'ai quelqu'un à (aire chercher... je descendrai au coin du boulevard.
Le cocher se canfonne aux iiistrurtions iju'il a reçues. Il arrête ses chevaux à l'entrée de la rue Chariot. Isidore descend en disant :.
— Altendiz-moi là... n'en bougez pas.
Sur le boulevard Isidore trouve bientôt un commissionnaire, il lui remet sa lettre en lui dis mt :
— Si ou vous demande qui vous envoie, vous répondrez : c'est un monsieur de bonne mine qui est chez un bijoutier sur le boulevard Saint-Denis et qui m'a dit de me dépêcher. Allez, on vous reniitlia de l'argent et vois me le rapporterez dans ce fiacre... qui stationne là-bas... Je serai ded.ins, je vous y attendrai.
Le coininissioiiiurrc part; Isidore regagne sa voiture, remonte dedans et dit au cocher qui s'iippièle a fermer la portière :
— Ne fermez pas... j ai envoyé un exprès quelque part et il faut que j'attende sa réponse avant de repartir.
Maintenant, laissons Isidore attendre dans le fiacre, et le commissionnaire se diriger vers la demeure des demoiselles de la Grenouillère; reljuriions près de l'oncle Langlumot que nous avons lai-sé au moment où il mettait le petit tarainliolige à la porte de sa chambre.
On est toujours vexé d avoir été pris pour dupe; lorsqu'on a de l'esprit on s'en console vile en se disant ces paroles si vraies : « Cela arrive à tout le monde. » Mais lorsqu'on n'a pas d'esprit on est bien plus mystifié d'avoir été trompé, car cela froisse horriblement lamour-propre; et ks sots sont bien plus susceptibles que les hommes de mérite. Langlumot, qui n'avait jamais été un aigle, n'a pas pu dormir de la nuit tant les aveux écha|ipes à l'ami de son neveu ont froissé son aiuour-piopre. A tous sus regrets, se joignent les calculs de l'argent qu'il a dépensé depuis qu'il héberge les deux jeunes gens dans son hôtel, et il se dit :
« — Il est temps do mettre ordre à tout cela... dans la compagnie de ces deux mauvais sujets je finirais par le devenir moi-même.. J'en pri nais déjà le chemin . iiini, qui étais venu à Paris dans f intention de moraliser mon neveu... j'oublie lei mou épouse Hortense et mon fil.^ Alphonse., je tourne au Gtrmany de Trente inis, on la vie d'un ji/ii uvl... j'ai peidu pas in.il de napoleo:is au billard avec ce petit polisson d'Isidore... arrètoiis-nous, il n'est que temps. Dès aujourd'hui j'irai faire mes adieux aux deux cousines, et di-maiii en roule pour Lizieux... Je sais bien qu'il m'en coûtera pour quitter cette superbe Aniiande, qui me fait des yeux blancs... bien expressifs... mais le devoir avant tout; d'ailleurs, ers dames sont nos voisines en Normandie, leur propriété n'est pas bien loin de la nôtre, et je ne vois pas pourquoi là-bas je ne cultiverais pas leur connaissance .. j'irai les voir en me promenant... je ferai semblant, près de ma femme, d'aimer la chasse... je tirerai des pierrots. »
Langlumot se lève tard, il se fait servir à déjeuner dans sa chambre, il i;ense que son neveu va venir lui faire des excuses au nom de son ami et tâcher d'apaiser son ressentiment ; mais iiersonne ne parait. Ennuyé d'atlenilre en vain, l'oncle dit à un domestique de lui envoyer son neveu. Auguste arri^e, Langlumot lui conte les événements de la nuit, et lui enjoint de quitter à fiiiblaiit l'hôtel avec Isidore. Le gros docteur s'éloigne tout penaud. Bientôt l'oncle se ravise, et veut garder seulement son neveu; il l'envoie chercher par un iloiuestique i|ui reviL-nt au bout d'un moment annoncer que le docteur Auguste est sorti avec son ami Isidore.
— Us n'ont pas osé affronter ma présence! se dit Langlumot, ils ont bien fait. Maintenant allons faire mes adieux aux deux cousines; soignons ma toilette, parce qu'il faut toujours laisser de soi un souvenir avantageux... portons-leur de» marrons glacés., je sais qu'elles 1; s ain.rnt... soyons galant afin qno Ton m'invite à aller au domaine de ij Gieiiuuillert continuer nos relations.
Le provincial se rncl de la pommade, des odeurs, des parfums et se rend chi-z les deux cousines, il y arrive sur lus trois heures de l'apres midi.
Argi'iitine et surtout Armande montrent les pius vifs regrets en apprenant (jue Langlumot rel ■unie le lendemain à Lisieux. Elles Voudraient bien aussi retourner cluz elles, mai» grâce à maître Cliipotier, leur ailaiic avec la eor.->etiere n'est pas prête à s'arrai j;er. l-ependant on se promet de se revoir, on invite Langlumot à venir à la (Jrenouillere, et comme ce monr.irur n'a jamais dit qu'il était marié, naturellement on n'invite que lui. En attendant, on mange >e« marrons glacés, puis enliii, pour jouir plus longtemps de sa société, on l'engage à rester àdiner, et Langlumot accepte cette aimable invitation. Bientôt la domestique vient dire au eampiignard qu'un coininissionnaire, porli-ur d'une lettre, demande à lui parler.
— Pour me relancer jusqu'ici... c'est donc quelque chose de bien important, dit Langlumot. .Mon neveu seul sait que je viens chez Vous, mesdames...
— Voyez ce qu'on vous veut, ne vous gênez point, dit Armande. Monsieur votre neveu est peut-être indisposé, ce cher docteur... sachez vite ce qu'il vous écrit.
Langlumot va trouver le commissionnaire. Celui-ci lui remet une lettre en lui disant : — Je viens de votre hôtel, monsirur, mais le jeune homme qui e^t au corps-dc-garde m'avait dit : u Si mon oncle n'est pas chez lui, vousiiez rue Chariot à tel numéro, il y sera... » il parait que c est vof neveu.
— Comment, celui qui vous envoie est au corps-de garde!
— Oui, monsieur... au poste qui est tout pies de lOdéon.., Ah! il y a une fameuse trotte d'ici là et rue d'Amsterdam... mais je ne me suis pas amusé.
Langlumot se hâte d'ouvrir la lettre que lui écrit Auguste et lit :
« Mon cher oncle, je viens d'être arrêté et conduit au corps-degarde parce que je fumais dans une cour... vous conviendrez ijue la chose est cependant bien innocente; il est vrai que j'ai donné un coup de pied dans le derrière d un portier... et que cela lui a cassé le nez... ceci doit vous sembler bien extraordinaire, mais je vous expliquerai comment cela s'est fait Venez me reclamer, je vous en prie... et ne me laissez point passer la journée au corps-de-garde, ça m'empêcherait d'aller voir mes malades, et j'en ai beaucoup en ce moment...
« Votre bien-aimé neveu,
a Auguste. »
a P. S. Je vous certifie qu'Isidore -n'est pour rien dans tout ceci, j'ai entièrement rompu avec lui. »
— ^h! monsieur mon neveu est au corps-de-garde! se dit Langlumot, il aura fait quelque nouvelle sottise avec son cher ami... il a rompu avec lui, dii-il, oh, je ne donne pas là-dedans... qu'il reste au corps-de-garde, tant mieux, ce sera|une petite leçon pour lui... C'est bien, commissionnaire, vous pouvez vous en retourner.
— M'en retourner... tout seul? le jeune homme qui m'a envoyé m'a dit de vous ramener avec moi...
— Je n'ai nullement fenvie d'aller avec vous...
— Qu'est-ce que je vais donc lui dire, à ce monsieur?
— Ijites-lui qu'il est bien où il est, qu'il n'a que ce qu'il mérite... qu'au surplus, demain.., si j'ai le temps, je passerai par là...
— Eh ben, merci! il va être content le bourgeois... vous ne voulez donc pas le réclamer, vot' neveu?
— Commissionnaire, ceci ne vous regarde pas... il me semble que je n'ai pas de compte à vous rendre... allez!...
Le commissionnaire s'éloigna en murmurant :
— En v'Ia un oncle qui ne vaut pas les quatre fers d'un chien ! Langlumot retourne piès des deux cousines, il compose sa (iguie,
se fait un air bénin et leur dit : — Ce n'est rien d'important... rien qui mérite votre attention .. Auguste avait oublié sa bourse, et me faisait demander quelques napoléons...
— Verrons-nous ce soir ce cher neveu?
— Je ne crois pas... il a ce soir une consultation. ..je ne pense pas qu'il sera libre.
L'arrivée de maître Chipotier interrompt la conversation; l'avocat avait l'habitude de se rendre toujours chez ses clients quelques instants avant leur dîner; et comme il est assez difficile de ne point inviter quelqu'un qui est chez vous lorsque vous allez vous mettre à table, ce monsieur attrapait comme cela des invitations à dîner qu'il ne manquait pas d'accepter, tout en s'écriant :
— Ah ! mon Dieu, que je suis fâché d'être venu en ce moment .. je ne pensais pas que vous dinassiiz si tôt! . c'est bien indiscret à moi d'accepter. . mais cela me donnera le temps de causer avec \ous.
Cette fois encore, les demoiselles de la Grenouillcre engagent maître Chipotier à faire comme Langlumot qui a bien voulu accepter leur invitation, et l'avocat s'écrie :
— En vérité, c'est indiscret à moi de rester... je ne pense jamais que vous dînez vers cinq heures . mais je n'ai pas le courage- de vous refuser, et puisque j'ai le plaisir de me retrouver avec monsieur Langlumot, je vais vous raconter cette oaBse... fort piquante, que
LE PETIT ISinoHE.
j'avais cntnmmw' à vous narrer l'autre jour, cl que des circonstances fortuites m'i'iii|ièihiTciit de cimliiiuer.
— Oiu'ili' CMiiM-.' (li-,iil le-, lieux cousines.
— (Jih'lle liisliiirr-' (l.iijaiiile l,;m:J;liiiiiot.
— Oh! c'est une cause remplie de détails dignes de Rabelais, mais devant les dames je sais mettre des t,'azes... je crois que j'aurai le temps de vous la raconter avant qu'on ne si'rve le |iotage... « J'avais pour cliente madame Rigaut... celte dame voulait se séparer d'avec son mari parce qu'elle l'avait vu monter au {,'renier avec sa bonne, grosso fille de vingt ans environ... à la mine espiègle cl même je pourrais dire... »
Maitre Cliipotier est encore mierrompu dans son récit par l'entrée de la domestique qui vient d'un air ahuri, en s'ccriant : — V'Ià un autre commissionnaire, avec une antre lettre, celui-là demande à parler à ces dames d(^ la part d'i n monsieur qui est chei un bijoutier...
— Qu'est-ce que cela sii,'n;lic? Armande... attendez- vous (|urli|u'un?
— l'ersoune, ni i cousmc, mais c'est peut être le duetrur Auj,'uste, qui aencore beuoiii de sou oncle et nous fait deniaiider s'il est ici.
— Oh ! ce n'est p.is proliable ! s'écrie Langlinnot, ce serait par Irop sans façon. ..vouseii ne iduripie vous alliez le. .ce serait trop fort...
— Faites entrer ce fn/uiuis-niiinaire, nous saurons ce que c'est. Le coiiiinissioiiiiane |,ai'ail, il se frotte les (lieds pendant plusieurs
minutes à la jiurle ilu miIoii avant de se décider à y entrer; la vue de tant de monde l'intiiiiKle.
— Que demandez-vous? dit Argentine.
— Les cousines .. de la (irenouille...
— Do la Grenouillère, achevez donc!
— C'est ça... Grenouillère... el v'ià une lettre pour elles...
— De quelle part?
— Dame... c'est un individu de bonne mine... qui attend chez un bijoutier... boulevard Saint-Denis.
Mademoiselle Aff-'entine prend la lettre, l'ourre, regarde tout d'à bord la signature et s'écrie : — Langlumot!... comment, monsieur Langlumotl c'est vous qui nous écrivez?...
— Moi, mesdames, répond le provincial en ouvrant de grands veux. Oh! non!... non!... je ne vous ai point écrit... vouscomprenez ï)ien que je n'avais pas besoin do vous écrire puisque je suis venu. .
— </est bien signe Langlumot...
— Par exemple, voilà qui est trop fort... voyons... ce n'est ni mon écriture, ni ma signature...
— C'>'St pcut-èt-e d'une autre piTsonne qui s'appelle Langlnmol aussi, dit maître Chipotier. Il y a plus d'un âne à la foire qui s'appelle Martin... cela s'est vu, mon avis est qu'on lise la lettre.
— C'est juste, lisons la lettre... tenez, Armaude, lisez... vous avez plus d'organe que moi.
La gros;e Armande s'empresse de lire tout haut :
« Gracieu.ses et tout aimables demoiselles... un accident imprévu m'arrive, j'ai fait des emplettes chez un bijoutier, il me manque deux cents francs...
— Oh! c'est infâme!.. .c'est abominable! s'écrie Langlumot en sautantsur sa chaise; se servir de mon nom pourempruuter de l'argeni !
— Laissez donc achever la lecture de la lettre! dit l'avocat en contenant le campagnard sur son siège. Ceci est grave, el nous fournira une alla ire à la cour d'assises'
Mademoiselle Armande poursuit sa lecture :
« Il me manque deux cent- francs, je suis plus près de chez vous que de chez moi, c'est pourquoi j'envoie chez vous de préférence ■ veuillez remettre cette somme à mon cocher. »
Ici, tous les regards se tournent ver.s le commissionnaire qui retourne sa casquette dans ses mains, et n'a pas l'air d'un cocher. Mais Isidore avait écrit sous l'inlluenee du Champagne.
« A mon coehcr... et ce soir j'aurai le pi 'isir de vous la rapporter en allant vous baiser les cinq doigts et le pouce. Votre admirateur, Longlumot. »
Celle fois Langlumot ne se conlieni puis, il se lève comme un res-
Isort d'acier et sccrio : — 11 n'y a que ce petit gredin d'Isidore qui soit capable d'avoir écrit cela...
— «.oniment, disent les deux cousines. Monsieur Isidore Dubois... l'ami de votre neveu... (]iii vous appelait son pelit oncle... < — C'est un filou, iiiesdames... c'est avec regret tpn' ji? me vois forcé de vous le dire... du resle, je ne le sais que depuis ee matin... c'est un drôle qui m'a trompé... qui ikhis a tnunpés tous... je n'ai pas besoin de vous répéter que je n'ai point écrit celte lettre.
— Il faut savoir d'où elle vient, dit maître Chipotier, laissez-moi interroger cet lioiiiuie... vous allez voir eoinme je m'y prends .. avancez un peu, vous! ..
— Moi, monsieur?
— Oui vous .. Qui vous a remis cette li'tire?. .
— Un inonsif iir de bonne mine ipii est iliez un biji ulicr t>o ile- Tard Saint-Denis...
— Vous réiielez la leçon qu'on vous a laite... est-ce que vous iics «ocher?.,.
— Moi, monsieur... pas du tout, je suis oraml»."'''""*"''^"-
— O-liii qui vous envoie dit positivement : vous reraetlrci eetl« somme à mon cocher... ,^ .
— Miii, je suis commissionnaire... ma place est sur le boOi-"^*™ devant ÏUmvalH le traiteur...
— Ah! votre place est devant H'mrnlet et le monsieur qui tous i envoyé est sur le boulevard Saint-Denis .. prttnez gard.-, homme de peine... point de fausses dépositions, ceci peut d»!V<;nir grave... où attend-on votre retour? point de mensonges, du nnie, ils scraieul inutiles, nous allons vous accompagner
— Ah! danii;! tant pis, ré(iond le œmmi=sionnaire. toia ça ne me regarde pas... je dis ce qu'on m'a dit de dire. Mais le jmiue boiiune attînd dans un fiacre .. là bas... contre le boulevard..
— Ail! c'est bienheureux... ___
— Marchons alors, s'écrie Langlumot. .Mesdames... je tous en prie... prètez-moi une canne que je rosse ce polisson...
— Non! point de canne! point de voies di: fait, dit maître Chipotier, cela gâterait votre cause; venez, je vais vous accôiiipa;.'ner pour vous prêter main-forle au besijin... mesdames, ctci retardera un peu votre dîner, mais le cas est grave.
— Mcs-ieurs, nous vous attendrons... mais de la prudence... p oiut de colère ! ..
— Ecrire sous mon nom pour se faire donner de l'argent .. Oh! ceci est trop fort!...
— Gardez la lettre, mesdemoiselles, elle servira de pièce au prc ces... maiiiteiiaiit, commissionnaire, marchez devant nous... à quinze pas de distance pas plus, et vous nous désignerez la voiture des que vous l'apercevrez.
Langlumot exaspéré sort avec l'avocat, le commissionnaire marche devant eux d'un air bête, el l'on suit ainsi la rue Chariot, en se dirigeant du côté du boulevard.
Mais Isidore, qui était resté dans la voiture, trouvait le temps long, et à chaque instant regardait par la portière dans l'esp^iir de voir revenir bon commissionnaire; il n'était point tranquille A commençait à craindre (|ue tout n'eût point marché suivant ses dc^irs.
Enfin, comme sa vue est bonne, il voit au loin arriver l'homme qu'il a chargé de sa lettre, mais presque aussitôt il reconnaît Langlumot et maitre Chipotier, qui se tiennent sous le bras et marchent sur les pas du commissionnaire.
— Tout est perdu!... se dit Isidore, l'oncle était chez les cousines quand on a porté la lettre... ils viennent pour me pincer... mais je ne vous attendrai pas, mes petits amis... vous vous arrangerez avec mon cocher, et vous paierez la course.
Ouvrant la portière qui donne contre les maisons, le petit jeune homme sort de la voiture sans être vu par le cocher, el, se faufilanl lestement contre les murailles, a bientôt gagné le boulevard oii ii se dit : — Maintenant je n'ai plus d'abri que chez toi... ô Philiberte... retournons chez ma blanchisseuse... il y a longtemps qu'elle me connaît celle-là... c'est elle qui, la première, m'a donné l'hospitalité lorsqu'à seize ans je sortais de chez mon menuisier! c'est une bonne tille... qui ne m'a jamais abandonné dans les circonstances difficiles, allons-y gaiement! la fortune a des hauts et des bas... je remoDlerai peut-être!