TROISIÈME PARTIE
CIIAPITHE VI
STRUüTUHi: INTKllNE DES MOUSTIQUES ADULTES
l’üur pouvoir suivre, à travers le corps des moustiques, l’évolution des llérnamibes ou des Ei lai res, il est nécessaire d’avoir une idée sommaire de la structure interne de ces moustiques, surtout de leur tube digestif dans lequel celte évolution a lieu presque entière.
Nous donnerons ici un aperçu de l’anatomie du tube digestif et de ses annexes, rapjtelant seulement en quelques mots les notions générales sur les appareils de la circulation, de la respiration, les systèmes musculaire et nerveux, les organes des sens, les organes génitaux.
L’appareil circulatoire se réduit à un vaisseau dorsal comprenant un creur animé de ballemeiils, et communiquant avec la cavité générale. Le sang est un plasma incolore, avec des éléments figurés.
ÉIUUK DES MOUSTIQUES
L’appareil respiratoire est formé par des trachées qui se ramifient dans le corps entier de l’insecte, et s’ouvrent à l’exlérieur par les stigmates (/i^. 29). L’acte de la respiration est effi.’ctué à l’aide de puissants muscles dorso-ventraux.
Le système musculaire des moustiques est très développé. Les muscles les plus importants sont logés dans le thorax tt servent à mouvoir les
B.s. G. a G c. G sû.o.
Fig. 20. — Système Iracliéal clsyslètnn nerreut, d‘i»prè« Clirislophers. B1I, branches tiorsales îles Iraclièes ; branches sternales : Bm branches musculaires : Trp, tronc trachéen principal ; Ga, can. ;?Iions abdominaux ; Gc, îranî?lions eerricaux ; Gsoo et Gso, canglious sous et sus-o?sophacicns.
ailes et les pattes. A noter aussi les muscles splanchniques.
Le système nerveux se compose d’une seule chaîne ventrale, et de onze ganglions (fiff. 29).
Les organes des sens sont les yeux, peu compli(|ués, et proliablement les antennes, dont le rôle est assez obscur.
STRUCTURE INTERNE DES ADULTES
Les organes génitaux internes sont pairs chez le irùle et chez la femelle. A noter, chez la femelle, les deux sacs ovigènes ohlongs, situés de part et d’autre de l’intestin postérieur, et dont il faut connaître la position pour lu dissection de l’estomac.
Tube digeslif{fi(j. 3o). — On divise le tuhe digestif des moustiques en trois parties, peu fa-
/'V//. 30. — 'Kube iliue»lif.
U. bulbe pliarynt»i*'n ; P, pharynx ; O, m^opliaço ; S, spbinrler n-sophacien : K, e*loinae ; A, ampoule reclair? : T, tul>cs de Mnlpiglii ; K. rè«ervoiri» do nouirilurc ; G, glande salivairtt ; C, eanal deti glandes saliraircs.
cites à délimiter ; l’intestin antérieur, l’inteslin moyen, l’intestin postérieur.
L’intestin antérieur comprend l’hypopharynx se terminant par le hiilhe buccal, le pharynx ou organe aspirateur, et l’cusophage.
L’intestin moyen est l’estomac.
ÉTUDE DES MOUSTIQUES
L’intestin terminal est l’intestin proprement dit avec l’ampoule rectale et le rectum.
L’intestin antérieur commence, à vrai dire, à l’extrémité de la trompe; les deux mandibules, les deux maxilles et le labrum faisant olTice de forets pour percer la peau, le labium ou gaine ne sert qu’à les guider et à soutenir l’hypopharynx, sorte de gouttière de tissu mince et délicat ([ui forme, en s’appuyant sur le labrum ou lèvre supérieure, un tube complet par où est aspiré le sang qui s’écoule des vaisseaux transpercés. l.,e labium comprend une coucbe assez épaisse de tissu cellulaire, entourant les trachées, les muscles, les nerfs. Nous verrons l'intérêt de ce détail à propos de l’histoire des filaires. L’hypopharynx se termine par un renflement ou bulbe buccal qui communique avec le pharynx par un tube mince et délicat. Le pharynx constitue la portion intracéphalique de l’intestin antérieur, il est entièrement chitineux et a une forme bulbeuse. 11 agit comme une véritable |)omj)e pour aspirer le sang. Des muscles puissants insérés sur lui et disposés en ravon le font se dilater au moment où les stylets ont coupé un capillaire. Us font ainsi le vide, et le sang est aspiré.
Au pharynx fait suite l’œsophage, ou véritable intestin antérieur. Autour de son extrémité antérieure, il y a un anneau musculaire épais qui
STRUCTURE INTERNE DES ADULTES
a^it sans doute à la façon d’un sphincler pour empêcher le reflux des aliments dans le pharynx au moment ou celui-ci se dilate. A l’œsophage sont annexés trois sacs (deux dorsaux et un ventral) qui sont probablement trois « réservoirs à nourriture « ou peut-être des « réservoirs à air ».
Sous l’œsophage sont logées les glandes salivaires dont le conduit excréteur, se dirigeant en avant, va s’ouvrir à la face inférieure du hulhe
l'ig, 31. — Glandes saliraires (Ü‘a[nès Gra>si),
buccal {fiy. 3o). Les glandes salivaires sont exactement situées dans le cou étroit qui unit la la tête au thorax. Giles a pu déterminer, [lar des dissections opérées sur des insectes frais, que telle était leur position véritable, tandis que sur des coupes en série, ou les tissus sont tiraillés, les glandes salivaires paraissent être logées dans la cage thoracique. Ces glandes sont au nombre de deux et comprennent chacune trois lobes. Les
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trois lobes d’une glande salivaire ne sont pas identiques, il y en a deux longs et minces, tandis que celui du milieu est renflé et moins long. Au premier aspect, au microscope, ce que Ton distingue le mieux, c’est la lumière centrale du lobe glandulaire, qui n’est pas virtuelle comme dans les glandes des vertébrés, mais forme un dessin très net. Les conduits salivaires des trois lobes d’une glande se réunissent en un seul, qui se joint à celui qui vient de l’autre glande pour former le canal excréteur principal dont la lumière mesure, d’après Giles, .1 ou i a, tandis que la lumière des brandies intraglandulaires mesure déjà o‘^',5. Dans sa partie extraglandulaire, le canal excréteur a sa paroi épaissie par des anneaux ou des spirales de chitine qui le font ressembler à une trachée; il se dilTérencie d’une trachée on ce (|ue cet épaississement est nettement extérieur, tandis que, dans une trachée, il est à l’intérieur du tube. Le canal excréteur principal aboutit à un renflement entouré de pièces chitineuses servant de point d’appui à des muscles qui peuvent le dilater et en font une véritable pompe salivaire. Les lobes glandulaires sont enveloppées dans une membrane hyaline; les cellules glandulaires sont insérées sur le conduit glandulaire comme les grains sur un épi, par leur base eflilée. D’après Grassi, elles seraient formées de deux portions: une
STRUCTURE INTERNE DES ADULTES
distale dont le proloplasma est dense et contient le noyau, et une portion basique s’ouvrant dans le canal excréteur, composée de substance sécrétée. On a expliqué la dilTérence d’aspect entre les lobes en disant que celui du milieu secrétait le venin du moustique, et les deux autres, les sucs nécessaires à la digestion. Il est diflicile de vérifier cette hypothèse.
Après l’anneau musculaire dont nous avons parlé, l’œsophage ne forme qu’un mince tube qui traverse le thorax pour déboucher à la hauteur des premiers segments abdominaux dans l’estomac (intestin moyen), qui constitue la partie la plus considérable du tube digestif.
L’estomac est un sac allongé, plus large à sa partie postérieure; il forme des replis faisant penser à ceux de l’estomac des vertébrés, etdans lesquels on retrouve des débris de la nourriture végétale de l’insecte. L’épithélium de l’estomac présente des caractères glandulaires et est revêtu d’une couche musculaire et élastique.
A l’estomac succède l’intestin postérieur; au niveau de leur union s’ouvrent cin(] longs tubes glandulaires, recourbés, d’une teinte sombre : ce sont les tubes de Malpighi dans lesquels on a trouvé de l’acide urique et d’autres produits qui leur font attribuer une fonction rénale. Los tubes de Malpighi sont formés par une seule rangée, autour du canal central, de grosses cellules uni-
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nucléées présentant des grains de pigment et des granulations ; elles sont de forme conique, le sommet de l'une s’intercalant entre les hases de ses voisines.
L’intestin postérieur est beaucoup plus étroit que l’estomac, son épithélium n’a pas le caractère glandulaire. Il présente une partie dilatée, l’am|)oule rectale, peu avant l’anus. Dans cette ampoule rectale font saillie six grandes papilles ovoïdes, couvertes par un épithélium aplati et parcourues par un riche réseau de trachées. Le rôle des papilles doit être, d’après Nuttall, fort important, mais n’est pas encore bien déterminé (organe de la respiration ?). L’anus s’ouvre, comme chez tous les insectes, à la partie ventrale du dernier segment abdominal.
La bouche, le pharvnx, l’œsophage et, d'autre part, l’intestin postérieu r, sont d’origine ectodermique. Toutefois, seuls, la bouche et le pharynx sont chitineiix. L’estomac constitue la seule véritable partie digestive du tube.
CIIAPITUE Vil
ÉVOLUTION DES HÉMAMIBES DANS LE CORPS DES MOUSTIQUES {fig. ila)
Évolution d’ « Hæmamœba relicta » dans le corps de « Culex pipiens ». — C’est avec V Hæmamœba relicta [Proteosoma), parasite des oiseaux, que Ross réussit ses premières expériences ; nous allons retracer l’histoire de ce parasite dans le corps des moustiques, car il constitue un matériel d’expériences fort commode.
On sait que, dans le sang des vertébrés, les Hèmamibes présentent un cvcle schizogonique : le parasite qui infecte un globule rouge se développe aux dépens de celui-ci jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien chez les mammifères, plus que le noyau chez les oiseaux. Le parasite se trouve libre dans le plasma. Alors, ou bien il constitue un schizonte, c’est-à-dire que son noyau se segmente, le protoplasma se divise en masses égales autour des nouveaux noyaux (|ui se portent à la périphérie, le pigment étant accumulé au centre. Chacune des cellules-filles
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ainsi formées va s’isoler et constituer une nouvelle hémamihe d’origine parthénogénétiqne, qui ira infecter un nouveau globule rouge. Ou bien le parasite grossi dans un globule rouge devient un élément sexué appelé microgamétocyte quand il est mâle et macrogainète quand il est femelle. Le microgamétocyte se différencie du macrogamèle eu ce que son noyau est diffus, filamenteux, les grains de pigment sont plus gros et accumulés à la périphérie, tandis que le macrogamèle a un noyau condensé, plus petit, les grains de pigment sont de taille moindre et répandus partout, de plus, le i)rotoplasma du macrogamète est plus basophile. Le tnicrogamétocyle émet des germes : flagelles ou microgamètes (]ui ne peuvent féconder les macrogamètes qu'en dehors du corps des vertébrés ; le produit de la fécondation n’évolue, déroulant le cycle sporogonique de l’hémamibe, que dans le corps des moustiques.
En ce qui regarde V Hæmamæba relicta, ce sont les Culex pipiens qui peuvent être infectés par ces formes sexuées.
La description suivante n’est exacte, pour ce qui concerne les dates, que si les moustiques ont été gardés à 24-3<)°C.
Si l’on tue un Cule.v pipie7is immédiatement après qu’il a sucé le sang d’un oiseau infecté par le P)'oleoso77ia, on s’aperçoit que tous les élé-