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Littéralement, les débris de cuisine

r L'AGE DE PIERRE A TRAVERS LE TEMPS. 21

ornements en cuivre d’une forme très particulière témoignent dans les pays danubiens d’une civilisation propre et confirment ce que nous venons de dire d’un âge de cuivre.

Des stations lacustres de l’Autriche et de la Hongrie, nous passons naturellement à celles de la Suisse. Nous aurons à faire connaître ces villages construits au milieu des eaux, ces peuples si longtemps et si complètement oubliés. Dans plusieurs de ces stations, on ne recueille que des outils en pierre et, sur les pilotis à demi consumés par les flammes sur lesquels s’élevaient les ca- , banes, il est encore facile de reconnaître les entailles faites avec des haches en silex.

Nous rencontrons ces mêmes palafittes, tel est le nom qu'on leur donne, en France, en Italie, en Irlande, en Angleterre, en Allemagne; les luttes sanglantes ont commencé dès l'aurore de l'humanité, et partout les hommes ont cherché au milieu des | eaux un asile contre les dangers trop certains qui les mena-! çaient. un et tam {me AU Wu ou a te GaTe

Les découvertes faites en Belgique peuvent être comptées parmi les plus importantes de l’Europe. Nous aurons souvent l’occasion d'y revenir. La Hollande au contraire, alors en grande partie recouverte par la mer, n'offre à notre curiosité que des pointes de flèche, des haches, des couteaux généralement en quartzite ou en diorite et toujours du travail le plus grossier.

Les recherches préhistoriques si fertiles dans le nord de l’Europe n'ont pas été moins abondantes dans le midi. Le congrès de Bologne, en 1871, a montré les vieux Transalpins contemporains des phénomènes physiques qui ont donné à l'Italie sa configuration actuelle, et l’exposition organisée à cette occasion a permis de juger l’industrie primitive qui se révélait à nous dans toutes les provinces de la péninsule.

Des haches offrant le même type que les plus anciennes haches de la France ont été retirées d’un gravier à San Isidro, sur les bords du Mançanarès; elles étaient associées à des ossements d'un grand éléphant disparu depuis longtemps. M. Cartailhac nous fait connaître des découvertes semblables dans

plusieurs localités du Portugal’. Les grottes de Santander ont livré des ossements travaillés et des harpons barbelés; celles de la Vieille Castille des objets qui rappellent ceux de l’âge du renne dans nos pays?. Bien que les recherches soient encore fort incomplètes, nous pouvons déjà affirmer que durant les temps paléolithiques l'antique Ibérie était occupée par des populations ayant le même développement industriel que les populations de l’Europe occidentale.

Faut-il citer les fouilles faites sur le versant du mont Hymette et dans les plaines à jamais fameuses de Marathon? M. Finlay a réuni en Grèce une collection intéressante d’armes ou

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d'outils en pierre. Il les a recueillis en grand nombre au pied

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Ta vue (del acropole d ‘Athènes. Toutes ces découvertes affirment l’exis- Nr pre de l'homme par le plus irrécusable des témoignages, celui de l’œuvre de ses mains, dans ces temps inconnus hier encore,

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et auxquels nous savons

à peine quel nom donner.

Si sur notre continent les preuves de l'existence d’un âge de pierre ne laissent aucun doute, il est difficile d’avoir la même certitude pour les autres parties du globe, où tant de régions sont encore fermées aux explorateurs. Partout cependant où les recherches ont pu être poursuivies, elles ont donné les plus remarquables résultats. M. de Ujfalvy a rapporté de la Sibérie méridionale des haches et des coins en diorite et en serpentine. M. d'Eichwald a constaté l’âge de pierre dans la Sibérie orientale. M. Poliaskoff a recueilli auprès de Tobolsk des pierres ad- | mirablement travaillées. D’autres archéologues citent à l'est de l’Oural et sur les bords de la Joswa des marteaux, des haches, des pilons, des nucléi affectant la forme de prismes polygonaux et des grains en silex ronds ou allongés, toujours percés d’un trou central et que l’on croit des fusaioles.

A l’autre extrémité du grand continent asiatique, un dépôt de cendres situé à l’entrée d’une grotte auprès du Nabr el Kelb a

1. Les âges préhistoriques en Espagne et en Portugal. 2. Il est fort intéressant de remarquer que le renne n’a jamais franchi les

Pyrénées.

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livré des silex taillés en couteaux ou en grattoirs, et plus récemment on a reconnu une station préhistorique à Hanoueh, petit village du Liban à l’est de Tyr. Les silex présentent des formes primitives assez analogues aux plus anciennes formes connues

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dans nos régions. Ils se rencontrent au milieu d’amas de débris de toute sorte quiforment un conglomérat très résistant. Quelques dents extraites avec peine se rapportent à des bovidés, à des équidés ou à des cervidés. Les os brisés en parcelles n’ont pu être déterminés. Les silex taillés, les pointes de flèche ou de lance se rencontrent aussi en nombre considérable sur tout le plateau du

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Sinaï et au pied des grottes qui servaient de refuge aux habitants. C'est avec des outils de pierre que ces hommes exploitaient les | mines qui couvrent les flancs de la montagne et où 1l est facile \ de. reconnaitre encore aujourd’hui les traces de leurs travaux. Nous avons parlé du Japon; pendant longtemps les Aïnos, les premiers et les barbares habitants du pays, n'ont connu que la pierre. Des flèches en silex furent offertes à l’empereur chinois Wu-Wang onze cents ans avant notre ère; les annales d’une de leurs ancienness dynasties font mention d'armes en silex et une encyclopédie publiée sous le règne de l’empereur Kang-Hi parle de haches en roche tantôt noire, tantôt verte, datant les unes et | les autres de la plus haute antiquité.

Des agates travaillées par la main de l’homme existent en grand nombre dans les dépôts de la Nerbudda et dans les couches à ossements du Godavery. Des têtes de javelot en grès, en basalte, en quartz, des grattoirs, des couteaux, presque toujours

plats sur une de leurs faces, ovalaires sur l’autre, paraissent plus |M o ÂA sa anciens encore que les instruments en agate. Les celts se rap-ex puomte (as

prochent des types européens, d’autres ressemblent aux silex +, ‘uen es trouvés en Egypte, et les formes les plus grossières peuvent se

comparer à celles encore en usage chez les Australiens. Nous ? ; + D ''EAAGYSY

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citerons un type assez peu commun, récemment découvert dans l’île de Melas et que l’on désigne sous le nom de couteau à dents de scie. Une lettre de M. Rivett-Carnac annonce la découverte d'armes ou d'outils en pierre dans le Banda, district sauvage et

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montagneux, situé au nord-ouest de l’Inde. Les grattoirs, dit-il, ressemblent curieusement à ceux des Eskimos, les pointes de flèche à celles des premiers Américains !

Dans ce vaste empire des Indes, sur des points bien éloignés les uns des autres, on rencontre de nombreux mégalithes. Après avoir décrit les cairns avec des rangées de pierres disposées en cercle, les temples ouverts, les kistvaens ou dolmens, les grands rocs placés debout comme à Stonehenge, les barrows enfouis sous un talus, le capitaine Congrève s’écrie avec un étonnement qu'il ne peut dissimuler : « IT n’est pas un monument druidique, dont je n’aie rencontré les types dans les montagnes des Neil-

gherries ?

Le général Faidherbe divise l'Afrique en deux régions distinctes : celle au Nord du grand désert, où les habitants comme la faune et la flore présentent des caractères semblables à ceux de l’Europe ; et la région du Sud autrefois séparée de la première par une vaste mer intérieure. Là nous sommes dans l'Afrique des Nègres: les hommes par leur conformation physique et par leur langage, les mammifères, les plantes diffèrent complètement des hommes, des mammifères ou des plantes qui vivent dans le Nord. Ces régions offrent cependant un point de ressemblance,

| dans tous Les deux nous constatons l’âge de pierre ; il a existé en

Algérie et en Egypte, comme au Sénégal et au cap de Bonne- Espérance. La vallée du Nil depuis le Caire jusqu'à Assouan a donné une série d'objets en silex, en porphyre, en roche amphibolique portant les marques d’un travail intentionnel et rappelant les types européens. Ces objets, remarque M. Arce-

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lin, sont toujours soit à la base des dépôts modernes, soit à

la surface des plateaux supérieurs aux plus hautes crues du

fleuve; malgré des recherches persévérantes, Les alluvions du

Nil n’ont rien produit. Au congrès préhistorique de Stockholm,

1. Séone Implements from the north western Provinces of India (Journal of the

Asialic Society of Bengal, Calcutta, 1883).

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