‹ MoustacheChapitre 245 sur 281 · XII — LA DAME ROSS · texte numérisé non relu

XII — LA DAME ROSS

Les paysans, et surtout le malheureux Lebouteux, regardaient i«â Parisiens et attend^snt avec Curiosité ce qu'ils «Jlaieut réponéie.

iT.ient encore se tenir .\monreU5Ciiient.

L'AMOUR QUI PASSE ET L'AMOUR QUI VIENT

C'est Alfrerl nui prend la parole.

— lin ellet, dit-ii, nous étions près de vous, quand vous avez al>soliinicMt Voulu viiiidri; votre Ani; à voire atni, qui, alors, n'étiil guère en état de vous eiilendre; mais nous nu dorniious pas, nous avons parfaitement entendu le marché.

— Là, qu'est-ce que je disais, que je m'en rapportais à ces racseieurs.

— Attendez donc, maître Gulllot. Voici coniineiit vous avez fait votre compte; vous avez vendu votre Ane soixante francs, mais vous deviez vingt francs à votre ami, et au lieu de déduire cette somme du prix de la vente, vous l'avez ajoutée; vous en avez fait autint pour la pièce de vin. Ce n'est pas ainsi que les comptes se re^^lent ordmairement. Je vais vous faire lo votre; soixante francs pour prix de l'âne, otez-en vii.^'t francs que vous devez à ce Itrave homme, resteà quarante Iraiits;

maintenant vous acceptez en paiement , ■• '-^ une pièce de vin de trente-cinq francs, ce n'est donc plus que cent sous que votre ami Leboutcux doit vous compter. Vous entendez, mon hrave, donnez cinq francs a maître Guillot, et emmenez la Ijourrique.

Guillot baisse le nez, ee gratte l'oreille et semtle fort peu satisfait de la déposition de ses témoins; les i)aysang rient de la inuie que fait le destructeur de taupes, et l'ami Lebouteux ouvre de grands yeux, en s'écriant :

— Ah! comme ça...

alors c'est diUerent...

je commence à m'y reconnaître. ..Si je n'ai que cent sous adonner et une pièce de vin, je prends l'âne, d'autant plus que voilà bien longtemps que tu médevais vingt francs, qu'on ne peut jamais tirer un sou de toi ; comme ça c'est quitte, j'aime mieux ça...

— Tu ne fais pas un mauvais marclie, va, Lebouteux, dit un paysan, car cette année le vin n'est pas bon... et le tien est diablement aigrelet...

moi , je ne voudrais pas te payer ta pièce vingt-cinq francs...

mais ce qui est dit est dit.

— Voilà les cent .«sous et j'cmmèno l'àiie... et tu viendras chercher ton vin quand lu voudras , (iitends-

tu, CiuilliilTseuliuiciit lu me rendras la futaille quand elle sera vide. Guillot ne sait s'il doit consentir a ce niarclié; cependant il n'ose plus se dédire et va prendre les cin(| l'raiics ipie lui présente Lebou- U'ux, lorsqu'une temiiie accourt loiil c^soiiHlée : c'est la giaiido Claudine, celle des laveuses qui ne pouvait pas (ixer sur elle son jupon ; elle va à Guillot, en lui criant :

— Not' i\ne! uot' Ane !... oiis qu'est nol' Ane?

— Qiièque t'en veux faire? répond le paysan.

— il n'est plus à toi, dit Lebouteux, il est à moi, je viens de l'aelieler... 'rciiez, v'ià cent sous qui revienueiit à votre mari.

— Cent soust s'écrie Claudine; loniment, malheureux, l'as vendu notre bourrique cent sous !

— L'U une pièce de vin.

— Kl vingt francs qu'il me devait-

— Mais moi je viens de la veiulre cent francs à la dame rose, cent francs payes rccla cu'upiaul...

Vouki.

A peine sa leuime a-t-<:lle arhtyé de parler que Guiilot a couru à .son âne, il l'enfourche el le fait trotti;r, en h'i-'-riant :

— Le marche est rompu... d'ailleurs, nou* n'élioii» pu d'accord, il voulait que je rende la futaille, moi j'avais eateadu que je ta garderais, Vous êtes tous témoins...

— Non, non, arn^tez-le, l'àne e-l à moi, dit Lely>uteux, en essayant de rattr.'i()er son vendeur. Guillot, t'es ua iilou ; si tu ne laisses pas l'àiie je le ferai venir devant M. le maire.

Mais G .illol continue de s'eloign'-r sur s^m âne dont il prefse le trot en lui allongeant force coups de bàUjn, tandis que sa f<-rame qui le suit, s'est fait une hous^ine d'une branehe d'acacia et s'en sert pour piquer la pauvre l>ètc, que maintenant chacun regarde coaime sa propriété.

S'o!re =oci('ti de promeneurs étiit restée pour être térooin de c<?lte

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