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VÊTEMENTS

Il est probable que nos barbares ancêtres se tatouaient ou se peignaient le corps, comme les Bretons au temps de César, comme les sauvages modernes, ou sans aller si loin, comme les membres de certaines corporations ouvrières le font encore dans notre propre pays ‘. Il a été recueilli des fragments de sanguine à Montastruc, des pierres d’oligiste rouge dans la Mayenne; la grotte de Spy a donné un os rempli d’une poudre rouge très fine, et dans la grotte de la Salpètrière une poudre semblable était conservée dans une coquille. Lartet et Christy ont fait des découvertes analogues dans les cavernes de la Dordogne, M. Dupont au trou de Chaleux, M. Rivière à Baoussé- Roussé. L'abbé Bourgeois a non seulement trouvé à Villehonneur un morceau de sanguine de la grosseur d’une noix, mais encore un galet de forme ovale qui avait servi à la broyer, car les petites cavités de la surface conservaient encore des traces de la matière colorante.

La sanguine n’était pas la seule substance employée. On a recueilli à Chatelperron des fragments de manganèse; à Cueva de Rocca, auprès de Valence, des morceaux de cinabre; dans la grotte du Placard, des débris de plombagine; dans diverses stations des Pyrénées, notamment dans celle d’Aurensan, de l’ocre, destinée sans doute au même usage. À Solutré, l’ocre, [a manganèse, la graphite avaient été grattées avec un silex dont on distingue parfaitement les stries; M. Schaafhausen a retiré d’une caverne de la Westphalie de l’ocre jaune foncée; on cite à Castern (Staffordshire) un fragment de cette mème substance argileuse qui atteste par son usure un long service, à Cantyre (Argyleshire) un morceau d’hématite rouge apporté sans doute du Westmoreland ou du Lancashire; dans la caverne de Kent enfin, du peroxyde de manganèse.

Tous ces fragments, ocre ou manganèse, sanguine ou plombagine, étaient réduits en poudre au moyen de cailloux creusés en godets. On trouve partout ces mortiers primitifs et, à côté d’eux,

{. On peut consulter sur le tatouage un excellent travail du D' Magitot (Ass. franc. pour l’avancement des sciences, Alger, 1881).

d’autres cailloux ovalaires, ne portant aucune trace de percussion et qui avaient certainement dû servir à brover les matières colorantes.

Une découverte récente est venue justifier l'hypothèse que ces couleurs étaient destinées à la parure du corps humain. Une curieuse gravure sur os représente la main et le bras d’un homme; sur la partie inférieure de l’avant-bras, il est facile de distinguer un dessin quadrillé formant un véritable tatouage.

Dans tous les pays, sous toutes les latitudes, on voit chez l’homme, au moins autant que chez la femme, le goût des ornements. Les progrès de la civilisation ont singulièrement accru cette passion; mais elle existait comme un instinct naturel dès l'aube de l’humanité, et le contemporain du mammouth et du grand ours, le troglodyte blotti au fond de sa misérable tanière, recherchaient déjà les ornements qui pouvaient les parer. Dans les grottes, auprès des stations que ces hommes ont habitées, on rencontre de petits polypiers fossiles, des perles en argile durcie, des incisives d'ours, de loup, de renard, du grand chat, des défenses de sanglier, des mâchoires de petits mammifères percées d’un trou et destinées, amulettes ou ornements, à être suspendues au cou de leurs possesseurs. À Lafaye, nous voyons les incisives des petits rongeurs servir au même usage. L'homme de Sordes possédait un précieux collier formé de quarante canines d'ours et de trois canines de lion. Souvent les dents portent des lignes ornementales indiquant sans doute le rang ou les exploits du chef. L'abbé Bourgeois décrit des dents de cerf trouvées à Villehonneur (Charente); deux d'entre elles ont des stries qui pourraient bien avoir cette signification. Il a été recueilli à Cro-Magnon des plaques d'ivoire percées de deux trous, à Kent’s Hole des disques de forme ovale mesurant douze centimètres sur huit et offrant par l’habileté du travail un curieux contraste avec les autres objets provenant de cette même grotte. Les cavernes de la Belgique ont donné des lames de jayet et des plaques d'ivoire, celles du midi de la France des fragments de stéatite taillés en rectangle ou en losange, la grotte de Thayngen

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