‹ MoustacheChapitre 199 sur 281 · XXII. — UNE RECONNAISSANCE · texte numérisé non relu

XXII. — UNE RECONNAISSANCE

Is dore était retourné depuis dix j lurs haliiter son grenier au-dessus de mademoiselle l'Inliln ri", lor-qu'iiu maiiti la bl.m 'hisseuse et ses ouvrièris voient airivir a;i inile u ifi^'lesun liomme à m iii.-laches grises et à l'ahonl scvi re, ipn loiemc ce pir jurer en enirani, et s'écrie : — Gré oom d'une lonq c!.,. j in -iiis à ra.i fo:x<nte-iieuTieme lilanchisseusel... il y en a b vr im vl il.ms Paris.. < nfin. Il faudra bien queje trouve mon alVurc!... i: i; [usi-q loi d'.ib!c tint de blan- Lhisscu?es.

— Que voulez-vous, nionsieiir? que demandez-vous? dit mademoiselle Philiberlhe eu prenant s 'il air iniperlinent, psrce que U manière dont ce uioii-ieiir se présente lui scmi'le peu |K>lie.

Franville, car on a de à riconmi l'aneicu mil taire, cumiuicce par ^'a-stoir .-ur la preinièiv chaise qi'il aperçoit, en n^p"ndinl:

— rar;ioii.,. mais je suis fiiiuué. . c'est liiiil ici., el en général les blaiicliisseiises ne ilenieiireiu jias so:ivtnt à des premiers... j'ai eo l'ocea-ion de m'en assunr depuis une douz;une de jours que je »aischez toutes h s peisoiMic do votre état.

— Et pourquoi alli z-voii- du z loi. les b S lilan"hi>seuses Je fin?...

— Pour pioi?.,. ;e vais <ous le clire, je ne mus ven;i qti. pour ça. l'.irce que je suis à larcclieiche d'un jeune homme qui ai lu doniiciie élu z une personne de votre profession. Ce jeune homme se noraïue Uidoie Diiliois.il faut ab^oUltnt•^l que je le trouve... elj-' le trouverai, nulle carabines!... ipiani je devrais pour cel.» foiii'ler tout Paris!...

— Ni>us n'.ivoiis pas d<' jeune hninmo ici ! rvi'ont Pliil bcne en frou,;.Mit ses épai» Soin eus. J'e u'eaiploie que des teinnie», moi.

— Esi-ce que vous pensez qui' je croi- que mon jcuiit h« mine s'est fiit blanehissense?... le n'e-l i as cela... il s'.'gl d'oc étourdi... d un Urceiir... qui a fait des dette» et qui se cache chez quelqu'une da voir*

Ll-: PliTll lilDORE.

éiat... Ah! sapredié! s'il savait pourquoi je le ch'Tche raoj... jevuus ri'p.>rMg qu'il lie He cactui.iiL plus, CVsi uni: fituiille que je veut lui Mimr'.. cV>t une furiune qui laLteiid... c'est uii pcre Irèa nclie iiui Un ouvre ses bias!.,.

Une fnrtuno, nu père!. . nie voiii .. Isidore Duliuisl... préeLnll ^ii nii^ine tiini» un peti< jeune liouinie, ayunl avec &on panialuu une simple caniiMile de leitinu', suri d'un c^ibiiiel où 11 eUil tn Ir.uii d'epliictier dis poii.nii's de lerre ciiiti s dans l'eaii, el vient se placur <l v.iiit Kiaiiviiie; ceiiii-ci n ste iiii niuui ht loul saisi pur culte lruM|iie appariiiiiii, mais bienlùt il se remet et s'écrie :

— Vous vous U'>iiimez'/...

— Isidiirc Diiijois...

— Viilre à^'e?,..

— J'ai eu viiigi ans le vingt-quatre juillet dernier...

— Le viiigi-quaire juillet., oui, c'est liien la date de votre naissance, « is l'ie» né m nul huit ceiil tieuit-quatie... et vous avez été ulevé..

— Ani liai? ilii f^i'iiverii" nu lit.

— yn'y avail-il dun^ voire bi [fcau?

— Un bilkt eciit | ar ma uicie^da<.s lequel elle disail le jour de lua naissaii-e, me nuuiniaii Isidore it décleiraii se nommer Adèle Dubois...

— C'est cela!... o c'est bien cela!... ensuite, que disait encore voire mère dans ce bdlciî

— Llle disait: J'ai attaché au cou de mon enfant un ruban bleu avec une petite crmx en or sur laquelle est gravé niun ihillre el la date ci-de^sus. Je désirtque mon lils porte toujours cette croix...

— Oui... oui... vo là bleu ce que m'a dit voire pauvre lueie avant de mourir; car elle est morte, elle,., voiii ne la coiiiiiitrez pas!... c'est singulier... j'ai licau vous regarder... aucun rapport dans les traits... m avec el e, ni av. c vutre ptre... et pourtant vous êtes bien le fiis d'Aiiele... il n y a pas à en douter... vous avez conserve, je pense, la peiite cioix qui venait de \olre mère...

— Mon Dieu, monsienr, il y a six mois je la possédais encore... mais alors... a la :-uile l'une dispute .. d'une i ixo dan- les Cli.imps- Ely.-ces... j'ai pndu cette petite croix a laiiuille je ten.cis be.iuiuup p..rce qu'elle venait de mi meiv, a nsi que le pelil billei qu'ede avait mis dans mon berceau, et cuniiut j'avais toujours euvdopié la croix dans le billet, naturelle ment en perdant l'une j'ai perdu l'autre 1...

— Ali I diable... c'est fâcheux., mai.- après tout, nous avons assez d'aulie-. preuve- En tortaiitdesEiifaiiis-Trouves,où a»ez-v.)u.'éie?...

— Un m'avait mis en applellll^-age cbtz un nunuisier du faubourg Saint- Anloire; j'y suis iCsie sa mois à peu pi es...

— C'est cela, et n'esl-ce pas aux conseils de v. tre camarade... un mauvais si jet, n^nimé Ëustacbe Craquet, que vous avez cédé, en dispaïaissant dédiez votre premier maitre?,..

Isidore, qui s est légeremeul lrui,ble au nom d'Eustaclu i . iquet et a échangé' un coup d œil avec PiiiliLierte, repiend bien vim son aplomb el répond ;

— Ah!... oui .. Eustache Craquet... un camarade...

— Qui étail Si-rii des h,ulaiils- Trouves en n'iênie temps que vous... qui m: voulait lan faire, qui euipechait les autres de travailler...

— Ati! je m'en souviens pariaiiein 'ni... oui, il m'a un peu entrainé,

— J'en étais sur... qu'esi-ii devenu ceiui-la?...

— Je l'ignore entièrement, ajus nous sommes séparés peu dq temps aptes. Je suis entie chi z a'aulres menuisiers... fauouurg Saint Honore... ban lèie M inlmartie...

— C'est cela... c esl bleu cela...

— Mais je n'avais aucun guùt pour cet état. Je me sentais capable de devenir mieux qu'un simple aiiisan... J'aimais la lecture... j'ai beaucoup lu, j'ai làclié de lu'msiruire... je suis entré dans un bureau de Copie, pois dans un magasin de nouveautés... mais je ne uie senlais aucun goùl pour lecomiuerce...

— En revanche, il paiail que vous aviez du goût pour le bdiard, car on dit que vous y êtes de premier'- force.

— Le billard, c'est vrai , je ne m'en défends pas... mais enlin, monsieur, puis-je savoir qui vous envoie vers moi...

— yui? etpaidieu voire fèie... qui vous a oublié un peu longieinps, c'est vrai, mais l.j sort l'eu a bien pum... vous êtes, vous, le résultat d'une pas;ion de jeune homme j d'une de ces liai-ons... qui ■Jiii souvent des suites plus graves qu'on ne pense. Euliu, qiiand vous êtes venu au monde, volre mè e gagnait à peine de quoi se ' ouriir... et voire père ne faisait rien pour elle... Ctpen lant, elle vous aurait garde, elle.. Oh! oui... elle aurait travaillé les nuits pour garder Sun enfant... tt c'est à son insu que l'on vous a... car ehe n'y aurait jamais consenti !... pauvre Auele!...

Isidore se retourne el se mouche fi.rt loiigucmeilj Franville croit qu'il pleure, il lui frappe sur l'epjule en lui disant:

— Vous eles alienuri... c'est bien, cela... ne cachez pas vos larmes, elles vous font honneur...

Isidore, qui n'a pas une seule larme à montrer, poi le sua mouchoir sur ses yeux et l.;S essuie avec tant de force qu'il parvient à les rendre rouges. Alors le vieux militaire lui ouvre ses bras ep lui disant:

— Fils d'Adèle... j'étais l'ami, le contideni des peines de volre more... je suis bien heureux de vous avoir retrouve 1 laissez-uioi vous pre-i-er dans mes bras.

— Cojameii'i donc!... avec grand plaisir, monsieur

Isidore se luisse embra^HT, mais il lui tarde de revenir ii ce qui

l'intéresse le plus, cl il repi'i iid :

— Enfni, monsieur, pardon... je ne sais pas votre nom...

— Franville.

— Eh bien, monsieur Franville, mon père exisle. Juif

— Oui ; il s'est marié deux l'ois, il a perdu ses deux tmine»

Oh I... elles ne valaii iit pas la piuvrc lille qu'il ivail delaihs<-. I... mais elles elaiiiit mîtes, et les honiiins soiigiiit i>uuv<iit, ivam tmil, à leurs ii.b.rèts. De ces unions, il av.dt une Mil el un fjis; il iii. a peidus tous diux... pir des ciicuiihiances fatale-, iinpr- V' es! enfin il n'a plus quo vous pour l'ainier, pour le onsoler!... vous eiucoez, jeune houiuie, ju-qu à (iiesenl volre jeunesse a été, diinm, un pru folle,.. Votre coiiduile bien Icgeiv .. Iiien ébn^rdie; maint nanl .ju un autre avi nir s'ullit à vuus il faut devenir plu- sa;:e, il Uni enlin faire en sorte que voue père n'ait iiuiut à se repen.ir de vous avoir rappelr piCs de lui...

— Ou! 1 assurez- vous, mons'ieurt désormais je veux que l'on n'.i pas le plus petit reproche à lu'adresser... je m rai âge, r.u ge, i. • soiiiiable, studieux... uiais... la position de mon jeie... la - i< m avez pas du ce qu'il éiaii...

— Ce qu'il est... quoi ! |e ne vou» ai pas dit q l'il était h.Hiqnirr. ,

I millionnaire, qu'il avait hôtel, vo lure, laquais... plusii-uis iii.n-oiis |*à la villr... deux ou trois campagnes; entin, que c'est un d ? )jlus

riche- cipilalisits de P.iris!

- Ah! qu'est-ce que feiitendsl... il serait possible !... ce n'e,-l pas

un songe... tout ce q e j .ivais rêvé se le.nise... fliilibcrlel enlends- I tu? des Voitures, de- cni,v .ux, oes laquais...

— Oui! Oui! répond la bl.inchis euse avecun snurirequi semblait dire bien des cliose-, vous n avez pas été lioiiipe dans vos caP nls... dans VOS espérances... noUs verrous man.tenani si vuus tiendrez vus

I promesses...

I Le petit jeune bontme s «m mis à dinser, à sauter dans la chambre, je ani en l'uia tout ce qui se trouve sous sa main, lotie, jupon, iicliu... Puis, saisissant la grand* L>siska qui est en train de repasser, il la fait pilki r avec lui la lOche |>oui faire luurntr Faiiliiieltt;, puis laisse Fanliiietie puur aiiiT prendre HmlitiLrte pu' la taille el taire avec eue un gilop autour de la table sur laquelle le linge est étale.

FianviUe regarde tout celad'un air ébahi, puis s'écrie enfin : — N ira dune |iipel si ccst comme ça que vous devenez raisounaile, vo.is!

— Ah! éioutez doiii , luon aiicuii, esl-ie que vous croyez qi;e ion peut apprendre qu'on va mener un train de prince sans que cela vous tourne uu peu la léle... mai- ça se calmera, l'hilibeile, lu auras le cachemire que tu désires laiil... ttune loule d'autres choses avec.

— Mats je I espère, mon petil!

— Lisiska au: a un manchon... Fanfinelte un mantelet... jusqu'à la mère cUose .. à qui je felai don d'une chaullerdle !...

— Nous viiroiis si vous tenez parole...

— Et je veux Vous tiouner d'huîtres... je vous en paierai jusqu'à Ce nue vous tombiez dessus 1...

— Est-il gentil !

— Tout cela est l'oit bien, jeune homme, mais votre père est .seul; il est piofoiidemeiii aillige, cai il n'y a que onze jour.- qu'il a perdu sou jeune his. . il est temps d'alle> lui poif r un pe i de coiisulaliun...

— Je i;e deiua.^de pas mieux... q..aiia voUs vm.urtz, je soi» piet...

— Je p..nse que vous n'allez pas sortir avec celte camisole.

— Ah. mou UiCii... je n'y pensais ;-lus... le biiilieur me faisait oublier que je n'étais pas liabdie.. alu iiuez inoi ici, mon cher monsieur Franville, je ne seiai pas long a ma tuilcite.

Isidore monte à sou gienier; Fr nviile icsie au milieu des blanchi-seuses, qui nepeuvmi eu -ore croiie a la uou>elle fortune de leur pensioiinaiie, exce^ite cependant Pin iiiCite qui seerie:

— 11 en avait tuujouis l'espoir, lui... celait son idée fixe.

— En veillé, dit Franville, il esperail un jou- de letrouver ses paients If

— Oui, monsieur, car il m'a dit plusieurs fois : un enfant qu'on recommande SI bien, à qui on net mit petite croix peudiie au cou... c'est iiecessaireaient un enfant de l amour... et ciux-à, il arrive un nvaueul oU Ion peut le- i ecoiiuaiile... et •ù ils se iiouveid que. quefois quitter nu grenier pour aller uans un ■ bateau.

— Ma ioi. Il avjii devine... C i si bien c- qui lui arrive auj"iird'hiii. Cioyez vous qu'il sera digue de sa nouvelle loi t me, iiiad ime ?

— Ah!... loul ce que je peux vous due, c'est qu'il sauia bien la manger!...

IsKiore revient, il a mis ce qu'il a de liieas; et coiinne avet l'oncle d'Auguste il avait pu renuntrr sa g itle-rone, c'est dans U tenue d'un e.egaiit qu'il se i^ré-entea Fiaiivine ; celui-ci est conteu; de voir au jeune hoiume une Si bonne tOMrnuie.

— A la bonne heure, dit il, vous pouvez «onime cela vous présenter à volre père; je crois même qu'il ne s'alleiid pas a voir q .elqu'nn qui ait au^si bonne façon... tant mieux cela le flatlera... car il tient à tout cela, lui. Allons, Isidore, dites adieu à i elles qui Vous doiiii;iiCiil riiu-pilalile itpailons...

Isidore embrasse toutes les bl..nehis-euses, il leur promet de ne poiul les oublier. Phihberte lut dit ^uelt^es ukhs à l'ureilk, au<-

LE PETIT ISJDUIin:.

quels il ri^pfiri'l donnAmp, pui« il qiiitif pourla sprnnd« foisla demeure dans ldi|ii< lli' il -( n>iii(' liicMi (le ir (iln-- i'>:iilr i .

Un c.iLiiiiJiil coiidiiil Fraiiville t;t l<; Jeuiu- Iioiiihk; jusqu'à rhnlcldu "aimali ti:. l-.l(|i.r>' ii'esi |i.--. miilre d'urit-cui laine émotion en enli nit iiti^ l'Ciie sopi ibe iiiaisuii halntéc par Dnli.Kitcoiirs, m lis il suii s^on (;iiiile qui s'ancle dafij nnu vasle anlicliainlirt' el lui dit :

— Ji; V.II9 d'aliord prévenir vulii; prru , il ne laii piis entrer tout iii suite avci; moi... ce pauvre hoiiiMie e.stemrore luen (;li:i;^rin de la ii',oride>on cher Armand. ..mats il mu seiiihle 'lue voiru prcseiiced'Mt le coriso.el... Ah I voilà un val«l... — M. Duli.iulcouis est-il chez lui?

— Oui, monsieur, il est seul dans son c L oel...

— beid... ires-bitii... conduisez-nous; monsieur attendra dans le () lit salon qui pieci'de le caliiiicl...

Depuis qu il avait appris la mort du jeune AinMiid, Duhautcours 'il ipiiitait presque plus son caliiiiel ; il ne s'on up:»!' plus d'^llaires

■ tiouise; gajiiier de l'argent lui etaii inèiiie devenu miill'cientj > iiite sa personne oflrait ausbi un grand clian^'emeiii ; il était pâle, •• «m fioiit éiail ^oulMre, ses cheveux avaient giisoiiiie avec une lapid.téexiraordiiiaire; il avait he.iucoup moins d'eiiilioiipuiiit; ce n eiait

lUS cet h.imme heureux que no, is avons vu au eheniin de 1er de i.izieux, Si proiucn ni le soui ire sur les lèvres et jetant sur tout le r.i tilde un ngard de ptolemiou Les deux coups qui venaient de le lappc r d'une façon si leiriltle avaient bouleversé tontes ses idée» ; .i,iies s'être cru en position de braver le sort, de délier l'adverMte,

I I. hoiimie se senait huniiiie d'eue à pLundre, il avait piL'S|ue

II jiiie (le son malheur... il hiyait le monde où il s'était Cloiitie si 1 1 jiieilleux, si vain de son Loiilicur, tl ne trouvait eu lui-même ni ^1 insolation, ni résignation. ^

La pic.-eiice de Fr.inville peut à peine tirer Diiliu... ours de son

ai (':ililenieiii, il lui tait un binij lesi^iie de tête et laisse retomber ses

ii^îards vers le parquet j mais l'iaiiville qui tient à captiver son

iientiou s'eciie aussitiji : — Il y a du nou>ëau, j'ai détouveit celui

^|ie; je cliercbais... je lai vu... je lui ai paile...

Uuhautcours relève vivement la tète il écoute avec -ntérèt maintenant.

— Oui... oui... je l'ai tiouve... à loice de courir chez toutes les Idunchisseuses. Je savais bien que j'ai riverais à mon but !.,.

— El... vous êtes cei lain que c'est bien le tiis... d'Adèle ?

— l'arlileul.. vous pensez bien que je lui ai l'ail toutes les questions nécessaires pour m'assuier que e était bien lui... Il n'y a pas à duu- U;r... l'âge, la date de la naissance... le billet dans le beic au... tout ce qiii etaii écrit dessus, il savait tout ; puis la petite croix, cet (jui était grave dessus... il n'ignore rieii. Seulement, il a perdu, il y a peu de tenqis, le billet qui enveloppait celte croix .. qu'il portait UHijours sur lui... Ceci pouvait luèuie lui arriver plus lôlj !■ s jeunes t-ens ne sont pas ties-soigiieui... Il m'a iioiiinie tous les ineinas ers 1 liez lesquels il y travaille, ce sont bien eeui que j ai vus et qui m'on parle de lui. Je vous le répète, c'est bien votre lils.

— Et comment est-il?... quelle tournure T.. . Sans doute, celle d'un ouvrier?

— l'as du tout!... Jolie prestance!... un petit maître... fort gciUil... ma loi 1 »

Le ftoni de Duhautcours s'éclaircit; ce ,,.... „...,^nait surtout c'était de trouver quelqu'un aux tiMUières eoiiiiniiiies, daiis reul'ant liu'il avait jadis abandonne. Il se levé viveiiieiii iii disant:

— CoinuRiit,.. en vtriteV il a un an convenable... et sait-il... lui avez-vouà dil quels liens I unissaient à moi?

— Ma loi oui!... j avoue que cela m'est échappé, je lui ai dit; Je \.i.s Vous rendre votre peri !... Mais à piesmi que vous n'avez [ilus il' lulres entants, j'ai pense que cela ne vous contiarieraU p.is...

— lin elVel, je n'ai plus d'autre eiilant. Tous Its proji ts que j'av.iis (.innés sont évanouis... luais si... ce jeune Isidoie esi preseiuable... SI je piiio le mener avec moi sans rougir, je n'ai plu.- Ke raison poiir eaindre dy le nommer mon lils...

— D'autant plus que vous réaliserez alors le voeu de sa mère, de '1 Ue bonne Adde, et ((ue vous devez ban cela à sa iiiéiEoàe.

— El ce... jeune lioiiiine, quand pourrrai-;e le voir 1

— yiiand vous Voudiez...

— Ou ,lonc est-Il m.ilnlenantî

— Là, à ciiiC, qui aileiid.

— Il sel ait la, si [iiè^ de moi, et TOUS ne nie le disiez pas...

— Il lallaitbien vous piep.mr un [ieu..,l"ai/ .-il 1 appeler.àp.ésentî

— Oui, oui.... Falles-le venir.

l'iaiiville ouvre la porte du petit salon, où Iidore attendait en se li-sant les elieveux devant une glace et en leganlnii si sa laieelail liKii laite. Sir un signe du vieux iinliiaiie, ii se liàie d'entrer dans le cibiiietou l'atlend Uuhauteours; il se présente a lui ii'.n |ias avec Celte einotiun d'un lils qui va pour la premiCK lois se trouver devant Sun père mais loniiue un aeteur qui va débuter sur un tbeàire et qui su dit : 11 laut avoir de l'aplomb.

Uomin. en gênerai l'aploini' réussit mieux que la timidité, Duhaut- ■;ours legaide avic salislai non ce jiune hoiniiie, qui e-t mis avec giiùi et ipn le s.due avec giàee, eu nmrmnranl : — Voulez -vous me peimeltre, monsieur, de Vou» "piéseiiui mes devons?

Api'Cs I iivoir considère quelques inst.inls, le Mcbe capitaliste se ducidu euliu à lui dire:

— Venej in'emhrae«f r, moniicnr, je ti'U» le (>e'"'nfl«.

— Et alloii.'' doiicl s'eei- Friivilie, en poo-siin Iç j<iuoe k^>raa\t poiir qu'il -fi priciinte dans Is bras de Du ei^t' oufs; uki» i-i-iure prend son temps, il ne 'ouri pas, ii va en -q ri.îii i t'c>-x^'i r l' ic fiki^ qu'on luioniceidoiin'Tnnb'i-erre-pé Ineuisu' |4,(.*uequ'«r.luit^X

Cet embrass< meut ressemble beau('.<>uu i c«u| (jue te UfU^ l^> Mr leurs sur le ihiatre.

Duhantci.nrs se ravise, tl fait signe à [iiti"re àv prendre uoitége, pui.~, atires l'avoir considéré quelque teieps, lui dit;

— D s circonstanc( s qu'il est mutile de vous rap()(>iter m'unt foccé jadis a... vous élo:gnLr de moi... Je dé-ire nu- vuui De rsTsuM jamais sur ce sujet, que vous tâchiez même de l'ctubiier.

— Je ne d' mande pas mieux, je vous le jure.

— Je ne m'aitendals pas à vous trouver t>\ ^ang faç<);)... jwms qm semhlez avoir l'habitude du monde... Où l'a vez- vous pris- î

— .Monsieur, j. ne nie sentais pas né pour laire un ouvrier... quelque chose semblait me dire que je n'elaib pas à in3 p( <cx chez des me nuisiers ; au.-.si n'y ai-je pas fait un k.ing séjour... Je me s is dona à iiiui-niéme de l'éducation... Je sais un peu de loiji, très- uiicj'fr ciellemeiii... comme vous devez le penser, mais asstz p <ur u'eici pas embirrasse, et souvent poi.r éblouir les sols.. Oi, c-nunie UÎ Sont guner.iieinent en majorité dans la société, vous vo^ez 4ue j* puis me présenter (lartoul.

— Tie-bien... très-bien... vous avez de l'assurance et de l'esprit; avec cela, en ellèt, on doit laire son chemin. Fr4Uyf%, MvuTei-vvi^ qu'il ressemble à sa mère?

— Ma li.ii, non... pas le moins du mondg.

— Et... à moi?

— Pas davantage.

— Il me semblait... quelque chose dans le rsg^a...

— En cheieliani bien, on finirail peut é're par trouver.

— Isidoie, vous avez fait déjà pas mal de folies, m'a-t-op dit?

— C'est vrai, monsieur... mais je n'avais rien de uj>cux à faire. m et puis, c'est Comme cela qu'on se forme."

— Vous devi z avoir des dettes?

— Oui, pas mal.

— Couiben devez-vous?... à peu près...

— Mjis... deux à trois mille francs.

— Obi c'est une misère!

— Je n'ai pas pu en fane davantage.

— Vous les paierez; vous ame^ dp qqoi Tivrç larg' nient.,. Vom achèlei- z d(- lievanx, si vous le.^ aimez .. vousaurez vo.re cabiiolft et voire doaksiique... voire lugeifiçni d^Us l'bij, ■.!... vous maii4t:it.z avic moi quand vous le voudrez... enjijj voUs la(.t)ertZ de ine (aiF« honneur... sans faire de foies, eepenJant...

Isidore pieiid la main de Dqhautci)uis qii'il pifi^e a|$c ^qsiq^ dans ks siennes, en répétant : — Àh : mflnà|çur... comliien je sut» touebe de ce que voUs faites pour lUoi... tri)>ez que je fçrai ta §ort# de m in rendre digne... .Merei .. monsieur... uieieil

— Eh! sambleu !.. dites'doiic niQ.ci lu-^ij nj:ic i »'.eorie Frauviite, ennuyé du ti n maniéré d"l-idore.

Mais celui-ci I éprend : — Je n'aupai^ pas i^Sj^ iws fUip ttre d'einr ployer ce liire sans y être autorise; et p |s, uans le nie iide, j'ài louj )uis entendu 1 s jeuiics gens ^6 V^m âge dirp : )^oUsieur, m paiiani à l'auteur de leurs j. uis.

— Il a laisoii .. i|ii Duha.iieours. .Monsieur est de meilleur ton... D'ailleurs, le mmide i^-noie encore... les In ns qtli uous uijj»seiit, .e| iluus avons tout Iptinip- de le mellie dai)s qotrij cuiiti.le|(ce.

Fqis, s'approehanl (le son bu eau, le banqu||-.r ouvr^. pf) tiroir | cais-,e,y prend une liasse du billets de b inq i,e ( ^ [4 ipit dans la luaui du jeune Imiume, en n.i disant ; — l'eii»;}, l-Ji^rs, prenez -•» y.u^ tmq mille l'i.incs... v(jus pai'eiez vus di 1 - et vous acljsiefct (Ù -l cf dool vous puni le? av,)ir t)e«yin. •

LmUoic l'iemit et rougii de plaisir ,eij ief;^y^l le^ billets; il bal« |)utie de nouveaux ie|iieieiiiit.'iits.

Mais Dahautco'irsl miel rompt ei| lu) disaot :

— Je nai plus que voUs. . j'avais une'rillê c1)armanle... uq 6Is.m qui, à dotne ans, eHait deja la g otrc de Si p<|isiijn... Je les ..| pjffdus... bien eruedeuu ni... Je oésir»:, oii vous c uuaissaiij iiav,jiiU|jpi;, pouvoir éprouver pour vo.is ce que je re-si|ii.iîs pour eux. ^1; vjiê lâcher de me distraire... de i|ie luirer de nouveau aux i(r.iirts... JS vais relourncr à la Bourse, où je n'^fi jws mi^ le' pied 4(:pui3 que j'^i appris la mort de mon pauvre Armand... yùu,s, l-it^w g| oioii^t xulrç maison... Je dhie a six iieuies... voiis diti'é'âz av-c moi qi and Ci4# vous pliira... Je m pielenls vous gèiier eu rien... fi^uviue, je V04I remeii te p mr toutes tes dé nai clies que vous avez (ailes... Je Oe ïijUf ilïie p.isU argent., je sas que vous me refusiIUZ

— Oli ! je n'ai 'i^as nesoin d'argent, luqi ; et ce que j'^i fait, v<«u savez biiU que c'était a ec plaisir... ,ivec bonheur meiui. 4"aj rialisé les derniers désirs de céile pauvre Adèle, c'est loul ce quejn voiU'

A présent, vous n'avez pius bcsoai de moi, lioujour,

— Au revoir.

Unhauicours quitte son cabinet.

Isidore, leiMiit lo jours sa main sur la ptV billets d« banque, «ort avec V'rauvtlle en «'

.le ni'i il A tmrrÀ

m; rLTlT ISlDdiU.

— Vinpjt-f'inq mille francs I j'ai vingt-cinq mille francs à moi... dont jp ^IU1^ f.iire ce que ji' veuxl... Gniipr iiez-vuiis cila?

— Je coinorends, jeune humiuf, que vous devez d'aUiid payer toutes vo.s dettes... piii> monter votre maison... puis ne pas f.ire trop de folies,afin que voire père n'ait pas lieu de se repentir de sa gcnéroMlé...

Mais Isidore n'i»';oote pas Fraiiville, il se jette dans un coupé que passe, en eriaut au cocher: — Aux Champs-Elysées... chez un marchand de rbevaux... Allez CDUime le vent... Je vous paierai triple !

— Sapiediel se dil l'ancien militaire en ngardaiil Isidore s'éloifner avec le coupé ; voilà un g.iillard qui ne m'a pas l'air dispo.'Se à devenir sage... Ma foi, maiiilenant que je lui ai rendu son père, cela ne me regarde plus... Apie^ loul, Diiliautcoursest inillioniuire, et il ne lui reste pas d'autre enfant!... .M.iis, c'est .-ingoljcr... la reconnaissance du père et du tils ne m'a pas ému du tout... ce n'est pas elonnaat,ceux que cela intéressait le plus l'étaient encjre moins que moi!

XXIll. — LE TIRAGE AU SORT.

Les démarches que Franville avait faites pour trouver Isidore l'avaient pendant quehue temps empoché de voir aussi souvent la famille Gcrhier, où régnait toujours ce lionlieur iniime et modeste qui est bien plus durable que celui qui fait du bruit.

Cependant Gerbier a été quelques jours malade.

Tout une si maiiie' sans travailler, il a fallu se gêner, se restreindre sur la dépense déjà si bornée chez l'ouvrier inipnmeur.

Ceorijina a vedlé plus lard, afin de gagner de quoi payer la lisane et le sirop qu'il faut pour son père; les enlants n'onl mangé que des pommes de terre et quelquefois du pain sec; mais personne ne s'est plaint. Entre gens qui s'aiment, les privations se supportent avec courage. Et puis, la santé est revenue chez le chef de la famille, et, avec elle, 1 1 gaieté dans la maison.

Alexis, qui connaît la p^isition de ses voisins, et a vu Georgina veiller pour g igner davantage, a plusieurs fois offert ses épargnes à la jeune tille, en lui disant ;

— Ce qui est à moi n'est-il pas aussi à vous?...

Mais Georgina a toujours refuse, en répondant à celui qu'elle aime : — Nous n'avons pas besoin de votre argent. .Travailler un peu plus est un plaisir pour moi... car je suis fiere de pouvoir être utile à mon père... Nous ne mangeons pour le moment que des ponimos de terre, qu'importe! nous ne nous en portons pas plus mal !... Gardez votre li esor, Alexis, augmentez-le si vous pouvez, ;ilin d'avoir de quoi vjus acheter un honiine, .--i vous tombez au sort...

Alexis souriait, mais il détournait la léte eu soupiiant,car il savait bien qu'i! ne pouirail jamais amasser la somme ne<essaire pour s'acheter un remplaçant.

Chez Gerbier, on avait appris par Franville l'affreux événement qui avait privé Duhauicours de son jeune lils, et tout le monde avait pris part à son nouveau malheur.

Cet homme, que pendant longtemps on avait détesté, était devenu intéressant pour tous ceux qui le croyaient mainlenanf^re plus infortuné des pères.

C'est donc avec joie que l'on entend Franville s'écrier en entrant chez ses amis : — Vous avez été quelque temps sans me voir... mais ce n'est pas ma faute... je courais pour ce pauvre Duhautcours, je dis pauvre... quoiqu'il soit toujours uiiilionnaire ..

— El tu as bien raison! dit Gerbier, tn regardant ses enfants. AL!... je me trouve bien plus riche que lui .. moi 1...

— Grâce au ciel! mes démarches n'ont pas été sans succès... j'ai retrouve un eufaut... qu'il avait perdu autrefois. ..Tu sais, Gerbier?...

— Oui, oui, je compiends...

— Cumulant, ce monsieur avait perdu un autre de ses enfants? s'écrie Georgina.

— Oui... on l'avait égaré... en nourrice... mais il est retrouvé... C'esi un jeune hotbipe maintenant...

— Cela doit adoucir un peu les regrets de M. Duhauicours, dit Geri)ier, il ii'e,-t plus seul ; il a un fi s encore...

— Oui... je crmsque ça le distraira un peu... On ne sait pas... cet homme la esi tellement en dedans...

— El le jeune homme ?

— Oh! celui-là est comme un fou de se trouver tout à coup au sein de l'opulente... Je ciaiiis qu'il ne fasse sauter un peu vite les blllet^ de banque dont Duhauicours l'a déjà giatdie... Mais, après tout, (Oiume celui-ci est milhonnaire, ce .sera une occasiou de placer ses fi>nds.

— Ce jeune homme n'est-il pas surtout heureux d'avoir retrouvé son père?...

— Hum !... je crois que c'est surtout sa fortune qui le touche... Si tu avais été témoin de leur reconnaissance... ils n étaient pas plus attendris l'un que l'autre. Décidément, le jeune homme tient plus de son père que de sa mère.

L'ainvec d' .Alexis met fin à cette conversation. Pour célébrer le

"•«jur à la santé de Gerbier, on projette pour le len lemaiii dimanche

-•lie promenade. Ce sont de ce* plaisirs qui ne c<.ùieui lien,

'^t»«pww«tre,nj4m»q<jaiKlonaunenombi'euse famille.

Le lendemain, tout le nionne a été exact ; et, »ur les trois heures de l'apTc > midi, Gerbier et m s enfants suivent les boni, vards de la Madeleine. Alexis a maintenant la permission de donner le bras à Georgina, et c'est un tionheur qu'il ne laisse pas échipper. Quant à Franville, il marche à quelque» pas de G'Tbier, qui ti. nt se- fils par la main.Unmonsieurvientdecroisertoutce nioiid.'-là.C" monsieur a surloiil regardé Georgina et Alexis, l'uis, lorsqu'il le.-, a dépasses, il s'ariéte pour les regarder encore.

— Eh mais! il me semble que c'est Duhautcours qui vient de passer là! s'écrie Franville qui se retourne et aperi^oil le capitaliste arrêté à quelques pas. Oui, c'est bien lui... Oh ! il faut que j'aille lui demander s'il est content de son (Ils... Allez, mes enfauis, je vous rejoindiai.

Iiidiaultours est toujours à la même place, considérant Georgina et Ajexis; ses trailr. sont aliérés, sa physionomie a une expression qui n'aiiiiciiice pas le contentement.

— I5oii)our, dit Franville en l'abordant, je vous ai reconnu... Je voulais vous demander si vous étiez satisfait de notre jeune homme... Il n'y j que quelques jour? qu'il est chez vous, mais enfin vous le coiiiiaissiz m eux...

Duliautcours écoule à peine Franville; il suit des yeux Georgina et son cavalier ; il ri pond d'un air distrait :

— Vous parlez d'Uidore... Ah! oui... Je ne sais.,. Quel est donc ce jeune homme qui lui donne le liiasî...

— Le bras àq i?... Je vous parle de votre fils...

— Moi, je vous demande quel e^i ce jeune homme qui donne le bras à la liile de Gerbier ?...

— Ah !... celui qui ^ert de cavalier à Georgina... Eh parbleu ! c'est Alexis!...

— Uo'est-ce que c'est que... Alexis?...

— Un brave garçon... bien rangé, bien travailleur... 11 demeure dans leur maison... c'est leur voisin...

— Ah ! c'est leur voisin... El que l'ail-il ce brave garçon?

— 11 est ebeniste, il a beaucoup de talent; il est aussi fort bon musicien : d joue du piston comme un ange.

— Et, probablement, ce... garçon... fait la cour à mademoiselle Georgina?

— Dame!... c'est bien possible... Quand il la lui ferait, il n'y aurait là riCii d'étonnant... .Mais, en tous ras, ce ne serait qu'avec des vues honnêtes... Oh! il n'y a pa? de d.nigtr que ce so;t auireiuint.

Duhauicours leriiie convulsivement ses poings et seloigne brusquement :-ans même due adieu à Fraiiville qui lui crie :

— Eli bien... et Isidore... vous ne m'avez pas répondu à son sujet... Ah ! Ijon... il ne m écoute pas... il et déjà loin... il pense loujours à Georgina... 11 parait qu'il en était sei leiseiuent amoureux. . el en la voyant, pour la première fois, au bras d'un autre... je cumprends... ça la un pu sutloque!... et pa- un oiol sur sjii tils... il faudra pourtant que je sache cuinuieiu il se conduit, ce gaillard-la.

— Eli bien, dii Germer, liiis.(ue Franville l'a rejoint, M. Duhautcours est-il un peu moins malheuieux?

— Oui... il commence a se distraire...

— Ali! dil Alexis, ce mo.isieur qui s'est arrêté pour nous examiner, C est M. D.haulcouis ! Je l'ai liien renia que, moi...

Et le jeune homme ajoute à demi voix ; — Luiiune il vous a regardée, Georgina!... Et ses yeux avaient une expession... Tenez, je g<!gerais que ce monsieur est amoureux de »ous...

— Eli bien, quand cela seiaii, répond la jolie brune en souriant, que m'importe à moi .. puisque c'est vous que j'aime... les autres, cela ne m'nUeiesse pas... cela m'est bien indilléient!

Alexis est trop ému pour repondre, mais il presse tendrement le bras qui est sous le sien, et il ne voudrait pas, pour tous les biens de la terre, changer sa position pour celle de ce riche monsieur qui a regarde si longiemps GcOi gina.

Kien ne troublerait le liui lieur de ces jeunes amoureux, si, aux doux rêves de l'avenir, ne venait pas toujours se mêler le souvenir de la conscription. Chaque jour, lorsqu'elle levuil Alexis, la première question de Georgina est puur lui demander .-i on i appede déjà pour le tirage ausort, et le jeune homme lui repond : — 11 n'en est pas encore question... ne vous inquiétez pas du cela, ma chère Georgina, vous le saurez assez tôt.

Mais un soir -..jL jeune liile dit à Alexis :

— Je veux sav.Jir d'avance l'époque où vous devrez tirer au sort, car je veux être là, près de vous, a ce monieiit-là... Est-ce que ce n'esi pas permis'... est-ce que je ne pourrai pas y eue?...

— Je crois bien que si... mais te serait vous causer des émotions trop vives... Il me semble qu'il vaut mieux que vous n'en soyez pas prévenue d'avance...

— C'est cela!... et vous me le cacherez quand ce sera. Mon Dieu !.. c'est demain, peut-être !...

— Mais, non... rassurez-vous, je vous jure qu'il n'en est pas encore quesiioii.

— D'.. illeurs, Alexis, vous me le cacheriez en vain... M. Franville lit les journaux, et ii est au lait de ce q .i se passe; il m'a lueii promis de me prévenir quand on aiuiouccra le tirage de la ciii-cnptiun... Il est vrai que depuis quelques jour* nous 'e voyous mon- 'wuvtnt...

une ut.

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