DEUXIEME PARTIE
Bon jour, mon petit bon homme ! comment te portes-tu? Apporte ton petit tabouret, et assieds-toi près de moi, car j'ai beaucoup de choses à te dire.
J'espère que tu as été bien sage, et que tu as lu tous les jolis mots que je t'avais écrits. Oui, me dis-tu ; tu les as lus et relus, et tu désires quelques nouvelles leçons ?
Assieds-toi donc, et nous allons causer ensemble.
Regarde minette. EUe dresse les oreiUes et flaire de tous côtés. Elle sent les souris qui font du bruit derrière le lambris. Minette veut entrer dans l'armoire : laisse-la y entrer. Les souris ont rongé les biscuits. Ah ! voici
une souris dont la queue passe par le trou du lambris. Prends garde, petite souris, minette va f attraper. Tiens, la voilà qui court. Minette saute sur la souris, lui donne la chasse et l'attrape ; puis la laisse courir un peu. La pauvre souris pense qu'elle pourra s'échapper et regagner son trou ; mais minette la poursuit de nouveau et met la patte sur elle. Minette, je voudrais que vous fussiez moins crueUe : pourquoi ne mangez-vous pas votre victime tout d'une fois ?
Il fait bien froid ce soir : il gèle. Attrapons la chatte. Viens dans ce coin tout sombre. Maintenant frotte le dos de minette, frotte fort. Frotte lui le dos à rebrousse poil. Ecoute : quel est ce bruit ? Vois ces étincelles : le dos de minette est tout en feu. Ce feu ne lui fait pas de mal, ni à toi non plus. A présent, laissons partir la chatte ; elle commence à se fâcher.
Quel jour est-ce aujourd'hui, Charles ?
Aujourd'hui, c'est Dimanche,
Quel jour sera-ce demain ?
Demain, ce sera Lundi.
Et après ?
Ce sera Mardi.
Ensuite ?
Mercredi.
Et puis ?
Jeudi.
Et le jour d'après ?
Vendredi,
Et après Vendredi ?
Samedi
Et quel jour viendra après Samedi ?
Alors ce sera Dimanche qui reviendra.
Dimanche, Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi,
Vendredi, et Samedi. Cela fait sept jours ;
et sept jours font ?
Une semaine.
Et combien font quatre semaines ?
Un mois. Et douze mois font un an — Janvier, Février, Mars, Avril, Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre, Octobre, Novembre, Décembre.
Il fait très froid en Janvier : il neige. Il gèle. Il ny a pas de feuilles aux arbres. L'huile est gelée, le lait est gelé, la rivière est gelée, tout est gelé.
Tous les petits garçons glissent sur la glace : il faut apprendre à glisser. Voilà un homme qui patine. Comme il va vite. Tu auras une paire de patins. Prends garde î Il y a un trou dans la glace. Rentre à la maison. Il est quatre heures. Il fait nuit Antoine, allumez les chandelles, apportez du bois et du charbon, et faites bon feu.
Février est aussi très froid, mais les jours sont plus longs et Fécorce des arbres est couverte d'une mousse jaunâtre qui annonce
la végétation, et sur les branches il y a de petits boutons blancs qui commencent à paraître. Que cette tige verte garnie de boutons blancs est jolie ! puis-je la cueillir ? Oui, tu le peux; mais il faut toujours demander permission avant de cueillir une fleur. Quel bruit font les corbeaux ! coua, coua^ coua; et comme ils sont occupés!
Ils vont bâtir leurs nids. Voilà un homme qui laboure son champ.
Nous sommes en Mars. A présent il fait du vent Le vent souffle si fort qu'il pour-
rait peut-être emporter un petit garçon comme toi ! Voilà un arbre renversé !
Voilà de jeunes agneaux. Pauvres petits, comme ils se tapissent sous la haie ! Quelle est cette fleur ? Une primevère.
Avril est venu, et les oiseaux chantent, les arbres sont en boutons, les fleurs poussent, et le soleil luit. A présent il pleut. Il pleut et le soleil luit ! Voilà un arc-en-ciel. Oh ! les magnifiques couleurs ! quel bel arc-en-ciel ! Tu ne peux pas le rejoindre, il est dans les nues. Il s'en va. Il s'eflace. Il est tout-àfait disparu. J'entends le coucou. Il dit coucou, coucou. I] vient nous annoncer que le printemps est venu.
Nous voilà en Mai ! Oh ! le joli mois de Mai ! allons nous promener dans les champs. L'aubépine est en fleurs. Allons en cueillir quelques branches. Voilà des marguerites,
des primevères et des renoncules. Nous ferons un bouquet Voilà un brin de fil pour rattacher. Sentez-le, il sent très bon.
Qu'est-ce que Jules a trouvé ? Il a trouvé un nid de jeunes oiseaux. Il a grimpé sur un grand arbre pour Favoir. Pauvres petits oiseaux ! ils n'ont pas de plumes. Tenez-les chaudement II faut leur donner à manger avec une plume. Il faut leur donner du pain et du lait Ce sont de jeunes chardonnerets. Ils seront très jolis quand ils auront la tête rouge et les ailes jaunes. Ne les laissez pas mourir. Papa et maman seront très fâchés si les petits oiseaux viennent à mourir. Oh ! ne mangez pas des groseilles vertes ! elles vous rendraient malade.
Juin est venu. Lève-toi: il ne faut pas rester si longtemps au lit à présent ; il faut te lever de bonne heure, et te promener avant le déjeûner. ' Quel bruit est-ce là? C'est le
faucheur qui aiguise sa faux. Il va couper Therbe, et il coupera toutes les fleurs aussi. Ooij toutes. La faux est très aMée. Ne t'en approche pas, elle te couperait les jambes. A présent il faut faire le foin. Où est votre fourche et votre râteau ? Etendez le foin. A présent mettez-le en meule. Jettetoi sur la meule de foin. Couvrez le petit garçon de foin. Que fodeur du foin est agréable ! Oh ! il fait très chaud ! N'importe, il faut faire le foin pendant que le soleil luit II faut bien travailler. Regarde, tous les petits garçons et toutes les petites filles sont à l'ouvrage. Ils auront du pain, du fromage, et de la bière. A présent mettez le foin dans la charrette. Voulez- vous aller dans la charrette ? Le foin servira de nourriture au cheval de papa cet hiver, quand il n'y aura plus d'herbe.
Aimes-tu les fraises avec de la crème ? Allons cueillir des fraises ; elles sont mûres à
présent En voilà une très grosse, elle est presque trop gTosse pour entrer dans ta bouche. Cueille-moi une grappe de groseilles. Sépare-les de la tige. Les oiseaux ont becqueté toutes les cerises.
Où est Charles? Il est assis sous un rosier.
Le mois de Juillet est très chaud en véritéj et Therbe et les fleurs sont toutes sèches, car il n'a pas plu depuis long-temps. Il faut arroser votre jardin, sinon les plantes mourront. Où est Farrosoir ? AUons sous les arbres, on y trouve de Tombre, il n'y fait pas si chaud. Entrons dans le berceau. Voilà une abeille sur un chèvre-feuille. Elle cueille le miel qu'elle portera à la ruche. Veux-tu venir te baigner ? Voilà une pièce d'eau. Elle n'est pas profonde. Déshabille-toi.
Saute dans l'eau. N'aie pas peur. Plonge la tête dans l'eau. A présent tu t'es baigné
assez long-temps ; sors de Teau^ et laisse-moi te sécher avec ce linge.
Nous voilà au mois d'Août, x^llons dans les champs voir si le blé est assez mûr. Oui, il est tout-à-fait brun, il est mûr. Fermier Diggory, il faut apporter une faucille aiguisée pour couper le blé, il est mûr. Mangesen, Charles ; frotte-le dans tes mains. Ceci est un grain de blé ; cela est l'épi ; la tige devient paille. A présent il faut lier le blé en gerbes, puis après rassembler beaucoup de gerbes et en faire un tas. Mettez-le dans la charrette, fermier Diggory, et portez-le dans votre grange pour faire du pain. Chantez, la moisson est finie. Voilà une pauvre vieille femme et une pauvre petite fille presque nues, qui ramassent quelques épis de blé : elles glanent. Donne-leur en une poignée, Charles. Tenez pauvre femme, cela vous aidera à faire un pain. Pauvre
femme ! elle est très vieille, elle ne peut pas marcher, elle est fatiguée de se baisser.
Nous sommes en Septembre. Ecoutez !
quelqu'un a tiré un coup de fusil. On tue les pauvres oiseaux. En voici un justement qui tombe à vos pieds. Il est tout sanglant. Comme il s'agite ! H a faile cassée. Il ne peut plus voler. Il va mourir. Quel oiseau est-ce ? C'est une perdrix. N'es-tu pas f âchéj Charles ? elle était bien vivante, il n'y a qu'un moment.
Apportez l'échelle et posez-la contre l'arbre. Maintenant apportez un panier, et allons cueillir les pommes. Non, tu ne peux pas monter à l'échelle ; prends un petit panier et ramasse les pommes sous l'arbre. Secoue l'arbre. Les pommes tombent. Combien en as-tu ? Nous aurons de quoi faire un gâteau aux pommes. Allons, aide-nous
à porter les pommes dans le fruitier. Les pommes servent à faire le cidre. Tu auras des poires cuites et du pain pour ton souper. Sont-ce là des pommes ? Non, ce sont des coings, pour faire une marmelade.
Octobre est venu, Charles ; les feuilles tombent des arbres, et il n'y a plus de fleurs. Cependant voilà un souci d'Afrique, une étoile de la Chine, et une marguerite d'automne. Veux-tu des noisettes? Cherche le cassenoisette. Pèle cette noix. Je te ferai un petit bateau avec une coquille de noix. îl faut que nous cueilhons le raisin ; sinon, les oiseaux mangeront tout. Yoilà une grappe de raisins noirs. En voilà une de raisins blancs. Laquelle désires-tu ? Le raisin sert à faire le vin.
Quel oiseau avez- vous trouvé là ? il est mort, mais il est très joli. Il a foeil ecarlate, et les plumes vertes, rouges et pour-
près ! Il est très gros.
C'est un faisan. Il est très bon à manger. Nous le plumerons et nous dirons à Babet de le faire rôtir. Voilà un lièvre aussi.
Pauvre bête ! les chiens l'ont attrapé !
Le triste et sombre mois de Novembre est arrivé. Plus de fleurs ! plus de beau soleil réjouissant! plus de fenaison! Le ciel est très noir : il pleut à verse. Eh bien ! nlmporte. Nous nous assiérons près du feu^ nous lirons et raconterons des histoires et nous regarderons des images. Où sont Jules, Henri et la petite Marie ? maintenant ditesmoi qui de vous trois peut épeler le mieux ? Bons enfants ! Voilà un habile garçon î vous aurez tous des gâteaux.
Nous voilà en Décembre. Noël approche.
et Babet est très occupée. Que fait-elle ? Elle pèle des pommes, hache de la viande, et pile des épices. Dans quelle intention ? C'est pour faire des petits pâtés ! Aimezvous les petits pâtés ? Oui, beaucoup. Les petits garçons retiennent de l'école à Noël. Enveloppez, je vous prie, ces gâteaux bien chaudement, car il fait très froid. Heureusement, le printemps retiendra bientôt.
Combien avez-vous de doigts, ma petite fille?
J'ai quatre doigts à cette main. Et comment appelez-vous cela ? Un pouce. Quatre doigts et le pouce, cela fait cinq ; et combien en avez-vous à fautre main ?
J'en ai cinq aussi.
Quelle est cette main ?
C'est la main droite.
Et celle-ci ?
C'est la main gauche.
Combien avez-vous de doigts aux pieds ? Comptons.
Cinq à ce pied et cinq à l'autre.
Cinq et cinq font dix ; dix doigts aux mains et dix aux pieds.
Combien avez-vous de jambes ?
En voici une et puis en voilà une autre. Marie a deux jambes.
Combien de jambes un cheval a-t-il ?
Un cheval a quatre jambes.
Et combien un chien en a-t-il ?
Quatre : une vache en a quatre, un mouton en a quatre, et minette a aussi quatre jambes.
Et les poulets, combien en ont-ils ?
Allez voir.
Les poulets n'ont que deux jambes.
Et les linottes, les rouges-gorges et tous les autres oiseaux n'ont que deux jambes ; mais ils ont des ailes pour voler, et ils volent très haut dans Fair.
Marie n'a point d'ailes.
Non, parceqoe Marie n'est pas un oiseau.
Marie a des mains. Les vaches nWt point de mains, ni les oiseaux non plus
Les oiseaux ont-ils des dents ? Non, ils n'en ont point.
Comment donc mangent-ils ?
Les oiseaux ont un bec.
Regardez les poulets, ils ramassent le grain avec leur petit bec. Voyez comme ils sont prompts .^^ à le ramasser.
Combien de jambes les poissons ont-ils ? Les poissons n'ont point de jambes.
Comment donc marchent-ils ?
Ils ne marchent pas ; ils nagent dans l'eau : et ils vivent toujours dans l'eau.
Marie ne pourrait pas vivre dans l'eau. Non, parceque Marie n'est pas un poisson. Voilà un poisson que quelqu'un a pêche
Pauvre petit poisson ! jetez-le sur Therbe. Voyez comme il se débat ! Il a un hameçon dans l'ouïe. Prenez-le par la queue. Il me glisse dans la main. Vous ne pouvez pas le tenir. Voyez, voici ses nageoires, il a des écailles, et des dents aiguës. Il sera bientôt mort. Il va mourir. Il ne peut plus se remuer. A présent il est tout-à-fait mort Le poisson meurt quand il est hors de Teau, et Marie mourrait si elle restait dans Feau.
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Qu'est-ce que Marie a pour la tenir chaude ?
Marie a une robe et un jupon bien chauds.
Et les pauvres moutons qu'ont-ils ? ont-ils des jupons ?
Les moutons ont une laine épaisse et chaude. Tâtez-la. Oh ! c'est très agréable ! C'est là leur jupon.
Et les chevaux qa'ont-ils ?
Les chevaux ont de longs poils, et les vaches aussi.
Et les oiseaux qu'ont-ils ?
Les oiseaux ont des plumes molles, propres et luisantes.
Les oiseaux bâtissent des nids dans les arbres ; c'est là leur maison.
Le loup a un repaire ; c'est là sa maison.
Le chien a un chenil.
Les abeilles demeurent dans une ruche.
Les cochons demeurent dans une étable.
Charles, pouvez-vous grimper sur un arbre ?
Non.
Aussitôt que vous aurez des culottes, il faudra apprendre à grimper sur les arbres.
Minette peut vous instruire : elle sait grim-
per. Voyez comme elle grimpe vite ! Elle est déjà au haut de Tarbre. Elle veut attraper des oiseaux. Minette^ ne prenez pas les petits oiseaux qui chantent si gaiement. Elle a un moineau dans la gueule. Elle l'a mangé tout entier. Non, voilà encore à terre deux ou trois plumes toutes sanglantes — Pauvre pierrot !
Un gros chien aboie. Un petit chien jappe. Le cochon grogne. Le cheval hennit. Le coq chante. L'âne brait. Le chat file. Les petits chats miaulent. Le taureau beugle. La vache mugit. Le veau beugle. Le mouton bêle. Le lion rugit. Le loup hurle. Le tigre rauque. Le renard glapit. Les souris crient. La grenouille coasse. Le moineau pépie. L'hirondelle gazouille. Le corbeau croasse. Le pigeon roucoule.
Le paon braille. Le cerf-volant bourdonne. La sauterelle appelle. Le canard nasille.
L'oie crie. Les singes babillent Le hibou hue. Le seroent siffle. Charles parle.
Les milans et les éperviers mangent les poulets.
Les araignées font des toiles pour attraper les mouches et les manger, l
Les hiboux volent pendant la nuit.
Les bouchers tuent les moutons.
Le charpentier fait des tables et des boîtes.
Vous aurez une boîte avec une serrure et une clé.
Le charpentier a une scie, un ciseau, un rabot, une doloire, une vrille, un tourne- vis, une hache, une lime, un étau, des tenailles, un marteau, des clous et un maillet.
Le cheval de bois de Charles est cassé.
Eh bien, donnez-le au charpentier pour qu'il le raccommode.
Charles est tombé et s'est cassé la tête.
La donnerai-je au charpentier ?
Non, innocent enfant ! les charpentiers ne peuvent point raccommoder la tête d'un homme.
Les cordonniers font des souliers.
Les vieilles gens portent des lunettes.
Les bons garçons aiment à lire.
Les barbiers rasent
VeneZj papa ! asseyez-vous ; il faut vous raser.
Voilà le savon, le bassin et le rasoir. Barbier, ne coupez point papa.
Irons-nous dans le jardin voir les fleurs, les pommiers, et courir dans les allées ?
Où est votre rouleau pour égaliser les allées?
Travaillez bien, et peut-être alors vous donnerai-je un sou par jour. Tout le monde
travaille ; mais les petits enfants ne peuvent pas travailler.
Si vous êtes bien sage, Charles, vous aurez un petit jardin à vous, une bêche pour creuser la terre et une houe pour labourer, im râteau et une petite brouette ; surtout que je ne voie pas de mauvaises herbes dans votre jardin, arrachez-les toutes. Il faudra planter une petite haie autour de votre jardin ; autrement, les cochons y entreraient et le gâteraient. Ensuite, il faudra aller trouver le jardinier, et lui dire : Bon jardinier, donnezmoi quelques graines, s'il vous plaît. Puis, vous kez les semer. Vous ferez un petit trou dans la terre, vous y mettrez vos graines que vous recouvrirez de terre, et la graine poussera. Voilà de la graine de cresson et de moutarde, semez-la et nous aurons de la salade. Arrosez votre jardin. Charles, regardez ce groseiller ; il n'était pas plus grand que cela quand nous l'avons planté, et main-
tenant il est beaucoup plus grand : regardez comme il est haut.
Le groseiller grandit
Charles grandit-il ?
Oui; Charles, il y a quelque temps, ne pouvait pas toucher la table, et à présent il atteint beaucoup plus haut
La table est-elle plus grande qu'elle uétait autrefois ?
Non ; la table ne grandit pas.
Charles, pourquoi la table ne grandit-elle pas ?
Voici un joli petit insecte sur une feuille; il est ronge et a des taches noires. Ah ! il a des ailes. Il s'est envolé. Voilà un escarbot noir. Attrapez-le. Comme il court vite. Où est-il allé ? Dans la terre.
Il s'est fait un petit trou et s'est enfoncé dans la terre. Les vers vivent dans la terre.
Il fait très froid, Charles. — Dis-moi, comment appelle-t-oii la saison où il fait si froid ? Ne sais-tu pas qu'on l'appelle hiver ? Je ne sais comment font les pauvres petits garçons qui n'ont ni feu pour se chauffer, ni bas, ni souUers pour les tenir chauds, ni bons papas ni bonnes mamans pour prendre soin d'eux et les nourrir. Pauvres petits enfants ! Ne pleure pas, Charles ; prends ce sou, et quand tu verras un de ces pauvres petits garçons, tu le lui donneras. Avec ce sou, il pourra acheter un petit pain, car il aura bien faim, et il te dira : Je vous remercie, Mr. Charles, de votre bonté pour moi.
Ecoute, Charles : bientôt il fera beaucoup plus froid, et il tombera de la neige. Alors les jolis petits rouges-gorges viendront se poser sur le bord de la fenêtre. Ouvre la fenêtre. Eh bien ! que voulez- vous petit ? Un peu de mie de pain. Donne-lui de la mie de pain, et il sautera, sautera autour de
la chambrej il se perchera sur le haut de 1 écran, et il chantera. Oh !
il chantera toute la journée. Ne le laisse pas^^^^ prendre par ce méchant chat. Non, minette, vous ne mangerez pas ce pauvre petit oiseau ; allez attraper des souris. Il y avait autrefois un méchant enfant cruel. Il faut que je te raconte cette histoire-là.
Il y avait une fois un méchant petit garçon ; je ne sais pas quel était son nom, mais il ne s'appelait ni Charles, ni George, ni Arthur, car tous ces noms-là sont très jolis. Un matin qu'il faisait bien froid, bien froid, un rouge-gorge vint s'abattre à sa fenêtre. Il était à moitié mort de froid et de faim. Cependant le vilain petit garçon ne voulut pas lui donner le moindre petit morceau de pain ;
au contraire, il prit Toiseau par la queue et le frappa si rudement qu'il le tua. Peu de moments après, le papa et la maman du petit méchant sortirent et le laissèrent à la maison. Alors comme il nétait pas assez grand pour se serw lui-même, il s'adressait ainsi à tout le monde : Donnez-moi, je vous prie, quelque chose à manger, car j'ai bien faim. Et tout le monde de lui répondre : Nous ne tous donnerons rien, parce que nous n'aimons pas les petits garçons qui sont méchants et cruels. Il s'en alla ainsi d'nn endroit à Tautre, jusqu'à un bois si épais qu'il ne sut plus bientôt trouver son chemin. Le jour tomba, et la nuit devint très obscure. Alors il s'assit et plem^a bien fort. Ne pouvant plus sortir du bois, je crois qu'il y serait mort, si un pauvre homme qui passait par là n'avait entendu ses cris et n'avait eu la bonté de le ramener à la maison paternelle. De sorte que si le pau^TC homme avait été aussi cruel qu'il favait été,
lui, à Fégard du rouge-gorge, le méchant enfant serait mort dans le bois.
Je vais te raconter une autre histoire.
Il y avait autrefois un petit garçon ; il était bien jeune, car s'il eût été plus âgé, je suppose qu'il aurait été plus sage ; enfin il n'était pas plus haut que cette table, que son papa et sa maman renvoyaient à l'école. Un beau matin que le soleil luisait et que les oiseaux chantaient sur les arbres, ce petit garçon, qui n'aimait pas beaucoup ses livres, (car c'était un mauvais petit garçon, comme je te l'ai dit,) et qui aimait mieux jouer que d'aller à l'école, vit une abeille voltigeant de fleur en fleur ; il lui dit, jolie abeille ! veuxtu venir jour avec moi ? Mais l'abeille répondit : Non ; je ne veux pas être paresseuse, il faut que j'aille cueillir du miel. Alors le petit garçon rencontra un chien, et lui dit : Chien ! veux-tu jouer avec moi ?
Mais le chien répondit : Non ; je ne veux pas être paresseux, je vais attraper un lièvre pour le dîner de mon maître, il faut que je me dépêche. Le petit garçon alla ensuite auprès d'une meule de foin. îl y vit un petit oiseau qui arrachait quelques brins de foin de la meule, et il lui dit : Petit oiseau ! veuxtu venir jouer avec moi ? Mais foiseau répondit: Non; je ne veux pas être paresseux, il faut que j'amasse du foin, de la mousse et de la laine, pour faire mon nid ; et il s'envola. Le petit garçon vit un cheval, et lui dit : Cheval ! voulez-vous jouer avec moi ? Mais le cheval répondit : Non ; je ne veux pas être paresseux, il faut que je laboure, sinon il n'y aura pas de blé pour faire du pain. Alors le petit garçon se dit à lui-même : Quoi ! personne n'est paresseux ! les petits garçons ne doivent donc pas être paresseux non plus. Ce disant, il se dépêcha de se rendre à l'école où il apprit très bien sa le-
çon ; et le maître dit que depuis il fut toujours très bou.
Adieu ! bon soir.