‹ Murs et coutumes de l'AlgérieChapitre 11 sur 34 · Membre de la grande tribu des Chambas, dans le Sahara · texte numérisé non relu

Membre de la grande tribu des Chambas, dans le Sahara

une exagération clans ce qu'ils ont tant de fois entendu répéter sur la poésie orientale. Ils craignent de subir une opinion toute faite , de se laisser imposer ce qu'on appelle, je crois, le convenu, dans le langage des artistes. J'avais remarqué ces dispositions chez un officier de spahis, qui me permettra de le mettre en scène dans nn intérêt de vérité. M. de Molènes, dont le nom, tout militaire aujourd'hui, réveillera peut-être quelques souvenirs littéraires chez les lecteurs, contestait, dans mon cabinet, un matin, les dons poétiques du peuple arabe, quand notre entretien fut interrompu par une visite d'une nature insolite et inattendue. Le personnage qui s'offrait à nous portait le burnous et le haïk; c'était un Cliambi. Il appartenait à cette race d'audacieux trafiquants qui bravent la morsure des serpents, les tempêtes de sable et la lance des Touareg , ces brigands voilés du désert , pour aller jusqu'aux États du Soudan chercher les dents d'éléphant, la poudre d'or et les essences parfumées, j'avais déjà rencontré dans le cours de ma vie ali'icaine cet éternel et i)lacide voyageur, qui vous répond avec la mélancolie sereine du fatalisme, quand vous l'interrogez sur ses errantes destinées : «Je vais oîi me mène Dieu. » Cette fois, le Cliambi était venu amener au Jardin des Plantes, par l'ordre du général Pélissier, deux de ces célèbres iiialiaris (pie les guerriers montent dans le

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Sahara, et qui atteignent, dit-on, à une vitesse qui fait honte aux phis généreux coursiers.

Quand le prophète aurait vouhi donner un irrécusable témoin à mes paroles sur l'indélébile poésie de son peuple, il n'aurait point pu m'envoyer un hôte plus opportun que le Chambi. Celui qui allait servir de preuve vivante à mes arguments n'était pas en effet un de ces tolbas qui puisent dans la docte retraite des zaoujas des inspirations inconnues du vulgaire , aux sources mystérieuses des livres sacrés; ce n'était pas non plus un de ces guerriers suivis de cavaliers, précédés de drapeaux, entourés de musiciens , qui peuvent tirer d'une existence d'éclat et de bruit tout un ordre exceptionnel d'émotions. Non, c'était un homme de la plus basse condition , ce que serait ici un colporteur de nos campagnes. « Eh bien! dis-je à mon interlocuteur, je parierais que, si j'interrogeais au hasard cet obscur habitant du désert, je tirerais à l'instant de sa cervelle des chants qu'envieraient peut-être les meilleurs de nos poètes. » Le défi fut accepté. L'interrogatou^e commença. On va juger ce qui en sortit.

Ce fut d'abord un chant religieux. Il faut répéter chez les Arabes ce que disaient les poètes antiques : « Commençons par les dieux. » Là, cette source et cette tin de notre vie, c'est-à-dire la religion divine, n'est jamais oubliée. Ce Dieu dont

il semble que la vie du grand air rende le contact plus fréquent , la présence plus sensible et le pouvoir plus immédiat, est toujours invoqué par les cbantres nomades. Le Chambi n'interrogea pas longtemps ses souvenirs. Après avoir fredonné, pour se mettre en baleine, un de ces airs monotones comme l'borizon du désert, dont les Arabes charment leur voyage sur le dos des chameaux, voici ce qu'il nous récita :

Invocjuez celui que Dieu a comblé de ses grâces,

vous tous qui nous écoutez !

Croyez-en ses dix compagnons ,

Les premiers qui aient composé son cortège.

Interrogez les montagnes,

E.les vous révéleront la vérité.

Savez-vous qui vous parlera aussi de Dieu?

C'est le chelil ' du cheval Bourak.

Ce chelil , qui est semé de boutons d'or

Et auquel pendent des fianges resplendissantes.

Ce chelil aime les hommes qui jeûnent

Et ceux qui passent leurs nuits à lire les livres de Dieu.

Il aime aussi les braves,

Les braves qui frap|)ent avec le sabre

El qui jettent dans la poussière

Les infidèles et les mécréants.

Qui le possède devance tous les autres

Auprès de Dieu, le maître du monde.

Qui le possède devra avoir une parole

1. Ornement de soie que l'on étend sur la croupe des chevaux aux jours de fête.

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Qui ne revienne jamais ,

Le sabre toujours tiré,

El la main toujours ouverte pour les pauvres.

Mais ce chelil, je ne l'ai jamais vu sur la terre ,

Je ne sais pas même de quelle couleur il est ;

On m'en a parlé , et fy ai cru.

Je ne sais point si je m'abuse sur le mérite de ces vers, mais il me semble qu'il y a dans ce morceau un charme et une grandeur qu'offrent rarement les œuvres de l'esprit chez les nations les plus avancées. Le dernier trait : On m'en a parlé etfij ai cru, ne déparerait point la composition la plus savante d'une littérature raffinée. Il exprime ce que la foi du croyant a de plus absolu et de plus enthousiaste, avec une sorte de grâce sceptique. L'officier que je voulais convaincre eut la même impression que moi. Ce début nous avait mis tous deux en goût de poésie , et je fis un nouvel appel à la mémoire du Chambi.

Les poètes, chez les Arabes, puisent tous leurs inspirations aux mêmes sources. La religion , la guerre, l'amour et les chevaux, voilà ce qu'ils célèbrent sans cesse. Souvent le même chant renferme ces éléments bornés et féconds de toute leur vie. On demande à Dieu de rendre vainqueurs ceux qui l'implorent; on demande aux chevaux de porter ceux qui les possèdent auprès des Fatma ou des Aïcha. Quelle différence entre cette primitive et vigoureuse poésie de l'Orient, si riche dans ses

développements, mais si sobre dans ses matières, et notre poésie Inquiète, tourmentée, fantasque, qui bouleverse toutes les régions du ciel et de la tci're pour y chercber les sujets qu'elle traite en sa langue fébrile et travaillée!

Les souvenirs du CbamJji se rassemblaient souvent avec peine , et nous n'obtenions que quelques bribes de chants que nous aurions voulu pouvoir écrire tout entiers ; mais les vers sont comme des diamants qui brillent d'un éclat d'autant plus vif (ju'ils ne sont point réunis en diadèmes ou en bouquets.

Voici, au hasard, quelques-uns des fragments que j'arracbai à la mémoii'e de mon singulier visiteur; je crois qu'on y verra, comme moi, de ces vastes éclairs où se découvrent des perspectives intinies

Porte les yeux sur les douars des Angades, Puis le e les au ciel et compte les étoiles ; Pense à l'ennemi où tu n'as point d'ami , Pense à nos montagnes, à leurs étroits sentiers ; Viens seul, m'a-t-elle ait, et sois sans comp;'gnon.

Ou je suis bien étrangement abusé par le charme qu'a laissé dans ma mémoire une vie qui me sera toujouis chère, ou bien il y a dans ces vers ce que l'intelligence de la nature a de plus noble et ce que l'amour a de plus passionné.

El qui rendra plus fièrement cette chevalerie, à huiuelle sont soumises encore les mœurs arabes.

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que cette autre stiopiic sortie aussi toute vivante des souvenirs du Chanibi :

Mon coursier devient rétif devant ma tente; Il a vu la maitreàse des bagues prèle à partir. C'est aujour.lhui que nous devons mourir Pour les femmes de la tribu.

Tous ceux qui ont assisté à quelques comi^ats en Afrique savent le rôle que jouent les femmes dans toutes les scènes guerrières. C'est pour elles que parle la poudre. La réponse de tous les chefs aux ouvertures de paix qui leur sont fiiites, c'est : « Que diraient nos femmes, si nous ne nnvs battions pas? Elles ne voudraient plus nous préparer lecouskoussou. » C'est une grande erreur de croire que l'islamisme maintient la fenune dans un état d'abjection d'où pouri"aient seuls la tirer des miracles de la foi chrétienne. La femme musulmane, au contraire, a conservé, chez des honmies que sa parole précipite dans les combats, ce prestige qu'avaient les reines des tournois aux jours amoureux et guerriers du moyen âge. *>

Le Chambi parvint à nous réciter un chant complet, où la femme est en même temps célébrée avec un sentiment profond de tendresse moi'ale et avec ces emportements de passion sensuelle, ce luxe d'ardentes images qui , depuis le Cantique des Cantiques, éclatent en Orient dans toutes les odes à l'amour.

Ma sœur' ne peut se comparer qu'à une jument entraînée, Qui marche toujours à l'arrière-garde, Avec une selle étincelante d'or , Montée par un gracieux cavalier Qui sait s'incliner en courant, Quand résonne le bruit de la poudre.

Ma sœur ressemble à une jeune chamelle Qui revient du Tell au milieu de ses compagnes, Chargée d'étoffes précieuses.

Ses cheveux tombent sur ses épaules Et ont Ja finesse de la soie; Ce sont les plumes noires de l'autruche mâle , Quand il surveille ses petits dans le Sahara. Ses soarcils, ce sont le noûn^ Que l'on trouve aux pages du Koran ; Ses dents ressemblent à l'ivoire poli ; Ses lèvres sont teintes avec du kermesse.

Sa poitrine, c'est la neige Qui tombe dans le Djebel-Amour.

temps! sois maudit si elle vient à m'oublier ! Ce serait la gazdle qui oublie son frère.

Les chevaux peuvent seuls disputer aux femmes le privilège d'une tendresse enthousiaste dans une âme de musulman. Le cheval est, chez les Arabes , élevé à la dignité d'une créature animée par la raison. Le cheval Bourak a sa place au paradis parmi les saints , les houris et les prophètes. Nous avons

1. Les Arabes, dans leur poésie, désignent sous ce nom leurs maîtresses.

2. Noûn, lettre de l'alphabet arabe qai affecte la forme d'un arc.

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VU quelles vertus a son chelil, ce merveilleux talisman qui est le partage du vrai croyant. Aussi, toute la complaisance que les Arabes mettent à décrire leurs femmes , ils la mettent également à peindre la grâce énergique et fière de leurs chevaux.

Sidi-Hamra possède une jument gris-pierre de la rivière,

Qui ne fait que caracoler.

1! possède une jument rouge

Comme le sang qui coule aux jours de fête'

Ou bien comme le fond d'une rose.

Il possède encore une jument noire

Comme le mâle de l'autruche ,

Qui se promène dans les pays déserts.

II possède enfin une jument gris pommelé,

Qui ressemble à la panihère

Que l'on donne en présent. à nos sultans.

Voilà ce que nous débita le Chambi d'unfe voix aussi caressante que s'il nous eût dépeint les charmes des plus merveilleuses beautés du désert. Il nous dit aussi :

Je veux un cheval docile

Qui aime à manger son'mors,

Qui soit familier avec les voyages ,

Qui sache supporter la faim,

Et qui fasse dans un jour

La marche de cinq jours ;

Qu'il me porte auprès de Fatma,

1. Aux jours fériés, on saigne chez les musulmans un grand nombre d'animauï , qui sont ensuite dépecés et di5tril)ués aui pauvres.

Cette femme aussi puissante que le bey de Médéah , Lorsqu'il sort avec des goums et des asliars, Au bruit des flûtes et des tambours.

Les Arabes sont infatigables dans la parole comme dans le silence. Ce sont en tout les hommes des extrêmes. Les voilà pour des journées entières achevai, dévorant les plaines, se riant des montagnes , ou bien les voilà devant leurs tentes , couchés sur des nattes, les regards fixés sur leurs vastes horizons, pour une suite indéterminée d'heures ! Mon Cliambi , si je ne l'avais pas arrêté, me réciterait encore les poésies du désert. La poudre , les clievaux, les chameaux, les cris des jeunes filles, ce pauvre homme avait évoqué tous les bruits, toutes les couleurs, foules les figures de la patrie, et il était là comme un fumeur de hachich perdu dans ce monde enchanté. Mais notre vie à nous ne nous permet pas de nous laisser envahir par la poésie. Je mis tin à une visite qui m'avait pris déjà trop d'utiles moments. .l'en avais tiré, du reste, des arguments victorieux pour ma cause.

« Je me rends, me dit mon interlocuteur ; je conviens avec vous qu'aucune mémoire de paysan ne serait ornée en France , ni même, je crois , en aucune contrée de l'Europe, comme celle du Chambi. Reconnaissons au pays du soleil le privilège de colorer chez tous les hommes le langage et la pensée des mêmes teintes que le ciel.

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— Louons Dieu , ajoutai-je, d'avoir donné pour refuge le domaine de l'imagination à ceux qui mènent sur une terre stérile la vie de la misère et du danger. »

Quant au Cliambi, il ne s'inquiétait guère des réflexions qu'il venait de nous fournir ; il avait repris son visage résigné et son attitude placide. Comme je lui demandais, en le congédiant, sur quelles ressources il comptait dans ses pérégrinations continuelles, il ouvrit la bouche, et, me montrant entre ses lèvres brunes ces dents d'une éclatante blancheur qui distinguent les enfants du désert : « Celui quia fait le moulin, dit-il, ne le laissera pas chômer faute de mouture. » Quand il fut parti, je pensai que ce pauvre hère emportait sous ses haillons les deux plus grands trésors de ce monde, la poésie et la sagesse.

J'aimerais à faire connaître dans tous leurs détails les mœurs d'un pays qui maintenant est pour toujours associé au nôtre. Je l'aimerais pour maintes raisons. Chez nous , ce qui excite le plus d'intérêt est ce qui parle à l'imagination. Si l'on pouvait savoir tout ce qu'il y a dans l'esprit arabe de verve , d'originalité, d'attrait, il y aurait bien vite en France un véritable engouement pour l'Algérie. Puis, je le crois aussi, il y aurait profit pour toutes les littératures européennes dans la lumière jetée sur un peuple où le climat, les coutumes et la religion ont

réuni une si prodigieuse variclé de richesses poétiques. Cooper a tenu en éveil la curiosité d'un immense public avec ses tribus indiennes Les enfants du désert sont d'autres hommes que ceux des tribus américaines. Chez les populations de l'Afrique , la ^ràce, rinlelligencc, l'éclat d'une antique civilisation se mêlent à l'énergie de la vie sauvage. Ces hommes qui passent leur temps sous la tente, qui v'venf de réfjeron et du fusil, sont familiers avec l'immortelle poésie du Koran, et ont sur toutes les choses humaines mille aperçus plems de finesse. Je v.iis tâcher d'en fournir une preuve.

Quelques personnes, m'assure- t-on, se sont intéiessées à ce Chamhi que j'ai mis en scène récemment. Je me retrouvai ces joiu-s derniers dans des conditions toutes semblables à celles où j'étais lors delà visite que j'ai exactement racontée. Je m'entre- ■ tenais avec le même interlocuteui' de ce qui est, j'en conviens, une préoccupation habituelle de ma pensée, du pays arabe, de ses habitants, des études de toute nature qui pourraient attacher des esprits curieux et attentifs dans la vaste contrée où s'engagent chaque année davantage nos destinées. Le personnage que l'on connaît s'offrit tout à coup à notre vue. ' Je te croyais reparti pour le désert , dis-je au Chamhi.

— Non pas, me dit il, je reste ici avec quelques coutpagnons. »

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Je dirai en passant qu'il y a dans ce moment-ci à Paris un groupe d'Arabes, pour la plupart du Sahara, qui ont associé au milieu de nous leurs errantes et insouciantes existences.

'< Et de quoi vivez-vous? »

Il se prit à rire de ce rire intelligent et, si l'on peut parler ainsi, convaincu, des nations qui n'abusent pas connne nous de ce jeu de la physionomie.

« Écoute , fit- il , nous allons tous les dimanches dans un café. Là on nous dit: « Fumez, prenez du <' café, et l'on vous payera. » En effet, quand nous avons fumé et bu pendant ((uelques heures, on nous donne quarante douros , qui nous servent à vivre toute la semaine. » Là-dessus il rit encore, et il ajouta une phrase dont il est difficile de traduire en notre langue la pittoresque ironie , mais qui voulait dire à peu près ceci : •< Les enfants de Mohammed profitent de ce que Dieu a créé, tout exprès pour les nourrii", une nation de badauds. »

Amsi les Gil Blas et les'Guzman d'Alfarache n'appartiennent pas uniquement à nos contrées. Voilà que l'Afrique nous fournit aussi cette sorte de gens pour qui le pavé des grandes villes est un champ inépuisable où viennent une infinité de cultures. Depuis longtemps j'avais le désir de réunir les impressions hahituelles que notre pays, nos mœurs, notre civdisation font éprouver aux voyageurs des

pays anibes. Je résolus de mettre à profit la nouvelle visite du CliaiiiLi pour tirer d'une intelligence africaine toute une série d'opinions raisonnécs sur la France. Je commençai donc un interrogatoire où je posai d'abord à mon hôte quelques questions préliminaires sur les chrétiens. Voici quelles furent ses premières réponses :

« Vous ne priez pas, vous ne jeûnez pas, vous ne faites pas vos ablutions, vous ne rasez pas vos cheveux, vous n'êtes pas CTConcis, vous ne saignez pas les animaux qui vous servent d'aliments, vous mangez du cochon et buvez des liqueurs fermentées qui vous rendent semblables à la bête ; vous avez l'infamie de porter une casquette que ne portait pas Sidna-Aïssa (notre Seigneur Jésus-Christ) : voilà ce que nous avons à vous reprocher. En échange , nous disons : Vous frappez bien la poudre ; votre aman^ est sacré; vous ne commettez pas d'exactions ; vous avez de la politesse ; vous êtes peu enclins au mensonge ; vous aimez la propreté. Si , avec tout cela , vous pouviez dire une seule fois du fond de votre cœur : Il ny a pas d'antre Dieu que Dieu, et notre seigneur Mohammed est l'envoyé de Dieu, personne n'entrerait avant vous dans le paradis. »

Plus d'un lecteur sourira certainement à quelques passages de cette tirade , où il trouvera de bizarres

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