‹ MoustacheChapitre 77 sur 281 · IX. — t;.\ INVE.NTELU · texte numérisé non relu

IX. — t;.\ INVE.NTELU

Vous comprenez la prédilection d'un jeune homme pour le boulevard des Italiens; c'est donc avec joie que Pamsonnac se rend à l'adresse qu'on lui a remise. Il arrive devant une de ces belles maisons neuves dans lesquelles on trouve tout ce confortable que nos bons aieux ne connaissaient pas, et franchement nous faisons bien de ne point leur ressembler en cela.

Le jeune Bordelais entre dans une espèce de vestibule que ferme une petite porte à deux vcntaux élégamment travaillés; le vestibule est pavé en petites dalles artistement agencées, c'est presque de la mosaïque ; une porte à glace se trouve au fond, elle s'ouvre sur un joli petit salon orné de tapis moelleux et de meubles en acajou : c'est la loge du concierge. Samsonnac ose à peine tourner le bouton, et il s'incline profondément devant un monsieur qui lit le journal, en balbutiant :

— Pardon, monsieur, je suis fAclié de vous déranger... mais je ne vois pas de portier... je cherche... je demande .M. Boursoufllé...

— Au quatrième, la porte à gauche, répond le monsieur sans même tourner la tête.

Et notre Bordelais se dit :

— Est-ce que ee serait le portier!... il a l'air bien grave, et il est logé comme un chef de bureau... c'est beaucoup plus beau chez lui que chez maître Cottenlin! N'importe, profitons de son indication.

L'escalier est ciré, frotté, la rampe élégante et légère. Samsonnac arrive au quatrième en se disant :

— Charmante maison, charmant quartier!... Celui qui demeure là devraitêtre charmant aussi!... je suis fAché cependant qu'il s'appelle Boursoufllé... Ce nom-là n'est pas digne du boulcvarvl des Italiens, mais les noms sont quelquefois trompeurs. Sonnons.

Un vieux domestique vient ouvrir; lorsque Samsonnac a expliqué le motif de sa venue, il le quille en lui disant :

— Attendez, je vais savoir si monsieur veut vous recevoir en ce moment. Heureusement il m'a sonné, sans quoi je ne pourrais i>as vous annoncer.

Samsonnac reste dans mie antichambre qui ne ressemble pas non plus à celle de 1 homme dalTaires de la rue Saint-IIyacinlho. Celle-ci est fort convenablement nuMiblee ; une belle table ovale on chêne est au milieu, un grand butl'el, dos chaises également en chêne, mais d'une forme moderne, complètent raraoublemeut, d'où le jeune hou.mo conclut que ce M. Boursoufllé fait mieux ses ;iffaires que maître Cotlentin.

Le domestique revient dire au jeune homme :

— Monsieur travaille, et alors il n'aime pas qu'on le dérange... mais si vous pouvez attendre...

— J'ai le temps, répond Samsonnac on s'asseyaut contre une croisée qui a vue sur le boulevard. A cette place, je ne ni'cantùerai pas.

Uno (lomi-liciirc s'écoule, puis une aulrc. Samsonnac, resté seul, s'était mis !\ la l'cnôtre, il contemplait ce tableau !=i animé, si varié, qu'il avait sous les yeux et se disait :

— Quand je serai aùllionnairc, je viendrai demeurer sur le boulevard des Italiens.

Le vieux d(imeslii|uc repasse dans l'antichambre et parait tout surpris de voir le jeune homme.

— Tiens I vous êtes encore là, monsieur?

— Sans doute, vous m'avez dit d'attendre, j'attends.

— .Mon maître aura iimbaldement oublié votre visite, mais je ne puis pas aller lui rappi'ler (luo vous êtes li, car il ne m'a pas sonné.

— Il parait que ce monsieur est Lieu occupé, pense Samson[iac; cepemlaiit il n'y a pas sur sa porte une plaque qui annonce qu'il se livre à une foule do lravau.\, coiiiuR' uiaîtic Collentin. Heureusement ie n'ai rien h faire, et d'ici je vois passer des femmes qui ont des toilettes cliarmanies... Ahl si d'ici je voyais madame Olivette danser avec .sa courte jupe, je n'aurais plus rien à désirer!

La piquante Marseillaise avait réellement séduit le jeune Bordelais. Les pas espagnols, la jambe bien prise et le petit pied cambré ne lui sortaient pas de la tfite.

Uno autre demi-heure s'écoule; cette fois le domestique ne paraît pas plus que le maître.

— Singulière noaisou I se dit Samsonnac, on me laisse seul ici ; ce buU'et n'est pas fermé... j'entrevois niôrae sur une planche le fragment d'un pàlé qui semble encore très-pré.sentable... et un pot dans lequel il doit y avoir des confitures!... Si j'étais un voleur, cependant... ou même un homme pru délicat... je pourrais goûtera ce pâté; avec cela que j'ai fait ce malin un bien maigre déjeuner!... et je sens mon estomac qui est attiré vers ce p;Mé comme le chat vers la valériane... Si on me laisse ici jusqu'au soir, je souffrirai le supplice de Tantale.

Le vieux domestique reparaît enfin et dit à Samsoimac :

— Mon maître vous aura oublié... il est eu ce moment plongé dans ses savantes recherches... je dois attendre pour lui parler qu'il me le permette... il cherche, je crois, la pierre philosophale...

— La pierre philosophale! s'écrie Samsonnac en se levant brusquement... mais si vous m'aviez dit cela plus tôt, je n'aurais pas attendu!... il y a des siècles que les alchimistes, les savants, les inventeurs cherchent cette pierre-là... qu'ils n'ont jamais trouvée... vous concevez alors que je pourrais bien passer des années à attendre que votre mailre se rappelle que je suis là.

Et le jeune homme se disposait déjà à s'en aller, lorsqu'une sonnette retentit avec force dans une pièce voisine.

— C'est mou maître qui appelle, dit le domestique ; venez, c'est qu'il veut bien vous recevoir.

— Aurait-il trouvé la pierre philosophale?... cela m'étonnerait beaucouji, se dit Samsonnac en suivant le valet, qui l'introduit dans le ealiiiiet de M. Boursoufflé.

Ce monsieur était assis devant un immense bureau qui ne ressemblait eu rien à celui de l'homme d'affaires de la rue Saint- Hyacinthe, (.'était un fort beau meuble en acajou, avec un casier; de plus, des tablettes qui s'allongeaient à volonté. Sur ce vaste bureau, il y avait une grande quauliié de livres, puis une sphère, des instruments de mathématiques, des Iwcaux, des minéraux et jusqu'à des végétaux, plantes rares qui s'étiolaient sur le bureau d'un savant, bien qu'elles l'ussenl dans des vases, qu'à la vérité on n'arrosait jamais.

A ce bureau était placé un homme d'une soixantaiue d'années, porteur d'une assez belle ligure, mais que l'étude avait considérablement ridée ; cependant les yeux avaient conservé beaucoup de feu, et la Louche une expression dédaigneuse qui semblait sous-entendre pour ceux à qui ell3 parlait :

— Vous êtes tous des crétins, des imbéciles, hors d'clat de me compiendre, et je ne sais pas trop pourqi»i je me donne la peine de vous lépondre.

La tète de M. Boursoufflé était presque entièrement chauve; il ne lui restait que quelques mèches qui voltigeaient à droite et à gauche et semblaient appeler à grands cris un faux toupet pour leur faire société.

Malgré tout cela, ce monsieur avait un air distingué et imposant qui inspirait le respect.

Le jeune Bor.'elais s'incline profondément devant M. Boursoufflé, qui le regarde d'un air étonné, en s'écriant :

— Qu'est-ce que c'est... quid rogas, jeune homme'?... je ne me remémore point votre physique.

.•^amsonuac explique le motif de sa venue. Le savant perd un peu de son air dédaigneux et daigne presque sourire en répondant :

— Ah! t;-ès-bien... vous venez pour mettre au net mes manuscrits... Très-bien! Hercule, laissez-nous!

Hercule est le vieux valet de chambre. Avant de s'éloigner, il se hasarde à balbutier d'un air timide :

— Je me permettrai de faire remarquer à monsieur qu'il est bientôt deux heures, et que monsieur n'a pas encore déjeuné... Si monsieur veut que j'apporte ici...

— Laissez-moi tranquille, Hercule; quand je voudrai déjeuner, je vous l" dirai... je n'ai pas besoin de vos avis pour cela...

— Mais monsieur se rendra malade eu restant si longtemps sans nen prendre, et le docteur lui a dit que...

— Hercule, faites-moi grâce de vos réflexions... sortez!

Le vieil Hercule, qui ne semble pas bien solide sur ses jambes, ne réplique pas, il s'en va en murmurant quelques mots, mais si bas que lui seul duit les entendre.

— Avez-vous une belle éci-lturc7 dit M. Boursoufflé en s'adrcssant à Samsonnac.

Pour toute réponse, celui-ci se penche vers le bureau, prend une feuille de papier et trace quelques lignes dessus.

— C'est très-bien, dit le savant en examinant l'écriture, c'est trèslisible. Heureusement vous n'avez pas adopté l'écriture anglaise, et je vous en fais mon compliment. Je ne connais rien de plus fatigant pour les yeux que celte éciilure, qui, tout en étant, ce qu'ils o.'-eiil dire, belle, est parfois ttmt à fait illisible, et présente à l'ieil l'aspicl d'un éeheveau de fil bien emmêlé... c'est épouvantable... 'Vous savez, jeune humme, qu'il faut cojiier ici; mes manuscrits ne doivent pas sortir de chez moi... ils sont trop préi'icux pour être exposés aux regards du vulgaire... puis vous pourriez en égarer...

— Je copierai ici, monsieur, cela ne me sera nullement désagréable.

— Fort bien! Il y a une petite pièce, ici à gaucbe, où vous sem tranquille et jamais dérangé.

Samsonnac est sur le point de s'écrier :

— Donne-t-ellc sur le boulevard?

Mais il se contient, car il comprend que son amour pour le boulevard pourrait paraître ridicule à M. Boursoufflé.

— Par exemple, mon éci ilure n'est pas fort belle, je vous en préviens! reprend le savant, qui présente un manuscrit au jeune homme. Tenez, pourrez-vous lire?

— Oh I oui, monsieur, parfaitement... c'est très-bien écrit.

Cette petite flatterie ne manque pas son effet. M. Boursoufflé regarde Samsonnac d'un air presque aimable en lui disant :

— Avez-vons fait vos études, jeune homme?

Et celui-ci baisse les yeux en répondaut avec modestie :

— Oh! monsieur... ce que j'ai appris est si peu de chose... et devant vous je dois me considérer comme ne sachant rien.

Une légère lape sur la joue est le prix de ce nouveau compliment, puis JI. Boursoufflé se renverse en arrière dans sou grand fauteuil, eu s'écriant :

— Voilà donc un jeune homme qui me répond avec sagesse! c'est peut-être le premierï et remarquez qu'à son âge il lui serait permis de n'en point avoir ; mais la plupart des hommes f^tils, mûrs, de ceux qui se croient des savants, et qui ne sont pour la plupart que des ânes, ne m'auraient point répondu ainsi! Et ce sont ceux-là qui se font juges des véritables illundnés, juges de ce qu'ils ne comprennent pas... Ah! mon cher... Comment vous nommez-vous?

— Samsonnac, monsieur.

— Ahl mon bon ami... Comment avez-vous dit?

— Samsonnac, monsieur.

— C'est bien fâcheux que la science ne soit pas plus répandue, mais l'étude rebute la plupart de ces messieurs... ils se contentent de quelques notions légères... puis ils raisonnent, critiquent, condamnent à tort et à travers! Cola fait pitié; il serait bien plus naturel, mon cher... Vous ne m'avez pas dit votre nom ?

— Pardonnez-moi, monsieur... Samsonnac.

— C'est juste. 11 serait donc plus naturel de répondre tout franchement, comme vous l'avez fait. Ceux qui ont un peu étudié font parade de leur savoir, et ils ne savent rien à fond. L un se flattera de connaître Rome et les Romains comme s'il était né sous Auguste; mais demandez-lui quels étaient les usages des Romains, leurs jeux, leurs repas, leur police, leurs monnaies, leurs poids et mesures, leurs mariages, leurs funérailles, la division du temps sur leur calendrier... Il ne saura pas vous répondre. Ces habitants de Rome, comment se chauffaieut-ils en hiver? Avaient-ils des poêles, des cheminées? Dans leurs repas, se servaient-ils, comme nous, de cuillers, de fourchettes? ou mangeaient-ils, comme les Chinois, avec de petites b.igueltes ? Pour aller à cheval, se servaient-ils d'étriers... Pour voir de loin, avaient-ils des lorgnettes? Enfin les Romains, tels qu'on nous les montre au théâtre ou dans les tableaux, ont presque toujours pour toute coiffure une simiile bandelette autour de la tête : alors à quoi leur servaient l'apex, le ijulerus, le pelasus, le cucullus et le bardocucidlus? Demandez cela à votre monsieur qui connaît si bien les Romains... 11 vous répondra que le temps est à la pluie. Je ne fais point un crime à quelqu'un de ne rien savoir... mais je blâme ceux qui critiquent ce qu'ils ne connaissent pas. J'ai beaucoup lu depuis que je suis au monde; mais il faut bien cependant que j'avoue qu'il y a encore bien des choses que je ne connais pas. ilonluiijne parle constamment de son ignorance... Cependant Montaigne savait le grec, le latin, l'italien et le français... Je cite le français, parce que je vous ferai remarquer en passant que nous avons une foule de soi-disant gens de lettres qui écrivent dans cette langue et ne la savent point. J'ajouterai encore que ce sont ceux-là qui accusent les écrivains vrais, naturels, logiques, d'avoir un style decuisinière !... Pauvres mirmidons de la littérature, vous aurez beau jeter de la boue et du venin sur les vrais talents, on reconnaîtra toujours en vous le renard de la fable. Je vous dirai doue, jeune... Je croyais vous avoir demandé voire nom?

LA FAMIT.I.E HnMI.T.NRt).

IS

— Samsonnac, monsieur.

— Mil oui... je l'avais oublié; je vous disais donc que la science nii'ric à tout, lorsqu'on sait l'employer avec (lisceriienicnt et no point ipliipier au règne animal ce qui ne convient qu'au vétrclal, el vice

(h Mais je vous [)arle de beaucoup de choses à la fois... vous

liiez me dire comme Corinne h. l'indare, qui dans une pièce de vers

...,iil fait un trop grand ubus de la mythologie : — Q,uand je vous dis

de semer avec la main, vous renversez le sa.c dès le premier pas. Ne

quid nimis, c'est la devise du sage... entendei-vous le latin?

— Oui, monsieur.

— Je crois que vous me conviendrez, jeuue... C'est singulier, j'ai la mémoire la plus belle, la plus surprenant;; il n'y a que les noms dont je ne peux pas me souvenir.

— Samsonnac, monsieur.

— C'est cela, je l'avais sur le bout de la langue. Oui, vous ferez non affaire, et vous serez surpris, j'en suis certain, de ma fucililé A Jécouvrir, à démonlrer, à réduire à fort peu de chose les questions les plus abstraites et devant lesquelles tant de pauvres savants, qui ne Télaienl qu'il moitié, ont passé une partie de leur existence h se casser la lôlc. Je vais en quelques mois vous en douner la preuve.

La pierre pliilosophale... ce secret merveilleux dont la possession est enviée depuis des siècles! eh bien, mon cher petit... je ne sais plus votre nom, n'importe I la pierre pliilosophale n'est autre chose que la pierre d'aimant; et la preuve, cest que pas un philosophe n'a omis d'en traiter. La poudre de projeclinu est le sable que l'on jette sur le papier pour sécher l'écriture ; la médecine universelle est l'air que chacun respire, car on ne peut point se priver .d'air sans mourir; le grand élixir... jeune homme, cette recette miraculeuse qui doit prolonger nos jours indéfiniment, c'est le bon vin et pas autre chose... la quadrature du cercle; ah! voilà encore une question que les plus savants en algèbre, en mathématiques, n'ont pu parvenir ii lésoudre. Eli bien, moi, je l'ai trouvée, résolue, siiiipliliéo tout de suite. Pliez votre servielle en quatre et placez-la ainsi sur une assiette, vous avez la quadrature du cercle ; enUn le mouvement perpétuel est la mâchoire de celui qui se sert de l'assiette, et le point li.\e, c'est la table.

Samsonnac ouvrait de grands yeux en écoulant M. Bouisoufflé, et celui-ci, tout fier de l'eflet qu'il produisait sur le jeune homme, le conlemplait toujours renversé dans son fauteuil; il reprend bientôt :

— Et maintenant, mon ami, croyez-vous que je sois un Asinus?

— Ah! monsieur.

— Non, vous ne le croyez pas et vous avez raison. Grâce à ma facililé pour irouver le nœud, la cause, le but de tout, j'ai inventé une foule de choses précieuses pour l'uiiliié, l'agrément, le bonheur des hommes. J'ai trouvé le secret d'engraisser ou de faire maigrir quelqu'un suivant sa volonté; j'ai découvert un moyen pour marcher «ur l'eau, pour traverser le feu sans se brûler; j'ai inventé une mécanique pour empêcher tous les accidents en chemin de fer; j'ai fait des ailes pour voler dans les airs, et niainlenant, au moyen de ces ailes, je vais avant peu trouver ce que l'on cherche depuis si long-

I temps : savoir diriger les ballons. Je fais marcher les voilin-es sans l 'thevaux; je transforme les parapluies en jets d'eau ; j'ai imnL'iné uoe l mécanique avec laquelle; on fait cent mètres de point d'Angleterre à la minute, cela remplace le travail de mille ouvriers... c'est peut-éire désagréable pour les ouvrières, mais c'est bien économique pour les dames qui se couvrent de dentelles; je creuse des puits dont on ne trouve jamais le fonds, et qui remplaceraient avantageusement ces lourdes et indignes voitures qui transportent les immondices d'un bout de Faris à l'autre; enfin, j'ai inventé un appareil en gomme élastique au moyen duquel on peut descendre au fond d'une rivière, y lire son journal, et y prendre des poissons avec la main, avec la "même facilité que l'on prend son mouchoir pour se moucher. Eh liien, ce que vous aurez ae la peine à croire, et ce qui est cependant la vérité, c'est que pas une de mes inventions n'a été adoptée par mes conciloyens, pas une seule I... ils les ont toutes rejetées, les Vandales!... parce qu'ils ne les ont pas comprises... Mais tout cela ne me rebute pas! Un jour viendra où il faudra bien que la lumière se fasse... elle se fera, et ce jour-li\, lous ces hommes qui dédaignent lUne nouvelle idée, se mettront à mes genoux pour que je veuille bien ;la leur coninumiquer... Gtililc'i'., l'iitiflii, Cohmb ! et bien d'ai tics nous fournissent des exemples lie la sottise des hommes .. en toute chose il ne s'aj-'il que de savoir attendre... J'attendrai... J'ai do la forinne, ;grùce au ciel, et je ne mourrai pas de faim jusqu'à ce qu'il plaise îi jffles contemporains de me rendre justice.

I Samsonnac a écoule le savant sans lui répondre aulrenienl que par des inclinations de tôle; quand M. Iloursouftie tenait la parole, il était rare que ses auditeurs pussent |)laccr autre chose que de la pantomime dans la conversation. Ce monsieur présente au jeune Bordelais un ie ses manuscrits et plusieurs cahiers de papier à lettres grand format, en lui disant :

— Vous écrirez là-dessus... pas trop serré... je ne regarde pas à ^elques r61es de plus ou do moins... je vous payerai cinquante centimes le rôle... cela vous convienl-il?

I — Très-bien, monsieur.

— Alors entrez dans oetlc pièce où vous trouverez un bureau, et imellez-vous à la besogne... Allez... allez, jeune homme, la prochaine fois vous me direz votre nom.

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