Meryem, Marie
SOO LE SAHARA.
Meryem, c'est la lune des étoiles Qui trahit les voleurs', Ou Lien encore c'est le palmier Du pays des Beni-Mezabe", Dont les fruiis sont si haut Qu'on ne peut y toucher.
Meryem, c'est plulôt la gazellf
Quand elle court dans le désert.
Le chasseur met en joue son petit;
Elle voit brûler l'amorce,
Sait recevoir le coup
Et mourir pour lui sauver la vie.
Elle m'avait donné rendez-vous
Pour la nuit du lundi ;
Mon cœur battait, elle est venue,
Tout enveloppée de soie ,
Se jeter dans mes bras.
Meryem n'a pas de sœur*
Dans les quatre coins du monde !
Elle vaut Tunis avec Alger ,
Tlemsan et Mascara ,
Leurs boutiques , leurs marchands
1. Qui trahit les voleurs. Les voleurs arabes se mettent rarement en campagne quand la lune est dans son plein. On a remarqué qu'il y a beaucoup plus de vols et d'assassinats, en pays arabe, à la lin du mois lunaire.
2. Les Beni-Mezabe forment, au milieu des populations du désert, une petite nation à pari qui se dislingue par la sévérité de ses mœurs, son langage particulier , sa probité proverbiale et quelques moditicalions dans les pratiques religieuses.
3. N'a pas de sœur. Expression consacrée dans la langue arabe pour dire : n'a pas sa pareille.
Et leurs étoffes embaunipcs.
Elle vaut les bâtimenis Qui traversent la bleue' avec leurs voile»
Pour aller chercher les richesses Que Dieu nous a créées *.
Elle vaut cinq cents juments, Fortune d'une tribu, Quand elles courent à la poudre Sous leurs fiers cavaliers.
Elle vaut cinq cents chamelles Suivies deleura petits, Plus cent nègres du Soudan Volés par les Touareug* Pour servir les musulmans.
Elle vaut tous les Arabes nomades.
Heureux , indépendants , Et ceux à demeures fixes , Malheureuses victimes Du caprice des sultans*.
Sa tête est ornée de soie pure