‹ MunichChapitre 4 sur 19 · MU NU H · texte numérisé non relu

MU NU H

avant d'être appelé en 1576 à la cour de Bavière. Rien d'étonnant à ce que Ton découvre dans une église destinée aux Jésuites et édifiée par deux architectes dont Tun était de culture italienne, des analogies avec certaines

églises de la Péninsule, Saint-André de Mantoue et le Gesit de Rome. Le plan est d'une noble simplicité : l'église consiste en une large nef avec trois couples de chapelles latérales surmontées de tribunes, et un transept fort court, dont la longueur ne dépasse pas la profondeur des chapelles, afin d'éviter toute saillie en dehors de l'alignement, sur la rue. Le chœur lui-même se divise en deux parties et se termine par une abside pentagonale. La véritable beauté de Saint-Michel est dans l'ampleur de sa voûte qui s'élève et se développe large, puissante, avec une confiante et triomphale hardiesse. Des fenêtres de droite, la lumière se précipite, emplit et inonde la vaste nef, avivée et multipliée par la décoration blanche des murs. On peut préférer sans doute la ferveur plus austère et recueillie de la Fraucfikirclic : Saint-Michel, assurément, exprime une foi moins naïve et une religion peut-être plus temporelle. Mais l'arc de sa voûte dit : certitude^ et le jour de ses vitres : clarté ^ avec une éloquence bien faite pour frapper le xvi*" siècle, et à laquelle nous ne pouvons nous-mêmes rester insensibles. Un coup d'œil suffit presque à embrasser l'énorme église :

tout y semble espace et lumière ; il ne paraît plus qu'on ait à y explorer de ces coins d'ombre que ménagent ailleurs un arceau ou un pilier, et que la floraison d'un vitrail velouté de lueurs sourdes. L'ensemble ici supplée au détail ou récrase. Non pas que la décoration manque d'intérêt ni d'harmonie : les encadrements et rosettes de la voûte, par Wendel Dietrich, s'enrichissent, à la croisée du transept, d'anges et d'angelots qui décorent aussi le chœur ; le même motif se retrouve dans les excellentes boiseries des stalles. Une restauration de l'église, en 1697, a un peu altéré l'homogénéité de l'ensemble, surtout par l'adjonction d'une chaire

Église Saint-Michel (façade).

Saint Miche!

terrassant le dragon.

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somptueuse. De même, le monument funéraire d'Eugène, duc de Leuchtenberg, par Thorwaldsen, détonne singulièrement par sa prudente affectation de classicisme, dans un édifice d'une aussi orgueilleuse envergure. L'église Saint-Michel, restaurée en 1697, en 1750 — et en 1907 — devint, après la suppression de l'ordre des Jésuites, église de la Cour et de la garnison. Elle passa en 1782 aux Johannites : leur ordre ayant disparu, lui aussi, en 1799, elle redevint église de la Cour. Les destinées du collège offrent des variations plus nombreuses : après le départ des Jésuites, il abrita la direction de la Police et le Conseil électoral ; en 1781, Tordre de Malte ; en 1783, l'Académie des Sciences et ses collections. Nous y trouverons tour à tour ou ensemble la Bibliothèque de l'Etat, le Corps des Cadets, les Archives, TÉcole de peinture et sculpture, l'Académie des Beaux-Arts, l'Université, divers ministères, les archives de la Diète, la Cour d'assises. Cela suffit à faire comprendre que ces murs soient parmi les plus populaires de Munich, ayant abrité tant d'organes de la vie nationale. Les Jésuites, rétablis par Pie VII le 10 août 1814, ne purent, malgré la donation perpétuelle qui leur en avait été faite par Guillaume V, rentrer en possession d'un collège où tant d'hôtes nouveaux trouvaient asile. Des affectations si nombreuses et si diverses ont modifié profondément l'économie intérieure de l'édifice : un puits dans une petite cour et son intime union avec la puissante église de Saint-3lichel viennent nous rappeler qu'il n'était point fait à l'origine pour hospitaliser, entre autres, une Académie des Sciences et un Bureau de poste.

L'église Saint-Michel et le collège des Jésuites furent pour Guillaume V la grande pensée du règne, presque la seule. Mais, un incendie ayant détruit en 1580 une partie de la Résidence, il se fit construire un nouveau palais qui, appelé d'abord W ilhelmmischc Veste, a pris ensuite et gardé le nom de Her^og-Maxhurg, ou Maxhiirg, Reliée au collège des Jésuites par un passage couvert qui subsiste encore — deux autres passages semblables se trouvent entre la Salvatorstrasse et la Theatinerstrasse, et à VAlter Hof — la Maxburg étend sa façade sur la place Lenbach et la rue du Mont-de-Piété, avec un pan coupé où se trouve l'entrée principale. Une maigre tour carrée anime seule, sur la rue du Mont-de-Piété, la monotonie de cette façade, sobre sans doute et bien proportionnée, mais à laquelle une vilaine couleur ocre à raies noires donne l'aspect maussade et sec du carton. Comme le collège des Jésuites, la Maxburg a eu des destins variés, et abrite aujourd'hui diverses administrations publiques, qui en ont bouleversé la disposition intérieure.

Pour se ménager aussi une retraite à la campagne, Guillaume V avait

acquis, à trois lieues environ au nord de Munich, à Schleissheim, un terrain qu*il pourvut aussitôt d'un petit château et d'abondantes chapelles, et où devait s'élever plus tard, sous Max-Emmanuel, le vaste château actuel avec son aimable pavillon de Lustheim et son jardin versaillais.

Malgré la construction de la Maxbiirget de Schleissheim, Guillaume V ne laissa pas dans un abandon absolu la Résidence qu'il avait quittée depuis 1580. m'agrandit, pour sa mère Maria-Anna, d'une aile qui, refaite par la suite, se distingue encore sur la rue de la Résidence, entre les bâtiments de Maximilien I" et le Konigsbau du roi Louis I". Sous son règne fut également disposée, sur les plans de Sustris, la plus jolie cour de la Résidence, la Cour de la Grotte, dont l'achèvement et l'ornementation se poursuivirent sous les auspices de son fils et successeur Maximilien I".

Résidence. Cour de la Grotte et statue de Persée.

Résidence. Lit de parade des « appartements du pape ».

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