LK XVIP ET LE XVIII-- SIECLE
Le XVIII* siècle, à Munich, a marqué de deux façons dans l'architecture religieuse ; il a construit nombre d'églises, et il en a défiguré quelques autres. Parmi ces dernières, l'église gothique du Saint-Esprit vit ses deux nefs latérales s'élever à la hauteur de la nef principale, une nouvelle tour se dresser sur sa charpente refaite, et toutes les lignes, toutes les formes qui pouvaient trahir l'origine gothique de ses voûtes, disparaître sous des ornements de stuc du rococo le plus pur et le plus mondain
Clkhé do M. Paul Sachf.
Theaiinerstrasse.
(1724-1730). Saint-Pierre eut le même sort : le chœur fut agrandi en 1729 et sa nef déguisée, vingt ans plus tard, en rococo, avec un peu plus de discrétion toutefois que l'église du Saint-Esprit.
Dès le début du siècle, l'architecte Viscardi construisit simultanément deux petites églises. L'oratoire de la Congrégation allemande {Biirgersaal), qui s'élève en façade, — une façade bien modeste, — sur la Neuhauserstrasse, entre le Karlstor et l'ancien collège des Jésuites, fut bâti en 1709-17 10. Sur la rue son apparence est simple, presque chétive ; l'aspect intérieur de sa voûte basse et plate élevée au-dessus d'une sombre chapelle inférieure, est également sans prétentions. Le principal ornement est la fresque du plafond, par KnoUer, dont le motif central est une Assomption de la Vierge — aujourd'hui fort dégradée — où Marie est portée
par des nuages confortables, encore assombris en bas par les orages de la terre, tandis qu'ils s'éclairent, en haut, des rayons du soleil divin. L'église de la Trinité, édifiée de 171 1 à 1714, présente, sur la place de la Promenade, un portail en saillie orpé de colonnes angulaires, plus intéressant. Le plan de l'église comporte une coupole et un chœur, sans nef, et réalise peut-être ainsi une idée originairement conçue par Barelli pour l'église des Théatins, que l'église de la Trinité rappelle un peu par l'esprit de sa
Résidence. Salle de conver<aiion des a Riches appartements ».
décoration. Cette petite église, trapue et concise, plaît par l'ampleur à laquelle savent atteindre ses médiocres proportions.
L'église du chapitre de Saint-Anne (1732-1735), construite par Gunezrainer pour les Salésiennes, à la place d'une ancienne chapelle, a la façade insignifiante d'une chapelle de couvent, mais l'intérieur présente une somptuosité que l'esprit congréganiste empruntait volontiers aux aimables pompes du rococo. Flamboyantes colonnes torses, riches piliers bariolés, rayonnement doré des « gloires » divines, chapiteaux ruisselants, voûtes aux lignes capricieuses encadrant des fresques mouvementées, rien n'a été épargné, et les bancs sont prévus pour une assistance restreinte.