‹ MoustacheChapitre 215 sur 281 · IV. — UN CHEVALIER DE SAINT-LOUIS · texte numérisé non relu

IV. — UN CHEVALIER DE SAINT-LOUIS

Six semaines se sont écoulées, sans que Florentine ait revu celui qui paraissait si amoureux d'elle et la suppli;iit de lui accorder un rendez-vous. Depuis qu'elle l'avait aperçu pour la première fois, jamais il n'avait été plus de deux* jours sans venir lui parler de son amour; une absence si prolongée doit donc étonner la jolie marchande.

Mais, par une belle matinée du prinfemps, un monsieur s'approche et s'arrête devant l'éveutaire de Florentines en disant :

— Mo voilà revenu, moi, et mon premier soin est de venir dire bonjour à ma petite Florentine!

La jeune marchande relève la tète; pour la première fois depuis longtemps, la joie brille dans ses yeux, tandis qu'elle s'écrie :

— Monsieur de Germancoy!... ah! que je suis conten'.o de vous revoir, monsieur !

Le personnage auquel ces mots s'adressent est un homme de quarante ans, mais qui semble plus âgé. parce que le malh'eur et les chagrins l'ont vieilli avant l'âge. Sa taille est élevée, sa tournure noble et distinguée; car sous les vitcments les plus simples, on reconnaît facilement le gentilhomme, de mémo que, malgré les paillettes et les habits les plus riches, rhonime commun perce toujours ; la ligure de ce mousieur est bienveillante, ses traits ré::uliers, mais un loger clignement d'yeux semble anno^K-er de la faildesse dans la vue; ses mains sont fines et blanches autant que bien soignées ; ses joues un peu croises n'empêchent point que son visage n'.sit encore du

LES ENFANTS DU KOULEVARD

chiiniiu, ut lt'8 ridos ({ui so raontrunt déjà sur son front ne lui oteiit rion de su noblesse.

Ce monsieur porte encore de la poudre, ses cheveux , sont noués par doi riore avec un ruban noir, et un chapeau rond, très-bas de foroie, est placé sous son bi-as {jaucho; il est vêtu d'un habit brun, nui n'est pas neuf, mais i[ui est parfaitement brossé et sur lequel brillont de larjjes boutons d'acier. Il a une culotte de drap noir et des bottes à revers qui retombent à moitié do son mollet; son linge est trés-blanc, il a un jabot et des manchettes; mais aucune chaîne du montre ne sort de son gousset, bien qu'alors il arrivât souvent i"! des incroyables d'en avoir doux, avec de nombreuses brolo(iues.

Mais le comte deOermancey n'était l'oint un incroyable.

Ce monsieur tend ses mains à la jolie marchande, qui lui donne vivement la sienne, il presse longtemps cette main avec les marques do la plus tendre alTcction, tandis que Florentine lui dit :

— Ah! vous avez été bien longtemps sans venir me voir, monsieur; ce n'est pas bien, cela!

— Mais, ma ciiôre amie, c'est (|ue je n'étais pas à Paris; sans cela, à moins d'être malade, est-ce (jne je suis un seul jour sans venir voir mon enfant?...

— Ah 1 vous étiez iila cnm[iagne, monsieur.

— Oui, chez un de mes anciens fermiers qui est aujourd'hui plus riche que moi, et il n'a pas de peine, puisque je n'ai plus rien ! mais, au moins, celui-là est resté honnête..., il se rappelle que j'ai été, non pas son seigneur, je n'ai jamais Voulu qu'il me donnât ce nom, mais enfin son propriétaire... Il m'avait plusieurs fois prié... supplié d'aller passer quelque temps dans une charmante campagne qu'il possède maintenant en Brie; en refusant toujours, j'aurais eu l'air de mépriser ces bonnes gens. Je suis resté avec eux prés de trois mois.

— Cela vous a fait du bien la campagne, monsieur; je vous trouve bien meilleure mine qu'avant votre départ...

— C'est possible ... et puis, avec le temps, on s'habitue atout... même b. être ruiné!... Mais c'est assez parler de moi; et vous, mon enfant, voyons, êtes-vous toujours contente, heureuse? le commerce va-t-il comme vous voulez?

— Oui, monsieur, oh! je n'ai pas à me plaindre; je vends beaucoup, je suis contente...

— Eh bien, c'est singulier, moi, je ne vous trouve pas l'air aussi gai, l'œil aussi vif qu'avant mon départ... C'est l'intérêt, l'amitié que je vous porte, qui me font vous parler ainsi; vous n'avez pas été malade?

— Non, monsieur, pas du fout!...

— Alors vous avez donc eu quelque peine... quelque contrariété '....

Florentine hésite et balbutie en répondant :

— Mais non, monsieur, je n'ai pas eu de eliagrin. M. de Germancey hoche la tête et reprend :

r- Oh ! je m'y connais, mon enfant, et je gagerais bien que vous me cachez quelque chose. Si mes questions sont indiscrètes, excusez-les... et songez que, si je me permets de vous les adresser, c'est que je vous aime presque autant que si j'étais votre père... c'est que j'ai juré à votre pauvre mère mourante de veiller sur vous, de vous protéger... autant que cela me serait possible dans la po- | sition qui nous est faite, à nous autres ci-devant, comme on veut bien nous appeler maintenant!

— Oh! monsieur, vous n'avez aucune excuse à me faire, et vous avez bien le droit de me questionner ! C'est déjà si bon avons... un noble, un comte... car, ainsi que le disait ma mère, toutes les révolutions possibles ne peuvent pas empêcher qu'on ne soit le fils de son père !... oui, c'est bien de la bonté de votre part de vous occuper d'une jeune fille qui étale sa marchandise sur le boulevard.

— Cîela n'est que de la justice, de la reconnaissance quand la mère de cetle jeune fille nous a sauvé la vie ! Pauvre madame Bernard ! puis-je jamais oublier que sans elle j'étais reconnu, arrêté et bientôt après guillotiné, car, à cette époque-là, les choses ne traînaient pas en longueur!... J'étais comte, ma famille avait émigré... seul.

j'avais voulu rester en France . .. Mais j'avais été dénoncé, l'ordre do m'arréter était donné partout, et un matin... c'était en ([uatre-vingt-treze, je fuyaisde la petite chambre (lue j'habitais, car un avis anonyme m'avait prévenu que l'on allait venir m'arrcter... j'errais au hasard dans les rues do Paris... je passe devant la boutique do madame Bernard... elle était fruitière, et vendait du charbon; devant moi, j'aperçois des soldats, derrière moi j'entends crier: «Il faut l'arrêter... c'est un ci-devani! je l'ai reconnu! ii J'étais perdu, j'entre chez votre mère... elle était seule heureusement. <i On veut ra'arrêter, lui dis-je... je suis le comte de Germancey, sauvez-moi, ou je vais mourir I » Aussitôt, et sans même me répondre, votre môre prend un sac à charbon, m'en barbouille le visage, jette une veste sur mes épaules, un grand chapeau de charbonnier sur ma tête, place un sac plein de charbon sur mes genoux et me fait asseoir dans sa boutique. On entre, on regarde, on demande à votre mère si elle a vu le comte de Germancey, elle répond qu'elle n'a vu que son fournisseur de charbon, et tous ces gens qui voulaient m'arréter s'éloignent sans se douter que j'étais devant eux. Mais ce n'était pas tout de m'avoir préservé un moment du sort qui m'attendait ; je ne pouvais sortir, me montrer dans Paris, et d'ailleurs, je ne savais où aller. Tous mes anciens amis étaient partis ou proscrits comme moi; votre mère me dit : «J'ai, dans la pièce qui est derrière ma boutique, une soupente dans laquelle je mets mon charbon... on ne va jamais regarder là, et d'ailleurs on ne me soupçonne pas; voulez-vous demeurer pendant quelque temps caché dans cette soupente?... je vous y porterai à manger... Ce sera un réduit bien triste ; mais le soir, quand ma boutique sera fermée, vous pourrez en descendre, et ma fille et moi nous vous tiendrons compagnie. J'acceptai, je n'avais que ce moyen pour échapper aux recherches... et pendant six semaines, je restai caché chez la bonne madame Bernard ; c'est pendant ce temps, mon enfant, que je vous connus, (jne je pus apprécier la boité de votre cœur; vous n'aviez que neuf ans alors, mais déjà vous aviez la raison d'une femme! Vous connaissiez les dangers que je courais, ceux auxquels votre mère s'exposait en me donnant un asile ; mais aucune indiscrétion' n'était à craindre de votre part, et plus d'une fois, par votre présence d'esprit, vous avez empêché quelques pratiques de venir choisir leur charbon dans la soupente où j'étais caché. Enti;i, je pus sortir de Paris et me tenir caché au fond d'un village ; puis le 9 thermidor arriva. .. et nous commençâmes à respirer un peu plus librement; dès que je pus sans danger revenir à Paris, mon premier soin fut de me rendre chez celle qui m'avaitsauvé la vie... Avec quel plaisir je l'embrassai! et votre mère aussi fut heureuse de me revoir... Maisj'étais sans ressource, je ne savais où dîner... j'attendais bien quelques secours de mon frère passé en Angleterre, mais ce secours n'arrivait pas... eh bien, madame Bernard me força encore d'accepter de l'argent et m'offrit sa table, tant que je ne trouverais pas mieux... Croyez-vous, Florentine, que l'on puisse oublier de tels services?... grâce au ciel, mon sort s'améliora, je reçus de l'argent de mon frère... je pus m'aequitter avec votre môre, m'acquitter en argent, oui... cette dette-là se paye; mais celle que j'ai contractée au fond de mon coMir, celle-là, je ne l'ac- (juitterai jamais... et maintenant vous me dites que je suis bon, parce que je viens causer avec vous... ah! ma chère enfant, si le destin m'a fait naîrre dans une classe au-dessus de la votre, sachez que la première noblesse est celle qui porte un cœur reconnaissant.

— Grâce au ciel, monsieur, maintenant vous pouvez sans crainte vous montrer partout... les anciens nobles ne sont jjIus proscrits.

— Non, grâce au premier consul : on lui doit le rappel des émigrés... l'activité rendue au commerce et aux arts... On lui doit aussi de belles victoires... J'aime trop mon pays pour y être insensible...

— Et votre frère qui était en Angleterre?

— Il y est mort, il y a un an. Avec le peu qu'il a laissé, je me suis fait une petite rente qui me suffit pour

LES ENFANTS DU BODLRVARD

exi.stor... ah! co n'est pas ma fortune que je regrette!... à (luoi me servirait-elle, à présent que j'ai vu périr tou.s reux que j'aimais!

— Vou.s n'étiez pas marié, monsieur; mais je croi.s vous avoir entendu dire à. ma inèro que vous alliez épouser une personne que vous aimiez, lors(iue les événements de la Révolution vous en séparèrent...

— Oui, oui, cela est vrai... j'avais eu le bonheur d^ plaire à la lille d^i marquis de Sauvigné... Honoiine dé Sa'.ivigné avait vingt-quatre ans; aussi belle que bonne, elle avait jusqu'alors ret'u.sé tous les partis [lour ne point quitter sou vieux père. Mais j'avais eu le bonheur de lui l)luiro, et ma promes.se de ne point la séparer de son père iivait aplani tous les obstacles, loi^sque la Révolution arriva; le marquis de Sauvigné fut arrêté, lui qui ne tai.sait que du bien, il en avait donné des preuves en gardant a son service le fils d'un brigand célèbre... Vous devez avoir entendu parler de Cartouche, mon enfant?

— Oh! oui, mon.sieur, c'était un voleur (jui faisait, diton, trembler tout Paris... Mais il me semble qu'il j-alongtoiups i|u'il est mort.

— En effet, il a reçu le châtiment que méritaient ses crimes au mois da novembre de l'année 1721. M;iis il avait laissé un tils encore au berceau. Vers l'année 1750, un homme se présenta pour entrer au service du marquis de Sauvigné, qui était alors un jeune homme de vingt ans. Cet homme, qui pouvait avoir une trentaine d'années, était dans la plus profonde misère... Personne ne voulait le prendre à son service ni lui donner dé l'ouvrage... et pourquoi? c'est qu'on savait qu'il était le fils (lu célèbre voleur Cartouche!... Cette circonstance n'arrêta pas le marquis; il se dit avec raison que c'est une grande injustice de vouloir faire retomber sur les enfants le nioprisi, l'animadversion qu'inspirait leur père. Il prit dune à son service le fils do Carlouche, et, il faut l'avouer il n'eut pas trop à s'en louer. Cà garçon était paresseux, ivrogne et voleur; le marquis le savait bien, mais il lui pardonnait et le gardait toujours, en disant : « Si je le renvoyais, personne ne voudrait de lui, il serait obligé de faire comme son père; c'est donc un service que je rends à la société, en laissant ce drôle ne voler que moi ! » On dit qii'un bienfait n'est jamais penlu, mais les proverbes mentent quelquefois... Le fils de Cartouche, ce mauvais domestique, s'était inarlé au château de son maître, et il mourut en l'année 1771, laissant un fils en bas à'jre. Sa mère était morte en le mettant au monde; eh bien, M. do Sauvigné eut encore la bonté de faire élever cet enfant, et, lorsqu'il eut sept ou huit ans, il le prit pour aider le jardinier du château, et plus tard en fit un petit jocke}', puis un valet de chambre ..

— Alors, c'était le petit-lils do Cartouche celui-là?

— Oui, ma chère Florentine; il paraît que le marquis était destiné à avoir toute cette lignée! FM bien, ce garçon, qui aurait dû é|irouvcr [lOur le marquis et sa famille In plus vive reconAaissauce, co garçon amiuol M. de Sau- TJgné avait mémo fait donner quehiue éducation... ah! ce fut un misérable, un monstre!,., peut-être encore plus scélérat (|uc son graml-pére !...

— Oh! mon Dieu!... qu'a-t-il donc fait celui-là?... Il me semble que vous ne nous avez jamais conté cela, à ma mère et à moi...

— Dans le mois de novembre 92, on arr<*ta le marqui."?... Vous jugez du désespoir de mademoiselle de Sauvigné!... elle restait seule avec quelqu(!S domestiques, (pli du moins pleuraient avec elle; uii seul... ce jeûna Cartouche... car je no l'appollerai jamais autrement, bien qn'an château on l'appulàl Siiverin; celui-là usa s'introduiro une nuit dans la chambre d'Honorine, et là, eut rmlamio do lui dire : « .le vous aime! je ne vous l'aurais jamais-dit si la Révolution n'avait pas tout boidevorsé; mais aujourd'hui il n'.v a i>lus de rangs, il n'y a plus de nom, il n'y a plus de distance; c'est pourquoi il faut que vous soyez ma maîtresse ou ma femme : choisissez! o

Honorine, épouvantée par co discours, essaya <1<' ramener à d'autres .«senlimentd celui qu'olle regardait encore comme uu eufant, car il n'avait que dix-huit ans. et

elle en avait vingt-quatre: mais à tous ses discoure ii répondit : (i Je vousaimc! je veuxque voussoyeBàawil... » kUe lui ordonna de sortir d..- na présence. Il ■ ' ■ or-

ter sur elle aux derniers outra.jes; mais 'courageuse, elle jeta le midérable à la port- •'-

bre. Le lendemain il avait quitté l'hôtel; mai», ileui.,^ur« après et sur la dénonciation de ce mon-^lre, Honorine Je Sauvigné était arrêtée et eondnite à la Force.

— Oh! mon Dieu! quei scélérat que ce petit-fils de Cartouche !

— C'est de sa prison %«e mademoiselle de Sauvigné trouva le moyen lie m'écrire, de me faire savoir tout ce que je viens de vous raconter. Vous devez juger si je jurai d'exterminer rinfÂiiUi qui. après avoir e^ayé de l'outrager, l'avait ljU:he«i«nt dénoncée!... Mais c'est alors que je fus dénoncé moi-même, sans doute par le même homme, et que sans votre mère j'étais p'?rdu au.ssi!...

— Et cette pauTTe demoiselle de Sauvigné, qne devintelle ?

— Elle mourut sur l'écliafaud... comme son père, comme tant d'autres pauvres victimes, qui alors n'avaient pas c&mmis d'antre crime que d'ôtre d'un sang noble et de posséder quelque fortune.

— Ah 1 c'est atfreux, cela!... Mais ce monstre, aut-Jr de tous vos malheurs, vous le connaissiez sans doute... Vous l'aviez vu souvent chez le marquis ?

— Je l'avais vu quelquefois; mais alors, vous concevez que je faisais peu attention à ua jeune domestique... Maigre cela... si je le rencontrais jamais... Oh! je suis bien .-ùr que je le reconnaîtrais, et d'ailleurs il me semble que je sentirais au fond de mon cœur quelque chose qui me dirait : C'e.-t lui... c'est l'infâme... c'est le denoBciaieur d'Honorine... Oh ! oui, otii, je le reconnaîtrais !

M. de G?rmancey passe sa main sur son ft-ont, comme pour en éc.irter de si pénibles souvenirs, et au bout d un moment reprend la main de Florentine en lui disant :

— Voilà de bien tristes souvenirs, mon enfant; je vous ai toujours parlé de moi, lorsque je ne voulais m'occuper que de vous. Cela arrive souvent ; nos conversations sont connue nos projets, qui ne marchent jamais tels que noua les arrangions d'avance. Je vous ai dit que je vous trouvais le front un peu sérieux... les yeux moins gais qu avant mon départ pour la Brie. ..Vous auriez pu avoir aussi quelque confidence à me faire... mais, puisqu'il n'en est rien, n'en parlons plus!

. La jolie marchande pousse un profond soupirât répond, en rougi.ssant :

— Oui, monsieur, oui... Vous avez trop bien vu dans mes yeux pour que j'essaye do vous le cacher encore. Et d'ailleurs pour(|Uoi dissimuiorais-je avec vous, qui :.e pouvez me donner que do bons conseils'?... Oui, j'ai quelque chose qui me tient là...

— Au cœur... n'est-ce pas, mon enfant?...

— Oh ! oui, c'est mon cœur qui est malaile 1

— Je m'en doutais; c'est toujours par le oujur que les jeunes filles ont leur premier chagrin...

— Je vous conterai tout cel.i, monsieur, mais p;vs .1 présent; un de ses soirs, si vous le vo,dez bien... je serai plus hardie pour parler de cela que pendant le jour...

— Quand vous voudrez, ma chère Floreuline ; jo serai toujours prêta recevoir vos coaddoncas M.iis j'aperrois justement un ancien ami, que je croyais encore à i'éiian-er... Je vais le rejoindre. .V bientôt, mo:i enfant, à

bientôt.

Le comte de Oormancey s'éloigne, ot Florentine rjvwmmence à soupirer, eu disant :

— 11 a bien deviné que j'avais quelque chosa... Gmaudit amour.i}uaiid ça vous tient, il iwrail que ç;\ sa vou,

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