EXPOSÉ DES MOYENS A OPPOSER A LA MALADIE
Les mesures sanitaires qui vont être indiquées se présenteront d’abord à nous, telles qu’il convient de les faire exécuter avant l’invasion du Choléra pestilentiel, puis au commencement, et enfin pendant toute la durée de la maladie.
Entre ces mesures nous signalons de préférence celles que nous regardons comme principales; mais nous ne devons pas oublier celles aussi qui, moins importantes , ont cependant un degré remarquable d’utilité, et ne se trouvent point signalées dans les nombreux ouvrages qui ont paru en France sur le Choléra :
A vaut la maladie.
Tous les puits, puisards, latrines, ont dû être curés pendant les temps les plus froids de l’hiver et les plus ventilés.
Aujourd’hui qu’au contraire l'été approche avec ses chaleurs, qu’on se garde de remuer aucune matière méphitique.
Mais que les puisards restés infects soient comblés , ou fermés à temps, ou à jamais, selon la mesure des diverses nécessités.
Les puits infectés seront couverts et fermés, de manière cependant à ce qu’ils puissent subitement redevenir praticables en cas d’incendie; en attendant d’ailleurs qu’ils puissent être remplacés par des pompes,
dont le tube inférieur descendra jusqu’aux lames d’eau non infectées.
Les logemens des pauvres, des portiers seront assainis et désinfectés, non pas une seule fois, mais périodiquement et le plus souvent possible, par les soins des Commissions sanitaires, lesquelles, pour les assainissemens quotidiens, fourniraient ces pauvres malheureux de chlorure et d’instrumens convenables.
Quand on pense qu à Edimbourg, ville qui renferme seulement 200,000 personnes, on a expulsé, par l’effet des mesures sanitaires que nous proposons, 5,ooo cochons, qui vivaient pêle-mêle avec autant de misérables, et extrait 3, 000 charretées d’immondices , on comprend qu’une opération semblable aurait été extrêmement utile à notre ville de boue, qui comprend 800,000 individus, dont un grand nombre est aujourd’hui dans une misère profonde et difficile à décrire; que de lapins, d’ordures, de haillons pestiférés, on aurait extraits de ces taudis infernaux , où le dévouement le plus héroïque pouvait seul pénétrer, où volait avec sérénité la charité bienfaisante !
Paris a encore aujourd’hui , dans tous ses vieux quartiers, et en nombre considérable, des maisons qui portent sur tous les murs de leur intérieur, tous les degrés de leurs escaliers, partout, des enduits de crasse et d’ordures successivement appliqués par trois générations immondes ; il est urgent de désinfecter ces repaires de pestilence, cela est urgent : quoique nos Ministres soient logés dans de forts jolis hôtels.
— Avec des chlorures et des moyens de désinfection, ces pauvres auraient du recevoir, long-temps à l'avance, un emploi et un travail convenables; tandis que les infirmes parmi eux, et leurs femmes débiles, et leurs
enfans eussent reçu des vivres, des vêlemens, des flanelles, du linge-, et à tous ces malheureux , on aurait distribué les moyens de se laver et nettoyer, dans des bains à eux réservés, de toutes les saletés dont ils sont encroûtés.
Dans la saison de l’été, les travailleurs seraient envoyés au loin creuser des canaux, établir des roules nouvelles : et logés sous des baraques tous les jours assainies (i) , et dans des contrées bien saines.
Pour les ouvriers logés en garni , c’est adiré entasses sur de la paille humide, au nombre d’une quinzaine quelquefois, dans un même trou putride :'ces ouvriers auraient dû voir leur sort changer du tout au tout, par les soins de l’administration , n eût-elle été guidée que par la plus stricte philanthropie.
— Il faudrait encore exercer, dans tous les genres, tous les assainissemens possibles (2) : convertir les ruisseaux , qui retiennent plus qu’ils ne conduisent les eaux ménagères, en petites rivières toujours courantes, etc.
Avez-vous, près de vos demeures, des bras de rivière mis à sec en été : retenez-y, à moitié captives, les eaux courantes, pour cacher leur vase. Ce que vous
(1) Ou, si l’on veut, sous des tentes plus faciles encore à assainir au moyen du lavage.
(2) On doit essayer des plans plus hardis d’assainissement, quand la santé de chacun est plus menacée.
Ne pourrait-on pas , par exemple , consacrer des fonds spéciaux au rachat successif des sales et hideuses masures- qui déshonorent encore l’intérieur de Paris et de nos grandes villes, et rendent , pendant la durée d’une épidémie, leur séjour si dangereux? Il y a telle rue que, dans l’intérêt de tous, on devrait se hâter d’élargir. A l’aide de mesures sagement prises , on pourrait, en peu de temps , faire beaucoup de bien et un bien durable. (P. 82 -83 du Rapport de la Commission de Pologne.)
ne pourriez couvrir avec de l’eau courante, soit là, soit ailleurs, couvrez-le avec des terres calcaires; considérez alors toute masse méphitique, comme un cadavre qu’il laut enterrer profondément.
— C’a clé une belle idée que celle des ambulances médicales; elle appartient aux médecins; mais ces ambulances auraient dû avoir leur matériel complet , elles auraien t dû être entièrement organisées , avau t la maladie.
Il leur fallait, dès lors, linge et couvertures, avec excès;
Provision de chlorures;
Piegistres tout imprimés : pour recevoir toutes les annotations convenables ; pour indiquer d’avance tous les genres de recherches , statistiques, hygiéniques, thérapeutiques et autres.;
Bons, également imprimés, pour tous les genres de secours, pharmaceutiques, diététiques, etc. ;
Un petit nombre de médicamens choisis, à employer en première ligne , etc. ; des appareils pour les transporter.
Ainsi , elles auraient été de véritables ambulances médicales, plus utiles que nos Bureaux de secours ou postes médicaux , qui ont toutefois rendu de grands services.
Quoiqu’il en soit, à Paris, au huitième jour de lépidémie , le matériel de notre Bureau de secours ne se composait encore que de deux lits de sangle complets, quatre chaises, deux couvertures et une petite seringue à injections. En tout ceci , rien qui étonne : car les rapports de la Commission chargée d’organiser ces postes médicaux , rapports datés des 19 et 29 novembre 1 S3 1 , n’ont été publiés, dans le Moniteur , que. le i". avril j 83?. , et l’épidémie avait commencé le 26 mars.
Dans nos provinces, on étendrait aussi ces mesures aux villages qui environnent nos grandes cités , comme à ceux qui en sont éloignés : on fournirait leurs petits postes médicaux d’eau de Seltz contre les vomissemens, de sinapismes ou pâtes irritantes toutes prêles à être appliquées sur la peau, et en étal d’agir immédiatement ; de lavemens antidiarrhéiques , de la mesure d’un grand verre, et tout préparés, de sorte qu’il n’y aurait plus qu’à les faire tiédir au bain* Marie. ( V oyez plus bas. )
Dans tous ces villages, on ferait apprendre à saigner a quelques personnes intelligentes , afin d’administrer à temps, en l’absence de l’officier de santé, ce secours, quelquefois si important et si urgent , de l’émission sanguine.
Dans les grandes villes, le matériel d’une ambulance médicale devrait comprendre aussi des voitures de transport pour remplacer nos tristes brancards -, ces voitures , semblables à celles qu’on a vues dans quelques villes de l’Angleterre, suspendues sur des ressorts droits, mais très élastiques, sont garnies de jalousies tout autour; leur fond est un cadre à matelas qui coule sur des rouleaux , de manière que le malade y étant couché et couvert, on le glisse sans difficulté et sans secousses.
Dans nos ambulances médicales , le personnel des médecins aurait du être divisé en deux services , obligé et volontaire ;
Le premier, formé principalement par les médecins des localités , médecins du Bureau de charité , aidés de jeunes docteurs, et même d’élèves en médecine des dernières années et préparés au doctorat,. Ce service largement établi , car il faut toujours compter sur des lacunes que la maladie viendra introduire, ce service eut été rétribué honorablement.
Le deuxième, non rétribué et volontaire , eût été fait par des médecins avancés dans la pratique de l’art et ayant une clientèle nombreuse, envers laquelle ils ont contracté des engagemens anciens, et qui toutefois leur laisse des instans qu’ils seraient venus offrir à l’ambulance médicale, avec l’histoire utile de leurs succès et de leurs insuccès.
— Le personnel administratifde chaqueambulance, ou, si l’on veut, la Commission sanitaire du quartier , associée à cette ambulance , eût été composée comme nous l’avons dit; et, je le répète, chacune de ces Commissions aurait dû être formée par les localités elles-mêmes, pour obtenir ainsi la plus grande autorité morale.
Elles eussent été d’ailleurs munies et instruites de toutes les ordonnances de police, de toutes les ordonnances du Roi , et , au besoin , de toutes les lois qui leur étaient nécessaires ; de plus une force suffisante eut été mise à leur disposition.
Ajoutez à tout cela des domestiques et des hommes de peine, en nombre suffisant.
Enfin les principaux arrondissemens , ou quartiers, auraient dû être divisés en districts, ou arrondissemens plus circonscrits, peut-être subdivisés encore. On voit qu’à Vienne, pour quatre maisons, un commissaire était nommé, et en général l’un des propriétaires de ces maisons , chargé de faire exécuter les précautions sanitaires les plus importantes; sans doute cette mesure a été très utile.
— C’est encore avant l’épidémie, long-temps avant elle, que des hôpitaux spéciaux auraient dû êire établis, avec des lits grandement espacés: et, par voie d’expérimentation, quelques salles munies de lits à laRumford, très faciles à désinfecter, très propres encore à faciliter
la caléfaction des malades, au moyen d’appareils qii’on pourrait introduire sous la sangle de ce genre de lit; et enfin ces hôpitaux , munis dès lors d’un matériel complet.
Situés dans les divers quartiers, et multipliés, autant que possible, dans des maisons isolées, entre cour et jardin, ces petits hôpitaux n’eussent reçu qu’un petit nombre de malades, de manière à éviter de donner jamais lieu à de grands foyers d’infection.
Ainsi auraient été en même temps évités tous les inconvéniens des longues translations, inconvéniens bien tristes pour ces pauvres malades, et même pour cette série de passans auxquels ces malheureux portés sur des brancards n’apparaissent, durant cet interminable voyage, que comme des victimes qu’on va immoler.
Ces hôpitaux doivent être construits avec une telle recherche, qu’ils soient en effet dignes d’être recherchés, même par une classe plus élevée à laquelle ils ne sont pas destinés.
Lorsque le Roi, ou l’Empereur, donne, à cet effet, 2,000,000 de florins, comme l’Empereur François a fait à Vienne, ces opérations présentent peu de difficultés ( National , lettre de Vienne, août i83i ).
A Paris, l’Administration des hôpitaux eût nommé pour ses commissaires ses membres les plus honorables, et nous eussions vu les plus heureuses merveilles.
Aucontraire, faute d’hôpitaux spéciaux établis avantla maladie, et par le mélange des Cholériques avec les autres malades, on a compté soit à Paris, soit ailleurs, plus de victimes que la voix du fléau n’en appelait, ce semble.
Etablissez donc sur ces bases des hôpitaux spéciaux , en même temps que vous prendrez des mesures propres
à conjurer le fléau contagieux (i); et si ces établissemcns restent heureusement inutiles, le matériel que vous y avez introduit ne sera pas perdu, car vous au rez toujours des pauvres parmi vous.
— Si vous avez ouï dire que le mal approche, à la première nouvelle, à la moindre inquiétude du danger, songez à nos malheurs :
Que les villes et bourgades, qui ont encore leur cimetière au milieu d’elles , se hâtent de le placer ailleurs, loin des habitations, dans un lieu élevé, ventilé; que des fosses y soient creusées, profondes et nombreuses: faites vos provisions de chaux; et que vos menuisiers apprennent que, faute de précautions, on peut, dans une grande ville comme Paris, manquer des cercueils les plus faciles cà construire.
Que les restes des victimes puissent être enlevés le matin, dans les délais voulus par les réglemens , avant toute décomposition putride.
Préparez des voitures auxiliaires de vos chars d’inhumation ; mais gardez-vous de ces voitures ouvertes, qu’on appelle à Paris des tapissières , et qui laissaient voir, malgré le drap funèbre qui les enveloppait, les cercueils amoncelés et parfois exhalant au loin une odeur atroce. Des caissons couverts, comme ceux de l’artillerie, paraissent bien préférables sous divers rap-
(t) Les salles de l’hôpital seront partagées en trois classes: celles destinées aux Cholériques arrivans , celles des Cholériques en traitement depuis la veille et les jours pre'cédens , celles enfin des convalescens. Cette division facilite le service, elle est en harmonie avec la diversité des classes de malades, et elle a pour résultat d’éloigner de la vue du plus grand nombre l’effrayant tableau de la mortalité parmi les entrans. (Rapport des médecins envoyés en Pologne, p. 9 4.)
ports. Qu’ils soient rapidement conduits, pendant leur service, et ensuite, chaque jour, désinfectés.
— Alors aussi, mettez la dernière main à ces maisons de quarantaine, destinées à purifier les personnes, parens, amis et autres, qui se dévoueront au traitement des premiers Cholériques à domicile; ainsi la contagion sera éteinte à sa naissance , et la maladie réduite à la plus courte durée possible.
Partout où ces moyens ont été employés, en Angleterre en particulier, ils ont été infiniment utiles; nous avons vu qu’ils furent recommandés à la France par T Angleterre, après quelle en eut recueilli les avantages : ils y avaient été prescrits dès l’origine par son Conseil supérieur de santé. (Mapporl de Sr. Mac-Michaël.)
— Que 1 Administration prenne encore toutes les mesures convenables pour que, dans aucun cas, les choses nécessaires à la vie ne puissent manquer à la multitude des habitans, ou même ne puissent subir un renchérissement quelconque; que les médicamens et toutes les choses devenues, dans ces circonstances, nécessaires à l’égal de la nourriture, partagent le même sort.
— Pour produire sur le moral des populations les influences les plus salutaires, appelez la religion à votre secours, laissez-la faire, et surtout aidez-la; elle seule peut abattre ies hommes superbes sans les consterner; elle seule commande aux vents et à la tempête; elle seule a les paroles de la vie et de l’immortalité; elle seule enfin peut répondre aux besoins divers des âmes, dans ces calamités qui entraînent tant d’accidens dissemblables; quelle multiplie donc ses prières, ses prédications, ses vœux expiatoires, et tous ces actes pieux qui modèrent ies forts et élèvent les faibles jusqu'à l’héroïsme.
( So )
•Dès lors vous n’aurez point d’émeutes à craindre : mais que vous seriez puissans contre elles!
Et ne craignez point en laissant ainsi les hommes se consoler, s’adoucir, se fortifier dans les bras de la religion *, ne craignez point d’attrister ces autres hommes que celle religion n’éclaire point encore de toutes ses lumières-, non, dans ces jours solennels, le sentiment religieux se réveille en tous les cœurs. C’est alors que nos confrères de l’épidémie de Barcelonne ont tracé ces Lignes si honorables : « On nous pardonnera d’avoir indiqué par une croix et par le nom de notre ami Mazet l’endroit où ce courageux martyr d’un noble dévouement a terminé une vie toute consacrée au soulagement de l’humanité. Ce monument de piété, quelque peu durable qu’il sera, soulage nos cœurs déchirés par une aussi grande perte. » (P. 644? Rapport cité.)
11 y a, dit-on , quelques hommes assez malheureux pour ne rien sentir de tout cela-, qu’ils s’attendrissent avec ce distique :
Ferjacilis quodj'ata ferunt : si ferre récusas ,
Ipsum te crucias, nec minus ilia trahunt.
• — S’il vous plaît de faire quelque proclamation, de publier quelqu’instruction, que la vérité et l’utilité seules les inspirent: vous avez tout fait pour écarter de vos concitoyens une contagion possible (i) : vous êtes prêts à la combattre si elle se présente, et à la combattre avec succès; c’est vraiment à vous qu’il appartient de dire que vous êtes prêts pour une lutte active ; vous avez été
(i) La docilité du peuple d’Edimbourg, ville où l’ou a pris de si bonnes mesures, vient de ce c]u il a tout connu et cju il a été convaincu. ( Delpech , loco citato , p. 286.)
véritablement vigilans : vous êtes des athlètes dignes de la palme civique!
Sous les inspirations des localités, vous avez formé des Commissions sanitaires d’arrondissement , de quartier et de plus petits districts; Commissions centrales. Commissions particulières des vivres , des mesures hygiéniques; Commissions des inhumations, des hôpitaux, des séquestrations, des quarantaines; Commissions de désinfection , Commissions des recettes et dépenses, Commission des élahlissemens charitables, des orphelins, des ouvriers convalesceus ; Compagnies des infirmiers, des infirmières charitables... Non, vous n’avez point d’émeutes à redouter ; vous n’avez qu’à recueillir les bénédictions de vos concitoyens et à jouir de leur amour; vous êtes beaux comme une armée rangée en bataille ; comme l’armée des anges de Milton ,
Tels que des dieux armés pour la cause de Dieu !
Mais si, par malheur, hommes de bien à qui je m'adresse en ce moment, vous habitiez quelqu’une de ces cités où le pouvoir est tout à la fois vide de moyens et plein de prétentions au monopole philanthropique ; si cette vaine autorité avait Y outre-cuidance d’opérer quelque bien, en repoussant la charité qui vous inspire, gardez-vous de vous irriter de ses mépris et de ses dédains, ils cesseront bientôt ; au jour du danger, il faudra bien avoir recours à vous : arrivez alors; placezvous, comme votre maître, à la dernière place; la nécessité est là, qui vous dira : Mes amis, montez plus haut.
En attendant, concertez-vous pour faire le bien et le bien faire : voyez ce que rêve cette autorité, ce quelle prépare. ; disposez tout pour perfectionner ce qu elle en-
treprend, pour remplir les lacunes que présenteront ses ébauches ; préparez les œuvres indispensables , auxquelles elle ne songe meme pas. Mais surtout, gardez-vous de vous séparer de vos frères, et, selon les belles expressions de M. l’Archevêque de Paris : « Ne )> fuyez pas leurs assemblées ; que vos réunions leur » soient toujours ouvertes. » [Voyez la Note K, page 83.)
Car, au jour du combat, bien des inimitiés cessent et s'évanouissent. Vous, qu’on appelle carliste, vieux Français entêté à préférer la poule au pot au Choléra-Morbus; et vous, jeune républicain, dont le cœur est noble et vertueux, et qui valez bien mieux que vos théories-, et vous-même, homme du juste milieu, chez qui l’amour des places n’a pas éteint le feu sacré , vous serez tous amis; oui, quand vous aurez ensemble combattu ce terrible ennemi ; quand vous aurez confondu vos larmes sur le corps de ce malheureux, que vous n’avez pu dérober à la mort; quand , tous les trois ensemble, vous aurez soulevé le lit de ce convalescent, qui vous doit la vie et la paix; quand vous aurez ainsi goûté, dans la même coupe, 1 e plaisir sublime de soulager les misérables , vous serez amis , et à jamais !