‹ Moustiques et maladies infectieusesChapitre 38 sur 43 · CAPTURE ET ÉLEVAGE · texte numérisé non relu

CAPTURE ET ÉLEVAGE

de bois et la 4”’° face latérale étant garnie du manchon. On réunit les plaques de verre entre elles grâce à des bandes de zinc soudées à leurs extrémités. La main, s’engageant dans le manchon, qu’un peut serrer par un cordon autour du poignet, est libre de pénétrer dans tout l’intérieur de la cage pour cueillir un insecte; et, si l’on veut, on peut rétrécir l’ouverture de façon à ne laisser passer qu’un tube. Pour fermer cette cage, on noue le manchon avec un cordon. Quand on veut faire pénétrer à l’intérieur un moustique on doit toujours placer l’ouverture de la cage du côté opposé à la lumière. Tout moustique déjà contenu dans la cage, Culex, Anopheles, Stegomijia, se dirigera plus ou moins rapidement vers la paroi éclairée, de sorte que l’on peut, sans danger qu’aucun ne s’échappe, introduire ou sortir la main (/î^. 3tt). Le tube introduit, le moustique ne tarde pas à voler sur les parois de la cage.

Si l’on veutépingler le moustique toutde suite, ou le disséquer, on commence par le tuer sans le détériorer; le meilleur moyen est d employer un petit tube au fond duquel une petite quantité de cyanure de potassium est déposée. On fait pénétrer le moustique dans ce tube. Au bout de quelques secondes, il étend les ailes (position très favorable pour l’élude) et meurt.

Au bout de peu de temps, lorsqu’on a une vue

Eilin. et Et. Seboi:<t ~ Etude des Mousli(|ucs

ÉTUDK DKS MOUSTIQUES

normale^on parvienlà distinguer, à premièrevue, au plafond, un moustique d’un autre insecte ou d’une poussière, ce qui est plus difficile qu’on ne croît lorsque ces objets sont à une certaine distance de l’œil. Evidemment, quand les murs sont grisj les insectes se distinguent très difficilement, mais si les murs sont blancs, on j uge en quelques minutes du nombre de moustiques contenus dans une chambre. 1! ne faut pas oublier que ces diptères recherchent pour se poser les objets de couleur sombre (rideaux, tableaux, tentures). En effleurant légèrement avec le filet ces objets, on force les moustiques à s’envoler et on les attrape au vol.

11 ne faut pas s’attendre, dans celte recherche des adultes, à reconnaître de loin un Anopheles d’un Culex. La position du corps des .4 posés (oblique au plan du mur) est loin d’être constante et, très souvent, les Culex se placent ainsi obliquement.

Enfin ajoutons que cette chasse aux moustiques exige une certaine souplesse et une vue excellente. On est obligé souvent de se livrer à une véritable gymnastique.

Élevage des moustiques. Elevage des larves. — Les larves arrivées au laboratoire sont placées dans des bocaux d’une contenance de 3 litres environ (hauteur : 3o centimètres, diamètre ; 10 centimètres) (/î^. u4)« remplit ces

CAPTURE ET ELEVAGE

bocaux avec de l’eau même de la mare où oui été capturées des larves, eau que l’on filtre à travers la toile du troubleau, pour ne pas introduire dans les bocaux des ennemis des larves. Un dispose, dans ces bocaux, des algues et des plantes d’eau provenant aussi de l’habitat naturel des larves. Celles-ci ne sont placées qu’en petit nombre dans chaque bocal. Legrand danger qui menace l’élevage des larves, surtout de celles à' Anopheles, c’est la pullulation dans ces eaux stagnantes des microbes en voile à la surface, ou en zoogiée au sein du liquide. Nous avons remarqué que l’on évite cette pullulation en employant de ces bocaux profonds et peu larges d’ouverture. 11 faut avoir soin de les placer en un lieu où ils soient frappés par les ra}ons du soleil au moins pendant une partie de la journée, et où, en même temps, ils suivent les fluctuations de la température extérieure (rebord d’une fenêtre). En etîet, l’insolation et une température variable sont deux bactéricides. Dans ces conditions, il n’y a aucun besoin de changer l’eau de ces bocaux. Kerschbaumer conseille de mettre à macérer dans l’eau des aquariums des feuilles d'eucalyptus (eucnlijptus rjlobulus). Il paraît que ces feuilles ont une action antiseptique sur les bactéries de l’eau : l’eau de l’aquarium ne se trouble pas, ou, si elle était trouble, ne tarde pas à s’éclaircir ; les feuilles d’eucalyptus, d’autre

ETUDE DES MOUSTIQUES

pari, ne sont aucunement nuisibles aux larves, au moins à celles de Culex, à fiui elles servent môme de notinilure. Kerschbaumer a pu ainsi mener à bien l’élevage de nombre de moustiques dans de la macération de feuilles d’eucal}’plus. Dans un aquarium de larves à' Anopheles, il est bon d’ajouter de petits crustacés, tels que daphnies, copépodes, dont elles font leur nourriture.

On peut môme bâcher ces crustacés et lesjeler à la surface de l'eau. II est aussi très utile d’organiser, dans ces aquariums à Anopheles, le renouvellement de l’eau. L’important est d’assurer un système d’écoulement pratique de l'eau ; les siphons s’engorgent trop facilement. Le procédé le plus commode consiste à percer le fond du bocal, à adapter dans le trou ainsi produit un bouchon de caoutchouc traversé ]>ar un tube de verre montant assez haut dans le bocal. L’eau arrive d’une manière continue en coulant sur les parois ; lors(]u’eIIe atteindra le niveau de l’orifice du tube de verre, son trop-plein s'écbappera par ce tube dont l’e.xtrémité inférieure est reliée à un évier par un tube de caoutchouc. Il faut avoir soin de garnir l’orifice supérieur du tube d’écoulement d’une toile métalliqueà mailles serrées (i millimètre à i millimètre 1/2 d’ouverture de maille) po\ir arrêter les larves que le courant peut entraîner.

Les larves ayant évolué dans ces aquariums,

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