I0,—= 150 OUI
Cette façon de faire a donné à COLLER et MADDOCK de bons résultats. Certains sujets, ceux qui avaient subi une perte récente et aiguë, voient retourner à la normale le taux de la chlorurémie en même temps que s'établit une chlorurie normale. Il n'en est pas de même des malades de longue date, dénutris, fébriles.
Quelles conclusions pratiques tirer de ces recherches?
— d'abord que dans les réhydratations abondantes, lorsque cest avant tout à l’eau qu’on veut faire appel, 17 y a lieu de ne pas utiliser le sérum salé physiologique, tout au moins de ne pas utiliser exclusivement du sérum salé.
I peut porter préjudice, alors que la solution glucosée n'expose à aucun dommage
— que les solutions salées doivent être employées non pas pour l’eau qu’elles apportent, mais pour le sel que peut nécessiter une rechloruration :
— que la rechloruration dans les suites opératoires banales (et nous n’envisageons, répétons-le, que les suites opératoires des interventions abdominales) n’a pas besoin d'être très abondante. Il suffit de constater dans quelles faibles proportions baisse la chlorémie pour voir, en utilisant le calcul de COLLER et MADDOCK, que le taux de sel à restaurer est faible :
— enfin que la rechloruration, lorsqu'il existe des pertes hydrosalines anormales, pourra au contraire être beaucoup plus abondante qu’elle n’est habituellement pratiquée puisqu'elle obéira à la loi, volume pour volume.
Est-il donc nécessaire de faire doser les chlorures sanguins? C’est peut-être un examen de laboratoire «aussi simple et rapide que le classique dosage d’urée sanguine » (FEy), mais il faut bien reconnaître qu'il n’est pas entré dans le domaine de la pratique courante.
À part certains cas — et particulièrement ceux où le problème de la réhydratation et de la rechloruration se pose d'urgence, l’occlusion en est le type — on peut s’en passer.
Réhydratant les opérés du service de notre maître M. le DT SOUPAULT, sur la dose de trois litres quotidiens, nous ne donnons qu'un litre de sérum salé physiologique, soit 8 gr. 5 de sel, ce qui correspond à la ration moyenne d’ingestion de sel pour un sujet normal. Le reste, 2 litres, parfois plus, est donné sous forme de sérum glucosé.
Nous n'avons envisagé jusqu'ici que le sérum salé isotonique.
Reste la question du sérum hypertonique salé.
Un grand nombre d'auteurs français se rencontrent pour en vanter les très heureux effets : ROBINEAU, LAMBRET, GA- TELLIER.
M. ROBINEAU injecte, après le réveil, 500 cc. intraveineux de sérum salé hypertonique, mais c’est de l’hypertonique à 4 %, (ce qui fait 20 gr. de sel) et 300 cc. du même le lendemain (remarquons en passant que les excellents effets que M. ROBINEAU retire de son traitement post-opératoire et qu’il impute au sel, pourraient également être imputés
à l’eau car le solvant est employé à des doses plus fortes qu’habituellement)
Premier jour : 300 cc. sérum salé isotonique post-opératoire.
500 cc. intra-veineux sérum salé hypertonique après le réveil.
500 cc. sérum glucosé rectal + 20 unités insuline.