‹ Murs et coutumes de l'AlgérieChapitre 15 sur 34 · Muphtis. Le muphti est placé au-dessus du cadi; il doit · texte numérisé non relu

Muphtis. Le muphti est placé au-dessus du cadi; il doit

El-Kaysarya', ils l'ont nommé Plaça*,

Quand on y avait vendu ou relié des livres saints.

Les tombeaux de nos pères, ils les ont fouillés ,

Et leurs ossements , ils les ont dispersés

Pour faire passer leurs karretta '.

croyants, le monde a vu de ses yeux ,

Leurs chevaux attachés dans nos mosquées ,

Ils s'en sont réjouis eux et leurs juifs

Tandis que nous pleurions dans notre tristesse.

Patientons pour les jours de deuil ,

Cela , c'est ce que Dieu a voulu !

regrets sur Alger , sur son sultan

Et sur son drapeau déshonoré !

regrets sur ses habitants,

Et sur les lieux chéris d'où partait le commandement !

regrets sur ses armées et sur son divan ^!

posséder une vaste érudition, être probe et suivre exactement sa religion. Quand un cas douteux se présente et que le cadi n'ose prendre sur lui de le décider, il en réfère au muphti. Ce dernier réunit alors les aôulamas , et, tous ensemble, ils prononcent. Cette réunion des aôulamas prend le nom de medjless.

1. Kaysarya-Cest le nom queTon donnait, du temps des Turcs, à la place du Gouvernement. Les tolbas s'y réunissaient habituellement pour copier des livres qu'ils trouvaient à faire relier immédiatement. La place du Gouvernement est l'endroit où tous les Européens se réunissent le soir pour se promener, et la pensée que ces assemblées mondaines se tiennent aujourd'hui dans un lieu réputé saint est une douleur pour les musulmans.

2. Plaça. Mot de la langue franque qui veut dire place et que les musulmans ont fait entrer dans leur langage.

3- Karretta. Mot de la langue franque qui veut dire charrette. 4. Divan, en arabe dijouan, veut dire réunion des chefs , conseil. Le divan était présidé par le khasnadji et composé du bit-

Oregrets! Oùsontses gardes, seschaouchs', ses kasbadjyas*,

Ses amins' et ses noubadjyas'*?

regrets sur ses beys" et sur ses nobles caïds!

(Juarid la tète tomba, les pieds durent la suivre.

regrets! comme il était, ce port, De redoute?, de vaisseaux embelli !

regrets! où sont ces capitaines, Ces drapeaux de soie qui flottaient , Et ces corsaires ne renirant dans la rade

el-mal, del'agha, de l'oukil-el-hardj et d'une trentaine de vieillards à barbe blanche choisis parmi ceux qui , ayant longtemps servi dans les armées turques, ne pouvaient plus être employés activement et avaient acquis une grande expérience. Ces derniers, comme marque distinctive, portaient une calotte en cuir surmontée de plumes de paon, de crins de cheval ou d'une longue bande de drap écarlate.

1. Chaouchs, vient du verbe arabe choueuch, il a pris garde. On donne ce nom à des fonctionnaires subalternes employés au service de 1b police.

2. Kasbadjyas , fonctionnaires qui passaient toute la journée à la porte de la casbah , assis sur des bancs. Ils avaient à la ceinture un yatagan à fourreau d'argent et un bâton d'un pied et demi de longueur surmonté d'une grosse pomme. Quand un grand dignitaire venait à passer, il les saluait le premier en portant la main sur son cœur ; tous alors ils se levaient et s'écriaient ensemble d'une voix lente et forte :

SAI.I.AM ou ALIKOUM OU UAHMAT AI.LAH ) Que le salut soit sur vous avec la miséricorde de Dieu !

Les kasbadjyas devaient être Turcs.

;L Amins, chefs des corporations d'Alger.

4. Noubadjyas. Turcs qui alternaient pour le service de garde dans l'ancien palais du dey d'Alger. Ils portaient aussi un yatagan à fourreau d'argent.

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