XXIV. — UN BONIIKUR TROUBLÉ
Une douce liaison s'est bien vite formée entre Florentine et Maria; ces deux femmes se sont bientôt fait entièrement confidence de tous les événements do leur vie, et comme, chez les femmes, l'amour est toujours le pivot autour duquel les autres événements ne sont que secondaires, c'est de cet amour qu'elles aiment surtout à parler.
Ainsi Florentine a conté a sa nouvelle amie de quelle manière elle a connu Francisque, lommont elle n'a pas eu la force de résister à la séduction, puis ensuite la conduite singulière, mystérieuse de son séducteur, la manière brusque avec laquelle il l'a quittée etl'abandon total où il l'a laissée depuis ce temps, alors qu'il savait (|u'ello portait dans son sein un fruit do leurs amours.
De son coté, Maiia a fait confidence à Florentine de ses amours avec Villeniart, de son nuiriage et do la disparition de son mari, huit mois après l'avoir épousée. Ces deux femmes n'ont pas manqué ensuite de se faire l'une a l'autre le jiortrait de l'homme qu'elles ainuiient. Elles sont demeui'éos toutes surprises en voyant que le portrait do l'un était exactement semblable au portrait de l'autre.
Et elles s'étaient écriées :
— Quelle singulière ressemblance dans nos destinées, nous étions faites pour nous connaître, pour notis aimer et nous consoler ensouible. puisque toutes deux nous avons eu fi peu près les mûmes peines, les mêmes souffrances.
— Mais nraintenant, disait Florentine, vous êtes pliu heureuse que moi I Voun savez que votre mari existé, il vous a écrit, et sans doute vous le reverrez bientôt.
— .Je ne sais, répondait Maria, si je dois pour cela me trouver plus heureuse; après dix-huit année» de silence, mon mari me donne de «es Doavelles, c'est vrai, mais ce n'est pas pour m'exprimer le plaisir qu'il aura k me revoir, c'est poui' m'annoncer que je vais être riche, c'est pour me dire d'aller l)ien vite trouver le parent qui doit chan^rer ma position, enfin c'est pour me prévenir qu'il viendra me voir lorsque je pourrai lai faire jiartager cette fortune qui va ra'arriver... Est-ce donc là le lan^ged'un honnête homme? Devant mon frèrf et mon oncle, j'ai tilché d excuser un peu Villeraart, mais, dans le fond de mon âme, j'ai trouvé que Victor avait raison de le mépriserl Enfin, si cet homme avait encore uu peu d'afTection pour moi, qui l'empêche de venir me trouver? Après une absence si longue, il n'éprouve donc pas le moindre désir de me voir? Car voilà plus d'un mois d'écoulé depuis que j'ai reçu sa lettre, et il n'a pas paru chez moi... Ah ! mon amie, je ne le vois que trop, j'ai, comme vous, bien mal placé mon amour.
Lorsque, ;\ neuf heures du soir, Maria avait fait fermer son magasin, elle s'empressait de se rendre chez Florentine, son frère l'accompagnait, ou bien il allait la retrouver. Là, on était certain de toujours rencontrer Ernest Didier. La soirée se passait agréablement : Maria, qni touchait aussi du piano, faisait de lu musique avec Honorine. Ernest avait une jolie voix et chantait avec goût la romance ; Victor, qui, depuis quelque temps, apprenait à jouer de la fiùte, essayait jiarfois d'exécuter avec le piano un duo facile ; et la soirée s'écoulait bien vite dans ces doux loisirs.
M. de Germancey venait très-souvent se joindre à la réunion. Il était heureux au milieu de ceux qu'il appelait ses enfants. Parfois cependant un sombre nuage passait sur sa physionomie, et, avant de quitter sa nièce, il ne manquait jamais de lui demander si elle avait revu son mari, ou si elle en avait eu d'autres nouvelles.
Un matin. Florentine était seule chez elle, M. de Ger niancey venait d'emmener sa filleule faire quelques emplettes avec lui. Le concierge apporte à la jeune mère une lettre qui vient d'arriver pour elle par la poste.
Florentine prend cette lettre, l'examine, se demande qui peut lui écrire, éprouve une émotion semblable à celle que Maria avait ressentie en recevant la missive de son mari, puis tout à coup s'écrie :
— Mon Dieu, s'il écrivait aussi, lui!...
Alors, brisant vivement le cachet, elle cherche la signature, elle voit : Francisque. Elle relit plusieurs fois ce nom pour s'assurer qu'elle ne s'abuse p.as. Certaine enfin que cette lettre est bien de l'homme qui l'a abandonnée depuis plus de seize ans, elle lit avec anxiété ce billet :
<( Ma chôre Florentine,
« Vous avez dii me croire mort, depuis seire ans et demi que je vous ai quittée une nuit assez brusquement, je m'en souviens! Mais savcz-vous où j'ai passe presque tout ce temps... en i^ris^n 1 Oui. ma chère, en prison, d'où il m'étiiit défendu d'écrire à personne. El savez-vous qui m'y a fait jeter dans cette afl'rouse prison?... Eh bien, c'est votre ami, votre soi-dis;int protecteur, cet infâme comte do Germancey ! l'our une peccadille I pour une légère faute de jeunesse, cet homme, qui a des amis, a trouvé moyeu de me faire passer pour un grand criminel, pour un dangereux malfaiteur. 11 a voulu me séparer de vous, pourquoi, je n'en Siiis rien, mais il y est parvenu. Il a du vous dire sans doute que j'étais mort, car il espérait bien que je pourrirais dans mon cachot I Mais je me suis évadé, enfin!... et j'espère faùre bon usage de ma liberté.
« Vous comprenez que, pour ne pas être reconnu, je me suis déguisé et surtout vieilli, de façon à tromper les yeux les plus exei'cés. l'ne blessure que j'ai ivçue au visage achève de me changer complètement. Malgré cela,
LEB ENFANTS DU BOULRVABD
je n'ai pas besoin de vous dire qu'il faut bien vous garder do (liviilyubr ù i|ui que ce soit que voum iivc^ recui de mes nom elles. C'cBt surtout avec le couile do Germancuy qu'il l'aiit nio fjarder le secret!,.. Si cet liotniau «avait que je suis libre et & l'uris, il s'euiprebserait de me faire bien vito remettre en prison, et je iie veux jihis y retourner, j'en ai assez ! Mais je vous connais assez, Florentine, pour être certain que vous ne me truiiirez pas.
(( Maintenant arrivons à un autre sujet :
(iVous avez une (ille, qui est la mienne par oonséquent; cette jeune personne est fort bien, je l'ai vue plusieurs fois 11 vos fenêtres et je u'ai pu m'einpocher d'être fier d'avoir une tille aussi jolie. Mais, plusieurs fois aussi, j'ai vu cbez vous, près d'elle, un jeune hoiumo qui m'a tout l'air do lui faire la cour, et qui probablement se flatte de l'épouser... car vous ne soulfririez pas qu'il eut d'autres intentions ! Mais je me suis informô; ce jeune homme, autrefois officier sous l'Empire, n'a rien ou a peu près rien ! Ce n'est donc pas là le parti qui convient à ma fille. Je m'oppose à cette union, je m'3' oppose formellemeut... vous entendez, formellement! D'autant plus que j'ai en vue pour ma fille un parti superbe ! Un seigneur trèsriche, qui ne lui demandera pas de dot, au contraire... D'ailleurs, je suis le père d'Honorine, et j'ai le droit de disposer d'elle comme bon me semble. Au premier jour, c'est-à-dire au premier soir, quandje me serai assure que vous êtes seule chez vous, je vous présenterai ce seigneur, qui m'honore d'une estime toute particulière, et j'espère que vous le recevrez comme votre gendre futur; en attendant, ne dites rien de moi à Honorine, ne lui apprenez pas que vous avez des nouvelles de son père, ces petites tilles sont bavardes, indiscrètes, et elle pomTait me trahir. Mais, je vous le répète, renvoyez le jeune officier et défendez à Honorine de penser à lui, elle pleurnichera peut-être un peu d'abord, mais ensuite elle sera enchantée d'éire la femme d'un vicomte.
« A bientôt, silence et obéissance.
« FraNCISQUB. ))
Florentine reste comme anéantie après la lecture de cette lettre, puis elle la relit encore en pesant chaque
phrase, et en se disant :
— C'est M. de Geraiancey qui l'a fait mettre en prison... M. de Germanoej'... si bon pour moi! qui n'a jamais voulu que mon bonheur... Est-ce bien possible?... Non. .. Francisque aura été trompé... Je ne puis croire que celui qui fut toujours mon protecteur ait voulu me séparer à jamais de l'homme que j'aimais... du père de mon enfant!... Mou Dieu! cette lettre me bouleverse... Il s'est déguisé... vieilli... il a une cicatrice au visage... Alors c'est lui que j'ai vu de la fenêtre... lui qui regardait si souvent Honorine, qu'elle l'avait remarqué. . . Mais il était mis avec élégance... il avait une calèche u »3S ordres...? Honorine l'a toujours vupasseren voiture. ..il est donc devenu riche... Est-ce qu'on peut devenir riche en prison?... Je m'y perds... Ûh! tout cela ne serait rien encore! s'il ne me détendait pas de penser à unir ma fille à celui qu'elle aime... Lui défendre d'aimer Ernest! estce que c'est possible maintenant? Moi qui approuvais son amour, qui souriais à ses projets, à ses rêves de bonheur pour l'avenir... Que lui dirais-je donc pour m'opposer i cet amour... que son parrain approuve aussi... et renvoyer ce jeune homme qu'elle est si heureuse de voir?... Quel motif pourrais-je donc donnera ma conduite... Mais, d'ailleurs, ce serait rendre ma fille malheureuse... ce serait détruire toute sa félicité!... Pauvre enfant 1 est-ce qu'il lui serait possible à elle de cesser d'aimer... d'oublier Ernest... et je la verrais désespérée, et c'est moi qui ferais couler ses larmes... Oh! non... cela ne sera pas. .. Il a, dit-il, le droit de disposer d'Honorine, parce qu'il est son père!... Son père ! mais il ne l'a pas reconnue, il ne lui a pas donné son nom... Quand je le suppliais de s'unir à moi par des nœuds légitimes, il trouvait toujours des prétextes pour me refuser. A-t-il rien fait pour sa fille? Cette éducation, les talents qu'elle
possède, c'est à M. de Gerraancey qu'elle doit tout eela!.. Oui... mais Francisqu. me dii-a qu'il était en prison, et que de là il ne pouvait rien faire pour sa fille!... Mais puis(|u'il est riche maintenant... pui.iqu'il a voiture... Mou Dieu! je n'y comprends plus rien... je ne sais plus que penser... Oh! cette lettre me rend bien raullieureuse!... Ma tête se perd!... et il me dit de lui obéir!...
Le retour de sa fille, accompagnée du comte, tire Florentine de son accablement; elle se hâte de cacher dans son sein la lettre qu'elle vient de recevoir, mais ce qu'il lui est impossible de cacher, c'est sa pâleur, le bouleversement de sa phj'sionomie et la tristesse qui, dans .ses yeux, a remplacé l'expression de contentement qu'on y voyait encore le matin.
Honorine, qui revenait toute joyeuse et s'apprêtait à montrer à sa mère différentes étoffes que son parrain venait de lui acheter, laisse tomber tous ses paquets en vo3'ant la figure de sa mère, et se jette dans ses bras en s'écriant :
— Mon Dieu! maman, que t'est-il arrivé pendant notre absence?... tu es toute pâle... on dirait que tu as pleuré... est-ce que ([uelqu'un t'a fait du chagrin?
— En efiét, dit à son tour le comte, vous semblez souffrir, ma chère Florentine; ce changement subit n'est pas naturel...
— Serais-tu malade, maman?
— Oui... je ne sais ce qui m'a pris... un malaise... une douleur ici...
— Au cœur?...
— Oui... c'est au cœur...
— Mais il faut vite aller chercher le médecin. ..
— Je vais voms envoyer mon docteur. ..
— Non, monsieur le comte, non... cela va se passer... je sens que je suis déjà mieux... Je n'ai pas besoin de médecin...
— Alors, maman, tu vas te coucher. . . tu te feras suer... je te donnerai de la tisane et je resterai à côté de ton lit.
Florentine s'efforce de sourire à sa fille en la rassurant sur sa santé. Le comte insiste encore pour envoyer sou médecin, mais la jeune mère le refuse absolument, et M. de Germancey s'éloigne, en lui disant :
— Nous viendrons ce soir avoir des nouvelles de votre santé.
Mais le comte, qui ne trouve pas naturel le changement subit qui s'est opéré dans l'air et dans l'humeur de sa protégée, soupçonne autre chose qu'un malaise; en sortant, il dit au concierge, qui le connaît pour le voir presque tous les jours venir chez la locataire du troisième :
— Est-ce que M. Ernest n'est pas venu chez madame Florentine pendant notre absence?
— M. Ernest... ah! ce jeune homme décoré, le prétendu de mamz'elle Honorine?
— Justement. . . Je vois que vous êtes au fait de ce qui regarde ces dames!
— Ah! vous concevez bien, monsieur, quand on voit un jeune homme venir à peu prés tous les jours dans une maison oti il y a une demoiselle, on se dit : c'est un prétendu!
— Et vous ne vous trompez pas, eh bien?
Eh bien ! monsieur, le jeune homme n'est pas
venu... ni lui ni d'autres chez madame Florentine; elle a seulement reçu une lettre que je lui ai moutée moi-même et qui cotitait trois sous.
— Elle a reçu une lettre, et elle ne nous en arien dit... C'est donc celte lettre qui est cause de ce changement extraordinaire qui s'est opéré en elle.
Telles sont les réflexions, du comte qui, au lieu de remonter dans sa voiture, la renvoie afin de revenir tout doucement le long des boulevards. Il marchait lentement, et, toujours préoccupé de cette tristesse, de cet accablement qu'il avait remarqué dans les traits de sa protégée, craignait déjà d'en deviner la cause, lorsqu'il sent quelqu'un passer doucement son bras sous le sien.
LES ENFANTS DU BOULIiVAHn
C'est Môrillac, que depuis assez lont^terrjps il n'a jia.s vu, parce que le chevalier, bien qu'il ne soit |)lus jeune, aime toujours autant le monde, les darnes et les plai>iis, tandis que le comte, qui n'a cependant que quelques années do j)lus que lui, no trouve plus le bonheur que dans le p(;tit cercle qu'il fréquente. Âlais cotte différ-nce dans la nianiùre de vivre, si elle ne rapproche pas souvent les deux amis, n'ompi'iche point qu'ils ne conservent l'un pour l'autre la même affection.
— l'X ([iii vous préoccupe donc si fortement, clier Oerm;incej, que voui> passiez tout |irôs de vos amis sans les voirî Heureusement je suis moins distrait que vous, moi, sans quoi j'aurais perdu cette occasion do vous serrer lu main, et il y a pourtant trop longtemps que cela no ffi'est ariivé...
— A qui la faute, mon ami? vous ne venez jamais me voir 1
— Jo me love trop tard ; quand je vais chez voXi,-, vous n'y êtes plus; mais vous ne venez jamais au club, vous... ou bien rarement!
— C'est vrai, mais je suis si heureu.x ailleurs : jo vous ai fait part de mon bonheur, jo vous ai écrit que j'avais retrouvé les enfants de mon frère.
— Oui, vous avez eu la bonté de m'apprendre cet événement, et j'ai pris part à la joie que vous en éprouviez. Sans doute, votre nièce, votre neveu, sont avec vous. . .
— Non... leur position était assez heureuse; ils se sont refusés à partager ma fortune, ils ne veulent de moi que mon amitié.
— Diable 1 voilà des parents rares I... et comment ontils découvert que vous étiez leur oncle, votre lettre ne me l'a pas appris?
— Je ne le comprends pas moi-même ! une lettre que ma nièce a reçue de son mari lui a fait savoir qu'elle devait le jour au marquis mon frôre.
— Ah ! votre nièce est mariée I... et comment ce mari a-t-il su cola lui-même ?
— Mon cher Mérillac, il j a là-dessous un mystère que je tremble d'avoir deviné!...
— Mon Dieu I vous m'ellrayez...
— Ah I c'est que je suis effrayé moi-même do ce que j'entrevois! Le mari do ma niôco est un fort mauvais sujet qui l'a abandonnée après huit mois de mariage ; ily a dix-huit ans de cela. Qu'est-il devenu, qu'a-t-il fait depuis?... Nul ne le sait, il n'avait pas une seule fois donné de ses nouvelles à sa femme. Mais il vient de lui écrire pour lui apprendre que jetais son oncle... il se vante de savoir aussi le nom de sa mère..,
— Comment s'appelle cet homme ?
— Villemart; c'est du moins sous ce nom qu'il s'est présenté à ma nièce; mais maintenant, Mérillac, rappelez-vous la forêt de Sénart, cette horrible nuit que nous avons passée dans la masure des voleurs, et cette conversation que j'eus avec vous, près du feu... où se tenait ce misérable, ce Séverin, qui feignait de dormir pour mieux nous écouter...
— Attendez... oui., je me rappelle, vous m'exprimiez vos regrets de no jjoint pouvoir retrouver les enfants de votre frère. . . Eh ! pardieu ! je me rappelle aussi... c'est alors que vous m'apprîtes une leur more était mademoiselle de Hautefutaie, devenue la femmo du banquier Rigoulot...
— C'est cola même... ce Séverin a entendu tout cela... et vous savez (ju'il me dit, (juand on l'arréUi, qu'il connaissait ma nièce et mon neveu...
— Oui, oui, mais qu'en concluez-vous?
— Comment ce Villemart a-t-il découvert ce mystère? Ou il le sait par ce Séverin... ou lui-même, sous le nom do "Viileniiu't, n'estautre que ce monstre...
— Vous penseriez... mais il est resté sept ans aux galères 1
— Mais depuis dix-huit ans, je vous répète que ma nièce n'avait pas entoiulu parler de lui... Vous savez. i[ue ce misérable a rompu ses fers I... et tout so réunit pour me faire croire qu'il est en ce moment à Paris... Je sors
de chez ma chère Florentine, j'avais emmené ma filleule faire quelques eaiplettes... en revenant, nou» trouvon* sa moie pâle, bouleversée, des larmes dan» les yeux; nous l'interrogeons, elle est embaiTa«»«e, elle liréuiio un malaise subit... mais la pauvre m^'-r .' ri
cacher ce qu'elle éprouve. Bon regaro en se fixant sur moi, on dirait <iu • i
crainte; en sortant, j'interroge le coucieiçC. j-ci. -.;... e n'est venu, mais elle a reçu une lettre, et c'en cette 1-t re qui semble l'avoir désespérée... Et à moi, t' n mj:. in proiecieur, à moi, qui eus toujours sa conliam-e. ••■• :ie dit pas un mot de celte leiire, elleesfayede m^.- ti'»i;j:> r. de dissimuler sa douleur... Mon cher .Mérillac, je ;.'u.-.rais ((ue cette lettre lui a été adressée par son sedur.i- j-, toujours ce misérable... Francisque, qui est encore ."--vérin... Et quel autre pourrait lui causer de la peine... < »ui, cette lettre vient do ce monstre... il est à Paris .. bien déguisé sans doute... mais il faut le découvrir, Mérillac, oh I il faut en délivrer la société.
— Soyez persuadé que si l'occaBion se présente, je ne la laisserai pas échapper.
— Merci, mon ami, et pardon de vous entretenir sans cesse de sujets aussi pénibles. Vous n'avez point de chagrins, vous, du moins !
— Ma foi non! je piisse la vie asser gaiement!... vous savez que j'aime les plaisirs! j'en prends encore tant que je peux.
— Et votre ancienne amie, madame Roberval, vous la voyez toujours, sans doute?...
* Moins... beaucoup moins depuis quelque temps. . .
— ^■olls allez cependant à ses soirées ?
— Je n'y vais plus depuis une ceriuino fois... .\\i 1 mon cher comte, j'ai aussi mon mystère, moi... il ne me touche pas particulièrement, et pouriant il est si tprrible, que je n'ose le confier à personne...
— Vraiment ! et il concerne cette dame ?
— Non, il ne concerne que son mari... mais l'idée qui m'est venue est tellement horrible, que je ne vais plus chez ce mon.'îieur... Cependant je puis me tromiier... mais ce qui nie fait craindre d'avoir deviné juste, c'est que depuis quelque temps Eulalio... madame Roberval, change d'une façon effrayante... Elle, jadis si heureuse, si gaie... elle a donc aussi découvert quelque chose... Pauvre femme ! quelle, doit être sa po.<itioii !... .\h ! tenei, ae parlons plus de cela, comte, car je cniins même d'y penser.
Les deux amis font quelque temps route ensemble, puis M. de Germancey quitte Mérillac, en lui promettant de lui présenter son neveu.