‹ Mœurs et monuments des peuples préhistoriquesChapitre 23 sur 107 · Schweden’s Urgeschichte, p · texte numérisé non relu

Schweden’s Urgeschichte, p

2. Les félides étaient très nombreux en Europe durant les temps quaternaires. Nous citerons deux espèces de lions, Leo nobilis et Leo spelæus qui se confond souvent avec Felis spelæa si nombreux dans nos cavernes, deux espèces de tigres, Tigris Edwarsiana et Tigris Europæa, le plus grand des félides quaternaires ; il mesurait jusqu'à quatre mètres de longueur. On connaît aussi sept espèces de léopards, six espèces de chats depuis le Serval jusqu'à un Felis plus petit que notre chat domestique, deux espèces de lynx, le machairodus enfin, carnassier de taille considérable, caractérisé par des canines supérieures d’une longueur démesurée et dentelées comme des scies. Il est probable que tous ces carnassiers

n'ont pas été contemporains, mais qu'ils se sont plutôt succédé. (Bourguignat, Hist. des Felidæ fossiles en France dans les dépôts de la période quaternaire, Paris, 1879).

ne changent guère et les voyageurs qui parcourent avec une si indomptable énergie l’intérieur de l'Afrique nous disent, comme aux temps que nous cherchons à décrire, des centaines d’éléphants ou de rhinocéros réunis dans un étroit espace, des troupeaux innombrables de girafes, de zèbres, de gazelles paissant tranquillement en présence de l’homme dont ils n’ont pas encore appris à redouter le génie destructeur.

Delegorgue parle d'un lac peuplé par plus de cent hippopotames, d’une région de moins de trois milles de diamètre, où six cents éléphants étaient réunis. Livingstone raconte que souvent il avait vu passer des troupeaux de plus de quarante mille euchores et 1l ajoute que ces animaux montraient la plus extrème confiance. Veut-on un exemple plus curieux encore ? Le capitaine Gordon Cumming, parcourant les plaines qui s'étendent au nord du Cap, voyait des troupes de gazelles et d’antilopes forcées par une sécheresse prolongée d'émigrer pour chercher l’eau qui leur était indispensable. Il décrit avec enthousiasme un de ces passages. La plaine était littéralement couverte d'animaux ; pendant deux heures, des hardes pressées défilèrent sous ses yeux, comme un fleuve sans fin. Le soir du même jour, un troupeau plus considérable encore s’avançait dans la même direction ; leur nombre était incalculable et devait, au dire du voyageur anglais, dépasser plusieurs centaines de mille têtes.

Telle était la vie dans nos régions durant les temps quaternaires. « Elle fut réellement grande, s'écrie Hugh Müller !, la faune des Iles Britanniques en ces anciens jours. Des tigres aussi forts que les plus fortes espèces de l'Asie se cachaient dans les buissons ; des éléphants presque deux fois aussi grands que ceux qui vivent actuellement en Afrique ou à Ceylan erraient en troupes nombreuses. Deux espèces de rhinocéros se frayaient un chemin à travers les forêts primitives et les lacs et les rivières étaient hantés par des hippopotames qui par leur taille

1. Teslimony of the Rocks, p. 127, Edinburgh and Boston, 1857.

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