VIII. — TROIS AMTS CHEZ UN AUTRE
Pendant les quinze premiers jours qui suivirent leur installation dans celte nouvelle demeure, les deux amants ne mirent point le pie I hors de leur propriété. Le jardin suffisait à leur promenade ; il était grand, il avait des allées bien couvertes, on pouvait en liberté y causer de tout ce qu'on voulait, en écoutant le ramage des oiseaux.
Si quelqu'un se présentait pour voir les maîtres de la maison, le jardinier avait ordre de dire qu'ils n'y étaient pas, ou qu'ds ne rece« valent personne.
Dans les quinze jours qui vinrent après, Valdémar et Bon amie se (lermircnt de sortir de leur jardin pour se promener dan» les environs, en ayant soin cependant d'éviter autant que possible de rencontrer du monde. A cet effet, ils allaient de prérérence dans les petits chemins écartés; là, tout en se promenant, ils pouvaient encore se tenir amoureusement, ce qui veut dire par la taille, au lieu de se donner gravement le bras comme des rentiers du faubourg Saint- Germain.
Et c'était probablement parce qu'ils se tenaient ainsi que M.Guillot prétendait le.* avoir vus roucouler dans les champs. Vous voyei que, pour la médisance, les paysans ne le cèdent en rien aux habitants lie la ville.
Quinze jours après, Valdémar et Ernestine se promenaient dans les villages voisins, sur les routes fréquentées, et ne se sauvaient plus comme des hiboux quand ils apenev.iient du monde.
Quinze jours plus tanl, Valdémar eut plusieurs fois besoin d'aller à Paris, pour des emplettes ou des atfaires, ou peut-être seulement pour savoir si Paris avait changé depuis deux mois qu'il ne l'avait vu.
Enfin, après deux autres semaines, Valdém.ar, qui revenaitencore de Paris, où il avait été chercher de l'argent, dit à Ernestine d'un air tout enjoué :
— Ma bonne amie, je vous annonce pour demain une visite... J'ai rencontré à Paris un de mes bons amis, .\lfred Mongelle... un charmant garçon... que vous avez vu autrefois dans le monde. Je l'ai engagé à venir passer une journée avec nous... il amènera ptutctie Diigranval et Maringo, deux bons enfants avec lesquels je suis fort lié, et qui sont tout sans façon.
Un nuage passe sur le front de madame Durancy , qui regarde Valdémar d'un air étonné, en répmdant :
— Je croyais, mon ami, que nous étions venus vivre ici pour nous retirer du monde, pour être entièrement livrés à nous-mêmes et clébarraisés des ennuis de la société?
— Certainement, répond Valdémar en prenant la main d'Ernestine, et en la caressant dans les siennes. Mais pour cela je pense que nous ne sommes pas devenus sauvages, et que nos amis ne sont pas des étrangers pour nous. Et puis, tenez... il y a peut-être un peu d'amour-propre dans mon fait... Je désire aussi que mes vran amis voient combien je suis heureux ici avec vous. Ceux qui ont blâmé ma retraite... ma nouvelle manière de vivre, seront obligés d'avouer que j'avais raison.
— Je croyais que vous teniez fort peu à l'opinion du monde?
— Sans doute, mais quand on est très-heureux , cependant , on n'est pas fâché que cela soit su.
— Je n'en vois pas trop la nécessité. Un sage a dit : Si tu veux conserver ton bonheur, cache-le I
— Mon Dieu, ma chère amie, après tout, si cela vous contrarie que ces messieurs viennent nous voir, je vais écrire sur-le-champ à Allred pour contremander mon invitation.
— Non, ce qui vous est agréable me le sera toujours, et puisque cela vous a plu d'engager ces messieurs à venir, je les recevrai comme vos amis, c'est-à-dire le mieux qu'il me sera possible.
Valdémar baise la main d'Ernestine. Et vous connaissez maintenant les personnes chez qui se rendent ces trois messieurs que nous avons rencontrés devant Merlan.
Au moment de sonner à la grille de la jolie maison où demeure Valdémar, Alfred sent quelqu'un qui lui arrête la main : c'est Dugranval qui lui dit :
— Attendez donc, Alfred; avant d'entrer là-dedans, il y a une chose à laquelle nous n'avons pas pensé, et sur laquelle pourtant il me semble qu'il est bon de nous entenhe.
— Quoi donc? demandent en même temps les deux autres jeunes gens.
— Comment allons-nous appeler cette dame qui est avec Valdémar? car, enfin, cela me semble assez embarrassant. Nous savons très-bien que ce n'est pas sa femme ; vous deux surtout qui la connaissez, qui savez que c'est madame Durancy... et même cela me fait songer que vous avez dit à M. Moutonnard que c'étaient le mari et la femme qui logeaient là, quand il a vous a questionné sur les habitants de cette maison. Vous avez eu tort, car s'il sait plus tard...
— Ah! mon cher Gustave, que vous devenez peu amusant avec vos rétlexions! Quand une dame vit avec un homme, pour le monda c'est sa femme. Il me semble que ceci est une question depuis long» lenips résolue ; et, quant à nous, qui arrivons chtz Valdémar, nouî n'avons pas besoin, en parlant à sa maîtresse, de l'appeler autre» ment que madame; c'est un nom qui va lout seul et ne choque jamais. Heinl qu'en dis-tu, Maringo, toi qui n'es pas si bête que bien (les gens se permettent de le croire?
— Je dirai madami . et je ne sortirai pas de là, rép.^nd Maringo; et quant à votre monsieur à melons, qui me fait reflet d'en être un autre. Si sa maison est l'arche de Noé, comme vous le disiez tout à l'heure, il me semble qu'U ne doit pas être si sévère sur l'article dei
L'AMI lUR (JIJI PASSE RT L'AMOUR (JU VIENT.
cireurs; car du temps de N'i6 elles étaient un peu relâchées, puisque les frèrt'S épousaient leurs sœurs.
— Mossieurs! messieurs! vous êtes bien légers sur les choses gravi-s, dit Dut'raiival en fronçant le sourcil.
S.ir«i écuultT davantri-îe leur compagn.Jii, Alfred et Maringo se penlcnl à la sonnette'. Bieulùt le corioi' rgi: leur a ouvert la grille, et avant qu'ils aient lait douze pas datis le jar^lin, ils api.Tçoivuiit Vald/'uiar q>ii accourt au-devant d'eux, leur ci iaiit du plu^ loin qu'il lus ■iper^'oit :
— Kli 1 allons donc, paresseux : pourquoi arriver si tard? il y a longiuriips ((u'oti vous allen I.
— Tiens, mais il a l'air bien gai, murmure Maringo, en regardant celui qui vient au-devant d'eux.
— Il a un petit surtout de campagne fort élégant, dit Dugran- ▼a..
— Est-ce que vous avez cru qu'il vivait ici comme un loup et qu'il PU portul li; costuini;? rt-poiid Alfred en allant secouer la nui n de Valdcmar, auquel il dit en riant : — Je t'amène deux gaillards qui sont tout surpris de ne point te voir arriver dans le costume de Robinson, d'autant plus qu ils ont pris le village du Merlan pour une île déserte.
— Oui, dit Maringo, pour une île déserte peuplée de sauvages.
— Messieurs, répond Valdcmar en souriant, je tâcherai de vous prouver que vous n'êtes point ici chez des sauvages, et d'abord je vais vous ullrir à dcjeiiiier.
— Ah! bravo! s'écrie Miringo, car j'ai une faim d'ogre.
— Il est capable aussi de dire qu'il a soif, dit Gustave, et il nous a forcés d'entrer dans un cabaret où il a avalé un litre de vm biuu.
— Ce qui est lorl heureux, car c'est li que nous avons trouvé un paysan qui nous a guidés et fuit trouver ta maison, qui du reste me paraît charniaule! sriric Alli'cH.
— Mai^ oui, dit Uiigranvat, qui, tout en avançant dans le jardin, jetait autour de lui des regards curieux, pressé qu'il était d'afitrcevoir la dame qui habitait avec leur bote: oui, ce jardin est fort bien entretenu, il y a beaucoup d'ombrage, des fleurs ravissantes; cela paraît grand.
— Nous Terrons tout cela après déjeuner, dit Maringo. Valdémar fait entrer ses amis dans la maison. On passe dans un
couloir assez vaste, sur lequel donnent qualre portes. U en ouvre une, qui est celle d'un joli salon tout entouré de divans assez larges pour qu'on puisse s'y reposer à 'aise.
— Messieurs, dit Valdémar, je vais dire qu'on nous serve. En attendant, mettez-vous à votre aise; songez que vous êtes à la campagne. Tenez, dans ce petit cabinet à gauche que nous nommons le vestiaire, \o\M trouverez des blouses, des vestes, des paletots de toutes dimensions, et des coiAures de toutes les formes. Prenez, choisissez; je vous le répète, agissez comme chez voue.
Valdémar s'éloigne, et Maringo va ouvrir le cabinet d'où il ressort bientôt avec une grande blouse blanche qu'il a troquée contre sa redingote, et un énorme chapeau de paille à grands rebords, comme en portent les myissonneuses. U regarde ses compagnons en leur disant :
— Comment me trouvez-vous?
— Oli 1 toi, dit Alfred, tu es bien heureux, tout te va.
— C'est-à-dire que je ne puis jamais être plus laid; c'est ça qui est agréable.
AU'i ed s'alfuble d'une espèce de veste de chasse en coutil et d'une casquette avec une immense visière, ce qui lui donne quelque chose de comique qui ne l'empêche pas d'être bien. Le beau Dugranval est extrêniemenl long avant de se déterminer à choisir un costume de Ciiuipagne. H essaie plusieurs blouses dans lesquelles il se trouve trop gros, et des paletots qui lui semblent mal laitr.; enliii, il se décide pour une veste de iiankin qu'il veut absoUiiueiit boutonner et qui doit biaucoup lui surer le ventre; puis il met sur sa tète un grand feutre gris relevé par devant dans legenre des chapeaux à la Luuis XIII.
— Bigre ! s'écrie Alfred en regardant le sage Dugranval qui est en train de nouer sa cravate à la Culin; mais il me semble que cette tenue a des intentions.
— Celle de me mettre à mon aise, puisqu'on nous l'a permis; voilà tout.
Maringo examine le beau monsieur à barbe noire, et murmure :
— On ne sait pas au juste si vous allez jouer Lubiii ou le Duc de Charolais; c'est dommage que vous n'ayez pas une fraise autour du cou, on seiait lixé.
Dugranval dissimule une légère grimace en répondant :
— Avec tout cela, messieurs, il me semble que nous ne la voyons guère.
— Qui donc?
— lili! parbleu 1 celle dame, la dame de Valdémar.
— Ali 1 vous êtes donc bien pies>o de la voir 1
— Oui, j'avoue que je suis curieux de ooiinailre une femme qui allait dans le beau monde, et qui n'a pas ei'.uat de se melire dans une position si scabreuse ; mais "'ai dans l'idée que nous ne la verrons pas; elle ne se montrera pas tant que nous serons ici.
— Kl moi, je gage bien que Bi; et toi, Maringo?
— M"i, je voudrais déjcuinr, cl avoir un rut)'r> •''" H» "-'f^ir m(jn chapeau de paille i^'iiu uion cou, va qu'il e •^r. Voilà deji trois fois qu'ii me quilU;; quand ou n a : de courir après sa coiffure, c'e«l fati;.5aiit.
Valdémar vient chercher ses ami?, tt les conduit dans une talle à manger, où des volets fermés au midi ont euipécbé la chalrur de pénétrer. On se met à table. Dugranval remarque 6ur-le-cbaui;> qu'il n'y a que quatre couverts.
— Vous Voyez bien uu'cUe ne Tiendra pas, ditr-il bas à l'oreille da Maring >, i|ui lui répond :
— le n'est pas cela qui m'empêchera de déj'uner. Valdémar sert ses noiiTives ; le vm e->t (rais, la chair délicate.
— Lh bien! dit Alired à Manngo, toi qui aTais {>«:ur de faire un déjeuner trop champêtre... U se ligiirait que chez toi, Valdémar, oa ne trouverait que des œufs et du Image.
— Ne croyez pas cela, réi'ond Maruigo, tout en se bourrant d'un excellent pui:Sou. EU I d'ailleurs, persuime n'est moins diiikile que moi,
— Oui, chez toi, c'est possible, mais chez les autres, c'est bien diilérent. Au reste, j'ai remarqué qu'il en est toujours ainsi. Les gens qui se refusent tout chez eux ne veulent pas que les autres leur refusent rien.
— Alfred, est-ce que tu aurais envie de m'insulter?
— Nullement. Je lais une réflexion qui s'apphque à celte foule (fe personnages qui sont très-aimables en société : tu vois bien que ça ne te regarde pas.
— C'est égal, reprend Maringo, quand j'ai traversé le village de Merlan, je me suis cru dans les Landes, aux environs de BurUcaux. Maintenant je comprends très-bien qu'on puisse y vivre et s'y plaire.
— D'ailleurs, vous n'êtes pas seul ici; tous n'y TiTez pas en ermite, dit Dugranval en appuyant sur ces mots.
— Non, sans doute, répond Valdémar; une femme cbarmanle a bien voulu partager ma retraite et s'y eiuevelir avec moi.
— Sais-tu que c'est un beau trait, dit A fred, surtout de la pan d'une femme qui était entourée d'hommages? Tu ne saurais irup i'aiiuer pour lui montrer que tu élais digne d'un si rare dévoue ueui.
— Oui, c'est un beau trait, murmure .Mariugo en reprenant de la volaille. Moi je ne trouverai jamais une femme qui eu fa>.-« auLaut pour moi. Ohl je suis sûr de mon alTaire, aussi je ne le lui proposerai pas.
— Et vous vous plaisez toujours ici? demande Du.rauTal.
— Sans doute, repond Vaidémar, qui trouve cependant la question de ce monsieur assez indiscrète.
— Est-ce que nous ne verrons pas votre... madame... celte dame? reprend le beau brun.
— Pardonnez-moi ; elle achève sa toilette, et comme elle ne déjeune jamais qu'avec une lasse de thé, c'est (lourquoi elle ne nous a pas tenu compagnie. Mais quoi de nouveau à Paris 'i Vuyons, messieurs, mettez-moi un peu au fait. Les specLicies d'alord... car vous savez que j'étais un grand amateur ; je crois que je le suis toujours. Qu'y a-t-il de remarquable aux llieàlres ? Quelque nouveau talent s'est-il révèle?
— Il y en a peut-être de nouveaux, mais ils ne se sont pas révélés. Heureusement nous pouvons être fiers de ceux que nous possédons. Itiichcl continue de rendre la vie à la tragédie, qui sans elle aurait été complètement vaincue par le drame.
— Le grand malheur 1 murmure Maringo en se versant à boire. quand la tragédie aurait été vaincue !... Moi je préfère le drame, il est plus dans la nature.
— Et nos grands auteurs, notre gloire littéraire, Ricim, Corneille, Voltaire , cela te serait donc indilferent de les voir tomber dans l'oubli?
— Je les aurais dans ma bibliothèque, j'aurais toujours le droit d< les lire quand cela me plairait.
— Maringo, ne rétrécissons point l'espace, ne (rap|K>ns aurua genre d'anathème. Laissons le clioix aux poêles. Un grand critique l'a dit ;
Tous Us gtnns toni ioin, hort U gtnn mnuytHX.
— Eh bien, c'est justeuicnt (H)ur cela que je n'aime pas la tt«> gédie.
— Maringo, mange, et laisse-nous tr.inquilles.
— El mes theitres favoris? reprend Valdiinar, le Gymn-ve?
— Lui aussi a toujours son diamant : lii^sc Chcrt, qu, si jeune encore, nous a rendu mademoiselle Mars dans tout l'ivlat de s.>a talent. Puis an Gymnase nous trouvons Nuiiia, dont le jeu c$t m tin, si spirituel, si vrai, et le comique de si bon goiU : qualiii>s qu'il est fort riU"e de trouver dans un même aclour, quah* que le lrav.iil ne donne pas, et qu'il faut avoir ro<;ues de la nature: tiiliii, ce IheA.re a toujours une léumoii de talents qui fait de c Uo troupe une des meilleures de Pans, ce qui veut dire de l'Eiiioiie ; car il est bien entendu que c'est à Paris que l'on joue le mieux tous les genres, cl 1*
L'AMOUR OUI PASSK ET L'AMOUR QUI VIENT
pn'iivc, c'est que c'est chez nous (|ue l'clraii^'cr vIkiiI dicrcher de quoi redonner de l'éclat et ran\ener la foule à ses théâtres.
— lit le Palais-Royal a-l-il toiijours celle [irécieiise collection de conii(iiies (|ui en a fait le théâtre le plus f,'ai, le théâtre où l'on est certain <le rire, telle humeur (|ue l'on ait <t ((uand niéine on aurait mal aimleiits?
— Oui, mon cher ami. C'est an Palais-Royal que l'on va lorsqu'on teut chasser de tristes pensées, ouhlier des contrariétés ; lorsqu'on s'est querellé avec sa femme, lorsqu'on est en brouille avec sa maitrtsse; quand on a perdu son argent au lansquenet ou fait de mauvaises spéculations à la Bourse, ou dîné chez un ami qui ne vous a oll'ert que la fortune du pot , assaisonnée du petit vin du crû ; ou assiste à la lecture d'un poêle incompris; ou entendu un concert d'amateurs et la sonate de la demoiselle de la maison, et une fahle récitée par un enfant qui promet!,.. Tu comprends alors que le théâtre du Palais-Royal doit toujours avoir heancoup de monde. Et qui imurrait garder son sérieux devant Grasset et Alcide Tousezf Je fais le pari que c'est impossible...
— Mais c'est assez nous occuper de théâtres. Est-ce qu'il n'y a pas quelques nouveaux plaisirs à Pari> '?
— On m'a parlé, dit Marin;jo, d'un restaurant qui vient de s'ouvrir dans le quartier Saint-Jacques et où l'on donnera, pour ilixneuf soua, le potage, quatre plats, un dessert, du pain à discrétion et une bouteille de Bourgogne ; les personnes qui ne consonnneront pas tout ce (pi 'on leur servira auront le droit d'emporter les restes... J'ai envie d'y prendre un abonnement.,. C'est dommage que ce soit loin de chez moi !
— Maringo, tu nous dis des choses par trop absurdes...
— Messieurs, je vous certifie qu'un de mes amis a dîné dans ce restaurant... A la vérité, les quatre plats étaient tous des arlequins... vous savez de ces rogatons de viandes mêlées... Il n'a pu en manger que deux. Ça lui a fait du bien, ça l'a purgé.
— Valdémar, connais-tu le Jardin-dHiverî
— J'y suis allé cet été.
— Et l'H i ppodrom e ?
— J'étais à l'ouverture.
— Alors, qu'est-ce que tu nous demandes donc? tu es aussi au courant que nous des plaisirs des Parisiens.
— Mais en lait d'anecdotes, d'intrigues piquantes ?
— Oh 1 ma foi, rien de neuf : on se plaît, on se prend, on se trompe, on se quitte; c'est toujours la même manière de procéder.
Une porte s'ouvre , et madame Durancy entre dans la salle à maiig( r. La jeune veuve était vêtue d'une grande robe de mousseline lilanche laite en peignoir, et qu'une ceinture fixait à sa taille ; mais elle était assez grande, assez svelte pour ne point paraître trop grosse sons ce vêtement d'une entière blancheur , redouté des temnies un peu potelées. Ses cheveux seuls lui servaient de coilfLire ; quand ils sont beaux, c'est toujours la plus jolie. Ceux d'Ernesline Tetoiiibaient en longues boucles de chaque côté de son visage, et reslaient assez sépares pour laisser voir un front haut et riche de censées.