INGIUTE, 1810,.222S06mM1., D
au même usage. Mais la découverte capitale et qui ne peut laisser de doute est celle faite par M. Perrault, au camp de Chassey, près de Chalon-sur-Saône, sous un foyer de l’âge de la pierre polie. Il a réuni quatorze cuillères en terre cuite; une d'elles de me for ronde remarquable par sa taille était malheureusement brisée (fig. 25).
Elle est en terre brune un peu rugueuse, mêlée de grains siliceux et micacés ; son usure très apparente atteste un long service. Récemment enfin, on a trouvé auprès de Dondas(Lot-et-Garonne) deux cuillères aussi en terre cuite. Leur usage qui indiquait assurément un grand progrès, s'était donc rapidement répandu.
Bien avant ces temps.
la poterie sous Les formes les plus diverses était venue affirmer le génie de l’homme. On rencontre partout des vases grossiers comme facture, mêlés de grains de sable ou de mica pour donner plus de consis-
tance à la pâte, cuits au feu Fig. 25. — Cuillère a pot provenant des . fouilles du camp de Chassey.
et ne portant bien souvent
pour ornementation que l'empreinte des doigts du potier. Ces po-
teries datent-elles des temps paléolithiques ? Proviennent-elles de
ces remaniements qui font le désespoir de l’archéologue ? Quel-
ques exemples permettront de mieux résoudre la question.
M. Fraas nous apprend que des fragments de poterie ont été
trouvés dans les différentes cavernes de l’Allemagne où les fouilles ont été tentées. Il cite celle de Hohlefels, où il les a lui-même recueillis au milieu d’ossements du mammouth, du rhinocéros, du grand lion découverts pour la première fois dans le pays. En 1872, la construction du chemin de fer de Nuremberg à Ratisbonne mit au jour une grotte assez profonde. Les couches inférieures ne donnèrent que des ossements d'ours, d'hyène ou de lion, dont cette grotte avait été durant des siècles le repaire. Au-dessus de ces anciennes couches, les mêmes débris se rencontrent encore en abondance, maïs mèêlés cette fois à de nombreux fragments de poterie, à des silex travaillés, à des arêtes de carpe ou de brochet, àdes ossements intentionnellement fendus, parmi lesquels dominent ceux du mammouth et du rhinocéros. M. Vilanova a reconnu à Argecilla, à vingt lieues de Madrid, un véritable atelier; il y a découvert des couteaux, des pointes de flèches en silex et avec eux une poterie très primitive, fabriquée avec de l'argile apportée de loin dans un pays où elle faisait complètement défaut. Dans une couche supérieure, 1l relevait plus de deux cents instruments en diorite, roche fréquemment employée en Espagne, quelques celts très remarquables en serpentine datant de l’époque néolithique et de nombreux fragments d'une poterie assez fine. Tout auprès, il découvrait un autre atelier avec de très belles haches parfaitement polies et une céramique ornementée avec goût. Le progrès si frappant dans les armes et dans les outils se montre au même degré dans la poterie.
Nous connaissons aussi des fragments de terre cuite provenant des grottes de Chiampo et de Laglio, auprès du lac de Côme, et de celle dei Colombi, dans l’île de Palmaria, dont l'habitation a précédé de peu les temps néolithiques. Mais c’est la Belgique qui apporte Les preuves Les plus décisives et une visite au musée de Bruxelles est de nature à convaincre les plus incrédules. Les fouilles de M. Dupont dans les cavernes de la Meuse et de la Lesse ont constamment donné des débris de poterie associés aux ossements des animaux paléolithiques. Déjà Schmerling avait
trouvé des fragments semblables dans la grotte d'Engis, mêlés à des silex de la taille la plus grossière ; ses découvertes ont été confirmées avec éclat par celles faites récemment à Spy, auprès de Namur’, et par d’autres dues à M. Fraipont. Dans les parties non encore explorées de cette même grotte d'Engis, le