CHAPITRE I LA DÉFAITE
Guerre et diplomatie.
A la lettre de Millet de Villeneuve [21 avril 1815] demandant un armistice, Neyperg ne se presse pas de répondre. Le lendemain du jour où elle est partie, Joachim reste dans ses lignes et offre la bataille : Neyperg ne se presse pas d'attaquer. Le roi voit dans cette attitude des Autrichiens un signe de leurs intentions pacifiques; il veut y répondre, il se replie sur Rimini le 23, après avoir relevé à Tarrière-garde la troisième division [Lechi] par la première [Carascosa]; il espère qu'en attendant les instructions de sa cour, Neyperg consentira à signer: les hostilités prendront fin (1).
Mais, dans la nuit, ces illusions sont brutalement dissipées. Napoletani est attaqué avec son détachement et presque détruit à Gesenatico et, le lendemain 24, la réponse autrichienne arrive. — Neyperg a de bonnes nouvelles de Bianchi qui file sur rOmbrie, par Florence où il passe le 20, par Arezzo (2) où il parvient le 23. — ^ Ce ne sont pas seulement les coups de fusil tirés à Gésène qui ont décidé la guerre ; c^est l'entrée du roi avec toute son armée sur le territoire des Légations occupées par les armées autrichiennes ; c'est la proclamation qui a paru le 30 mars à Rimini. Les projets et les sentiments énoncés dans
(1) Noter que, le 20, Murât mendie encore l'appni de l'Angleterre. Gallo: Memorie, p. 403.
(3) Der Krieg in Italien..., p. 262.
cette proclamation peuvent faire juger au roi comment seront accueillies ses nouvelles propositions ... „; Tarmistice est refusé. Au lieu d'accabler Neyperg, les Napolitains se laissent pousser sur Pesaro, Fano (1), Sinigaglia; le 29, ils établissent leur quartier général à Ancône. Ils apprennent alors que tandisqu'ils ont sur leur front Neyperg, avec 13,000 hommes, bordant le Métanre à Fossombrone et Pergola, Bianchi, arrivé le 28 à Foligno, menace leurs dernières avec 15,000 Autrichiens vers Tolentino et Camerino, pendant que 3,000 hommes couvrent Matelica (2). Devant la réalité brutale, les illusions s'envolent : Murât a besoin d'une victoire pour échapper au sort de Mêlas et conserver son royaume.
Tolentino.
Le 2d, il installe à Macerata la Garde Royale qui l'a rejoint le 28 après une course inutile en Toscane (3) ; Ambrosio occupe lesi, Lecchi Gasebrucciate près Macerata, et Garascosa la belle position de Scapezzano. Le 30, Garascosa attaque Neyperg à Sinigaglia et le repousse, tandisque Livron, avec la
(1) Mariotti: Frammenti di un diario del cav, Pranceaco BeV" tozzi di Fano. Fano, Cooperatîva, 1896. — N'ozze Anselmi-Panicale,
(2) Colletta,... 1816,... pp. 61-68.
(8) Voici une lettre, très rarement reproduite, qui se rattache à cette campagne:
«Monsieur le Lieut.-Gènèral. — Compromettez le moins possible ma garde et ne vous laissez jamais couper les communications sur Arezzo: je crois le moment arrivé où. Tennemî va reprendre l'offensive. Il est malheureux que ma garde qui devait me servir de réserve se trouve engagée en Toscane. Ne dépassez pas Pistoie, ne faites rien marcher sur Livourne et soyez prêt à exécuter les ordres de mouvement que je serai dans le cas de vous donner ; mais rappelezvous dans tous le cas que vous êtes chargé de contenir l'ennemi sur
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garde, chasse des environs de Macerata les partis autrichiens qui rinquiètent : attiré par la canonnade, Murât accourt au galop, faisant six milles sans escorte, au retour d^une reconnaissance qu^il a poussée sur la route d^Osimo.
Le 1*' mai, il exécute une seconde reconnaissance sur tout le front des lignes ennemies qui s^étendent du Castello délia Rancia et du Chienti jusque vers les hauteurs de Maestà, en avant de Tolentino. Livron les refoule brillamment et le roi découvre le champ de bataille oii va se décider sa fortune (1).
Une plaine large de 1500 pas et longue de trois lieues et demie, dominée par deux éminences, celle de Cantagallo [[cote 292"] et celle de la Rancia [cote 176"*] s'étend sur la rive gauche du Chienti entre Macerata et Tolentino; elle est traversée par la grand'route qui relie ces deux villes et coapée en son milieu par le petit ruisseau du Rotondo qui se jette dans le Chienti, perpendiculairement à la route, au pied de la Rancia;
les débouchés de Foligno. Donnez -moi de vos nouvelles deux fois par jour. Sur ce, Monsieur le Lîeat.-Gènèral, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
»Bologna, 11 avril 1815.
J. Nap. »
(Au L.-G. Prince Pignatelli-Strongoli).
P. S. Si TenDemi s'était entièrement retiré de Lucques vous reviendriez prendre position derrière FArno.
[Extrait de sa lettre à la Reine Caroline du 17 mai 1815: imprimée, pages 8-9].
(1) Pour rétude de cette bataille, je me suis servi des deux rapports de Biancbi du 4 et du 5 mai 1815 [Krieg in Italien, 265-267] ; — du Diario de Rascioni, publié par Benaducci ; — de la Belazione del Conte 6r. Neroni, publiée également par Benaducci ; — des Mémoires de Pepe [I, 188] qui a utilisé une relation de la bataille due à Ambrosio; — du récit précis mais sottement louangeur de V. C. de B: Campagne des Autrichiens contre Murât, en 18 15 [Bruxelles, 1821, in-8^], I, 75, sq.; — enfin du récit de Golletta (p. 67), assez inexact. — Cf. Coppi, VI, 46, sq., et Helfert: Joachim Murât,... p. 58. — Cf. aussi Friedrich Scbirmer: Feldzug der Oesterreicher gegen Kônig J, Murât im Jahre 1815... [Prague, Svatoîî, 1898, in.8<>].
tout autour le terrain s'élève en pente douce vers la vallée du Potenza par Monte Milone (1) et Rambona, vers Macerata par Sforzacosta et Trebbîo et vers la vallée du Fiastra (au sud du Chienti) par 8. Àngelo et Maestà. C'est là qu^en 1377 le comte La zzo et Rodolphe Varana de Camerino ont vidé leur querelle ; là que se sont également battus, en 1443, Niccolô Pacassino et Francesco Sforza ; là enfin que Bianchi s*est posté pour attendre Frîmont et Nejperg et prendre Murât à revers. Celui-ci a bientôt arrêté son plan. Tandisque Carascosa, avec la première division, tiendra Neyperg en respect, il attaquera luimême les troupes de Bianchi et les tournera par leur gauche — leur droite étant fortement appuyée au Chienti et aux hauteurs qui le dominent — il les jettera dans la vallée encaissée de ce fleuve; puis, se réunissant à Carascosa, il écrasera Neyperg désormais sans soutien.
Le 2 mai au matin, il prend avec lui neuf escadrons de la garde royale, le 10"* de ligne, huit bataillons de la deuxième division [Âmbrosio], et commence une attaque générale de la ligne autrichienne. Le château qui couronne la hauteur de la Rancia est emporté par ses troupes ; Monte Milone tombe également en son pouvoir à sa droite et sa gauche s'étend, sans rencontrer beaucoup de résistance, jusqu'à Colle de Vasari. Les Autrichiens sont surpris par la vigoureuse attaque de leurs adversaires; ils se défendent mollement. Murât n'a pas besoin d'appeler à lui les troupes auxquelles il a laissé l'ordre de se tenir prêtes à marcher: les six bataillons de la garde, les quatres derniers bataillons de la deuxième division, les six bataillons et les quatre escadrons de la troisième. A la tète de ses hommes, il a retrouvé sa gaieté et son assurance ; le soir du 2, il ne doute pas de mettre Bianchi en fuite le lendemain ; il envoie des cour- Ci) Aujourd'hui PoUenza.
rieiss porter la Donvelle de sa victoire sur tous les points du royaume (1); et, après avoir placé le 10" de ligne en avantgarde, après avoir posté la deuxième division sur les hauteurs de Gantagallo, dans les bois, en avant de Monte Milone, il revient heureux et tranquille à Macerata. Il s^est contenté d'appeler derrière la gauche de la deuxième division l'infanterie de la garde que mène Pignatelli-Strongoli ; lorsque celui-ci aura ébranlé le centre de Tennemi, celle-là bouleversera sa gauche, tandisqu'une brigade de Lechi occupera sa droite.
Bianchi, un peu surpris, en effet, se préparait à faire, le lendemain 3, une plus vigoureuse résistance. A sa gauche, en face de Gantagallo et en avant de Colmaggiore, sur les pentes qui dominent un petit affluent du Rotondo, il établit solidement le régiment Chasteler, de la brigade Eckardt, avec quelques compagnies de Yacqnaint et un escadron des dragons de Toscane. A son centre posté à la Gistema, entre le Rotondo et le Chienti, il porte Taxis et Stahrenberg avec leurs brigades. A sa droite, étagée sur les hauteurs qui bordent le Ghienti, do- ^ * minant la grand^route où est massée la garde napolitaine, il
i place la brigade Senitzen, commandée directement par Mohr:
( lui-même compte se tenir à son aile gauche la plus menacée.
En même temps il envoie courriers sur courriers au Régiment de PArchiduc Gharles qui est resté en arrière et dont il a grand'besoin pour fortifier sa gauche.
Le 3 au matin, tandisque Garascosa est à Osimo avec la première division, Murât attaque par son centre, dans la vallée du Ghienti ; mais Tartillerie de Mohr, les charges répétées des Hussards du Prince Régent et des Dragons de Toscane empêchent la garde royale et le 10" de ligne et gagner beaucoup de terrain autour de la Rancia et du Gasone: on se dispute ces
(1) Desvernois: Mémoires, 48B.
positions avec rage (1): entraînés par les commandants Martinez et Caporale, les soldats de Pignatelli les reconquièrent deux fois. Afin d^appuyer leur effort et de profiter de leur succès, Murât donne à sa droite le signal de tomber sur Tennemi. Par malheur, elle en est réduite à se défendre: vers midi, quatre compagnies de bersagliers, trop éloignées de leurs soutiens, ont été culbutées par la cavalerie autrichienne; la division est un peu incertaine dans la main de son nouveau commandant, d'Âquinio, qui remplace Ambrosio blessé la veille; un peu fatiguée peut^tre des combats qu'elle a livrés hier, elle craint un piège (2), ou manque de cartouches (2); ce qui est sûr, c'est qu'elle ne parvient pas à repousser l'ennemi. Un des généraux qui la conduisent, Campana, est blessé; d'Aqninio demande à grands cris du renfort; Murât se décide à appeler à lui deux régiments d'infanterie et un régiment de cavalerie. Ainsi soutenue, la deuxième division prend enfin l'offensive et s'ébranle formée en quatre carrées: en conduisant l'attaque, le jeune duc de Rocca Romana, fils du grand écuyer de Joachim, est tué raide d'une balle au front; sa mort excite les Napolitains; malgré sa vigoureuse résistence, Chasteler finit par être délogé d'un fossé qui s'étend en avant de Cantagallo. Comme la nuit tombe, il est rejeté sur Colmaggiore et Madia; le centre autrichien est pris à revers ; l'alarme est dans Tolentino ; on hisse les canons sur les remparts et Bianchi donne les premiers ordres pour la retraite. Mais, avant de céder, il veut tenter un suprême effort; grâce au dévouement du capitaine Eun^th, il parvient à faire poster trois canons sur une hauteur qui domine la droite napolitaine ; il appelle à lui Taxis qu'il réunit aux débris
(1) D'après Pignatelli [Lettre h la Reine, 17 mai 1815, p. 14], le bataillon de Oaporale eut 890 hommes atteints sur 450, et la garde perdit 800 hommes sur 2600.
(2) Ainsi que le prétend Basoioni.
de Chasteler ; il emprunte un bataillon au régiment de Hiller et le bataillon modénais à Stahrenberg et il lance sa gauche ainsi renforcée sur d'Aquinio épuisé par un long combat. Au même moment, derrière Monte Milone, on voit poindre les tètes de colonne du régiment de TArcliiduc Charles: c'est 3,000 hommes de renfort pour les Autrichiens ; ranimés par cette nouvelle, ils reprennent Tattaque avec fureur. Les Napolitains qui croient la lutte finie — il est neuf heures du soir — résistent faiblement: Lechi est en arrière, trop loin pour les soutenir. Us abandonnent Gantagallo et Monte Milone, ils abandonnent le château de la Rancia, conquis au prix de tant de peines ; la droite en retraite découvre le centre et la gauche qui doivent se replier aussitôt. En deux heures, Murât perd le fruit de deux journées de lutte ; il perd la bataille (1), et, du même coup, il perd la couronne.
(1) Je ne puis rien avancer de certain au sujet des effectifs. Les Autrichiens prétendent qu'ils avaient en ligne 9,809 hommes d'infanterie et 938 chevaux avec 28 canons [V. C. de B., pp. 80-81] : ils attribuent aux Napolitains 27,221 hommes, 4,600 chevaux et 48 canons : ce qui est manifestement inexact. — D'après mes calculs, Livron devait avoir 1,200 chevaux environ, Pignatelli 2,600 hommes, d'Aquino de 6 à 7,000: Lechi en avait sans doute autant, mais il ne prit aucune part effective à la bataille. Murât avait effectivement en ligne une dizaine de mille hommes. Si l'on se rappelle que le régiment de l'Archiduc Charles n'arriva que fort tard sur le champ de bataille, on verra que les deux adversaires devaient être à peu près d'égale force.
Je reproduis ici, en raison de sa rareté, un fragment de la lettre adressée à la Eeine Bégente par Pignatelli-Strongoli, le 17 mai 1815 [Lettera a S. M, la Regina Reggente, Napoli, 16 pages. — Bibliothèque Natioiîale de Paris, K. 15,071] : « Prima di partire dall'armata io mi era aweduto che in corte si spargevano pregiudizi contro di me e délia mia condotta militare, ond'ebbi l'onore di pregare S. M. il Re di rîandare i fatti e quindi o acoordarmi il suo voto, o di sottomettermi ad un giudizio. TJna taie giustificazione fatta avanti i miei colleghi Livron e Millet lasci6 S. M. nella piena convinzione de' miei buoni servizi e, da quel giorno in poi, persuaso il Ee, fui io stesso sodisfatto.
> Ora che giungo in Napoli mi addolora il sentire che le accuse stesse passate dalla corte dell'armata a quella délia Capitale e poi
MURAT ET LA QUESTION DE l'UKITÊ ITALIENNE EN 1815. 75
La débâcle.
Âa moment où il ordonne la retraite, surviennent deux courriers. L'un, parti de Naples, lui apprend que les Autrichiens de Nugent, ne trouvant plus devant eux la garde royale quMls ont vaincue à Prato et empêchée de joindre Tarmée à Bologne, se sont avancés sur le Liri et menacent la frontière (1). L^autre, expédié par le général de Montigny, apporte des nouvelles plus tristes encore: l'imprenable défilé d'Androdoco, la clé des Abruzzes, est livré à Pennemi, et les Abruzzes elles-mêmes, le plus sûr boulevard du royaume, où Murât aurait dû s'enfermer et on il aurait été invincible, les Abruzzes sont désormais aux mains de l'Autriche: le royaume est ouvert (2).
Pour comble de malheur, dans la nuit du 3 au 4, l'armée, démoralisée par sa défaite et ne recevant pas de vivres, se débande presque toute. De ce qu'il peut réunir, le roi vaincu forme deux colonnes, dans la journée du 4: l'une, qui comprend la cavalerie de la garde et les restes de la deuxième division, doit filer par la vallée du Chienti; l'autre, formée de l'infanterie de la garde et d'une brigade de Lechi, doit passer par Cività
versate nel pubblico, mi mettano nel case di dovermi giustiôcare con la M. y. e Gol Pabblico stesso ». Pignatelli défend ensuite sa campagne en Toscane et son rôle à Tolentino. — Comparer ce que raconte Desvernois sur ce même Pignatelli: Mémoires, 891, 394-402, 417, 481.
(1) De Beauchamp [p. 117] cite l'ordre du jour de Nugent, daté de Rome, 3 mai 1815, invitant les habitants à prendre les armes contre les Napolitains.
(2) Tous les détails réunis dans le résumé que l'on va lire, ont été tirés des Carte di guerra (1060) de TArchivio de Naples.
Nnova: la brigade du général Caraffa, réunie à Monte Olmo (1) à grand peine, protège ces mouvements. Par bonheur, la division de Carascosa est intacte et ferme la marche, tenant en respect les Autrichiens victorieux. On ne parvient pas cependant
à remettre beaucoup de courage dans les rangs, ni beaucoup de confiance dans les cœurs: et Murât abandonne Tarmée des
Marches presque détruite et court sur le Liri on menacent les
Autrichiens et où il a un noyau de troupes fraîches.
Dès la fin du mois d*avril, le général Manhès, le dompteur des Calabres, avait été chargé de garder cette frontière: on lui avait donné la 4* division [soit: 7 bataillons, 3 escadrons, 12 pièces]. Le 9 mai, il était obligé d^évacuer Terracine et d*abandonner la ligne du Liri et du Garigliano; en même temps, Nugent occupait Ceprano, Sora, Ponte Corvo et menaçait San Germano. Manhès, destitué pour n^avoir su — ou pu — rien faire, était remplacé, le 10, par le ministre de la guerre Macdonald. Le 13, celui-ci attaquait Nugent et le repoussait derrière la Melfa.
Murât survient alors et croit échapper à la ruine. Pour se concilier Tappui dévoué de ses généraux, il octroie au royaume une constitution rédigée en deux jours; en même temps, il donne l'ordre à Macdonald d'établir sa division de Gampanie derrière le Yultume, de Bénévent à Capoue, pour y attendre Carascosa qui doit y conduire l'armée des Marches. Du 14 au 16,
(1) Voioi l'ordre donné par Mnrat à Pignatelli: «Monsieur le Général Pignatelli. — Vous réunirez P infanterie de la garde et vous vous rendrez ce soir, s'il est possible, à Monte Olmo, seul moyen d'avoir des vivres. Si votre artillerie n'était pas partie, je parle de celle de la ligne attachée à votre division, faites-la partir sur le champ pour Porto di Fermo passant par la rive gauche du Chienti par la route que longe ce fleuve». {Extrait de la lettre à la Eeine Caroline du 17 mai, p. 13-14].
La lettre n'est pas datée ; mais elle est certainement du 3 mai 1815, après la bataille. Cf. du reste V. C. de B., I, 104.
Macdonald et Garascosa cherchent à se joindre; mais, dans la nuit; da 16 au 17, la division de Campanie est surprise à Mignano; elle s'enfuit jusqu'à Gapoue on Garascosa parvient en bon ordre. Désespéré cette fois, le roi remet à celui-ci le commandement suprême [18 mai] et la charge, ainsi que GoUetta, de négocier avec Pennemi ; ' livrez tout, leur dit-il, sauf Thonnear de l'armée et la tranquillité de la nation. La fortune nous a trahis; je désire qu'elle m'opprime seul , (1).
Le 20 mai, Blanchi, Neyperg, lord Burgersh, Garascosa et Colletta se réunissent à Gasalanza: l'armée napolitaine, très réduite par les désertions, capitule (2) et Naples, où la reine a cédé déjà devant les menaces du Gommodore Gampbell, Naples se rend avec bonheur.
Huit jours plus tard, après avoir appris le 25 mai la capitulation de Gasalanza et la fuite de Joachim, le général Desyemois, commandant de la division des Galabres capitulait à son tour, à Gampo (3); et le commandant de Gaëte (4) suivait bientôt son exemple.
Pour avoir voulu donner à l'Italie l'indépendance et l'unité, le roi de Naples avait perdu sa couronne.
(1) Colletta... 181B... p. 92. — Belliard: Mémoires, I, 231-239.
(2) Pepe: Mêmorie, I, 196. — De Beauohamp, p. 118-119. (8) Desvernois : MémaireSf 498 504.
(4) Sur oe siège de Gaête, consulter Memorie storico-milUari dal Î734 cU 1815 per Mariano d'Ayala (Napoli. Fernandez, 1835) p. 810-396.