‹ Mœurs et monuments des peuples préhistoriquesChapitre 18 sur 107 · Congrès des Naturalistes allemands, Insbruck, sept · texte numérisé non relu

Congrès des Naturalistes allemands, Insbruck, sept

de l’homme notre contemporain ‘. MM. de Quatrefages et Hamy dans leur magnifique ouvrage, les Crania Ethnica, ont pu distinguer les races et indiquer leur aire de localisation, ces races se perpétuent jusqu’à nous et les descendants rappellent aujourd'hui encore leurs ancêtres.

Une dernière conclusion n’est pas moins intéressante; ces silex véritablement innombrables, ces monuments imposants par leur masse, ces pierres d’un poids immense apportées souvent de loin, ces tertres, ces tumuli qui excitent notre étonnemeut témoignent d’une population déjà considérable durant ces temps dont nous cherchons les traces. Pour qu'une population ait pu s'accroitre dans une telle proportion, pour qu'elle ait pu

s'étendre sur des continents entiers, 11 a fallu de toute néces-)

sité une longue suite de siècles. Le temps ne nous fait pas! défaut. Quelle que soit la durée que l’on prétende attribuer à la race humaine, quelle que soit la date initiale à laquelle on veuille ramener son origine, cette durée est bien faible, cette date est bien récente, si nous les comparons aux périodes vraiment incalculables dont la géologie révèle l'existence. Nous

sommes arrêtés à chaque pas par l'immensité, immensité du temps, immensité de l’espace, et cependant nous ne. connaissons encore que l'écorce superficielle du globe et la science ne peut même pressentir les secrets que recèlent ses profondeurs.

De grandes difficultés, dirons-nous en finissant, attendent ceux qui se livrent aux études préhistoriques, difficultés que seuls ceux qui les ont abordées peuvent connaître. Il faut rechercher les rares vestiges de l’homme au milieu des cataclysmes qui ont bouleversé le globe, au milieu des ruines amonce-

1. «L'homme quaternaire est toujours homme dans l’acception entière du mot. Toutes les fois: que les ossements recueillis ont permis d’en juger, on a retrouvé chez lui le pied, la main propres à notre espèce ; on a constaté cette double

courbure de l’épine dorsale tellement caractéristique que Serres en faisait l’attribut de son règne humain. Toujours, “chez lui comme chez nous, le crâne J’ emporte en développement sur la face. Dans le crâne de Neanderthal si souvent proclamé comme étant bestial, la capacité crânienne est encore plus du double de ce qu’on a jamais trouvé chez le plus grand gorille. » (De Quatrefages, Hommes fossiles el hommes sauvages, p. 60.)

lées par le temps. Il faut montrer cet homme aux prises avec Les difficultés chaque jour renaissantes de sa dure vie et se développant progressivement suivant une loi qui paraît immuable. C'est le but de ce travail et il plaît d'affirmer, en le commençant, que la pianta uomo, la plante humaine, comme l’appelle Alfieri, était douée par le Créateur d’une vie bien intense pour avoir pu résister aux dangers qui ont entouré ses premiers pas sur la terre et d’un génie bien merveilleux pour avoir pu dater ! d'aussi humbles commencements le point de départ de ses | glorieuses destinées.

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