‹ MoustacheChapitre 268 sur 281 · CV. MON · texte numérisé non relu

CV. MON

rail [iliis au qualiii^mc; mais, sans s'oooiipnr des personnes qui sont dans l'escalier, A(lli(''niar nonne chez Azc^nia.

La jeune acirice ne lanie pas Ji jiaraîlre dans un joli déshalilllé de nuil, cl Adhcuiar cuire clicz elle comme un l'on en lui diNUiil •.

— Ali! nui voisine, je vous en prie, a^ez pilié de moi... Je ne peux pas parvenir h l'cnlilcr... li- li-ou est Iniji pclit... comiiieul iaire entrer cela dedans?... Ah I je suis bien malheureux!...

Azf^ma rit comme une folle en ccmilanl le jeune luuinne , mais elle comuicnce par fciiner la porte du carré, et lui dit ensuite :

— Ah! çh! voisin... vous venez me dire de drôles de choses!... Est-ce le costume marin qui vous int^pire lout ça?...

— Mon Dieu! mademoiselle, je vous demande pardon; je me su i» pKul-iHre male.\pli(|iié... Tenez, c'est mon aiguille que je ne pui-< pas enliler; xoilà nu quai'l dlieure (['jc j'es.<aie en vaiu... ('.epend;:r! il ni(^ l'aiit bien recoialrc le liiulnu de ma lirelelle, quiestcass" voilà piiuii|Uiri je me suis permis de m'adri'sser à vous. '

— Ah ! c'est aulre chose, reprend Azéma en riant encore. P.-Mnii jeune homme qui ne peut pas eidilcr son aiguille !... Je conçois ( i.. Les hommes ne soni pas forts pour ces sortes d'eulilade; heureuse ment, nous sommes là, nous aulres... ou nous trouve toujoui:i dana les monicuts ditlicdes!... \ojnns, jeune nuirin, donnez-nioi vol.« aiguille et voire til !... Tenez... nnc... deux... ça j est! ça méconnaît, ça; je n'ai (|ii'à y melire la main, ça entre lout de su.te. Voi'ons, maintenant, où est voire huutou?

— Comment! vous auriez la bonté de me le coudre?

— Tiens, celte hèlisc I il m'a donné deux perdreaux et je ne lui coudrais pas un boulon! Allons, t<»urnez-vous... |iu reste, je vous prie de croije, monsieur, que je vous le coudrais également si vous ne m'aviez rien domié... Je suis très obligeante, moi !... Tenez-vous un peu tranquille, par exemple, ou vous vous ferez piquer.

— Ma voisine, vous me rendez un grand service... Je craignais de vous déranger en venant sonner si tard...

— Bah ! pourquoi donc... vous me croyez donc toujours occupée... mais heurcusemcnl ou csl libre quelquefois... Ne rcjouez dons pas... J'ai renvoyé mon lier Anibiloux... Je ne sais pas ce qu'il avait ce soir, mais il ne voulait pas se décidera s'en aller; il devient jaloux comme un vieux Rodrigue; il m'ennuie cousidérablemenl cet homme...

— Pourquoi le voyez-vous?

— Ah! mon voisin, pour un homme d'esprit , vous me faites 11 une question bien obluae. Est-ce vous qui me donneriez des caoh-:^mires et des cliàles de velours?... Est-ce que la femme, et surtout la femme de théitre, n'a pas toujoul's besoin d'un prolecleur?... Tenez-vous donc!...

— C'est juste , voisine , mais cotiicpe vous ne devez pas en manquer...

— Oh ' laissez donc!... oui, des rais qui vous mcncnt dîner à quarante sous par tôle; mais de ceux qui savent faire rouler l'argent, on n'en trouve pas encore à remuer à la pelle. Malgré cela, quand un homme m'ennuie, loutes les considérations d'intérêt ne m'empêcheraient pas de l'envoyer promener...

— Vous me l'ai es songer , voisine, que tout à l'heure , pendant que je sonnais, j'ai cru entendre quelqu'un descendre douctuienl l'escalier au-de^sous.

— Je gage que c'est Bardajosl

— Bardajos! quel nom !... C'est donc un Espagnol, ce monsieur?

— Oui, il se dit Andaloux... pur race... mais je le soupçonne d'être né à Kanlerre ou au l'ecq ; il sera leslé dans l'escalier à guellc;-... il est jaloux de vous; les deux perdreaux que vous m'avez donn',îS ne lui sorienl pas de la tète... Si je savais que ce fût lui...

— Que feriez-vous?

— Je ne sais pas, mais je voudrais lui donner une bonne leçon... C'est fini, vous êtes recousu...

— Grand merci, mademoiselle Azéma.

Et Adhémar, reprenant le chemin de la porte, se di-t'oose à s'A'oipner; la jeune acirice (irend une bougie, se place devant 'ui , lui fait une petite mine fort drùle, et se met à rire en disant :

— 11 parait que vous n'avez plus besoin de moi... mes services ne TOUS sont plus nécessaires.

— Non, ma voisine... je suis très heureux que vous ayez bien \oulu...

— C'est bon!,., c'est assez!... allez danser, jeune marin... C'est égal, on me contait tant de choses de la marine anglaise! Je vois qu'elle n'esl pas si redoutable qu'on le dit.

Et tout en continuant de rire, mademoiselle Azémar a ouvert sa porte. Adbémai , quoique inlérieurement piqué des plaisanteries de {avoisme et comprenant qu'il aurait pu la mieux remercier de sa

siF.nn.

comiilaisance, va remonler chez lui, lorsque la jeune actrice l'arrMo par le bras, en lui disant à voix basse :

— Attende/.!... on vient de marcher... de fermer une porle nudespous... Je gage que c'est Bardajos... Venez... dcbcendiv. un p 'U avec moi.

— Que vonlez-vouB faire?

— Venez toujours... j'ai mon idée. ^ Mademoiselle Azéma descend avec Adhémar, «rfuyant soin de IJ

dire très haut :

— Amusez-vous bien au bal, mon voisin. Mais pourquoi donc eiu porleavous une paire de pisiolels?

Adhémar, qui comprend l'intention de sa voisine, répond ;

— Je rentrerai sans doute fort tard ; on n'est pas toujours ccrtaio de trouver dos voilures, et ma foi, il est bon de prendre des précautions, il y a tant de voleurs à Paris.

— C'est bien vrai, mon voisin, il y a beaucoup de brizands celle année; on ne voit que des assassinats dans la Gazelle det Tribunnii.r! Aussi, quand je couche seule, j'ai soin de bien fermer mei portes... et de me vérouiller.

Tout en parlant ainsi , Azéma, qui descendait la première et tenait à la main sa bougie allumée, regardait dans l'escalier, et n'aper» cevail personne. Mais tout à cimp elle s'arrête devant une porte pratiquée dans le milieu de l'étage an-dessous d'elle, et fait un signe de lêle à Adhémar, en murmurant bieo bas :

— 11 est là!

— Comment! dans vos anglaises?

• -Justement... Il m'aura chippé ma clef... ChutI lîccommençant à élever la voix, Azéma s'écrie:

— Esl-ce qu'ils sont chargés vos pistolets, mon voisin?

— Sans doute; sans cela à quoi servirait de les emporter?

— Vous avez raison : je deviens stupide. Us sont bien jolis!. .

Et Azéma Cflgae la clef de chez elle contre un petit poignard de marin ((ue portait Adhémar, afin d'imiler le son de deux armes qui se choquent. Puis tout à coup elle s'appuie contre la porte de l'endroit secret, et s'écrie d'un ton d'effroi :

— Ah! mon voisin! Ah! mon pieu! avez-vous entendu?

— Quoi donc, mademoiselle?

— Uu bruit là-dedans... Je suis certaine qu'il y a quelqu'un là...

— Vous croyez... Cependant ce cabinet est le vôtre, vous en avez seule la clef?

— Justement, et tout à l'heure, chez moi, je l'ai cherchée en vain. On me l'aura prise pour me voler.

— Comnieiil . mademoiselle , vous croyez qu'on a l'intention de vous voler ce que vous ojeltez là-dedans ! ré|iond Ailhémar en riant.

— Non ! non ' mais on aura pris celle ch'f afin d'avoir un endroit pour se cacher dans la maison, où, une fois introduit , on pourra alteiidre la nuit pour venir me voler... mégorger peut-être. Oh ! je ne me coucherai pas sans savoir qui est là.

Azéma frappe contre la porte en disant :

— Si c'est quelqu'un de la maison, répondez, sortez, qu'on vous voie enfin.

On ne fait aucune réponse.

— Vous voyez bien que c'est un voleur qui est là, dit Azéma, sans cela il répondrait.

— Voulez -vous que j'enfonce celle porie? dil Adhémar.

— Non, allendez... j'imagine un meilleur moyen; mettez un de vos pistolets devant le trou de la serrure et tirez... Si vous tuez le voleur, ce sera bien fait.

— Vous avez une excellente idée, voisine, et je vais l'exécuter.

A?éma venait de cogner avec force sa clef contre letrou de la se» rure, lorsqu'une voix se fait entendre, en criant :

— AiTÔtez ! arrêtez, ne tirez pas '

Au même insiant ia porte du lieu secret s'ouvre, et l'on voit paraître le beau Bardajos, pâle, tremblant, qui avait mis sa culoite lias, pour se donner l'air occupé dans la retraite qu'il avait choisie, et, dans sa frayeur, n'avait pas songé à se r'habiiîer.

En voyant son superl)e amoureux dans celle situation, Azéma éprouve un si violenUaccès de rire, qu'elle ne se souiienl plu.s el est obligée de s'asseoir sur les marches de l'escalier. Adii' mar ne' peut . s'empêcher de rire comme elle; tandis que Bardajos. les regardant allernalivement tous les deux et n'apercevani |)as l'ouinre d'un pistolet, commence à deviner qu'on s'est moqué de lui.

— Ah ! monsieur, dit la jeune actrice, c'est vous qui étiez làl.M Ah I ahl ah I vous choisissez de drôles de cachelte^l

CE MON

— Mademoiselle... je vous assure que mon intention...

Monsieur, voii'.nz-vnus bir-n eommeiiror par vous culotter ; il

me Kcmlili^ que volri> Icniie csl liop décollclce.

— Ah! panlun, pai<lmi. je ne voii." vny;iis [las I

— Oui, miiis je vois lieainriup , moi. ceci est par trop écossais. Ah 1 Miiiisiftiir |)()iir csiiiuntier ni.i foiiduile vous f.iiles de ces choseslà!... C'est joli!... c'est iiiuMnié'

Bnrdajns s'empresse de renirer !in .moment dans sa cuchelte pour se r'lial)illi'r. Adliéiiiar, smiliailanl le lioii<oir à la jeune artrice, remonte clirz lui; puis, a>uiu aPlievê de m-eml'O t4)ut re '^iii lui est nécessaire il part ejifui pour allc:r cherehur la famille Sublimé qui demeure h sa porte.

En redesi'cnilant l'esealifr, il n'y trouve plus ni Azv'uia ni Bawlaos ; il suppose que l'Audaloux vsl oc-'oé ii faire sa paix av<!c sa maîtresse.

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