‹ Moyen infaillible de prolonger l'existence et de prévenir les maladiesChapitre 12 sur 19 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Les nerfs

Il nous reste, pour finir cette description rapide de notre machine, à parler^ d’organes importants, organes que chacun nomme à tout instant et que peu connaissent bien. Quelqu’un a-t-il mal à la tète ? Ce sont les nerfs. A-t-il mal au ventre? A-t-il mal dans les jambes? Ce sont encore les nerfs .

Pauvres nerfs, accusés de tant de maux auxquels ils ne peuvent mais! 11 n’en est pas moins vrai qu’ils ont une grande influence sur la santé, et que nous devons par cela même en faire l'objet d’une étude spéciale.

On donne le nom de nerfs à des cordons blancs formés par des tubes nerveux qui partent des deux côtés de l’axe cérébro-spinal pour se diriger vers les organes dans lesquels ils se distribuent.

Les nerfs naissent de la l'ace antérieure ou de la lace postérieure de l’axe central ; les premiers sont destinés au mouvement, les derniers président au sentiment.

Il arrive quelquefois que ces nerfs se fusionnent, s’entrelacent, et si bien qu’ils n’en forment plus qu’un. Ils sont alors réunis sous la même enveloppe et, bien qu’agissant individuellement, ils semblent uniques jusqu’au moment où ils sont mis en action.

Alors le nerf moteur agit sur les muscles, et les nerfs du sentiment vont partout où la sensibilité peut être constatée.

Les nerfs se divisent aussi en nerfs de sensibilité spéciale, qui communiquent aux organes des sens : les nerfs olfactifs, optiques, acoustiques, et en nerfs de la vie végétale : tel est le grand sympathique, qui se termine aux organes de la digestion et de la reproduction . Ces deux espèces se distinguent du reste par leur couleur.

Les nerfs de la vie animale sont fermes, blancs*, les autres sont mous, d’un gris rougeâtre, plats et unis.

Nous n’entrerons pas entrer dans des détails techniques sur la construction , la formation des nerfs , toutes choses qui intéressent plus le médecin, le savant que le gymnaste, qui doit s’attacher plus spécialement à l’étude de la mécanique humaine.

Il nous parait cependant utile, dans l’intérêt de la question que nous occupe, d’invoquer l’opinion des savants docteurs Bastien et Vulpian. Ces deux médecins.

dont le dernier surtout est très connu, ont fait insérer dans les comptes rendus de l’Académie des sciences un mémoire traitant de l'influence du mouvement artificiel passif sur le système nerveux.

Nous allons résumer ce qu’ils disent, tout en tâchant de rester dans les cadres de notre travail.

Les effets de la compression des nerfs se divisent naturellement en deux périodes :

La première commence au moment où l’on a établi la compression, et se termine au moment où on la cesse.

La seconde débute au moment où l’on cesse la compression et finit lorsque les parties qui sont sous la dépendance des nerfs comprimés reviennent définitivement à leur état normal.

C’est la période de retour ou de déclin.

La première période ou période d’augmentation se subdivise en quatre stades.

Le premier stade est caractérisé par des fourmillements, des picotements; sa durée est de deux à dix minutes.

Vient ensuite le stade intermédiaire, pendant lequel ces phénomènes disparaissent, quelques minutes, pour revenir plus énergiquement pendant :

Le stade d hyperesthésie, où les sensibilités du tact, de chatouillement, etc., s’exaltent pour arriver jusqu’au stade d anesthésie ou de paralysie musculaire , pendant

lequel la sensibilité de la douleur est .pervertie et exagérée souvent à un degré extrême.

On éprouve, dans les muscles, de la courbature, des douleurs plus ou moins vagues, quelquefois des crampes; un peu plus tard les mouvements deviennent moins faciles et arrivent progressivement à être impossibles.

La période de déclin se subdivise comme la précédente :

Le premier stade ou stade de paralysie n’est que la continuation du stade d’anestliésie ; il dure au plus deux minutes.

Pendant le stade d'hyperesthésie de retour, on peut déjà exécuter quelques mouvements peu étendus, les différentes sensibilités renaissent. Durée, au plus, une minute.

Au stade intermédiaire de retour, l’état normal de la mobilité et de la sensibilité est revenu. La sensibilité à la température est seule encore obtuse.

Le quatrième est très complexe et ressemble assez au premier stade de la période d’augmentation.

Quelle conséquence tirer de là?

C’est que la compression, la pression, le pincement, la friction, la vibration et tous les mouvements imprimés au système nerveux ont leur utilité thérapique.

Cela résulte, du reste, d’expériences entreprises en Suède par un autre médecin, M. Georgii.

D’après ce savant, les névralgies générales des extrémités inférieures ont été souvent guéries par des pressions sur les nerfs; plusieurs affections névralgiques dans les

muscles du dos, ainsi que dans la peau et dans les tissus ligamenteux de cette région , ont été traitées avec succès par un mouvement de froissement partiel de la peau.

Enfin M. Georgii croit à la toute-puissance de la gymnastique pour la plupart des maladies nerveuses. Les recherches dans ce sens n’ont pa ; encore été poussées aussi loin qu’elles devraient l’être. Mais on a du moins déjà pu se convaincre que, dans ces cas, la gymnastique combinée avec le massage et les frictions , pouvait rendre les plus grands services et remplacer 1 électricité avec avantage.

C'est en se basant sur des principes analogues qu’on est arrivé à introduire la gymnastique dans le traitement des aliénés. On a obtenu des résultats remarquables dans tous les pays où ce système a été suivi.

Tout, -dans le corps, se tient, se correspond et se pondère ; en exerçant les nerfs on exerce les muscles et réciproquement; on ne peut donc exercer les uns sans exercer les autres.

Mais pour telle personne, tous les mouvements doivent être faits en vue du système nerveux ; pour telle autre ce sont les muscles qui sont malades, et sur lesquels il faut agir.

Au médecin, au maître de gymnastique, à voir ce qui convient, selon le tempérament et l’affection diagnostiquée,

Page 1