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I. L'exhémie

Le plasma entraîne dans son exode ses sels dissous, ses bicarbonates, substances tampon d’où abaissement de la KR. À. et acidose.

Ses chlorures d’où hypochlorémie.

2. La résorption tissulaire qui entraîne l’intoxication par les polypeptides.

Avec BOTTIN, nous croyons que la déshydratation peut rendre compte de ces divers troubles.

D'une façon générale la réduction de la masse du sang circulant déterminée tant par le déficit hydrique (hydrorragie externe) que par la fuite à travers les capillaires dans les espaces insterstitiels (exhémie plasmatique de LAMBRET, «hydrorragie interne » de SOUPAULT) entraîne une insuffisance circulatoire périphérique et tissulaire. Celle-c1 retentit sur le fonctionnement organique et principalement sur le foie et sur le rein.

a) Pour ce qui est de l’azotémie on peut comprendre ainsi sous l'angle de la déshydratation la succession des phéno- Inènes,.:

a) Nous admettons qu'une partie des substances azotées provient d’une résorption des produits de désintégration protéique au niveau du foyer opératoire ;

b) La majeure partie doit provenir des tissus en général, en effet la circulation tissulaire étant ralentie, les produits du métabolisme cellulaire dont certains sont hautement toxiques ne sont. qu'imparfaitement repris par le sang d’où intoxication tissulaire ;

c) Les produits repris par le sang sont imparfaitement simplifiés par le foie ,ne sont pas tous ramenés à l'état de sels ammoniacaux et d’urée — il en est ainsi pour les polypeptides — parce que de même que pour les autres fonctions, la fonction désintoxicante du foie ne s'exerce à plein que si la circulation sanguine y est normale ;

d) Enfin, ces produits véhiculés jusqu’au rein, qu'il s'agisse de l’urée ou des polypeptides ne sont pas tous éliminés par le rein, non pas à cause d’une soi-disante néphrite fonctionnelle (CHABANIER-LOBO O’NELL) mais simplement parce que les reins ne disposent pas suffisamment d’eau pour les excréter.

C’est un fait en effet que dans le post-opératoire les reins excrètent l’urée à une concentration en réalité supérieure à la concentration de la période pré-opératoire. Mais la quantité d’urée éliminée est beaucoup inférieurè à la normale parce que la quantité d’eau ou d’urine est trop basse.

C'est par manque d’eau que ne sont pas suffisamment excrétés ces produits de désassimilation tissulaire nés euxmêmes en partie d'un manque d’eau au niveau des tissus.

CRISTOL avait d’ailleurs dit que l’hyperpolypeptidémie peut être due au défaut de destruction des polypeptides par les diastases du foie ou des autres organes, et à l’hyperproduction par autolyse tissulaire. À

HADEX et OR, WHIPLE ont montré que la déshydratation expérimentale entraîne une augmentation considérable du taux de l’urée sanguine.

b) Pour ce qui est de /’hypochlorémie avec hypochlorurie, nous pensons que le phénomène de la transsudation percapillaire du plasma et de ses sels n’est pas un phénomène limité à la seule région opératoire (fixation «antitoxique » du chlore sur la région traumatisée, de LEGUEU, FEy, PALAZZOLI) mais un phénomène généralisé.

Que la fuite capillaire peut se faire dans les espaces interstitiels et parfois de façon aiguë (choc).

Qu'elle se fait aussi et surtout au niveau de la lumière intestinale. Quelque soit le mécanisme de la perte de plasma et de ses sels, pourquoi ce qui est vrai de la région traumatisée par le bistouri ou la brûlure, ne le serait-il pas de la «région grêle » de ces anses intestinales à méso richement innervé, si souvent traumatisées (tiraillements, refoulement, extériorisation, déroulement) au cours des laparotomies.

L’afflux de chlorure au niveau de la plaie opératoire est une constatation de fait, mais c’est insuffisant pour expliquer l’hypochlorémie. Au contraire, la séquestration

PT ee

liquide au niveau de l'intestin parésié explique surabondamment la spoliation chlorée.

L'avantage de cette explication est qu’elle correspond à des faits cliniques

a) L'hypochlorémie manifeste des occlus et l'on sait depuis GOSSET, PETIT-DUTAILLIS l’action parfois magnifique du sel dans ces circonstances :

b) La quasi constance de la parésie intestinale dans la maladie post-opératoire ;

c) Enfin l’analyse des liquides retirés par aspiration du tractus gastrointestinal (WANGENSTEEN), montre leur teneur élevée en chlore.

Ainsi donc la déshydratation qu’entraîne la spoliation aqueuse au niveau de l'intestin parésié, explique l’hypochlorémie.

L'hypochlorurie ne trouve-t-elle pas alors une explication simple au point de sembler simpliste : elle est parce que le rein n’a pas de sel à excréter.

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